REGHAB : REconciling Gamebird Hunting And Biodiversity, un programme européen de réflexion sur les conflits sociaux liés à la gestion et à la protection de la faune sauvage
REGHAB : Contexte du programme
On a longtemps considéré les espèces animales comme «utiles» lorsqu‘elles étaient gibiers ou avaient une valeur commerciale ou comme «nuisibles» lorsqu’elles présentaient une menace pour l’Homme et ses biens.
Cette vision a considérablement évolué (Charlez ,1993) et à partir des années 1960 des conventions internationales (Bonn, Bern…) et des directives européennes («Directive Oiseau» n° 79/409/CEE et «Directive Habitat» n° 92/43/CEE) ont été rédigées pour protéger dans leur ensemble la faune et la flore sauvages ainsi que leurs habitats.
Certaines espèces de prédateurs, jusque-là légalement détruites pour des raisons de sécurité, de santé publique et de protection des troupeaux et du gibier, sont devenues intégralement protégées et leurs effectifs ont augmenté. Cette situation génère des tensions sociales lorsque leurs proies présentent un intérêt socio-économique (animaux domestiques, espèces chassées ou protégées).
Plusieurs conflits de ce type existent en Europe. Les déprédations générées par des grands carnivores comme le loup, l'ours ou le lynx sur les troupeaux d’ovins ou par le grand cormoran dans les fermes piscicoles sont bien connues du grand public car médiatisées.
Ceux opposant des chasseurs et des protecteurs de la nature, bien que plus discrets, sont tout aussi patents :
- rapaces et faisans lâchés dans les grandes volières en Angleterre (Kenward et al., 2001),
- busards Saint-Martin et lagopèdes en Ecosse (Krebs & May, 1990 ; Thirgood et al., 2000),
- milans royaux et lapins en Espagne (Villafuerte et al., 1998).
Certains chasseurs perçoivent les prédateurs protégés, en particulier les rapaces, comme un facteur limitant la densité du gibier et les détruisent par empoisonnement, tir ou piégeage (Etheridge et al., 1997, Villafuerte et al., 1998). Ces pratiques illégales peuvent conduire à une diminution importante de leurs effectifs et/ou à une réduction de leurs aires de répartition (Etheridge et al.,1997 ; Villafuerte et al., 1998).
Le programme REGHAB
Mise en place
L’origine du programme REGHAB est liée à une étude scientifique sur l’impact de la prédation par les rapaces sur le lagopède dans les landes écossaises ( Redpath & Thirgood, 1997). Pour prolonger les résultats de leur travail, les chercheurs britanniques ont souhaité trouver une solution concrète au conflit. Leur objectif très ponctuel a été élargi à l’échelle de l’Europe dans le cadre d’un programme qui permette à la fois d’analyser les conflits de façon méthodique et d’enrichir le débat avec des exemples dans d’autres contextes.
Objectifs de REGHAB
Deux objectifs ont été assignés au programme REGHAB :
- Identifier et analyser les conflits Rapaces – Galliformes en Europe de l’Ouest en incluant les contextes socio-culturels, économiques et écologiques.
- Initier un dialogue entre chasseurs et protecteurs des rapaces, étape fondamentale dans la recherche d’un consensus.
Démarche d’analyse
Pour atteindre ces objectifs, reghab à articulé son travail en deux étapes :
- d’abord collecter des données sur de multiples thèmes éclairant différentes facettes des conflits, puis en faire une analyse synthétique à l’échelle européenne.
- Ensuite compléter ce travail par des réunions internationales associant des scientifiques, des représentants de chasseurs et de protecteurs dans le but de laisser chaque partie s’exprimer et amorcer le dialogue pour une meilleure compréhension globale.
Qui participe au programme REGHAB ?
Pour mener à bien ce double travail, une équipe internationale a été organisée à partir de 11 organismes, laboratoires de recherche et structures de chasse de 5 pays d’Europe de l’Ouest. La diversité des participants et des invités a permis une bonne complémentarité tant géographique que des compétences (en recherche, en gestion…) et de confronter des points de vue différents.
Etapes de la mise en oeuvre de la méthode du modèle de décision à critères multiples
La première réunion internationale (Espagne, septembre 2001) a été essentiellement une prise de contact : le programme REGHAB et les données recueillies dans le cadre des ateliers ont été présentés à l’ensemble des participants. Une réflexion visant à identifier les conflits et leurs fondements a été menée en petits groupes géographiques («Scandinavie», «Ecosse» et «Méditerranée») pour tenir compte de la spécificité des différents contextes. La deuxième réunion (Ecosse, février 2002) a été l’occasion de débattre de la perception des conflits par les lobbies, du problème du manque de confiance réciproque, de l’importance de la connaissance scientifique et des solutions potentielles. Cette discussion a été menée en deux temps, d’abord en groupes thématiques «chasseurs», «protecteurs» et «scientifiques» puis en groupes mixtes pour confronter les points de vue. Nous avons utilisé une version simplifiée du modèle de décision à critères multiples (cf. ci-dessous) pour tenter de trouver une solution consensuelle.
Critères
Efficacité de la mesure :
- Sur le nombre de rapaces
- Sur le nombre de gibiers
Adoption de la méthode
- Basée sur des résultats scientifiques
- Basée sur des observations personnelles
Contexte légal
- Etat de conservation des rapaces
- Faisabilité de l’option par rapport à la législation
Aspects économiques
- Coût
- Identification des payeurs
Acceptabilité
- Par l’opinion publique
- Par les lobbies
Cette méthode est un outil relativement récent et peu connu en Europe mais qui commence à être appliquée en Conservation pour gérer les conflits Homme-Faune Sauvage. Chacun des groupes en conflit doit classer par ordre de priorité les différents critères du modèle et l’argumenter lors du débat qui suit, ce qui permet de présenter les points de vue et de les justifier. Le dialogue où chacun essaie de convaincre l’autre du bien fondé de sa position permet de rechercher un consensus.
Cette méthode a été proposée aux propriétaires de landes à lagopèdes, aux chasseurs, aux gardes-chasse et aux protecteurs des rapaces (Raptor Study Group, RSPB) en Ecosse pour tenter de trouver une solution au conflit «lagopède – busard Saint-Martin». Le programme s’est clôturé en France (mai 2002) avec, entre autres, des présentations de conflits entre chasseurs et protecteurs des rapaces (lagopède - busard Saint-Martin dans les landes écossaises – Thirgood et al., 2000 ; perdrix grise – busard Saint-Martin dans les plaines céréalières françaises – Bro et al., soumis) mais aussi des collaborations (protection du gypaète barbu dans les Pyrénées françaises, du lynx en Espagne…).
Quelques résultats...
Il a été mis en évidence que les conflits sont corrélés à la présence ou à l’augmentation d’un prédateur généraliste de taille moyenne à importante qui ne se nourrit pas principalement sur une espèce gibier donnée mais dont l’impact sur les populations peut être important, surtout si celles-ci sont affaiblies.
Les solutions proposées et discutées ont été variées :
- limitation des prédateurs par quotas légaux, translocation, dérangement lors de la nidification, prédation intra-guilde,
- limitation de la prédation par aménagement de l’habitat ou nourrissage des prédateurs,
- prime «biodiversité » ou compensation des dommages (Cf. Kenward, 1999, Thirgood et al., 2000, Jimenez & Conover, 2001, Ormerod, 2002). Les solutions «acceptables » sont différentes selon les groupes, la seule qui soit vraiment consensuelle est l’aménagement et la gestion appropriée des habitats.
Les réunions ont donné un bon aperçu du conflit sur le plan social ; le tableau ci-dessous résume les positions des chasseurs et protecteurs.
... et quelques constats
Les synthèses réalisées ont souligné un certain nombre d’insuffisances : statistiques disponibles, études, connaissances focalisées sur les espèces gibiers faisant abstraction des autres espèces, biais dans les données n’autorisant que des interprétations superficielles.
Certains conflits ont bien été identifiés mais les connaissances scientifiques s’y rapportant étaient souvent rares ou fragmentaires. Par ailleurs le contexte socio-culturel et économique n’a pas souvent été analysé.
Le dialogue a été cité comme le fondement de toute avancée mais il reste difficile par manque de contact entre les personnes, par l’appartenance à un groupe institutionnel (lobby) qui prédéfinit une position et par un manque de confiance réciproque.
La nécessité des connaissances scientifiques a été reconnue tant par les chasseurs que par les protecteurs. Toutefois les données scientifiques sont souvent inexistantes ou fragmentaires – et souvent contestées. Il a donc été souligné d’encourager les recherches de terrain.
Les discussions entre chasseurs et protecteurs, notamment celle de la table ronde, sont apparues comme théoriques et relativement virtuelles car :
- les débats n’aboutissaient pas à la prise de décision quant à une solution acceptée par les deux parties,
- l’adoption d’une solution particulière nécessiterait d’envisager sa faisabilité tant technique que financière, qui n’a pas été prise en compte lors des discussions.
Les conflits sont apparus très spécifiques d’un contexte et les solutions proposées difficilement transposables. Il a toutefois été intéressant d’analyser des situations variées.
Conclusion
Ce programme a été très enrichissant car il a apporté des synthèses innovantes, il a amorcé un débat entre personnes de sensibilités différentes et permis d’analyser le fondement des conflits. Les discussions ont montré toute la complexité des conflits dont la résolution concrète nécessitera de mener une analyse propre à chacune des situations, qui toutes ont un contexte spécifique, et de prendre en compte tous leurs aspects, écologique mais aussi socio-culturel, économique et politique. A ce titre, le programme REGHAB a été l’occasion pour le CNERA Petite faune sédentaire de plaine de faire une analyse précise du conflit «perdrix grise de plaine – busard Saint-Martin» dans les plaines céréalières du Centre-Nord de la France.
On peut espérer que ce programme initie une démarche unifiée de gestion de la faune sauvage entre chasseurs et protecteurs, et plus généralement avec tous les gestionnaires de l’espace rural, agriculteurs et forestiers, et qu’il se poursuive par d’autres programmes en commun. Il a été proposé en particulier de constituer une commission européenne de scientifiques et d’usagers de la nature pour débattre des problèmes générés par les intérêts divergents d’utilisation de la nature et proposer des solutions.
Remerciements
Nous tenons à remercier toutes les autres personnes qui ont participé au programme REGHAB : François Reitz, François Biadi et Pierre Mayot (CNERA PFSP) pour leur avis sur les fiches « perdrix grise » et « faisan » et leur travail sur les relations perdrix-busard, Stéphane Marin et Nathalie Deloche (Observatoire des Galliformes de Montagne) pour leur contribution technique, Eveline Taran (DER) pour ses traductions, Marie-Solange Landry (service documentation) pour son aide en recherche bibliographique, Philippe Landry (responsable SIG) et Jean-Pierre Arnauduc (Fédération Nationale des Chasseurs) pour nous avoir fourni des données sur l’aspect socio-économique de la chasse en France, sans oublier Jean-Charles Guyomarch’ de l’Université de Rennes pour sa fiche « caille ». Merci également à toutes les personnes de l’ONCFS et des Fédérations de Chasseurs qui ont participé à la réunion de clôture à Amboise et à la discussion générale. La critique constructive d’Yves Ferrand a permis d’améliorer cette présentation du programme. Le travail a reçu des crédits européens de la DG XI, leur gestion financière a été assurée par Isabelle Rivault (direction financière).
Bibliographie
- Charlez A. (1993) - La gestion des prédateurs : la réglementation, des origines à la situation actuelle. Actes du colloque « Prédation et gestion des prédateurs », Dourdan 1-2 Déc. 1992, P. Migot et P. Stahl eds, ONC-UNFDC, Paris, p. 119-124.
- Conover M. (2002) - Resolving human-wildlife conflicts. The science of wildlife damage management. Lewis Publishers, New York, USA. 418pp.
- Etheridge B., Summers R. W. & R. E. Green (1997) - The effects of illegal killing and destruction of nests by humans on the population dynamics of the hen harrier Circus cyaneus in Scotland. Journal of Applied Ecology, 34 : 1081-1105.
- Jimenez J.E. & M.R. Conover (2001) - Ecological approaches to reduce predation on ground-nesting gamebirds and their nests. Wildlife Society Bulletin, 29 : 62-69.
- Kenward R.E. (1999) - Raptor predation problems and solutions. Journal of Raptor Research, 33 : 73-75.
- Kenward, R.E., Hall D.G., Wall S.S. & K.H. Hodder (2001) - Factors affecting predation by buzzards Buteo buteo on released pheasants Phasianus colchicus. Journal of Animal Ecology, 38 : 813-822.
- Krebs J.R. & R.M. May (1990) - The moorland owner’s grouse. Nature, 343 : 310-311.
- Ormerod S.J. (2002) - Applied issues with predators and predation: editor’s introduction. Journal of Applied Ecology, 39: 181-188.
- Redpath S.M. & S.J. Thirgood (1997) - Birds of prey and red grouse. Newton ed. Stationary Office, London. 148 pp.
- Thirgood S.J., Redpath S., Newton I. & P.J. Hudson (2000) - Raptors and red grouse: conservation conflicts and management solutions. Conservation Biology, 14 : 95-104.
- Villafuerte R., Viñuela J. & J.C. Blanco (1998) - Extensive predator persecution caused by population crash in a game species: the case of red kites and rabbits in Spain. Biological Conservation, 84 : 191-188.
Source : Rapport scientifique 2002 ONCFS, juillet 2003
Contact : e.bro@oncfs.gouv.fr
Tableau 1 : Collecte et analyse d’informations : ateliers thématiques
1. Variations socio-économiques, culturelles et biologiques de la chasse en Europe.
Sujets traités
- Organisation de la chasse
- Droit de la chasse
- Traditions de chasse : contexte historique
- Valeurs économiques et sociales de la chasse
- Espèces chassées, dates et modes de chasse, tableaux de chasse
- Statut des populations et tendances démographiques
Principaux thèmes des rapports de synthèse
- Typologie des régimes de chasse en Europe de l’Ouest à travers la synthèse comparative des données suivantes : nombre de chasseurs et évolution, durée de la chasse, espèces chassables, tableaux, profil des chasseurs, perception de la chasse par la société, impact économique…
- Réflexion sur les facteurs sociaux, économiques et culturels à l’origine des conflits
2. Impacts des pratiques liées à la chasse sur la biodiversité.
Sujets traités
- Effets de l’aménagement de l’habitat, de l’agrainage, de la gestion des populations (lâchers, piégeage) sur la faune sauvage
- Importance quantitative de ces différentes pratiques
- Impact de ces pratiques sur la biodiversité
Principaux thèmes des rapports de synthèse
- Importance quantitative des pratiques liées à la chasse par pays et par espèce.
- Impact du contrôle des prédateurs, de l’apport de ressources alimentaires, du contrôle sanitaire et des lâchers sur les espèces gibier et non-gibier (résultats d’études et réflexion).
- Gestion dans 2 catégories de territoires de chasse : ceux dont l’exploitation n’est pas liée à la chasse (zones agricoles) de ceux destinés à produire du gibier (landes, garrigues…).
3a. Conflits oiseaux-gibier / rapaces
Sujets traités
- Dimension sociale du conflit « gibiers – rapaces »
- Braconnage des rapaces (espèces visées, méthodes, étendue du problème, impact sur les populations de rapaces)
Principaux thèmes des rapports de synthèse
- Etudes de cas de prédation de galliformes par rapaces en Europe
- Importance de la régulation des rapaces en Europe avant leur protection et persécution dans les années 90 (espèces persécutées, modalités de destruction par pays voire région, impact sur les populations)
3b. Relations proies – prédateurs
Sujets traités
- Réalité écologique de la prédation par rapaces sur des espèces gibiers (données quantitatives de l’impact de la prédation sur la dynamique de population des espèces gibiers)
- Mécanismes écologiques de la prédation par rapaces (mortalité additive vs. compensatoire, effet numérique vs. fonctionnel)
Principaux thèmes des rapports de synthèse
- Connaissances sur l’impact de la prédation sur les populations proies : historique, hypothèses
- Régime alimentaire des rapaces en Europe
- Réponses numérique et fonctionnelle
- Réponse totale – étude de cas en Europe
4. Outils d’aménagement
Sujets traités
- Solutions testées pour limiter la prédation par rapaces sur le gibier, résultats
- Evaluation de la possibilité de généralisation des différentes alternatives (rapport coût-efficacité, simplicité…)
- Perspectives d’études scientifiques
Principaux thèmes des rapports de synthèse
Pas de rapport car très peu d’études (test de l’effet du nourrissage des busards en Ecosse, test de l’aménagement de l’habitat en France – études ±en cours lors du programme)
5. Modèle de décision à critère multiple
Table ronde entre les différents acteurs en conflit (organisations de chasse et associations de protection des rapaces) et animée par un modérateur, visant à trouver un consensus pour régler le conflit en s’aidant des données scientifiques (participation de scientifiques).
Principaux thèmes des rapports de synthèse
- Présentation du conflit lagopède – rapaces en Ecosse
- Description de la méthode de la table ronde et du modèle multi-critère (critères d’évaluation de la valeur du territoire de chasse et des optionsde gestion du territoire, des busards et du conflit)
- Discussion à partir du modèle pour trouver un consensus
Tableau 2 : Participants et invités
Espagne
- Instituto de Investigacion en Recursos Cinegeticos (IREC)
- Federacion Española de Caza (FEC),
- Asociacion de Proprietarios Rurales y Productores de Caza (APROCA-CLM)
- Université de Barcelone
Portugal
- Ordenamento e Gestao de Recursos Naturais (ERENA)
France
- Centre d’Etudes Biologiques de Chizé (CEBC-CNRS)
- Laboratoire d’écologie de l’ENS – Université Paris VI (UPMC)
- Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage
Royaume-Uni
- Centre for Ecology and Hydrology (CEH-NERC)
- Game Conservancy Trust (GCT)
Finlande
Des associations de chasseurs (FDC et FNC, ACTI, HCO, BASC), des producteurs de gibier (ANPC), des associations de protection de la nature (LPO/FIR, GRIVE, RSPB, Birdlife, WWF) et des scientifiques (Raptor Study Group, Université de Stirling, du Minesotta et d’Umea, FGFRI) ont été invités aux réunions de discussion.
Tableau 3 : Compte-rendu synthétique des débats en groupes thématiques «chasseurs», «protecteurs» et «scientifiques»
CE QUE PENSENT LES CHASSEURS
Connaissances scientifiques
- Les scientifiques reconnaissent les études des protecteurs mais pas des chasseurs. La connaissance de terrain des chasseurs n’est pas reconnue. Or c’est le groupe qui a le soutien des scientifiques qui tend à être satisfait par les décisions politiques.
- Le « Raptor Working Group » n’est pas crédible car leurs résultats correspondent à leurs attentes.
- De nombreux scientifiques sont aussi protecteurs (science partisane).
Confiance
- Les deux parties mentent, il faut être honnête pour progresser.
- Les deux parties essaient d’influencer la perception que le public a de l’autre partie pour la discréditer.
Dialogue
- Si les représentants sont modérés alors les propositions faites ne sont pas celles attendues par les membres les plus extrémistes (pb d’appartenance à un lobby).
- Il faut définir les attentes et les objectifs des 2 parties.
Méthodes
- Les garde-chasses ont détruits les rapaces pendant longtemps. La législation a subitement changé, changer les habitudes et les mentalités demande plus de temps.
- Les protecteurs opposent une résistance absolue en ce qui concerne la régulation des rapaces. Les dérogations ne sont pas contraires à la directive Oiseaux.
- Il n’y a pas de base scientifique à la protection, juste un principe de précaution qui est roi. Ce sont toujours aux chasseurs de prouver que la chasse n’est pas un danger, jamais aux protecteurs de prouver que la protection totale est absolument nécessaire.
- Les protecteurs peuvent employer des arguments « émotionnels ».
- La destruction illégale est un fait mais cela représente un petit % de chasseurs.
CE QUE PENSENT LES PROTECTEURS
Connaissances scientifiques
- Il n’y a pas assez d’études intégrées sur les systèmes (habitat – communauté d’espèces).
- Les chasseurs ne font pas confiance aux résultats scientifiques à moins qu’ils servent leurs intérêts.
- Les résultats des études ne sont pas accessibles et compréhensibles par des non scientifiques.
Confiance
- Tous les chasseurs ne sont pas pareils, certains sont dignes de confiance.
- Les mouvements anti-chasse ont progressé, les chasseurs se sentent menacés et manquent de confiance dans les associations de protection.
Dialogue
- La possibilité de dialogue dépend des représentants des intérêts des chasseurs et protecteurs (pression de lobby pour un discours unifié).
- Il faut absolument nouer un dialogue et des interactions.
Méthodes
- Les chasseurs rechignent à changer leurs pratiques.
- Les chasseurs ne prennent pas en compte les points de vue des autres.
- Il faudrait savoir si les chasseurs qui détruisent les rapaces sont une minorité ou non.
CE QUE PENSENT LES SCIENTIFIQUES
- Il est plus facile de discuter avec les protecteurs qu’avec les chasseurs. Certains gestionnaires tiennent un discours de scientifique en édictant en règles des observations de terrain.
- Les études et les chercheurs doivent être complètement indépendants pour être reconnu(e)s
- Les scientifiques devraient s’impliquer plus dans la vulgarisation des résultats de leurs études.
Confiance
- Les deux parties utilisent mal les connaissances scientifiques. Plus de poids est donné aux études qui donnent les « bons résultats ».
Dialogue
- La difficulté du dialogue provient en partie de l’institutionnalisation des positions et des discours.
- Le déséquilibre en termes de contribution financière (fonds des chasseurs) à des fins de préservation de la faune qui profite à toute la société n’aide pas au dialogue.
Méthodes
- Les chasseurs sont trop figés dans leurs traditions et ne sont pas réactifs.
par Elisabeth Bro, Laurent Ellison et Pierre Migot,
avec la participation d’Ariane Bernard-Laurent, Claude Novoa, Yann Magnani, Emmanuel Menoni, Françoise Ponce-Boutin, Jean-Marie Boutin et Hervé Lormée