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mars 2007

29 mars 2007

Un chercheur sud-coréen affirme avoir cloné deux loups

Le vétérinaire sud-coréen Lee Byeong-chun a annoncé lundi avoir obtenu deux loups par clonage. Snuwolf et Snuwolffy sont nés les 18 et 26 octobre 2005, a affirmé cet ancien collaborateur du chercheur Hwang Woo-suk, tombé en disgrâce après le scandale des cellules souches humaines.

Des analyses ADN ont prouvé que les deux animaux, qui appartiennent à une espèce en voie d'extinction, sont bien des clones, a assuré le Bureau des recherches de l'Université nationale de Séoul, où travaille Lee Byeong-chun en tant que professeur. Les résultats devraient être publiés dans la revue Cloning and Stem Cells (Clonage et cellules souches), a ajouté la faculté.

L'équipe de recherche n'a pas fourni dans l'immédiat de vérification indépendante des analyses ADN. L'équipe de Lee Byeong-chun avait créé en 2005 le premier clone de chien, baptisé Snuppy.

AP - Kim Ju-sung

22 mars 2007

Nicolas Hulot : l'esprit du pacte écologique a volé en éclats

Nicolas Hulot déplore que l'écologie se soit diluée dans les programmes des candidats et appelle à un rassemblement avec les associations environnementales le 1er avril au Trocadéro à Paris.

Elections moins 3 semaines - Dans une interview publiée mardi par "le Parisien" et "Aujourd'hui en France", Nicolas Hulot déplore que l'écologie ait repris sa place habituelle dans le débat politique, c'est-à -dire proche de zéro, estimant que l'esprit du pacte écologique a volé en éclats . Le présentateur estime que non seulement les candidats signataires du pacte écologique ne font pas de l'environnement leur priorité mais qu'en outre ce thème est désormais quasiment inexistant dans les débats qui opposent les prétendants à l'Elysée. On s'approche du premier tour et l'on voit bien que l'environnement n'est pas leur priorité, souligne-t-il dans cette même interview. Nicolas Sarkozy a défini six priorités à mettre en oeuvre rapidement s'il était élu. Aucune d'elles ne se réfère aux enjeux écologiques. Sur les cent points du pacte présidentiel de Ségolène Royal, un seul aborde ce thème, de manière diluée et transversale. Quant à François Bayrou, il a fixé quatre chantiers prioritaires dès cet été. Et, là encore, l'environnement est absent, résume-t-il.

De toute évidence agacé de cette situation, M. Hulot averti qu'il n'entend pas laisser cette situation perdurer. Jusqu'à présent, j'ai été correct et patient mais il peut se passer des choses d'ici le premier tour. Je peux donner un bon point supplémentaire à tel ou tel. On peut aussi envisager une action politique entre la présidentielle et les législatives. Tout est ouvert, explique-t-il.

Concernant les idées du pacte écologique, Nicolas Hulot rappelle que les engagements pris par les signataires sont lourds et qu'il veillera à ce qui se passe après les élections. Rappelons qu'en signant le Pacte écologique, les candidats ont pris l'engagement d'étudier voire d'adopter cinq points : créer un poste de vice-Premier ministre chargé du Développement durable ; instaurer une taxe carbone en croissance régulière ; réorienter les subventions agricoles vers une agriculture de qualité ; soumettre systématiquement les orientations du développement durable au débat participatif et mettre en place une grande politique d'éducation et de sensibilisation.

Notons que Nicolas Hulot demande désormais aux candidats de se prononcer sur quatre moratoires relatifs au développement autoroutier, aux OGM, aux usines d'incinération et à l'EPR. Ce n'était pas dans le pacte, mais c'est nécessaire, précise-t-il dans l'interview au Parisien.

En attendant, avec d'autres organisations environnementales dont l'Alliance pour la Planète et la France Nature Environnement, Nicolas Hulot appelle à un grand rassemblement à Paris, au Trocadéro, le 1er avril afin de rappeler aux candidats leurs engagements et les mesures efficaces à prendre pour répondre à l'urgence écologique et climatique. Les solutions existent. Le fatalisme est injustifiable, l'inaction serait coupable, souligne dans un communiqué l'association les Amis de la Terre qui fait partie de l'alliance. C'est le moment de placer les enjeux écologiques au cœur des choix politiques, pour que les cinq ans qui viennent ne soient pas perdus, ajoute l'association.

Cette manifestation sera précédée par une conférence de Nicolas Hulot et de personnalités au Zénith à 14 heures (gratuite mais inscription obligatoire).

Parallèlement, Nicolas Hulot demande aux Français de continuer à signer le pacte écologique pour qu'il y ait un million de signataires d'ici au premier tour de l'élection, le 22 avril. Notons qu'au 1er mars, 700.000 signatures ont été recueillies.

C.SEGHIER

21 mars 2007

Des éleveurs s'en prennent à un tournage de film qui utilise des loups

Des éleveurs ont bloqué des véhicules transportant des loups dressés pour les besoins d'un tournage dans un alpage en Haute-Savoie. 

Des éleveurs manifestent pendant le tournage d'un film qui utilise des loupsThorens Glières (Haute-Savoie) - Alors qu'un tournage va débuter sur le plateau des Glières, tournage mettant en scène une douzaine de loups apprivoisés et dressés, une trentaine d'éleveurs d'ovins ont manifesté leur mécontentement. Les agriculteurs ont également expliqué  leurs positions et les difficultés de leur activité. 

Durant près de trois quarts d'heure, ces éleveurs en colère ont bloqué les véhicules qui transportaient les loups. Ils n'auraient pas été prévenus par la préfecture de ce tournage. Les bergers se sentent une fois de plus incompris mais surtout méprisés par l'administration. Peur que le film ne leur soit pas favorable ?

Augustin Bonrepaux avait coupé les ailes au festival "Résistances", pas assez favorable aux éleveurs à son goût. D'autres éleveurs s'attaquent à un réalisateur, des pattes de loups déposées devant des gendarmeries, on dérape, on dérape...

Source : FR3 Rhône-Alpes

Pastoralisme, braconnage et impunité

Les décisions de justice génèrent une impression d’impunité. Avec un soutien politique fort, les éleveurs et autres opposants aux prédateurs n’ont plus peur du gendarme. Le loup, lui, conquiert de nouveaux territoires. Résultat ? On découvre des restes découpés de loups devant les gendarmeries. Les opposants disposent maintenant de personnes prêtes à passer à l'action, tel un réseau d’activistes clandestins.

Relaxe d’un éleveur ayant tué un loup

11 janvier 2006 - Relaxe pour un éleveur qui avait tué un loup. L'éleveur a toujours affirmé qu’il avait tiré à la tombée du jour en pensant qu’il s’agissait d’un chien errant qui attaquait à nouveau son troupeau de chèvres alors qu’elles paissaient en alpage dans le parc des Bauges. Jeudi 11 janvier, la cour d’appel de Chambéry a conclu à la bonne foi de ce berger savoyard et l'a relaxé.

Des traces de loups repérées en Lozère et dans le nord du Gard

12 mars 2007 - Des traces de loups ont été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l’idée que les loups seraient en train d’intégrer le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements, ont indiqué lundi des garde-forestiers. Le loup conquiert de nouveaux territoires.

Enquête après la découverte de restes de loup devant des gendarmeries

20 mars 2007 -Les gendarmeries de Lozère, du Gard et de l'Aveyron ont ouvert une enquête après la découverte de restes de loup déposés devant les locaux des gendarmeries de Trèves (Gard) et de Rivière-sur-Tarn (Aveyron), a-t-on appris mardi auprès des gendarmes. Deux pattes arrière de loups avaient été retrouvées en juillet 2006 devant les locaux de ces deux gendarmeries.

Relaxe, impunité, soutien politique, clandestinité

Quelle est l'étincelle qui déclanche ces actes de braconnage sur les espèces protégées ? On est en droit de se demander si les décisions de justice n'ont pas généré une impression de toute puissance et d'impunité dans le milieu du pastoralisme. Certains hommes ou femmes politiques (voir la liste noire de FERUS) encouragent les éleveurs à pratiquer l'autodéfense et annoncent leur soutien inconditionnel. Les inhibitions et la peur du gendarme tombent. L'Etat parle d'élargir les conditions du plan loup. Toutes les conditions sont réunies pour que la chasse clandestine aux prédateurs continue.

Les éleveurs, les pieds enfoncés profondement dans la crise du mouton ont leurs agences de communication: les syndicats agricoles et autres associations de "défense du patrimoine" et leurs soutiens politiques locaux. Une belle machine bien huilée pour les activistes clandestins que les enquêtes de gendarmerie auront bien du mal à enrayer, la justice concluant les "affaires" par des non lieux et des relaxes.

Certains "politiques" qui président des comités de soutien à des candidat(e)s aux présidentielles s'étaient même permis d'annoncer des débordements futurs. Ils sont arrivés.

Des pattes de loup déposées devant des gendarmeries

Enquête après la découverte de restes de loup devant des gendarmeries

Les gendarmeries de Lozère, du Gard et de l'Aveyron ont ouvert une enquête après la découverte de restes de loup déposés devant les locaux des gendarmeries de Trèves (Gard) et de Rivière-sur-Tarn (Aveyron), a-t-on appris mardi auprès des gendarmes.

Deux pattes arrière semblables à celles d'un loup avaient été retrouvées en juillet 2006 devant les locaux de ces deux gendarmeries. Après une analyse ADN, dont le résultat est connu depuis la semaine dernière selon l'Office national de la chasse et de la faune sauvage de la Lozère (ONCFS), elles se sont avérées être celles d'un loup d'origine italienne, repéré auparavant dans les Alpes et dont une carte génétique avait été dressée.

Les ONCFS des départements du Gard, de la Lozère et de l'Aveyron ont également lancé une enquête pour déterminer où l'animal avait été tué. Mi-mars, des gardes forestiers avaient annoncé que des traces de loups avaient été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l'idée que les loups étaient dans le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements.

Le loup dans les Cévennes

Le loup est dans les Cévennes - Des traces de loups ont été repérées en Lozère et dans le nord du Gard, accréditant l’idée que les loups seraient en train d’intégrer le Parc national des Cévennes situé à cheval sur ces deux départements, ont indiqué lundi des garde-forestiers.

Des traces de loups ont été observées sur le Mont Lozère, près de Genolhac (Gard) et sur le "truc de Fortunio", une montagne près de Rieutort-de-Randon (Lozère), où est plantée une antenne hertzienne pour tout le département, a-t-on précisé de même source.

D’autres traces ont été découvertes sur la commune de Saint-Laurent-de-Muret, sur le massif de l’Aubrac, là où un couple avait été vu en janvier 2006. La femelle avait déjà été identifiée grâce à sa carte génétique dans les Alpes italiennes en 2004.

Un appareil photographique à déclenchement automatique a été installé sur les lieux de passage de ce couple afin de vérifier s’il s’est ou non reproduit.

Le Parc national des Cévennes, installé pour sa zone centrale sur plus de 91.000 ha et 52 communes, est un point d’attraction pour les loups qui y trouvent beaucoup de nourriture, notamment des chevreuils.

20 mars 2007

Sécheresse : l'été sera difficile en Haute-Garonne et en Ariège!

L'été sera « difficile » en France au sud d'un axe Bordeaux-Nice en raison du déficit pluviométrique qui affecte surtout la région des Pyrénées et de la Garonne.

«En 2007, l'été sera difficile en raison des problèmes de sécheresse au sud d'une ligne Bordeaux-Nice», avertit Pascal Berteaud, Directeur de l'Eau au ministère de l'Ecologie, à l'issue d'une réunion du Comité Sécheresse Adour-Garonne. «Il est nécessaire d'anticiper pour que chacun prenne ses responsabilités, c'est un enjeu majeur», a-t-il souligné lors d'un point de presse.

André Viau, préfet de la Région Midi-Pyrénées et de la Haute-Garonne insiste sur la nécessité d'organiser la solidarité entre l'amont et l'aval des régions affectées par la sécheresse, de mieux gérer l'eau et de faire en sorte que tout le monde soit plus responsable de cette gestion.

Le niveau des nappes phréatiques est très bas

Les départements les plus en difficultés sont l'Ariège et la Haute-Garonne, surtout dans leur partie sud. Le déficit pluviométrique affectant principalement, depuis l'automne 2006, le massif pyrénéen, la Garonne amont, l'Ariège, la Neste et l'Adour.

Même s'ils ont remonté avec les pluies de février, les débits sont particulièrement faibles pour la saison, le niveau des nappes est bas, les stocks des barrages ne sont pas reconstitués sur plusieurs secteurs et le manteau neigeux est exceptionnellement faible cette année.

«Les éléments d'aujourd'hui indiquent un probable étiage précoce (dès le mois de juin) et sévère notamment sur le bassin Garonne-Ariège», avertit la préfecture de Midi-Pyrénées. Le Comité Sécheresse a examiné les éventuelles mesures à adopter face au manque d'eau. «L'Etat prendra les limitations d'usage qui s'imposeront, le moment venu», indique la préfecture, appelant dans un premier temps la profession agricole à adapter les prélèvements d'eau à la situation hydrologique.

AFP

18 mars 2007

REGHAB : REconciling Gamebird Hunting And Biodiversity

REGHAB : REconciling Gamebird Hunting And Biodiversity, un programme européen de réflexion sur les conflits sociaux liés à la gestion et à la protection de la faune sauvage

REGHAB : Contexte du programme

On a longtemps considéré les espèces animales comme «utiles» lorsqu‘elles étaient gibiers ou avaient une valeur commerciale ou comme «nuisibles» lorsqu’elles présentaient une menace pour l’Homme et ses biens.

Cette vision a considérablement évolué (Charlez ,1993) et à partir des années 1960 des conventions internationales (Bonn, Bern…) et des directives européennes («Directive Oiseau» n° 79/409/CEE et «Directive Habitat» n° 92/43/CEE) ont été rédigées pour protéger dans leur ensemble la faune et la flore sauvages ainsi que leurs habitats.

Certaines espèces de prédateurs, jusque-là légalement détruites pour des raisons de sécurité, de santé publique et de protection des troupeaux et du gibier, sont devenues intégralement protégées et leurs effectifs ont augmenté. Cette situation génère des tensions sociales lorsque leurs proies présentent un intérêt socio-économique (animaux domestiques, espèces chassées ou protégées).

Plusieurs conflits de ce type existent en Europe. Les déprédations générées par des grands carnivores comme le loup, l'ours ou le lynx sur les troupeaux d’ovins ou par le grand cormoran dans les fermes piscicoles sont bien connues du grand public car médiatisées.

Ceux opposant des chasseurs et des protecteurs de la nature, bien que plus discrets, sont tout aussi patents :

  • rapaces et faisans lâchés dans les grandes volières en Angleterre (Kenward et al., 2001),
  • busards Saint-Martin et lagopèdes en Ecosse (Krebs & May, 1990 ; Thirgood et al., 2000),
  • milans royaux et lapins en Espagne (Villafuerte et al., 1998).

Certains chasseurs perçoivent les prédateurs protégés, en particulier les rapaces, comme un facteur limitant la densité du gibier et les détruisent par empoisonnement, tir ou piégeage (Etheridge et al., 1997, Villafuerte et al., 1998). Ces pratiques illégales peuvent conduire à une diminution importante de leurs effectifs et/ou à une réduction de leurs aires de répartition (Etheridge et al.,1997 ; Villafuerte et al., 1998).

Le programme REGHAB

Mise en place

L’origine du programme REGHAB est liée à une étude scientifique sur l’impact de la prédation par les rapaces sur le lagopède dans les landes écossaises ( Redpath & Thirgood, 1997). Pour prolonger les résultats de leur travail, les chercheurs britanniques ont souhaité trouver une solution concrète au conflit. Leur objectif très ponctuel a été élargi à l’échelle de l’Europe dans le cadre d’un programme qui permette à la fois d’analyser les conflits de façon méthodique et d’enrichir le débat avec des exemples dans d’autres contextes.

Objectifs de REGHAB

Deux objectifs ont été assignés au programme REGHAB :

  1. Identifier et analyser les conflits Rapaces – Galliformes en Europe de l’Ouest en incluant les contextes socio-culturels, économiques et écologiques.
  2. Initier un dialogue entre chasseurs et protecteurs des rapaces, étape fondamentale dans la recherche d’un consensus.

Démarche d’analyse

Pour atteindre ces objectifs, reghab à articulé son travail en deux étapes :

  1. d’abord collecter des données sur de multiples thèmes éclairant différentes facettes des conflits, puis en faire une analyse synthétique à l’échelle européenne.
  2. Ensuite compléter ce travail par des réunions internationales associant des scientifiques, des représentants de chasseurs et de protecteurs dans le but de laisser chaque partie s’exprimer et amorcer le dialogue pour une meilleure compréhension globale.

Qui participe au programme REGHAB ?

Pour mener à bien ce double travail, une équipe internationale a été organisée à partir de 11 organismes, laboratoires de recherche et structures de chasse de 5 pays d’Europe de l’Ouest. La diversité des participants et des invités a permis une bonne complémentarité tant géographique que des compétences (en recherche, en gestion…) et de confronter des points de vue différents.

Etapes de la mise en oeuvre de la méthode du modèle de décision à critères multiples

La première réunion internationale (Espagne, septembre 2001) a été essentiellement une prise de contact : le programme REGHAB et les données recueillies dans le cadre des ateliers ont été présentés à l’ensemble des participants. Une réflexion visant à identifier les conflits et leurs fondements a été menée en petits groupes géographiques («Scandinavie», «Ecosse» et «Méditerranée») pour tenir compte de la spécificité des différents contextes. La deuxième réunion (Ecosse, février 2002) a été l’occasion de débattre de la perception des conflits par les lobbies, du problème du manque de confiance réciproque, de l’importance de la connaissance scientifique et des solutions potentielles. Cette discussion a été menée en deux temps, d’abord en groupes thématiques «chasseurs», «protecteurs» et «scientifiques» puis en groupes mixtes pour confronter les points de vue. Nous avons utilisé une version simplifiée du modèle de décision à critères multiples (cf. ci-dessous) pour tenter de trouver une solution consensuelle.

Critères

Efficacité de la mesure :

  1. Sur le nombre de rapaces
  2. Sur le nombre de gibiers

Adoption de la méthode

  1. Basée sur des résultats scientifiques
  2. Basée sur des observations personnelles

Contexte légal

  1. Etat de conservation des rapaces
  2. Faisabilité de l’option par rapport à la législation

Aspects économiques

  1. Coût
  2. Identification des payeurs

Acceptabilité

  1. Par l’opinion publique
  2. Par les lobbies

Cette méthode est un outil relativement récent et peu connu en Europe mais qui commence à être appliquée en Conservation pour gérer les conflits Homme-Faune Sauvage. Chacun des groupes en conflit doit classer par ordre de priorité les différents critères du modèle et l’argumenter lors du débat qui suit, ce qui permet de présenter les points de vue et de les justifier. Le dialogue où chacun essaie de convaincre l’autre du bien fondé de sa position permet de rechercher un consensus.

Cette méthode a été proposée aux propriétaires de landes à lagopèdes, aux chasseurs, aux gardes-chasse et aux protecteurs des rapaces (Raptor Study Group, RSPB) en Ecosse pour tenter de trouver une solution au conflit «lagopède – busard Saint-Martin». Le programme s’est clôturé en France (mai 2002) avec, entre autres, des présentations de conflits entre chasseurs et protecteurs des rapaces (lagopède - busard Saint-Martin dans les landes écossaises – Thirgood et al., 2000 ; perdrix grise – busard Saint-Martin dans les plaines céréalières françaises – Bro et al., soumis) mais aussi des collaborations (protection du gypaète barbu dans les Pyrénées françaises, du lynx en Espagne…).

Quelques résultats...

Il a été mis en évidence que les conflits sont corrélés à la présence ou à l’augmentation d’un prédateur généraliste de taille moyenne à importante qui ne se nourrit pas principalement sur une espèce gibier donnée mais dont l’impact sur les populations peut être important, surtout si celles-ci sont affaiblies.

Les solutions proposées et discutées ont été variées :

  1. limitation des prédateurs par quotas légaux, translocation, dérangement lors de la nidification, prédation intra-guilde,
  2. limitation de la prédation par aménagement de l’habitat ou nourrissage des prédateurs,
  3. prime «biodiversité » ou compensation des dommages (Cf. Kenward, 1999, Thirgood et al., 2000, Jimenez & Conover, 2001, Ormerod, 2002). Les solutions «acceptables » sont différentes selon les groupes, la seule qui soit vraiment consensuelle est l’aménagement et la gestion appropriée des habitats.

Les réunions ont donné un bon aperçu du conflit sur le plan social ; le tableau ci-dessous résume les positions des chasseurs et protecteurs.

... et quelques constats

Les synthèses réalisées ont souligné un certain nombre d’insuffisances : statistiques disponibles, études, connaissances focalisées sur les espèces gibiers faisant abstraction des autres espèces, biais dans les données n’autorisant que des interprétations superficielles.

Certains conflits ont bien été identifiés mais les connaissances scientifiques s’y rapportant étaient souvent rares ou fragmentaires. Par ailleurs le contexte socio-culturel et économique n’a pas souvent été analysé.

Le dialogue a été cité comme le fondement de toute avancée mais il reste difficile par manque de contact entre les personnes, par l’appartenance à un groupe institutionnel (lobby) qui prédéfinit une position et par un manque de confiance réciproque.

La nécessité des connaissances scientifiques a été reconnue tant par les chasseurs que par les protecteurs. Toutefois les données scientifiques sont souvent inexistantes ou fragmentaires – et souvent contestées. Il a donc été souligné d’encourager les recherches de terrain.

Les discussions entre chasseurs et protecteurs, notamment celle de la table ronde, sont apparues comme théoriques et relativement virtuelles car :

  1. les débats n’aboutissaient pas à la prise de décision quant à une solution acceptée par les deux parties,
  2. l’adoption d’une solution particulière nécessiterait d’envisager sa faisabilité tant technique que financière, qui n’a pas été prise en compte lors des discussions.

Les conflits sont apparus très spécifiques d’un contexte et les solutions proposées difficilement transposables. Il a toutefois été intéressant d’analyser des situations variées.

Conclusion

Ce programme a été très enrichissant car il a apporté des synthèses innovantes, il a amorcé un débat entre personnes de sensibilités différentes et permis d’analyser le fondement des conflits. Les discussions ont montré toute la complexité des conflits dont la résolution concrète nécessitera de mener une analyse propre à chacune des situations, qui toutes ont un contexte spécifique, et de prendre en compte tous leurs aspects, écologique mais aussi socio-culturel, économique et politique. A ce titre, le programme REGHAB a été l’occasion pour le CNERA Petite faune sédentaire de plaine de faire une analyse précise du conflit «perdrix grise de plaine – busard Saint-Martin» dans les plaines céréalières du Centre-Nord de la France.

On peut espérer que ce programme initie une démarche unifiée de gestion de la faune sauvage entre chasseurs et protecteurs, et plus généralement avec tous les gestionnaires de l’espace rural, agriculteurs et forestiers, et qu’il se poursuive par d’autres programmes en commun. Il a été proposé en particulier de constituer une commission européenne de scientifiques et d’usagers de la nature pour débattre des problèmes générés par les intérêts divergents d’utilisation de la nature et proposer des solutions.

Remerciements

Nous tenons à remercier toutes les autres personnes qui ont participé au programme REGHAB : François Reitz, François Biadi et Pierre Mayot (CNERA PFSP) pour leur avis sur les fiches « perdrix grise » et « faisan » et leur travail sur les relations perdrix-busard, Stéphane Marin et Nathalie Deloche (Observatoire des Galliformes de Montagne) pour leur contribution technique, Eveline Taran (DER) pour ses traductions, Marie-Solange Landry (service documentation) pour son aide en recherche bibliographique, Philippe Landry (responsable SIG) et Jean-Pierre Arnauduc (Fédération Nationale des Chasseurs) pour nous avoir fourni des données sur l’aspect socio-économique de la chasse en France, sans oublier Jean-Charles Guyomarch’ de l’Université de Rennes pour sa fiche « caille ». Merci également à toutes les personnes de l’ONCFS et des Fédérations de Chasseurs qui ont participé à la réunion de clôture à Amboise et à la discussion générale. La critique constructive d’Yves Ferrand a permis d’améliorer cette présentation du programme. Le travail a reçu des crédits européens de la DG XI, leur gestion financière a été assurée par Isabelle Rivault (direction financière).

Bibliographie

  • Charlez A. (1993) - La gestion des prédateurs : la réglementation, des origines à la situation actuelle. Actes du colloque « Prédation et gestion des prédateurs », Dourdan 1-2 Déc. 1992, P. Migot et P. Stahl eds, ONC-UNFDC, Paris, p. 119-124.
  • Conover M. (2002) - Resolving human-wildlife conflicts. The science of wildlife damage management. Lewis Publishers, New York, USA. 418pp.
  • Etheridge B., Summers R. W. & R. E. Green (1997) - The effects of illegal killing and destruction of nests by humans on the population dynamics of the hen harrier Circus cyaneus in Scotland. Journal of Applied Ecology, 34 : 1081-1105.
  • Jimenez J.E. & M.R. Conover (2001) - Ecological approaches to reduce predation on ground-nesting gamebirds and their nests. Wildlife Society Bulletin, 29 : 62-69.
  • Kenward R.E. (1999) - Raptor predation problems and solutions. Journal of Raptor Research, 33 : 73-75.
  • Kenward, R.E., Hall D.G., Wall S.S. & K.H. Hodder (2001) - Factors affecting predation by buzzards Buteo buteo on released pheasants Phasianus colchicus. Journal of Animal Ecology, 38 : 813-822.
  • Krebs J.R. & R.M. May (1990) - The moorland owner’s grouse. Nature, 343 : 310-311.
  • Ormerod S.J. (2002) - Applied issues with predators and predation: editor’s introduction. Journal of Applied Ecology, 39: 181-188.
  • Redpath S.M. & S.J. Thirgood (1997) - Birds of prey and red grouse. Newton ed. Stationary Office, London. 148 pp.
  • Thirgood S.J., Redpath S., Newton I. & P.J. Hudson (2000) - Raptors and red grouse: conservation conflicts and management solutions. Conservation Biology, 14 : 95-104.
  • Villafuerte R., Viñuela J. & J.C. Blanco (1998) - Extensive predator persecution caused by population crash in a game species: the case of red kites and rabbits in Spain. Biological Conservation, 84 : 191-188.

Source : Rapport scientifique 2002 ONCFS, juillet 2003
Contact : e.bro@oncfs.gouv.fr

Tableau 1 : Collecte et analyse d’informations : ateliers thématiques

1. Variations socio-économiques, culturelles et biologiques de la chasse en Europe.

Sujets traités

  • Organisation de la chasse
  • Droit de la chasse
  • Traditions de chasse : contexte historique
  • Valeurs économiques et sociales de la chasse
  • Espèces chassées, dates et modes de chasse, tableaux de chasse
  • Statut des populations et tendances démographiques

Principaux thèmes des rapports de synthèse

  • Typologie des régimes de chasse en Europe de l’Ouest à travers la synthèse comparative des données suivantes : nombre de chasseurs et évolution, durée de la chasse, espèces chassables, tableaux, profil des chasseurs, perception de la chasse par la société, impact économique…
  • Réflexion sur les facteurs sociaux, économiques et culturels à l’origine des conflits

2. Impacts des pratiques liées à la chasse sur la biodiversité.

Sujets traités

  • Effets de l’aménagement de l’habitat, de l’agrainage, de la gestion des populations (lâchers, piégeage) sur la faune sauvage
  • Importance quantitative de ces différentes pratiques
  • Impact de ces pratiques sur la biodiversité

Principaux thèmes des rapports de synthèse

  • Importance quantitative des pratiques liées à la chasse par pays et par espèce.
  • Impact du contrôle des prédateurs, de l’apport de ressources alimentaires, du contrôle sanitaire et des lâchers sur les espèces gibier et non-gibier (résultats d’études et réflexion).
  • Gestion dans 2 catégories de territoires de chasse : ceux dont l’exploitation n’est pas liée à la chasse (zones agricoles) de ceux destinés à produire du gibier (landes, garrigues…).

3a. Conflits oiseaux-gibier / rapaces

Sujets traités

  • Dimension sociale du conflit « gibiers – rapaces »
  • Braconnage des rapaces (espèces visées, méthodes, étendue du problème, impact sur les populations de rapaces)

Principaux thèmes des rapports de synthèse

  • Etudes de cas de prédation de galliformes par rapaces en Europe
  • Importance de la régulation des rapaces en Europe avant leur protection et persécution dans les années 90 (espèces persécutées, modalités de destruction par pays voire région, impact sur les populations)

3b. Relations proies – prédateurs

Sujets traités

  • Réalité écologique de la prédation par rapaces sur des espèces gibiers (données quantitatives de l’impact de la prédation sur la dynamique de population des espèces gibiers)
  • Mécanismes écologiques de la prédation par rapaces (mortalité additive vs. compensatoire, effet numérique vs. fonctionnel)

Principaux thèmes des rapports de synthèse

  • Connaissances sur l’impact de la prédation sur les populations proies : historique, hypothèses
  • Régime alimentaire des rapaces en Europe
  • Réponses numérique et fonctionnelle
  • Réponse totale – étude de cas en Europe

4. Outils d’aménagement

Sujets traités

  • Solutions testées pour limiter la prédation par rapaces sur le gibier, résultats
  • Evaluation de la possibilité de généralisation des différentes alternatives (rapport coût-efficacité, simplicité…)
  • Perspectives d’études scientifiques

Principaux thèmes des rapports de synthèse

Pas de rapport car très peu d’études (test de l’effet du nourrissage des busards en Ecosse, test de l’aménagement de l’habitat en France – études ±en cours lors du programme)

5. Modèle de décision à critère multiple

Table ronde entre les différents acteurs en conflit (organisations de chasse et associations de protection des rapaces) et animée par un modérateur, visant à trouver un consensus pour régler le conflit en s’aidant des données scientifiques (participation de scientifiques).

Principaux thèmes des rapports de synthèse

  • Présentation du conflit lagopède – rapaces en Ecosse
  • Description de la méthode de la table ronde et du modèle multi-critère (critères d’évaluation de la valeur du territoire de chasse et des optionsde gestion du territoire, des busards et du conflit)
  • Discussion à partir du modèle pour trouver un consensus

Tableau 2 : Participants et invités

Espagne

  • Instituto de Investigacion en Recursos Cinegeticos (IREC)
  • Federacion Española de Caza (FEC),
  • Asociacion de Proprietarios Rurales y Productores de Caza (APROCA-CLM)
  • Université de Barcelone

Portugal

  • Ordenamento e Gestao de Recursos Naturais (ERENA)

France

  • Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC-CNRS)
  • Laboratoire d’écologie de l’ENS – Université Paris VI (UPMC)
  • Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage

Royaume-Uni

  • Centre for Ecology and Hydrology (CEH-NERC)
  • Game Conservancy Trust (GCT)

Finlande

  • Université de Turku

Des associations de chasseurs (FDC et FNC, ACTI, HCO, BASC), des producteurs de gibier (ANPC), des associations de protection de la nature (LPO/FIR, GRIVE, RSPB, Birdlife, WWF) et des scientifiques (Raptor Study Group, Université de Stirling, du Minesotta et d’Umea, FGFRI) ont été invités aux réunions de discussion.

Tableau 3 : Compte-rendu synthétique des débats en groupes thématiques «chasseurs», «protecteurs» et «scientifiques»

CE QUE PENSENT LES CHASSEURS

Connaissances scientifiques

  • Les scientifiques reconnaissent les études des protecteurs mais pas des chasseurs. La connaissance de terrain des chasseurs n’est pas reconnue. Or c’est le groupe qui a le soutien des scientifiques qui tend à être satisfait par les décisions politiques.
  • Le « Raptor Working Group » n’est pas crédible car leurs résultats correspondent à leurs attentes.
  • De nombreux scientifiques sont aussi protecteurs (science partisane).

Confiance

  • Les deux parties mentent, il faut être honnête pour progresser.
  • Les deux parties essaient d’influencer la perception que le public a de l’autre partie pour la discréditer.

Dialogue

  • Si les représentants sont modérés alors les propositions faites ne sont pas celles attendues par les membres les plus extrémistes (pb d’appartenance à un lobby).
  • Il faut définir les attentes et les objectifs des 2 parties.

Méthodes

  • Les garde-chasses ont détruits les rapaces pendant longtemps. La législation a subitement changé, changer les habitudes et les mentalités demande plus de temps.
  • Les protecteurs opposent une résistance absolue en ce qui concerne la régulation des rapaces. Les dérogations ne sont pas contraires à la directive Oiseaux.
  • Il n’y a pas de base scientifique à la protection, juste un principe de précaution qui est roi. Ce sont toujours aux chasseurs de prouver que la chasse n’est pas un danger, jamais aux protecteurs de prouver que la protection totale est absolument nécessaire.
  • Les protecteurs peuvent employer des arguments « émotionnels ».
  • La destruction illégale est un fait mais cela représente un petit % de chasseurs.

CE QUE PENSENT LES PROTECTEURS

Connaissances scientifiques

  • Il n’y a pas assez d’études intégrées sur les systèmes (habitat – communauté d’espèces).
  • Les chasseurs ne font pas confiance aux résultats scientifiques à moins qu’ils servent leurs intérêts.
  • Les résultats des études ne sont pas accessibles et compréhensibles par des non scientifiques.

Confiance

  • Tous les chasseurs ne sont pas pareils, certains sont dignes de confiance.
  • Les mouvements anti-chasse ont progressé, les chasseurs se sentent menacés et manquent de confiance dans les associations de protection.

Dialogue

  • La possibilité de dialogue dépend des représentants des intérêts des chasseurs et protecteurs (pression de lobby pour un discours unifié).
  • Il faut absolument nouer un dialogue et des interactions.

Méthodes

  • Les chasseurs rechignent à changer leurs pratiques.
  • Les chasseurs ne prennent pas en compte les points de vue des autres.
  • Il faudrait savoir si les chasseurs qui détruisent les rapaces sont une minorité ou non.

CE QUE PENSENT LES SCIENTIFIQUES

  • Il est plus facile de discuter avec les protecteurs qu’avec les chasseurs. Certains gestionnaires tiennent un discours de scientifique en édictant en règles des observations de terrain.
  • Les études et les chercheurs doivent être complètement indépendants pour être reconnu(e)s
  • Les scientifiques devraient s’impliquer plus dans la vulgarisation des résultats de leurs études.

Confiance

  • Les deux parties utilisent mal les connaissances scientifiques. Plus de poids est donné aux études qui donnent les « bons résultats ».

Dialogue

  • La difficulté du dialogue provient en partie de l’institutionnalisation des positions et des discours.
  • Le déséquilibre en termes de contribution financière (fonds des chasseurs) à des fins de préservation de la faune qui profite à toute la société n’aide pas au dialogue.

Méthodes

  • Les chasseurs sont trop figés dans leurs traditions et ne sont pas réactifs.

par Elisabeth Bro, Laurent Ellison et Pierre Migot,
avec la participation d’Ariane Bernard-Laurent, Claude Novoa, Yann Magnani, Emmanuel Menoni, Françoise Ponce-Boutin, Jean-Marie Boutin et Hervé Lormée

Influence des changements climatiques sur le pastoralisme en Algérie : 50000 ovins décimés dans une tempête de sable à Naâma

Région de Naama - Algérie Algérie - Naâma, région à vocation agropastorale a enregistré un drame. 50 000 têtes d’ovins y ont été décimées, ainsi qu’à El-Bayadh et Djelfa, des suites d'une terrible tempête de sable conséquence des intempéries qui ont secoué le pays ces derniers jours.

800 bovins ont aussi trouvé la mort dans les mêmes circonstances. Au delà des dommages subis par les éleveurs qui voient leur plan de développement remis en cause par un manque à gagner imprévu, il faut s'interroger sur les conséquences de cette saignée sur le marché algérien de la viande, sachant que les régions de Naâma, Djelfa et El-Bayadh sont les principales pourvoyeuses du pays en cheptel. Le prix de la viande chez les bouchers à Alger n'a pas changé pour le moment, restant, au demeurant, toujours élevé. Mais le coup terrible subi par les éleveurs ne manquera pas de dérouler, à terme, un effet néfaste sur le marché, le temps que s'écoule le stock acquis avant les intempéries.

Naâma est déjà une région touchée par la contrebande. C'est son patrimoine à vocation pastorale qui subit. 250 km de bande frontalière avec le Maroc l'exposent à ce trafic qui est difficile à évaluer. Les passeurs organisés en réseaux transfèrent au Rchérifien des centaines de têtes notamment à l'approche des fêtes de l'Aïd. L'effectif ovin de la wilaya est estimé à près de 800 000 têtes. Cela représente près de 5% de la production nationale qui est de 18 millions de têtes ovines, selon le ministère de l'Agriculture.

Désertification de la steppe

Steppe désertique de Naâma - AlgérieA Naâma, surtout dans le nord, les hautes plaines steppiques de la wilaya, prédomine l'activité pastorale. 

La région fait face aussi cycliquement aux effets dévastateurs de la désertification qui réduit à néant le couvert végétal.  Les agriculteurs, qui ont pour seule activité le pastoralisme, doivent apparemment se résoudre à accepter les caprices de la nature qui les ballote entre sécheresse et tempête de vent.  La régularité de la combinaison de ces deux phénomènes maintient à un prix fort la viande dans toutes les contrées du pays.

Farouk N.

16 mars 2007

C'est le retournement complet de la peau des moutons qui interroge

En direct de la tannerie de Peau-de-Mouton (Ariège) - Hier, dans "La Dépêche, le saigneur des agneaux est de retour", j'avais publié la photo au dessus de la légende "C'est le retournement complet de la peau des brebis qui interroge."

Retournementdelabrebis

La photo de la brebis à la peau retournée (dépiautée comme un lapin!) n'étant pas de la Dépêche comme je l'avais imprudemment signalé, mais du photographe reporter LD, celui a exigé par mail que je la retire immédiatement de cette note sous peine de poursuites immédiates. J'ai obtempéré illico, sa tendance procédurière étant renommée mondialement.

Magnanime, je ne désire pas l'empêcher de vendre cette photo de grand intérêt biologique aux plus grandes agences de presse mondiales ainsi qu'aux spécialistes du comportement de Canis lupus ou des peaux de moutons retournées. N'ayant pas de photo de brebis dépiautée, ni même de lapin sous la main, je vous propose à la place un scoop : La buvette aurait retrouvé l'atelier dans lequel les loups stockeraient les peaux de moutons!

L'association de sauvegarde des peaux de moutons pyrénéens

D'après Marie-Louise Brouette, présidente de l'association de sauvegarde des peaux de moutons pyrénéens, ce trafic juteux serait la véritable raison des horribles attaques sanglantes qui déciment les troupeaux non gardés et les transforment en charniers. Pour quelle raison la nouvelle de cette étonnante activité clandestine n'a pas été révélée plus tôt ? «Tout simplement parce que nous avons tout d'abord, cherché à en savoir davantage sur la façon dont attaquent les loups avant d'en parler»

Les peux de moutons AOC serviraient, d'après notre interprétation des propos de Marie-Louise Brouette à la fabrication de manteaux (tailles S, M, L) et de chaussons (du 37 au 44) pour les jeunes louveteaux en hiver.

Trafic de peux de moutons : Le cinquième pouvoir enclenche le seconde

Louis D., un journaliste Lourdais motorisé serait entrain de prendre des contacts auprès des candidats aux prochaines élections présidentielles pour qu'une commission d'enquête parlementaire présidée par le député Auguste Bonnesieste fasse toute la lumière sur une ramification supposée de ce réseau "Ysengrin". En effet, plusieurs vielles paires de pantoufles ont été retrouvées dans des cabanes d'altitudes ariègeoises. L'hasardeuse hypothèse selon laquelle des ursidés étrangers non encore identifiés chercheraient à détourner une partie de la marchandise non taxée pour équiper les tanières pyrénéennes pour l'an prochain n'est pas écartée, quoi que non encore vérifiée.

mouton retournéTout porte à croire que la silhouette à droite pourrait bien être (certains se permettent de le penser), celle d'un célèbre journaliste Lourdais (mais on n'est pas sur, vu qu'il ne lui ressemble pas du tout, il est bien trop grand et il n'a pas son appareil photo dans les mains) enquêtant sur la bande de terroristes intellectuels qui prétendent que cette histoire est de la fumisterie d'écologistes de salon ayant infiltré le ministère de l'habillement.

Les spécialistes se perdent en conjectures sur la situation géographique de cet atelier. Des personnes bien intentionnées auraient laissé sous entendre dans certains forums pentus qu'il pourrait bien être situé à Harbas-sur-gave, petite commune où sont implantées des fabriques de produits à base de peaux de moutons importées de Slovénie. Personne n'a encore osé s'y rendre vu l'odeur nauséabonde qui règne là bas.

Plus d'infos prochainement dans Lourd d'infos sans doute. La buvette vous tiendra au courant de cette actualité brulante.

Je cède avec plaisir les droits exclusifs de ce scoop à "Dépêche toi y va être Midi" et à "Lourd d'infos", vu la qualité régulière de leurs informations.

15 mars 2007

La Dépêche : Le saigneur des agneaux est de retour

La Dépêche du midi s'offre un grand article dans le plus pur style pyréniais. Supputations, rumeurs, approximations, conditionnels, un vrai morceau d'anthologie. Le loup est de retour dans les Pyrénées. Accrochez-vous, Le saigneur des agneaux est de retour.

La Dépêche du Midi : Le fait du jour. Alors que l'association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen dénonce l'ours comme menace pour la biodiversité : suspicion d'attaques du loup au Vignemale. (C'est le titre)

Par Guillaume Atchouel (Dépêche du midi du 14 mars)

Le loup aurait-il gagné les Hautes-Pyrénées ? Si pour l'heure, rien ne permet de l'affirmer, l'attaque de trois brebis, en septembre 2006, en vallée d'Oussoue, au pied du Vignemale, conduit à le penser. Pour quelle raison la nouvelle de cette étonnante prédation n'a pas été révélée? «Tout simplement parce que nous avons tout d'abord, cherché à en savoir davantage sur la façon dont attaquent les loups avant d'en parler», explique Marie-lise Broueilh, présidente de l'Association pour la Sauvegarde du Patrimoine pyrénéen et mère de Sylvain, le berger qui a fait les frais de cette "tuerie".

[NDLB : Suspicion, emploi du conditionnel, "rien ne permet de le penser", 6 mois de réflexion... Voilà de biens étranges cadavres que l'ASPP sort de son placard. D'habitude, à la moindre prédation on ameute la presse. Dans ce cas on réfléchit, on consulte les alpins : «Des alpins victimes de prédations du loup pensent qu'il pourrait bien s'agir d'une attaque de ce dernier même si pour l'heure, cela n'est pas confirmé». La prudence du journaliste qui ne vérifie pas ses sources est de rigueur, histoire d'assurer ses arrières au cas où viendrait un démenti plus officiel. Quand on a rien à dire et qu'en plus tout est hypothétique, on ferme sa ... bouche.

Cette méthode de discours, toute en insinuations intentionnelles me rappelle le style d'un pyrénéen spécialiste de la rumeur, Louis Dollo, qui posait au côté de "la présidente" de l’ASPP, un soi-disant éleveur qui, sur son site, avec des titres d'articles non développés mais accusateurs comme : «Du rififi à l'ADET», «Jean Lassalle - IPHB contre un Webmaster belge» ou encore «Franska aurait avorté» nous a habitué à ses articles nauséabonds, sensationnalistes, mensongers et parfois diffamatoires. Il n’y a pas de fumée sans feu. Continuons la lecture de Louis Dollo car voici l’histoire d’une veste en mouton retourné..]

Les brebis ont été retrouvées quasiment (?) dépecées mais pas n'importe comment : «Leur peau était arrachée à la hauteur des reins et retournée jusqu'au cou, poursuit Marie-Lise Broueilh. Elle recouvrait la tête. Exactement comme l'on fait pour un lapin».

Rien à voir, donc avec une attaque de l'ours. D'ailleurs le garde du Parc National des Pyrénées qui s'est rendu sur place, a catégoriquement réfuté que cela puisse lui être imputé. Aucune trace de son passage n'a également été relevée à proximité du "charnier". La piste de chiens errants a tout autant été rapidement écartée.

[ NDLB: Après les prétendues attaques d'ours sur les veaux d'Aston malades de septicémie, les partisans du patrimoine deviennent-ils plus prudent dans leurs diagnostics d'attaques ou inventent-ils une nouvelle stratégie pour rajouter le danger du loup au danger de l'ours et faire pleurer sur les conditions misérables d'un pastoralisme en phase terminale et sur leurs troupeaux ... non protégés ?

Le loup est dans les Pyrénées et les bergers vont regretter le bon vieux temps de l'ours et ses 300 victimes annuelles. Avec le loup, les prédations vont prendre une autre tournure et l’ambitieux programme de l'ASPP pour un pastoralisme nouveau est à la hauteur du danger nouveau : 

  • refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours,
  • refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux,
  • pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs

Voilà un programme qui montre bien l'incohérence et l'irresponsabilité des ultras-pastoraux de l’ASPP, encouragée par la communication de celui qui devient le porte parole de l'ASPP sur le web et dans la presse : Louis Dollo. Allez hop, continuons encore cet article ahurissant...]

Un gros renard tueur de brebisDes randonneurs, mais aussi Louis Dollo, un Lourdais, étaient présents lors de la découverte des bêtes. Louis Dollo rapporte : «Les promeneurs nous ont dit avoir vu un animal ressemblant à un gros renard se promener dans les parages. Avec Sylvain Broueilh, nous avons questionné des Alpins victimes de prédations de loup. La description que nous leur avons fait de ce gros renard et la façon dont étaient dépecées les bêtes leur ont tout de suite fait penser au loup».

[ NDLB: Faut dire qu’il n’y a ni ours, ni gros renards dans les Alpes. Dès qu'il y a des victimes, ils pensent d'office au loup. Entrée en scène de Super Louis Dollo, le "Lourdais" (en fait il est de Tarbes, mais on n'est pas à une approximation près dans cet article) arrive sur le « charnier », les lieux de la « tuerie » après le « carnage » par pur hasard, à moins que ce ne soit la chance. Il n'a pas le temps de terminer de se prendre une veste en mouton retourné que des promeneurs (de grands naturalistes dignes de foi) prennent le loup pour un gros renard. Quelle aventure passionnante ! Et dire qu'il a fallu 6 mois de réflexion pour sortir ce scoop dans la presse. Nous sommes habitués à ses effets de manches dans les forums à ces annonces du style : "On en reparlera", "Vous verrez dans quelques temps" ou "L'avenir nous réserve des surprises", sans plus de détails. Depuis un an, nous avons pris l'habitude de lire les actualités sanglantes d'une certaine presse : "deux brebis dévorées aux portes d'un village", "Qui sera la prochaine victime, un mouton ou un enfant?" Avec le printemps, on attend le retour des porte-paroles des éleveurs à la une des pages spécialisées en faits divers et en croustillants détails macabres destinés à les faire passer pour des victimes innocentes. Ils sont impatients et fébriles.

Alors que les ours féroces autant que slovènes ne pensent qu'à dormir, heureusement que de nouveaux gros renards, sans doute venus d'Espagne (encore des estrangers) viennent réveiller les Pyrénées et que les journalistes républicains des Pyrénées sont là pour nous inonder de rumeurs rédigées au conditionnel. ]

Des «carnages» similaires auraient aussi été constatés dans les Pyrénées Atlantiques. Si là encore l'hypothèse de loups venant d'Espagne est avancée, celle de chacals n'est pas non plus écartée par d'autres sans pouvoir pour autant le confirmer.

[ NDLB : Y a pas à dire, cette phrase c'est du grand art : conditionnels, hypothèses, aucune confirmation... Taisez-vous, vous seriez risibles si vous n'étiez pas des «pro» de l'information. "De gros renards", "des chacals", et pourquoi pas des hyènes moqueuses ministérielles ? Pourquoi Guillaume Atchouel emprunte-t-il le style tout craché de Louis Dollo. Auraient-ils rédigé à trois cet article sur une table de bergerie? Et on continue dans le burlesque ...]

Sans chercher à conclure [On n'oserait pas], en l'absence d'éléments matériels et scientifiques probants [Pas même un indice] , qu'il s'agit du loup, l'éventualité [restons prudents] que ce dernier puisse [peut-être] avoir gagné les Hautes-Pyrénées n'est pas impossible [C’est pas sûr non plus].

La présence de ce prédateur, qui parcourt de grandes distances, a déjà été confirmée dans les Pyrénées-Orientales. Elle vient aussi d'être établie dans le Gard et en Lozère. Cela fait plusieurs années que des personnes (?) se promenant en montagne rapportent avoir vu une bête lui ressemblant étrangement ... [ NDLB : La bête du Gévaudan racontée par l'homme qui a vu l'homme qui a vu le gros renard, ou le chacal, on se sait pas ]. Reste que les agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage n'ont jamais constaté qu'il se trouve dans le département. [ NDLB : Sans doute les agents de l'Etat cherchent-ils à cacher la vérité aux bergers (Une théorie habituelle de Louis Dollo, voir ses attaques contre l'ETO ou les noms de fleurs de pavés qu'il a utilisés dans les forums pour qualifier les fonctionnaires). Le grand méchant complot qu'on vous dit. Saloperie d'écolos de salons et d'agents de l'Etat à la solde des associations financées par le lobby écologiste. Il est temps que la cour des comptes, Lassalle et Bonrepaux réunis viennent faire le grand nettoyage dans cette vermine financée par l'argent du contribuable et de réorienter l'argent du MEDD pour soutenir financièrement les pauvres troupeaux non protégés attaqués par tous les carnassiers de la terre, y compris les gros renards espagnols, ces grands fauves voyageurs. Il faut arrêter le Jurançon moelleux, Monsieur, votre discours pitoyable dépasse l'entendement.]

Article de Guillaume Atchouel dans un journal dont le titre ressemble à « Dépèche toi c'est l'heure de l'apéro, va bientôt être midi. »

Louis Dollo se prétend aussi «journaliste» à Lourdes Infos. La crédibilité et l'objectivité ne semble pas être la première de leurs préoccupations. Avec de tels articles, vos explications sur la faune, le pastoralisme, le patrimoine, la cohabitation ou l'écologie deviennent des références. Heureux lecteurs et heureux touristes guidés par de telles lumières. La buvette, soucieuse de toujours bien vous informer vous apporte la vraie réponse, pourtant simple : pourquoi les brebis enlèvent-elles leur peau ? A cause du réchauffement climatique, la preuve en image (c'est une autre hypothèse, rien n'est moins sûr. )

Mon propos n'étant pas ici de dire que ces brebis sont ou ne sont pas victimes du loup. Je n'en sais rien. Le loup est de retour dans les Pyrénées et les éleveurs qui refusent les moyens de protection parce que les adopter c'est "accepter les prédateurs" vont se rendre compte rapidement des conséquences de ce choix politique irresponsable. Par contre cette manière de traiter une information sans aucune recherche ni recoupement est pour le moins orientée et peu pro.
(Musique à écouter: «Les loups-ou, les loups sont entrés dans Paris» de Serge Reggiani)

Baudouin de MentenConséquences du réchauffement climatique sur les moeurs ovines et le pastoralisme

14 mars 2007

Sur les terres de François Bayrou

par Thomas Legrand (RTL)
François Bayrou, le candidat de l'UDF a maintenant au moins autant de chances d'être président en mai prochain que Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy ! Nous avons donc décidé d'aller voir sur ses terres, dans le Béarn, comment l'homme est perçu. Il revendique fortement d'être un homme enraciné. Thomas Legrand revient justement de la région d'origine du candidat centriste.

Enfance studieuse

C'est toujours un peu le même constat quand on se rend chez quelqu'un à qui est promis un destin glorieux... Il y a ceux qui l'aiment (et alors ils l'aiment vraiment) et puis il y a ceux qui le détestent et dans les deux cas on ne fait pas dans la mesure.

Commençons par l'amour. Chez lui à Bordère, un petit village aux pieds des Pyrénées. La grande ferme à coté de l'église c'est la maison Bayrou. Sa femme y vit toujours. Pas loin, la mère de François Bayrou, 88 ans est aussi là, respectée et aimée de tout le village. La famille Bayrou est une famille de paysans érudits avoue un voisin. Rencontre d'abord avec Marie-Gabrielle. Elle connaît François Bayrou depuis le collège. Il y a aussi une amie de la famille mais qui préfère ne pas dire son nom. Elles nous parlent de François Bayrou enfant.

"Un petit garçon pas très grand et très déluré. Il réussissait très bien à l'école mais on le voyait pas travailler", explique l'une d'elle. "Je sais qu'il lisait beaucoup la presse, son père laissait les journaux et les livres à disposition. Il était vraiment atypique". Quant à son problème d'élocution, "ce n'était pas vraiment un bégaiement, c'était plutôt une difficulté à dire certains mots sur lesquels il butait".

A quelques kilomètres de là, le marché de Bay un autre village, on retrouve l'ami de la famille avec Joël, charcutier et voisin de François Bayrou : "Je suis né à Bodère comme lui, moi je suis fils d'agriculteur comme lui, je l'ai vu sur son tracteur travailler la terre, je l'ai vu soigner les chevaux, c'est quelqu'un du village comme tout le monde", explique-t-il.

On nous décrit donc François Bayrou comme un paysan. Mais beaucoup ignorent qu'il est en train de devenir la coqueluche des bobos parisiens. Ils n'en reviennent d'ailleurs pas. "Ca veut dire que les bobos parisiens tout d'un coup ils se souviennent qu'ils ont eu de la boue dans les godasses", plaisante une habitante. "C'est super s'ils ont compris ça les bobos parisiens. Tant mieux".

Une unanimité de façade

Maintenant direction Pau. Là il y a d'autres sons de cloches. Pierre Pécastaing est un ancien du Front national, avocat, passé à l'UMP. Il n'aime pas François Bayrou mais il pense qu'il va gagner tout simplement parce qu'il est Béarnais et qu'il va trahir son camp. A droite c'est une coutume locale, selon lui, chez les grands hommes Béarnais. "D'abord Henri IV, l'apostasie, pour le trône de France, de protestant il est devenu catholique. Bernadotte qui a été fait général en chef par la vertu de Napoléon et qui pour le trône de Suède a trahi. Comprendre Bayrou c'est d'abord comprendre comment la politique se conçoit dans ce pays".

Justement; François Bayrou a été président du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques. A l'époque il était clairement à droite. C'est en tout cas ce que veut démontrer Pierre Cheret, le patron du PS du département. Il est bien embêté parce que François Bayrou chasse sur les terres de la gauche au niveau national. Alors il fourmille d'exemples dont celui-ci pour dénoncer ce qu'il considère comme une imposture : "Sous sa présidence nous étions le 92ème département en ce qui concerne l'investissement dans les collèges. On est remonté à la 50ème place aujourd'hui grâce à une offensive du groupe socialiste. L'éducation n'était pas une priorité quand il était président du Conseil Général".

Et puis il y a l'écrivain Christian Laborde, l'ami de Claude Nougaro et aussi le défenseur de la vallée d'Aspe. Il a beaucoup de mal à voir en François Bayrou un champion de l'écologie, signant le pacte de Nicolas Hulot. "Cette façon de parler des racines de sa terre béarnaise masque l'absence de feuillage. C'est un être sans aventures fortes. Alors il se dit paysan quand d'autres sont de la ville et de plus lorsqu'il s'est agit de défendre la terre, de lutter contre le tunnel qui massacrait la terre des ours, François Bayrou était du côté du lobby routier". Et il conclut, "je crois que François Bayrou est un pétochard".

Justement à propos d'ours, retour à Bay, au café de la Paix. Quatre bérets basques penchés sur leurs cafés et dessous, quatre pépés qui savent qu'on ne vend pas la peau de l'ours. "Quand on s'emballe on peut se casser la figure", professe l'un d'eux, prudent comme un centriste, le pépé du Béarn !

Thomas Legrand

Claude-Marie Vadrot : "L'écologie entre en contradiction avec 95% des choix de la droite"

Claude-Marie Vadrot, auteur de L'Horreur écologique

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Claude-Marie Vadrot souhaite en finir avec "la pénible agonie du ministère de l'Environnement" : ses locataires récents ont trop renoncé, trop cédé, trop accepté, pour être encore crédibles. "Le susdit ministère n'aura existé, depuis l'arrivée de sa dernière titulaire, que pour imposer cinq ours (au lieu des dix prévus) à des imbéciles malheureux", note le journaliste, désabusé, dans L'Horreur écologique.

Quant au poste de "vice-premier ministre en charge du développement durable" imposé par Nicolas Hulot à dix candidats à l'élection présidentielle, c'est du "gadget", écrit l'auteur en colère. L'Horreur écologique est un pamphlet, au style féroce et enlevé. Il tranche dans le vif. Mais, à la différence de beaucoup de livres à charge, il a du fond. C'est un livre parfaitement documenté qui propose une vision globale des problèmes dont souffre notre bonne vieille Terre. Certains chapitres renouvellent le débat, notamment sur la pertinence des "biocarburants", le sens de l'information "en temps réel" sur les pollutions ou l'origine de la grippe aviaire. Pas de doute, ce pavé dans la mare est une lecture utile. Et urgente. Entretien avec l'auteur.

Réunion sur le climat à Paris, agitation autour de la candidature Hulot, grandes messes télévisées avec Yann Arthus Bertrand… Les politiques et les médias semblent se mobiliser autour de la question environnementale. S'agit-il d'un vernis écologique, vite lavable en machine (électorale), ou peut-on espérer une réelle évolution des consciences ?
Claude-Marie Vadrot : La plupart des politiques et les médias ne se mobilisent pas sur l'environnement. Ils s'immobilisent sur le réchauffement du climat ! Parce que cela fait de la météo-spectacle et que les gens ont le sentiment qu'ils n'y peuvent pas grand-chose. Il y a peut-être, sur les problèmes de santé liés aux pollutions ou sur le climat-mauvais temps "y a plus de neige pour le ski", une évolution de la prise de conscience mais pas des consciences. Vous savez comment on appelle la neige artificielle désormais, que l'on soit skieur ou propriétaire de remonte-pentes ? "La neige de culture !" C'est-y pas joli ? Quant à Hulot, tout est bien qui finit bien, il est retourné à TF1 et à son rôle d'agitateur…

Ségolène Royal, conseillée par Bruno Rebelle, l'ancien directeur de Greenpeace France, vient de détailler ses mesures pour "l'excellence environnementale". Quel regard portez-vous sur ces annonces ?
Claude-Marie Vadrot : J'ai parlé avec Ségolène Royal bien avant l'annonce de sa candidature. De ces trois conversations, j'ai retenu sa compétence sur ces sujets et ce qui m'a semblé être un intérêt authentique. De plus, Rebelle est un bon choix. Reste à se débarrasser du pauvre programme écologiste du PS. Pour l'instant, ces mesures sont ce que j'ai lu de plus complet, de plus cohérent dans le genre, si l'on met à part ce que dit José Bové.

En quoi le projet de José Bové est-il plus convaincant sur le sujet de l'environnement ?
Claude-Marie Vadrot : Il affirme clairement que, sur l'écologie, il n'y a pas de compromis possible. Je comprends que Ségolène Royal représente un compromis, mais, pour le premier tour, je suis davantage passionné par José Bové.

Dans votre livre, vous manifestez un certain respect pour Serge Lepeltier, éphémère ministre de l'écologie du gouvernement Raffarin. L'écologie peut-elle être une valeur de droite ? Ou Serge Lepeltier est-il l'exception qui confirme la règle ?
Claude-Marie Vadrot : Je ne crois pas du tout qu'une politique écologique soit accessible à la droite. C'est en contradiction avec 95% de ses choix. L'écologie est, par nature, opposée à l'ultralibéralisme, au marché pollueur. L'écologie, pour la droite, c'est la nostalgie, "c'était mieux avant". Cependant, comme avec Ségolène Royal, j'ai eu la chance de parler avec Lepeltier bien avant qu'il soit ministre. Lorsqu'il fréquentait assidûment le Forum social mondial de Porto Alegre, par exemple. Il était plus à l'aise dans ce milieu que François Hollande. J'ai souhaité ouvertement dans la presse, à la surprise de nombreux confrères, qu'il devienne ministre à la place de la calamiteuse Roselyne Bachelot. Il l'a été, il a été viré et a été privé de son siège de sénateur. Lepeltier est l'exception qui confirme et démontre la règle. Je lui ai souvent dit qu'il se trompait de parti…

Les dernières pages de votre pamphlet interrogent nos pratiques individuelles. La solution est-elle dans le changement de ces pratiques ? L'ampleur du problème actuel ne dépasse-t-il pas les bonnes volontés individuelles ?
Claude-Marie Vadrot : Certes, cela ne suffira pas. Mais si je cesse d'acheter du jetable, si je refuse les carottes râpées ou les pommes de terre cuites pré-emballées, j'incite des industriels de la bouffe à renoncer à me proposer des produits hors de prix et coûteux en énergie. Si personne n'achète des cerises du Chili, cela peut aider aussi à dépenser moins de kérosène. Si, lorsque les prix sont comparables, je préfère l'achat au marché à la grande surface, je pèse sur les choix économiques. Cependant, cela ne suffira pas - il s'en faut de beaucoup. Il faut des législations contraignantes, des orientations claires de l'État.

Vous ne citez pas l'agriculture biologique ?
Claude-Marie Vadrot : L'agriculture bio me convainc seulement si elle est accessible à tout le monde. C'est possible si le consommateur se rapproche du producteur. La preuve : sur les marchés de province ou dans les jardins de Cocagne (chantiers d'insertion qui utilisent le maraîchage biologique comme support d'insertion sociale), le bio n'est pas plus cher que les autres produits. Il ne faut pas profiter de la rareté du bio pour le renchérir.

Faut-il de nouvelles lois pour faire avancer la cause écologique ?
Claude-Marie Vadrot : Les lois actuelles sont de plus en plus des lois de consensus. De l'affichage sans réalité. La récente loi sur l'eau n'a par exemple aucune force contraignante. Or, l'écologie, ce n'est pas "à vot'bon cœur, M'sieurs dames". Ce doit être une contrainte organisée. Pour les individus comme pour les industriels. Sans cela, on est dans le "parler pour ne rien faire". Le travail du prochain ministre de l'Environnement devrait être de reprendre tous les textes déjà votés et de les faire respecter : il y a du travail pour dix ans. Pas la peine de sortir des nouvelles lois.

Pourquoi dénoncez-vous le discours actuel sur les biocarburants ? Ne représentent-ils pas une alternative crédible au tout pétrole ?
Claude-Marie Vadrot : D'abord parce qu'ils n'ont rien de "bio" : "bio", c'est un label déposé ! Ces carburants supposent des cultures intensives de betteraves, de colza ou de maïs utilisant des tonnes de pesticides, de fongicides et d'herbicides. De plus, pour produire un litre d'éthanol, il faut 1,7 litres d'eau plus 13 litres d'eaux usées. Ajoutons que le bilan énergétique de ces carburants est négatif : on dépense plus de fioul ou d'essence pour le produire qu'on ne crée ensuite d'essence végétale. Dépenser du pétrole pour fabrique de l'éthanol, quel intérêt ? La polémique fait rage sur ce sujet aux États-Unis. Mais pas en France : les carburants d'origine végétale sont un moyen d'enrichir les grandes exploitations agro-chimiques qui vont être progressivement privées d'aide par la transformation de la PAC. Enfin, comme alternative au tout pétrole, il y a le renoncement (organisé) au "tout voiture" en ville et au "tout camion" sur les routes.

Comment arbitrez-vous le débat entre "développement durable" et "décroissance" ? Ces deux concepts vous paraissent-ils fondés ?
Claude-Marie Vadrot : Match nul. L'expression "développement durable" me donne des boutons, c'est un concept de communication que tout le monde accommode à sa sauce. D'ailleurs, ce n'est même pas la traduction exacte du terme anglais d'origine, sustainable development, qui aurait dû être traduit par "développement supportable". Donc le mot m'est insupportable, surtout quand il sert de cache-sexe à n'importe quoi et à des rapports sur papier glacé de grandes entreprises prédatrices de l'environnement. Lisez le dernier rapport "développement durable" de Total, vous passerez un bon moment : ce n'est que du vent, des grands discours sur du beau papier glacé, en contradiction totale avec leur politique de transport de l'énergie.

Quant à la décroissance, j'ai des doutes, de sérieux doutes. Avons-nous le droit de proposer la décroissance aux pays d'Afrique ou d'Asie qui, légitimement, aspirent à rejoindre nos niveaux de vie, à avoir autant de bagnoles ou de frigos que nous ? D'autant plus que nous leur avons vendu notre modèle de société et nos usines "clés en main". Je préfère parler d'éco-développement ou tout simplement évoquer la protection de la nature, la préservation de l'environnement, les choix énergétiques, une autre agriculture, la diminution des produits chimiques. Au moins, c'est plus clair. Je ne voudrais pas que l'on noie l'écologie sous un vocabulaire fumeux et attrape-nigauds.

Propos recueillis par Sylvain Marcelli, Février 2007 pour interdits.net

Lire aussi 

« L'ourse Cannelle vaut bien un procès »

Le procureur général de la cour d'appel de Pau demande que René Marquèze soit jugé en correctionnelle. Il a soutenu l’appel interjeté par des associations de protection de la nature contre l'ordonnance de non-lieu rendue le 19 janvier par le juge d'instruction de Pau, Jean-Luc Puyo. « L'ourse Cannelle vaut bien un procès » a déclaré maître François Ruffié.

Un rebondissement supplémentaire dans l’affaire Cannelle. La dernière ourse d’origine pyrénéenne  tuée par un chasseur, René Marquèze, le 1er novembre 2004 à Urdos. Le procureur général de la cour d'appel de Pau a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de René Marquèze à l’issue d’un premier débat public animé de trois heures. Ce débat est la conséquence de l'appel interjeté par les associations de protection de la nature contre l'ordonnance de non-lieu, rendue le 19 janvier dernier par le juge Jean-Luc Puyo.

Surprise

Les réquisitions ont agréablement surpris les parties civiles qui ne s’attendaient à pas à ce retournement de situation et au «revirement» du ministère public. En effet, dans une note écrite,  le procureur général avait demandé la confirmation du non-lieu et ni le préfet, ni le procureur général n'avaient manifesté l'intention de s'opposer au non-lieu rendu le 19 janvier.

Les différents avocats des associations ont apporté la démonstration que «l'état de nécessité» ayant motivé la décision du juge, n’était pas justifié :

  • François Ruffié, avocat de la Sepanso  a déclaré que «Cannelle vaut bien un procès» et que René Marquèze mis en examen le 7 décembre 2004 pour «destruction d'espèce protégée», devait être jugé. «Les chasseurs n'auraient pas dû se trouver là».
  • Maitre Blanco, avocat du Font d’Intervention Eco-pastoral et de France nature Environnement a abondé dans son sens : «Le bon sens interdit d'aller chasser dans le secteur». Il n’y avait pas de «danger imminent» pour le chasseur.
  • Pour Maître Ferré, l'avocat de la SPA, «Les chasseurs procédaient à une battue à l'ours», ce que l'ordonnance de non lieu, principalement à décharge ne laissait pas sous-entendre. La cour d'appel de Pau rendra sa décision le 6 avril.

La sortie des tanières

Fin mars, l'ours des Pyrénées sort de sa tanière. Pour s'extraire complètement de sa tanière d'hivernation, l'ours est parfois obligé de creuser un tunnel dans la neige qui en a obstrué l'entrée. Peu de chance que cela arrive en 2007, l'enneigement ayant été faible.

On a longtemps cru qu'il sortait de son long jeûne complètement affamé, prêt à se jeter sur tout ce qui pouvait alors lui tomber sous les griffes et entre les crocs. Erreur ! A chaque printemps, l'ours fait son entrée dans le monde en douceur. Il pointe sans précipitation son museau hors de son antre, flaire tranquillement l'air ambiant, bâille de langueur.

L'ours en fin d'hivernation ne s'éloigne pas beaucoup de sa tanière et ne parcourt que de faibles distances, la faim ne le poussant pas à s'aventurer sur les hauts versants et surtout les cols encore enneigés en cette saison. En fait, jusqu'en mai, l'ours dispose normalement d'une réserve de graisse encore conséquente qui lui permet d'attendre sans trop souffrir les vraies largesses de la belle saison. Les anciens chasseurs d'ours savaient bien que les ours tirés en mars ou en avril étaient encore bien enrobés.

La muguette

Ceci dit, l'ours ne fait pas le dédaigneux au point de ne pas consommer les glands et les faînes tombés au cours de l'automne précédent et qui tapissent la neige qui recouvre le sol de la forêt. Les fourmilières, où dorment encore les fourmis rousses avant le grand réveil de mai, les larves d'insectes qui lardent les arbres morts, les nouveaux nés des chevreuils, sangliers ou isards représentent des occasions qu'un larron sauvage tel que l'ours ne laissera jamais passer.

A partir de la mi-avril, tout s'accélère :

  • La graisse de l'ours a fondu progressivement en même temps que la neige sur les pentes bien exposées.
  • Les bourgeons et déjà les premières feuilles poussent aux hêtres, aux noisetiers, puis aux chênes.
  • Les prairies se remplissent d'herbes vertes et tendres.
  • Mais, surtout, une compétition se prépare. Sous le manteau aminci de la neige, les réserves de tubercules de muguette, de châtaignes ou de conopodes stockées par les campagnols se révèlent au flair aiguisé des grands mammifères. Qui de l'ours ou du sanglier défoncera le premier ces caves miniatures pour en piller avidement tout le contenu? Si l'ours se fait doubler, il se consolera vite en broutant les muguettes elles-mêmes qui poussent hors de terre dès que la neige ne la recouvre plus.

Zones d'élevage

Naissance d'oursons en 2007?Mais la sortie des tanières, c'est aussi l'éventuelle révélation de la naissance d'oursons. Dans les Pyrénées, comme ailleurs, la sortie des femelles "suitées" se fait en général plus tard que celle des autres ours adultes qui a lieu fin mars ou début avril selon le climat.

Quand ils mettent pour la première fois le nez dehors, les petits d'ours ne sont pas loin d'être sevrés. Leur mère leur apprend très vite à chercher leur nourriture : tubercules de muguette, herbes, mais aussi escargots, larves d'insectes et, pourquoi pas, petits mammifères.

A cette époque de leur vie, les oursons sont particulièrement joueurs, au point d'être parfois inconscients du danger. C'est pourquoi, les zones d'élevage des jeunes se situent toujours dans les sites les plus protégés, les moins accessibles de la montagne. Les mères ourses ont d'ailleurs la réputation d'aimer bien, mais aussi de châtier sévèrement, à l'occasion, leurs turbulents rejetons.

Espoir

L’ours mâle Balou, relâché à Arbas (Haute-Garonne) en juin 2006, est sorti de son repos hivernal. Il a été localisé en Ariège dès le 9 mars. Les trois ourses femelles relâchées en 2006 n'ont pas encore pointé le nez dehors. La naissance d'oursons en 2007 serait une raison d'espérer pour tous ceux qui souhaitent la survie de la population d'ours dans les Pyrénées. Ne reste plus qu'à attendre.

12 mars 2007

Escalade : Ouverture d’une voie « Les Tribulations de Franska »

Daniel Lanne et Jean Michel Rodé, deux alpinistes, ont donné à une nouvelle voie du Pic D’Artouste (2816 m) le nom d’une ourse relâchée dans les Pyrénées. « Les Tribulations de Franska » est une jolie voie pour les amateurs de voie longue et toute équipée dans un cadre magnifique. 

Tribulations_franska Le 26 juin 2006, Rémi Thivel annonce sur son site l'ouverture d'une nouvelle voie nommée «Les Tribulations de Franska» par Daniel Lanne et Jean Michel Rodé. Quelle audace au pays où les plantigrades ursidés n'ont pas que des amis.

Jean Michel Rodé :  « Nous avons fini d'équiper la voie que nous avions commencée à l'automne dernier au Pic d'Artouste. Cette voie se nomme " Les tribulations de Franska ". Un petit clin d'oeil au plantigrade du même nom qui passa au pied de la paroi ce printemps et qui connu quelques déboires pour franchir le port du Lavedan car elle n'avait pas de crampons. »

Plus de détail sur « Les tribulations de Franska ». Une initiative sympathique. Tous les alpinistes ne sont pas influencés par les arguments éculés de l'opposant à la réintroduction qui se prétend aussi journaliste et spécialiste en sports de montagne.

04 mars 2007

Ursus arctos

Ursus arctos : L'Ours brun

Classification de Ursus arctos

L'espèce Ursus arctos comprend un nombre de sous-espèces variable suivant les auteurs : 

  • Ours brun (Ursus arctos arctos)
  • Grizzly (Ursus arctos horribilis)
  • Ours kodiak (Ursus arctos middendorffi)
  • Grizzly mexicain (Ursus arctos nelsoni)
  • Ours brun de Syrie (Ursus arctos syriacus), en Turquie et au Moyen Orient
  • Ours Isabelle (Ursus arctos isabellinus), en Himalaya

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Sous-embranchement : Gnathostomata
Classe : Mammalia
Sous-classe : Eutheria
Ordre : Carnivora (Carnivores)
Sous-ordre : Caniformia
Famille : Ursidae  (Ursidés)
Nom vernaculaire : Ours ; Ours brun

Description de l’espèce Ursus arctos ou Ours brun

Ursus arctos

Ursus arctos est le plus gros carnivore terrestre de France. Le corps de l'ours brun se montre massif et rehaussé d’une bosse proéminente à l’épaule. Sa corpulence peut varier considérablement selon les individus. L’ours brun atteint en général une hauteur au garrot de 0,80 m à 1 m et une longueur de 1,25 m à 1,60 m. Il est pourvu d’une queue de 10 cm de long. Le poids de l'ours brun se situe entre 70 et 200 kg. Les mâles sont plus gros que les femelles. (L'ours brun)

Le pelage est brun mais peut présenter des nuances allant du fauve clair au brun obscur. Il comprend des poils de duvet et de jarre, crantés, de 7-8 cm de long. Le pelage est habituellement très sombre en milieu d’automne. Il s’éclaircit en été.

Les pattes, larges, comprennent 5 doigts prolongés de puissantes griffes d’environ 7 cm de long aux antérieures et 4 cm aux postérieures. L’ours est plantigrade ce qui lui permet de se dresser sur ses membres postérieurs. Les yeux sont petits et réputés peu performants. Le squelette comporte des os robustes et est dépourvu de clavicule.

La dentition de l'ours brun se rapproche de celle d’un omnivore. La formule dentaire est la suivante : I 3/3, C1/1, PM (3/3), M 2/3 ; le nombre de prémolaires peut varier selon les individus, de 1 à 3.

L’espèce Ursus arctos est le plus souvent décelable dans la nature par ses empreintes de pattes d’apparence humaine, ses poils à la pointe blanchâtre, ses arbres griffés à hauteur d’homme et ses fèces volumineux en forme de courts boudins compacts.

Confusions possibles

L’autosuggestion du témoin est forte du fait du caractère mythique et emblématique de l’espèce Ursus arctos et des confusions se sont révélées possibles, par exemple, entre Ours et Marmotte (Marmotta marmotta).

Par ailleurs, les dimensions des empreintes de pattes de l’ourson de 6-8 mois sont à peine supérieures à celles du Blaireau (Meles meles). La distinction avec les fèces de Sanglier (Sus scrofa) n’est pas évidente en automne du fait d’un régime alimentaire proche. La présence de poils (de léchage) caractéristiques et l’odeur peuvent la faciliter.

Caractères biologiques de Ursus arctos

L’Ours brun est une espèce dont la biologie est particulièrement bien connue.

La reproduction chez Ursus arctos

La maturité sexuelle de l'ours brun est atteinte à 4-5 ans. Le rut a lieu en mai et en juin et demeure très discret ; en présence de densités normales, ce sont les mâles dominants qui participent le plus à la reproduction. La mise-bas a lieu sept mois plus tard, en janvier-février, après une ovo-implantation différée de cinq mois.

La tanière hivernale, qui est aussi le lieu de mise bas, est choisie dans une cavité rocheuse ou creusée tel un terrier. L’animal en tapisse le fond avec une litière de végétaux. La taille moyenne des portées varie de 1 et 4, selon l’individu, la région et la disponibilité en nourriture. La périodicité de mise bas est de 2-3 ans. L’allaitement dure six mois et l’émancipation des jeunes intervient entre 1,5 et 2,5 ans. L’espérance de vie en nature est estimée à 25-30 ans.

Activité

L’Ours brun est une espèce sédentaire, à large domaine vital : il exploite une superficie comprise selon les individus entre 10 000 et 100 000 ha, incluant la zone qui l’a vu naître, surtout chez les jeunes femelles.

Une population d’ours est constituée d’individus solitaires entretenant des rapports épisodiques (rut, élevage des jeunes, concentrations saisonnières, etc.) très fortement hiérarchisés. Les grands mâles dominent le groupe, ils sont suivis par les femelles suitées de l’année, puis par les autres mâles adultes. Les subadultes récemment émancipés occupent le bas de l’échelle. Plusieurs individus peuvent cohabiter au sein d’un même espace à condition qu’ils soient de rangs sociaux différents, mais ils tâchent de s’éviter.

Le cycle d’activité annuel de l'ours comprend une période d’immobilité hivernale passée à l’abri au fond d’une tanière. Pour cet homéotherme les fonctions vitales sont à peine ralenties (elles sont comparables à celles d’un mammifère marin en plongée) ce qui lui permet de survivre aux pénuries alimentaires en période de grand froid : rythme cardiaque à 10 battements/minute, circulation sanguine cloisonnée, température à 32°C dans les organes vitaux. Ce «pseudo-hibernant» reprend progressivement un rythme d’activité normal en avril lequel s’intensifie jusqu’en juillet pour décroître de nouveau en automne, période d’abondance.

C’est contraint par l’homme que l'ours brun est devenu nocturne. Deux pics d’activité ont été mis en évidence, respectivement entre 6 et 8 h et entre 18 et 23 h ; la nuit comprend des phases de repos. La couche, utilisée pour le repos diurne en période d’activité, consiste en une dépression d’environ 1 m de diamètre souvent creusée au sein de fourrés impénétrables. L’ours brun consacre la majorité de son temps actif à quêter une nourriture très dispersée ce qui l’oblige à de perpétuels déplacements, aidé en cela par un odorat et une ouïe très performants. Un ours adulte parcourt quotidiennement en moyenne entre 3 et 5 km. Des déplacements de plus grande envergure sont régulièrement notés.

L'ours brun est dépourvu de glandes de marquage, ce qui ne l’empêche pas de griffer et se frotter sur certains arbres aisément repérables de ses congénères et d’y laisser des indices perceptibles de son passage.

Régime alimentaire de Ursus arctos

L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore. L'ours a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, l'ours satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments. Dès le début de l’été l'ours brun s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.

La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, «ours à problèmes»), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’«ours à problèmes ». [ NDLB: Une éducation maternelle incomplète pourrait-elle être un des facteurs de cette immaturité? ]

La légendaire gourmandise de l'ours pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.

Caractères écologiques de Ursus arctos

L’Ours brun passe le plus clair de son temps sous le couvert forestier mais n’est pas inféodé à un habitat particulier. Vivant à l’origine autant en plaine qu’en montagne, il occupe aujourd’hui les massifs montagneux boisés les plus isolés d’où l’homme n’a pu totalement l’extirper.

En Europe tempérée, son optimum biotique se situe à l’interface des étages collinéen et montagnard, dans les chênaies, châtaigneraies et hêtraies, où l'ours brun trouve une nourriture riche et variée et surtout des fruits secs à forte valeur énergétique. En été, il fréquente les pelouses alpines et subalpines, à la recherche de myrtilles et plus occasionnellement d’ovins ou caprins domestiques.

Les ours autochtones pyrénéens se rencontrent généralement sur des terrains particuliers :

  • vallons boisés difficiles d’accès à l’homme, marqués par une forte déclivité et une grande diversité végétale, utilisés comme zone refuge ;
  • landes d’altitude comprenant des myrtilles (Vaccinium myrtillus) et du Conopode élevé (Conopodium majus) et versants boisés de basse altitude, parcourus de nuit pour s’alimenter ;
  • cols d’altitude et corridors boisés de fond de vallée, pour transiter si nécessaire.

Quelques habitats de l’annexe I susceptibles d’être concernés

La plupart des habitats forestiers de l’annexe I présents dans les Pyrénées sont susceptibles d’être fréquentés par l’Ours. Parmi les habitats les plus représentatifs, il est possible de citer :

  • Landes alpines et boréales
  • Formations stables xérothermophiles à Buxus sempervirens des pentes rocheuses (Berberidion p.p.)
  • Formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes (et des zones submontagnardes de l’Europe continentale) : habitat prioritaire ( Document PDF sur les formations herbeuses à Nardus )
  • Prairies de fauche de montagne
  • Forêts de Castanea sativa
  • Forêts acidophiles à Picea des étages montagnard à alpin (Vaccinio-Piceetea)
  • Forêts montagnardes et subalpines à Pinus uncinata

Répartition géographique d'Ursus arctos

L’Ours brun est présent sur de vastes régions situées entre 30 et 70° de latitude Nord, en Asie, Europe et Amérique du Nord. Dans les Pyrénées, on trouve deux populations sans contact entre elles :

  • la première, constituée d’ours bruns autochtones, subsiste dans les Pyrénées occidentales, en France dans le Haut-Béarn et dans une moindre mesure sur les vallées aragonaises de Sallent de Gallego, Aragues, Hecho, Anso et navarraise de Roncal. On note des incursions sporadiques dans la vallée de Cauterets en Hautes-Pyrénées. [ NDLB : Depuis la non réintroduction de femelles, pourtant promise par l'IPHB et la mort de l'ourse Cannelle, tuée par un chasseur, cette population n'est plus constituée que d'ours mâles. Elle est donc condamnée si la France n'organise pas une réintroduction de femelles en Béarn. En effet, il est peu probable que les femelles réintroduites en 2006 se déplacent des Pyrénées centrales vers le Béarn pour faire la jonction entre les deux populations. ]
  • la seconde, expérimentale et constituée d'une quinzaine d'individus, est issue de trois spécimens slovènes adultes réintroduits en 1996 et 1997 qui se sont reproduits et de cinq spécimens adultes réintroduits en 2006. [ NDLB : Trois ourses femelles et un mâle sont vivants fin 2006. Palouma, la première femelle réintroduite en 2006 a été retrouvée morte au pied d'une barre rocheuse. ] En France, la population des Pyrénées centrales fréquente les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ; en Espagne, la Catalogne et l’A