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février 2007

25 février 2007

Attention, mesures de précaution!

  • Le jeudi 15 février, le tunnel du Somport était fermé par mesure de précaution.
  • Le vendredi 23 février, le tunnel du Somport était fermé par mesure de précaution.

Mais qu’est-ce que ça veut dire? Ils mesurent les précautions? Pour connaître leur taille, donc. Ils ne les connaissent pas, les précautions? Sans doute que non.

Nous, nous pensons en tous cas qu’elles ne sont pas assez grandes. Parce que les camions qui sont jugés dangereux pour traverser un tunnel désert (rappelons que lorsqu’un camion transportant des matières dangereuses traverse le tunnel, il est accompagné d’un véhicule de sécurité, que la circulation est interdite aux autres usagers) sont absolument inoffensifs lorsqu’ils traversent les villages, passent devant les lycées et collèges.

Ces 2 fois, il s’ agissait de fuites de matières dangereuses, constatées sur des camions ayant bien sûr traversé au moins la vallée d ‘Aspe dans ces conditions.

Le Comité des habitants pour le Vie en Vallée d’Aspe pense qu’un véhicule jugé dangereux dans un endroit désert, rectiligne, où personne ne risque traverser, où aucun arbre ne va tomber, ni cailloux, ni chien, ni chat... enfin un tunnel quoi, est vraisemblablement beaucoup plus dangereux dans une vallée vivante comme la Vallée d’Aspe.

C ‘est pourquoi, une fois de plus, le Comité des habitants pour le Vie en Vallée d’ Aspe demande l’ interdiction du transit des matières dangereuses, ainsi que la circulation de nuit des poids lourds dans les vallées de montagne.

Pour le Comité des habitants pour le Vie en Vallée d’ Aspe,
Treyture Jean-Rémy

Lancement du Programme National Chiens de protection des troupeaux

L'Utilisation du chien Montagne des Pyrénées

par Cyprien Zaïre et Pascal Cacheux, animateurs chien patou à l' Association Cohabitation Pastorale

Utilisation des Montagnes des Pyrénées - Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun, une des mesures de prévention contre les dommages d’ours proposées aux éleveurs de bétail consiste en la mise en place de chiens de protection.

Disposant d’une race locale, le Montagne des Pyrénées, il a semblé tout naturel de concentrer cette action autour de ce chien. Si la raréfaction des grands prédateurs avait amené les éleveurs à délaisser le patou, la réapparition du lynx dans le Jura, du loup dans les Alpes, le renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées ainsi que les nombreux dégâts occasionnés par les chiens divagants, entraînent un regain d’intérêt pour l’aide précieuse apportée par ces chiens pour la protection des troupeaux.

Historique de l’utilisation des Montagne des Pyrénées comme chien de protection

Le chien de protection est un moyen utilisé pour la sauvegarde des biens et des troupeaux domestiques, vraisemblablement depuis plusieurs millénaires. Les experts s’accordent à dire que cette technique trouve son origine dans l’Himalaya et que les différentes races de chiens de protection proviennent du Dogue du Tibet. Ce type originel aurait essaimé lors des grandes migrations humaines vers l’occident. On retrouve d’ailleurs un certain nombre de races, de l’Himalaya à l’Europe en passant par l’Asie Centrale, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, qui comme le Montagne des Pyrénées ont été sélectionnées et adaptées au terroir local.

Le travail mené en France dans le cadre de la protection des troupeaux, sur ce type de chien et plus spécifiquement sur le Montagne des Pyrénées, a pu notamment se faire grâce à M. Schmitt, technicien de l’institut technique de l’élevage ovin et caprin dans la Drôme (de 1985 à 1989), et à quelques éleveurs ovins et caprins.

Ainsi a-t-on pu créer un noyau de Montagne des Pyrénées sélectionnés de façon empirique en complément de la population de chien déjà existante dans les Pyrénées. Suite aux premières attaques de loup sur des troupeaux d’ovins au cours de l’été 1993, le parc national du Mercantour initie une expérimentation de mise en place de chiens de protection.

Les premiers résultats sont assez concluants

Chien Montagne des PyrénéesEntre 1994 et 1996, un suivi de l’intégration pastorale des chiens est effectué par Joël Pitt de l’APAP (Association pour la Promotion des Animaux de Protection) et Pascal Wick de l’association ARTUS.

Dans les Pyrénées, le regain de l’utilisation des chiens de protection débute en 1995 sous l’influence de l’association ARTUS dans le cadre du programme Life – ours. En 1997 un «coordinateur local chien de protection», Gilbert Guillet, est recruté par l’Association des Pâtres de l’Ariège de façon à disposer d’une personne présente en permanence sur le terrain. En juin 2001, l’association des pâtres se retire du dispositif et l’action est reprise par l’Association pour la Cohabitation pastorale (ACP). En 2002, un poste d’animateur chien de protection (Cyprien ZAIRE) vient compléter le travail de Guilbert Guillet. Aujourd’hui, l’ACP dispose de quatre animateurs chiens de protection (2,5 temps plein) couvrant ainsi l’ensemble du massif pyrénéen.

Mise en place et utilisation du chien Montagne des Pyrénées

Avant l’introduction du chien de protection dans un troupeau ovin, de nombreux éléments sont à prendre en compte, comme l’environnement de l’exploitation, le style de conduite du troupeau, les autres chiens de la ferme, le type de milieu (boisé, accidenté…). Le placement d’un Montagne des Pyrénées est un investissement à long terme, la motivation et la formation de l’éleveur sont donc primordiales.

Il est essentiel que le chiot soit au contact des brebis dès son plus jeune âge, donc d’origine pastorale et de parents reconnus pour leurs aptitudes à la protection.

La socialisation, une phase fondamentale

Chiots Montagne des Pyrénées en phase de socialisationL’âge idéal pour placer un chien de protection se situe entre la 7e et 8e semaine. À cet âge, le chiot Montagne des Pyrénées séparé de sa fratrie se retrouve seul avec le troupeau pour lequel il développe un attachement. Pour que cet attachement aux animaux soit fort, il faut alors limiter les contacts humains pendant cette période d’échanges inter-espèces en évitant également la présence d’autres chiens.

La prise de contact du chiot avec son troupeau se fait de préférence en bâtiment, avec des ovins accueillants. Pour cela, on préférera un lot d’agnelles à un lot de brebis suitées. Il est nécessaire d’aménager à l’intérieur de la bergerie une case réservée au jeune chien pour qu’il puisse se protéger des ovins agressifs, s’alimenter et se reposer. Durant cette période clé, le chiot doit aussi reconnaître un maître et apprendre quelques rudiments de dressage.

Les comportements attendus d’un Montagne des Pyrénées

Un chien de protection idéal est constamment avec les moutons, son territoire est celui où le troupeau évolue. Il sait faire la distinction entre ce qui est une menace ou non et n’agit qu’en cas d’agression. C’est un chien calme, paisible et sûr de lui, attentif aux moutons. Il ne les dérange pas
inutilement.

Par son gabarit, ses aboiements puissants et son placement, le Montagne des Pyrénées décourage la plupart des prédateurs et n’a nul besoin d’être agressif. Il accepte le travail du chien de conduite, sous les ordres de l’éleveur. Le chien de protection Montagne des Pyrénées est utile sur l’exploitation comme en estive.

Un soutien technique et financier dans les Pyrénées

Dans le cadre du programme de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées, quatre animateurs (2,5 temps plein) sont disponibles pour assister techniquement les éleveurs et bergers dans le choix du chien, son éducation et son utilisation. Des aides financières publiques sont également mobilisables pour le soutien à l’achat et à l’utilisation de chien de protection.

Les animateurs chiens de protection 2007 de l'Association cohabitation pastorale, (Équipe technique ours) :

  • CACHEUX Pascal Animateur secteur Ariège et coordonnateur chien de protection massif Pyrénées Tél. : 06 78 86 16 17
  • PUYSSEGUR Maurice Animateur secteur Hautes-Pyrénées – Haute-Garonne Tél. : 06 25 03 23 74
  • SALVADOR Olivier Animateur secteur Pyrénées Orientales – Aude Tél. : 06 71 52 20 72
  • Poste vacant : Animateur secteur Pyrénées-Atlantiques Tél. : 06 25 07 08 83

Association pour la Cohabitation Pastorale
Maison des associations – 09420 Vicdessos Tél. : 05 61 05 83 73 - Courriel

Équipe Technique Ours
Impasse de La Chapelle 31800 Villeneuve de Rivière
Tél. : 05 62 00 81 08 / Fax. : 05 62 00 81 09 - Courriel

Les chiens placés dans le cadre du programme ours

Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.Evolution du nombre de Montagne des Pyrénées placés en exploitation, du nombre de chiens en estive et du nombre d'estives équipées.

Le nombre de chiots placés en 2006 est de 47. On enregistre donc une forte poussée de la demande par rapport aux années précédentes.

Cette augmentation s’explique d’une part parce que l’utilisation des chiens de protection entre dans les moeurs, d’autre part l’effet «renforcement de la population d’ours» a également incité à un équipement des exploitations par crainte de dégâts.

Repartition_patous_departementsRépartition départementale des chiens Montagne des Pyrénées en 2006.

Le niveau de soutien aux chiens utilisés en estive dans les Pyrénées-Atlantiques augmente largement en 2006, dans la mesure où l’information a été mieux relayée.

Ceci a tout naturellement des répercussions sur l’augmentation du nombre d’aides attribuées pour l’utilisation des chiens Montagne des Pyrénées en estive à l’échelle du massif. Le nombre d’aides pour l’achat et l’éducation de chiots augmente en 64 pour les mêmes raisons, les éleveurs ont accès à l’information. Il faut s’attendre à une progression de la demande dans ce département en 2007.

Chiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par départementChiens Montagne des Pyrénées en estive. Evolution du soutien par département.

En dehors du fait que des chiens sont morts ou sortis du programme, l’écart constaté entre le nombre de chiens utilisés en estive et le nombre de chiens placés chez les éleveurs s’explique essentiellement par le fait que certains chiens sont encore trop jeunes pour être utilisés pendant la période d’estive. De plus, des patous adultes ne montent pas sur les pâturages utilisés collectivement pour cause de non-acceptation par les autres éleveurs non propriétaires du chien. Tous les chiens sont par contre utilisés à l’exploitation et peuvent également servir en zone intermédiaire.

Lancement du Programme National «Chiens de protection des troupeaux»

Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.Un chien de protection Montagne des Pyrénées face à un ours attaquant son troupeau.

Depuis une dizaine d’années, on enregistre, partout en France, un développement exponentiel du nombre de chiens de protection placés dans les troupeaux pour prévenir les différentes prédations dont ils sont ou pourraient être victimes (chiens errants, loups, ours, lynx, petite faune sauvage).

Afin d’accompagner techniquement cette évolution, pour conserver aux chiens de protection toute leur efficacité et leur crédibilité notamment aux yeux du grand public, un programme de travail, de dimension nationale, a été lancé fin 2006.

Ce programme s’articule autour de deux points essentiels à la réussite de cette technique de protection : la maîtrise de la qualité génétique des chiots introduits dans les troupeaux et la formation des éleveurs à la mise en place et au suivi de ces chiens.

Trois actions sont prévues :

  • le recensement le plus exhaustif possible des chiens de protection au travail en France;
  • l’évaluation de la qualité des chiens de protection au travers de tests de caractère et de tests de comportement «Troupeau ». Ces tests viseront à détecter les vices rédhibitoires (agressivité vis-à-vis de l’homme…) et à mettre en évidence les comportements recherchés (attachement aux animaux, loyauté envers les animaux, aptitude à la protection) chez les chiens de protection ;
  • la formation des éleveurs (programme de formation, documents techniques) et l’information des autres usagers des espaces pastoraux afin de leur expliquer le rôle et le fonctionnement des chiens de protection et de leur inculquer les bons comportements à adopter face à l'un eux.

À l’initiative de l’Institut de l’Élevage, bénéficiant de financements du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, ce programme rassemble de nombreux partenaires intéressés par le sujet : la Société Centrale Canine, les quatre techniciens «Chiens de protection» employés par l’Association pour la Cohabitation Pastorale et intervenant sur le Massif Pyrénéen, les neuf techniciens «Mesures de protection des troupeaux» dépendant des DDAF du Massif Alpin, des chercheurs, éthologues et vétérinaires, la Fédération Nationale Ovine, des associations nationales d’éleveurs utilisateurs de chiens de troupeaux…

Prévu sur deux ans, le programme entame une première phase de travail jusqu’à fin mai 2007. Durant ces six mois, il sera procédé au recensement des chiens de protection et à la mise au point de la méthodologie d’évaluation de leurs caractère et comportements.

Les premiers résultats sont attendus pour fin juin 2007 : une photographie précise des chiens de protection utilisés en France sera alors disponible (nombre, races, sexe et âge, localisation géographique, lignées en présence, prédateurs contre lesquels ils sont utilisés, caractéristiques des exploitations détentrices de ces chiens…).

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter Marie-Catherine Leclerc
Institut de l’Élevage - 149, rue de Bercy – 75595 Paris cedex 12
Tél : 01 40 04 49 81 / Fax : 01 40 04 49 60

Source : Empreinte Ours n°2 - Lettre d'information semestrielle de l'Etat sur le programme de restauration et de conservation de l'ours brun dans les Pyrénées

22 février 2007

Louis Dollo: Franska, morte ou vive

Après  "Louis Dollo se vautre dans les rumeurs", Lourdes Infos, par la plume de son "homonyme d’un belge spécialiste en dinosaures" trace dans un article intitulé "Franska, morte ou vive", le programme de l'ASPP 65 (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Pyrénéen) pour les mois à venir.

Ce programme a été dévoilé lors d'une réunion de l'ASPP organisée à Omex. (Lire : Marie Lise Broueilh, Louis Dollo et l'ASPP dans la Dépêche : l'hibernation des ultra-pastoraux est terminée.)

On y apprend que «durant près de trois heures de débat, de nombreuses idées ont été proposées dont celle d'éliminer Franska», les bergers ayant proposé de «l'envoyer en Pays Basque parce que les Basques ont un savoir faire» ou «d'en faire cadeau à l'IPHB puisque l'institution avait, en décembre 2004, donné son accord pour recevoir deux femelles». Sans succès. «Et pourtant, il faut trouver une solution ou abandonner l'élevage de montagne. Trouver une solution en maintenant la transhumance et le pastoralisme, c'est bien le but que se donne l'ASPP 65.»

Des solutions pour éliminer Franska ?

On y apprend que la cabane «du Pré du Roy» est à proximité de la «tute» de l’ourse Franska. Louis Dollo dans son style inimitable prudent et riche en conditionnels y va d’un : «Selon nos informations, il semble qu'une ou des solutions aient, en définitive, été trouvées mais les participants restent discrets sur la méthode ou les méthodes qui pourraient être adoptées selon les secteurs et la complexité des pratiques et surtout des droits exercés sur les terrains par les uns et les autres. L'ASPP 65 serait le «chef d'orchestre » de l'ensemble. Une réunion de travail pour la coordination des actions devrait avoir lieu en comité restreint en fin de semaine. Nous devrions en savoir plus à cette occasion

Que de mystère pour traquer à nouveau Franska, par une voie plus administrative ou terrienne semblerait-il ?

L’ensauvagement serait-il le but des défenseurs de l’ours ?

«L’ensauvagement» est le nouveau terme à la mode des opposants du plantigrade. A rajouter au «viol des Pyrénées» au «blanchiment des consciences» et à «La réintroduction doit être un acte d'amour».

Ainsi Bruno Besches-Commenge dans un par ailleurs intéressant "Montagnes : l’histoire oubliée d’une biodiversité à visage humain" : «Il paraît alors inquiétant, dans les débats actuels autour de la montagne - ils concernent aussi on le sait son ensauvagement par les grands prédateurs- que l’on fasse aussi peu référence à un document essentiel par lequel la France s’est engagée, dans la droite ligne des réflexions que la FAO conduit au niveau planétaire. Il s’agit de la Charte du Bureau des Ressources Génétiques /BRG/ , dont le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement entre autres, furent cosignataires en 1998

Document qui parle de la juste protection des races ovines et bovines rares et bien sûr de l'intérêt de ne pas garder les troupeaux afin de les laisser profiter des terrains difficiles.»

Pour un responsable de l'ASPP 65 «l'abandon du pastoralisme c'est accélérer l'ensauvagement des Pyrénées avec toute les conséquences que cela peut avoir sur l'environnement et même le tourisme (…) Ce serait aussi un problème d'aménagement du territoire, un problème social et un problème économique, c'est-à-dire tous les ingrédients d'un développement durable. A cause de l'ours, les Pyrénées vont-elles perdre le bénéfice de toutes leurs qualités ? »

Voici maintenant que 4 ours relâchés mettraient en danger toutes les qualités des Pyrénées. Mais que font nos responsables politiques ? Que pensent-ils de l'ensauvagement des Pyrénées?

Le programme de l'ASPP : refus des gardes de troupeaux, des embauches de bergers et des chiens patous

Louis Dollo annonce alors les nouveaux «principes généraux» (très procéduriers) prônés par l’Association de «sauvegarde du patrimoine» quant à la forme de pastoralisme qu’ils souhaitent :

  1. «Refus de garde des troupeaux au profit de surveillance de l'ours : « les éleveurs n'ont rien demandé, à l'Etat d'assumer ses responsabilités et de garder les animaux qu'il importe.
  2. Refus d'embaucher des bergers ou des gardiens de troupeaux pour un motif juridique assez clair: il n'existe pas de cabanes aux normes de la législation sociale, certaines n'ayant même pas de possibilité d'avoir de l'eau.
  3. Pas de Patous pour des raisons de sécurité des randonneurs. Plusieurs procès ont eu lieu dans les Alpes où les éleveurs et bergers ont été condamnés. Certaines communes des Alpes auraient même interdit les Patous et paient directement les dégâts causés par les loups.»

Voilà leurs revendications clairement exprimées face à la présence de Canis lupus dans les Pyrénées. Le réchauffement du printemps s'annonce. Si froid il y a eu ?

L’Equipe Technique Ours et la DIREN, deux cibles fréquentes de Louis Dollo

Louis Dollo revient à nouveau à la charge (Lire Louis Dollo s'en prend à la DIREN dans Plaisir de la chasse») et annonce des «procédures judiciaires» (encore) contre les personnes qui s’occupent d’expertiser les dégâts des ours accusées d’avoir eu des «comportements» anormaux l’an passé ( comprendre d’avoir refusé de mettre sur le dos de l’ours des pertes en estives et d’être «juge et partie».)

Rappelons que les dégâts jugés «douteux» sont comptabilisés comme «dégâts des ours», même s’ils sont douteux ! Des comportements anormaux ... en faveur du pastoralisme, mais pas assez.

L'été 2006 a vécu un véritable feuilleton autour de l'histoire des veaux d’Aston. Episode grotesque qui a vu les éleveurs faire pression sur les autorités pour faire passer ce qui ressemblait plus à des manques de soins pour des dégâts d’ours. (lire les notes ci-dessous)

«Les éleveurs ne laisseront plus faire n'importe quoi par des gens dont la compétence et les méthodes sont pour le moins contestées. Des dispositions devraient  être prises à défaut de voir les services de l'Etat évoluer favorablement.» Pas un mot sur la justesse des diagnostics et la «compétence» des éleveurs et de la fine stratégie de l’ASPAP dans cette affaire délirante des veaux d’Aston soi-disant tués par des ours.

Source : Lourdes-Infos

Le feuilleton des veaux d'Aston

21 février 2007

Une conférence Transboréal sur Robert Hainard par Stéphan Carbonnaux

Paris - Le cycle de conférences hebdomadaires Transboréal - Nature & Découvertes propose le jeudi 1er mars à 20 heures :

Robert Hainard, un artiste animalier au coeur de l’Europe sauvage

par Stéphan Carbonnaux

Qui était Robert Hainard, cet artiste au trait cousin de celui des artistes de Lascaux, d’Altamira ou du Pont-d’Arc ? Qui était cet homme casanier et pourtant grand voyageur par nécessité ? Sait-on que ce grand-père de la mammalogie a « inventé » l’affût moderne des bêtes sauvages ? Qu’il est un des précurseurs des réintroductions d’animaux sauvages en Europe ? Sait-on combien son observation et son contact permanent avec la nature ont nourri une pensée des plus visionnaires et des plus fécondes ? Qui était Robert Hainard ?

Il y a cent ans, à Genève, le 11 septembre 1906, chez un couple de peintres influencés par l’impressionnisme et les idées libertaires, naissait Robert Hainard, un enfant de la ville aux origines jurassiennes, qui allait révolutionner en Europe notre rapport avec la nature sauvage.

Le sauvage ? C’est le renard et le blaireau qui sortent à la nuit des entrailles de la terre, l’aigle ou l’hirondelle qui jouent dans le vent, le fleuve qui coule libre, la forêt altière, immense, vierge, sans trace du forestier ; la nature sauvage, c’est tout ce que nous ne contrôlons pas, qui vit malgré nous, c’est l’autre le plus absolu à nos côtés, le plus irréductible, celle que nous nous échinons à maîtriser, à détruire mais celle dont nous avons le plus grand besoin, autant physique que psychique.

Stéphan Carbonnaux travaille depuis 2002 à la biographie de Robert Hainard. Pour ce faire, il a multiplié les affûts dans les Pyrénées et en Espagne, aux ours, loups, loutres, etc., et est allé jusqu’à séjourner trois mois en Suisse et à correspondre avec des dizaines de personnes. Il a également séjourné en Slovénie à l’été 2005 afin d’y rencontrer un proche ami de Robert Hainard et de s’imprégner de la grande sylve, d’y dormir seul à la belle étoile et de voir l’ours, ce qui est arrivé magnifiquement. La biographie monumentale Robert Hainard, chasseur au crayon paraît aux éditions Hesse en 2006.

Détails

  • Salle Jules Ferry – 29, rue d’Ulm – 75005 Paris
  • Accès : RER B Luxembourg – bus 21, 27, 38, 84, 85, 89 et 91 – parking au 22 rue Soufflot
  • Entrée : 6 euros (tarif réduit* : 4 euros pour membres du club Nature & Découvertes, d’ABM, du CAF, étudiants, chômeurs) ou carte de fidélité non nominative : 20 euros (5 entrées)
  • Réservation au 01 55 43 00 37 ou sur contact@transboreal.fr
  • Le site de Transboréal pour en savoir davantage sur chaque conférence, vous inscrire sur leur liste de diffusion, lire des textes sur le voyage ou découvrir les livres de Transboréal.

Conférences à venir

  • 8 mars : « Quatre ans seul du cap Nord au détroit de Béring » par Gilles Elkaïm
  • 15 mars : « Le Tro Breiz, un chemin de Compostelle breton ? » par Gaële de La Brosse
  • 22 mars : « En canoë au fil de la Léna, en Sibérie » par Philippe Sauve
  • 29 mars : « Redécouvrir le monde – voyage et géopoétique » par Kenneth White

Lire les notes de Stephan Carbonnaux à La buvette des alpages

20 février 2007

Dominique Voynet en a ! Elle est venue s'expliquer devant les chasseurs

Bravo Madame Voynet. Vous avez eu le courage de venir en face des représentants de 1,3 millions de français pour leur dire ce que pensent 60 millions d'autres. Peu d'hommes politiques en ont autant que vous, eux qui sont venus faire des courbettes devant le plus puissant lobby de France. Vous ne serez pas récompensée pour votre mérite et je le regrette.

Voynet canarde les chasseurs

Alors que les principaux candidats à la présidentielle ont défilé pour séduire les représentants de la Fédération nationale des chasseurs à la Maison de la chimie, Dominique Voynet s'en est pris frontalement à ce lobby.

Les pires accidents de chasse commencent souvent par de petits matins calmes. A l'invitation de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) , forte de 1,3 million d'adhérents, ce sont une dizaine de candidats qui ont saisi l'occasion de s'adresser à cette frange si convoitée de l'électorat à la Maison de la chimie, à Paris.

Brochette où Dominique Voynet a détonné par un discours à la nitroglycérine, loin du miel déversé par ses petits camarades.

Le score de 4,3 % aux dernières présidentielles du groupe Chasse, pêche, nature et tradition (CPNT) aidant, Nicolas Dupont-Aignan, Charles Amédée de Courson (porte-parole de François Bayrou), Ségolène Royal et Philippe de Villiers ont en effet ouvert le bal dans la bienveillance générale. Frédéric Nihous, candidat des chasseurs, a même été moins applaudi que le candidat du Mouvement pour la France ! Après ce dernier, Thierry Coste, lobbyiste auprès de la fédération nationale des chasseurs, a mis l'auditoire en garde : «Jusque-là, vous avez été caressés dans le sens du poil : je vous demande de respecter sa parole.» La parole si redoutée était celle de Dominique Voynet.

«Mise à mort»

«Je ne suis pas venue faire la danse du ventre devant vous» a ouvert la candidate des Verts (écouter son discours en MP3 ci-dessous), expliquant qu'elle était là par courage. Continuant sur sa lancée, elle a rappelé que certains avaient trouvé drôle d'amener des poupées gonflables à son effigie dans des manifestations et de lui envoyer des menaces de mort quand elle avait retiré l'ortolan de la liste des espèces ouvertes à la chasse. Membre du «groupe chasse au Sénat», elle a rapporté que, depuis qu'elle y avait payé sa cotisation, ses 80 membres ne s'étaient plus jamais réunis ! La chasse devrait, selon elle, rester sous la tutelle du ministère de l'environnement avec lequel les chasseurs ont «toujours de très mauvaises relations, notamment quand le chef de cette administration était une femme.» «Méfiez-vous : madame Merkel aussi a été ministre de l'environnement !» a-t-elle lancé. Huées dans la salle, agitation, «Dehors !» crie le public.

Voynet, d'une voix nerveuse et rapide, s'est ensuite attaqué à la «mythologie de la CPNT» selon laquelle les chasseurs seraient «les premiers écolos de France.» Doutant fort de leur capacité à contribuer à la régulation des espèces, elle a dénoncé ceux qui «votent en fonction de leur passion.» Passion consistant, selon elle, en «la mise à mort d'animaux qui appartiennent au patrimoine commun.» Tumulte, brouhaha inaudible et cris.

Dominique Voynet a également critiqué l'organisation des chasseurs qui, selon elle, déclarerait deux ou trois adhérents quand une seule personne s'inscrit effectivement. Parlant des membres de la FNC comme de «lobbyistes rémunérés», elle a clos son intervention en jetant le doute sur les comptes de la fédération.
«C'est une guignolade, elle est venue mobiliser ses troupes à elle !» contre-attaque Frédéric Nihous, interrogé par marianne2007.info. «Elle a effectivement diligenté une enquête auprès de la Cour des comptes sur la FNC», a-t-il confirmé, «mais tout le monde en est ressorti blanchi !» Le candidat de CPNT s'est permis de rappeler que le même organisme se penchait en ce moment sur les réseaux écologistes, dont la gestion serait suspecte.

Françoise Peschavour, directrice adjointe de la FNC, s'est pour sa part félicitée de la venue de Dominique Voynet. Tendrement ironique, elle a décrit la relation entre écolos et chasseurs comme celle d'un «vieux couple divorcé». Il est bien loin le temps des balades en forêt en amoureux...

Anna Borrel avec Sylvain Lapoix

La chasse au grand oral

La plupart des candidats à la présidentielle, passent ce mardi un "grand oral" devant les chasseurs, afin de séduire un électorat rural au poids non négligeable. 400 responsables départementaux de la chasse vont auditionner les candidats, lors du forum "la chasse en campagne" à la Maison de la chimie à Paris, à l'initiative de la Fédération nationale de la chasse (FNC).

"En tant que lobby, on entend peser fortement sur la place que les candidats veulent donner à la chasse", explique Thierry Coste, conseiller politique de la FNC, saluant "une rencontre inédite". Selon lui, les chasseurs attendent avant tout "une vraie pause législative et réglementaire", après avoir vu se succéder les textes ces dernières années.

Mais ils veulent aussi évoquer le problème récurrent des dates de chasse, ou la création d'un vaste ministère de la Ruralité, regroupant "l'agriculture, la chasse, la pêche et la forêt", et quitter ainsi "le ministère de l'interdit", celui de l'Ecologie, ajoute-t-il.

  1. Nicolas Dupont-Aignan sera le premier des prétendants à monter à la tribune, à 10H15,
  2. suivi du député UDF Charles de Courson, qui représentera François Bayrou.
  3. La candidate socialiste Ségolène Royal interviendra à 11H00. Le PS entend, selon le président de la région Bourgogne François Patriat, "mieux valoriser la chasse, atout de développement de nombreuses zones rurales" et "garder le cadre législatif".
  4. Lui succèdera Frédéric Nihous, candidat de Chasse, Pêche, Nature, Traditions (CPNT), qui se targue d'être le seul candidat titulaire du permis de chasse, mais n'est pas soutenu par la FNC. Celui qui se présente comme "le porte-parole de la ruralité" ne dépasse pas, pour l'heure, 1% d'intentions de vote dans les sondages.
  5. Parleront ensuite Philippe de Villiers (MPF),
  6. puis Dominique Voynet (Verts), qui s'était affrontée vivement avec les chasseurs lors du vote de sa loi chasse sous le gouvernement Jospin.
  7. Dans l'après-midi, sont attendus les députés PCF Gérard Le Cam
  8. Maxime Gremetz
  9. et André Chassaigne, au nom de Marie-George Buffet.
  10. Jean-Marie Le Pen (FN) devrait quant à lui dénoncer la "différence de traitement entre ruraux et urbains" et proposer de "simplifier" les textes sur la chasse.
  11. Après l'altermondialiste José Bové,
  12. Nicolas Sarkozy (UMP) fermera le bal à 16H00. "La chasse est une tradition, elle doit être respectée", avait-il affirmé en décembre lors d'un déplacement en baie de Somme.

Mardi gras

Alors que la FNC revendique 1,3 million d'adhérents, les chasseurs sont régulièrement courtisés par les politiques: ils gardent en effet un poids électoral significatif, en particulier dans certains départements du nord et du sud-ouest. En 2002, Jean Saint-Josse (CPNT) avait recueilli plus de 1,2 million de voix, soit 4,23%. Aujourd'hui, l'électorat CPNT et, au-delà, l'électorat rural sont "en déshérence" et "à prendre", souligne Jérôme Fourquet (Ifop), pour qui le jeu est "assez ouvert" dans cette population, principalement entre Sarkozy, Royal, Le Pen et Bayrou. Un mardi gras pour les chasseurs

PARIS (AFP)

19 février 2007

Jean Paul Mercier : L’Ours et l’homme : Interaction et Cohabitation en Europe de l’Ouest

Par Jean-Paul MERCIER

Les rapports entre le plantigrade et l’homme ont presque toujours été conflictuels, en particulier dans les zones d’élevage. Très tôt il a été chassé des plaines et s’est réfugié dans des régions montagneuses isolées. Les seules exceptions, comme la zone sud de la Slovénie s’expliquent par la volonté du pouvoir, dans ce cas précis les traditions de l’empire austro-hongrois, puis le bon plaisir de Tito, de maintenir des réserves de chasse.

Chasseurs d'ours ou braconniers

La chasse fut historiquement la première relation entre les hommes et les ours, si l’on excepte certaines recherches sur les rites religieux dont l’ours aurait fait l’objet. Depuis le paléolithique l’ours fut un concurrent, et à ce titre chassé par les plus intrépides. Les chasseurs d’ours, comme les «oseros» espagnols de la fin du XIXème siècle, ont toujours bénéficié d’un grand prestige. On pratique toujours, en 2007, sous certaines conditions, des tirs d’ours dans les Pays Scandinaves, en Slovaquie, Slovénie, Croatie, Bosnie et Roumanie, par exemple.

De plus, dans de nombreux pays comme la Roumanie, où le phénomène s’intensifie encore, le braconnage, surtout pour les trophées, reste important. Il est difficile à quantifier, mais en Bulgarie, par exemple, on l’estimait à vingt ours par an jusqu’aux années 2000. En Grèce, on l’évalue à huit ours par an actuellement.

Collisions et guerres

Les collisions avec des véhicules provoquent également régulièrement la mort d’ours : sept cas en cinq ans en Grèce, deux par an en moyenne en Roumanie, trois à dix par an en Croatie, dont soixante dix pour cent sur des voies ferrées. 

La guerre en Croatie, Bosnie puis au Kosovo fut également la cause de la mort de nombreux ours. Après le conflit qui se termina en 1995 en Bosnie, la population d’ours de ce pays avait diminué de soixante pour cent. Certains avaient fuit les zones de combat, mais beaucoup avaient été tués dans les bombardements, en sautant sur des mines ou par des tireurs qui les visaient, ou non. De plus, de nombreuses zones minées subsistent, en Bosnie comme dans l’est de la Croatie, qui continuent à faire des victimes, et pas seulement parmi les ours.

Exploitation forestière et pastoralisme

L’activité économique génère, elle aussi, des interactions sensibles avec les plantigrades. D’abord l’exploitation forestière peut perturber gravement certaines régions occupées par les ours. La déforestation et la construction de pistes de débardage perturbent souvent son habitat naturel.

Dans les zones traditionnelles d’élevage, où l’ours a toujours été présent, il était considéré comme une contrainte naturelle, sa population ayant été maintenu à un niveau limité, souvent par la chasse. Les éleveurs utilisaient les moyens classiques de protection, comme la présence permanente de bergers et de grands chiens de garde. Ils devaient, en même temps, à peu près partout, se protéger également des loups, prédateurs beaucoup plus dangereux pour les troupeaux.

Sauf dans les territoires les plus septentrionaux, comme le nord de la Scandinavie où la nourriture végétale n’est abondante que pendant une courte période annuelle et où paissent de grands troupeaux de rennes en semi-liberté, l’ours est naturellement majoritairement végétarien (de soixante dix à quatre vingt quinze pour cent suivant les régions). De plus, la plus grande partie de sa nourriture carnée provient de petits animaux : insectes, petits rongeurs ou de charognes. 
 
L'ours est un omnivore opportuniste

L’attaque de troupeaux, surtout non gardés, s’explique donc presque exclusivement par l’opportunisme. En Norvège, par exemple, où 2 millions de moutons paissaient librement, la décision des autorités de protéger partiellement les ours en réduisant la chasse, provoqua une catastrophe. En 2000, on a estimé les pertes minimums à 50 moutons par ours pour une trentaines d’individus!
De l’autre côté de la frontière, en Suède où les mesures de protection furent appliquées très tôt, les dégâts sont restés insignifiants.

En Dalmatie, quatre ours réussirent à prendre pied sur l’île de Krk (keurk), éloignée de quelques centaines de mètres de la côte. Territoire voué au tourisme, de climat méditerranéen, elle est très éloignée de l’habitat type du plantigrade. Mais les petits troupeaux n’y ont jamais été gardés... En cinq ans, nos quatre compères ont dévoré un cheval, trois poulains, un âne, trois cochons…. Et plus de quatre cent moutons, non gardés !

L'ours a du nez

Les autres dommages causés par l’ours sur les biens portent sur les ruchers, les vergers, quelques champs de céréales ou exceptionnellement des piscicultures.
Il arrive, dans des conditions particulières de surpopulation, sans doute en situation de carence, que certains individus écorcent les arbres (sains), pour lécher la sève à l’intérieur, ce qui a pu provoquer d’importantes pertes de bois d’œuvre comme en Bosnie.

Beaucoup sont très friands d’huile de tronçonneuse et même, en Grèce et en Macédoine, des ours ont détérioré les poteaux téléphoniques traités avec une substance (créosote ?) qui les attirait.    
                                                            
Ils sont souvent familiers des tas d’ordures qui leur fournissent une source de protéines facilement accessible. Les grizzlies américains sont ainsi une cause permanente de soucis pour les responsables des parcs de loisirs.

En Europe occidentale, la société de consommation s’étend désormais jusqu’aux régions les plus reculés, et la quantité d’ordures augmente. Les décharges sauvages prolifèrent, ce qui provoque des rencontres à haut risque avec les ours. Pour éviter ces situations de conflit potentiel, la Croatie, par exemple, a lancé, en 2006, une grande campagne pour mettre en place des containers anti-intrusion.

La situation est plus difficile en Roumanie, où les ours qui venaient sur les tas d’ordures de Brasov et attiraient beaucoup de spectateurs imprudents, ont provoqué au moins un accident mortel. Un des ours, de plus, était infecté par la rage.

L'ours est un craintif, dangereux en cas de rage.

En réalité, la dangerosité réelle des ours est faible. Dans l’immense majorité des cas, il évite la rencontre avec l’homme, qu’il craint. On recense très peu d’accidents documentés. Les situations dangereuses sont, par ordre décroissant, un ours blessé, une femelle protégeant ses petits, une rencontre très rapprochée et soudaine et un ours sur sa proie.

Par exemple, sur cent quatorze rencontres documentées, aucune n’a entraîné d’attaque provoquant des blessures et seul quatre pour cent de celles-ci ont donné lieu de la part de l’animal à une charge d’intimidation.

  • En Bosnie, le dernier accident mortel avéré, un enfant tué, date de 1987. L'ours avait la rage. La population d'ursidés a fortement diminué après la guerre de 1995, mais elle atteint encore plus de 400 ours en 2006.
  • En Grèce, pas d’accident mortel depuis au moins vingt ans. (population 2006 autour de deux cent à deux cent vingt individus).
  • En Italie, pas d’accident mortel connu (population d’environ une centaine entre les deux zones).
  • En Espagne (Cantabriques) pas d’accident mortel connu. (environ cent/ cent vingt ours à ce jour).
  • En Slovaquie, pas d’accident mortel pendant tout le XXième siècle. (population actuelle de sept à huit cent ours).
  • En Croatie, un accident mortel en 1988 à Plitvice en plus de 60 ans. (Population d’un millier d’ours en 2006).
  • En Slovénie, un accident mortel, une femme qui ramassait des champignons, en 1987 (population de six à sept cents ours en 2006).
  • Enfin, il faut évoquer le cas particulier de la Roumanie. La population d’ours y est très importante, de l’ordre de six mille au moins ! Chaque année, on compte jusqu’à trois personnes tuées par des ours, mais la rage y est endémique et certaines zones d’estives bordent de profondes forêts abritant de fortes populations de plantigrades.

La méconnaissance génère peurs et préjugés

Hormis cette exception, les ours sont donc objectivement moins dangereux pour l’homme que des vipères, des sangliers ou des cerfs, et certainement beaucoup moins que le taureau de la ferme voisine, si vous vivez à la campagne!

C’est la perception subjective de cet animal, impressionnant par sa taille et sa force apparente, mais aussi la méconnaissance de ses comportements réels, qui provoque traditionnellement la peur. S’y ajoute les récits quasi mythiques de combats de forestiers, de chasseurs ou d’éleveurs contre des ours gigantesques! Ainsi les éleveurs des régions d’où les ours ont disparu depuis à peine quelques décennies en font souvent le symbole de tous les dangers.

En Slovénie, par exemple, les habitant des Alpes Juliennes (arc alpin), où le dernier ours autochtone est mort il y a plus de soixante dix ans, acceptent difficilement les quelques individus qui traversent leur région et qui, bien souvent, poursuivent leur voyage jusqu’en Autriche, où ils contribuent au repeuplement de la population d'ursidés.

Un autre exemple de ce préjugé nous a été fourni l’année dernière avec la malheureuse affaire de la mort de l’ours Bruno en Bavière.

Tous les spécialistes le répètent, la mise en place de campagnes information destinées à l’éducation du public doit être notre priorité, en particulier visant les usagers de la Nature dans les zones à Ours : éleveurs, forestiers, chasseurs et randonneurs.

Les campagnes répétées menées dans de nombreux pays sur les méthodes de protection des troupeaux, en Slovaquie, en Suède et en Autriche par exemple, commencent à porter leur fruit. Les pratiques pastorales ont évolué vers une meilleure cohabitation.

Il apparaît, d’autre part, que l’efficacité des tirs d’ours  dit « à problèmes » pour régler les situations de conflit, soit de plus en plus remise en cause. Il convient de mettre rapidement en place, dans l’élevage ovin par exemple, des moyens appropriés, comme des bergers permanents, des chiens de protection et des clôtures électrifiées pour le regroupement nocturne.

En Slovaquie, qui possède un cheptel d’environ trois cent cinquante mille moutons dans les zones de contact, pour une population ursine d’environ sept à huit cent individus, les pertes sur trois ans fluctuèrent de 397 à 169 par an, ce qui est, à l’évidence, limité pour un tel effectif d’ours.

Faciliter la coexistence

Le programme LIFE COEX, cofinancé par la Commission Européenne, le WWF, le MEDD en France, la faculté des Sciences de Lisbonne et le gouvernement de Castille et Léon a pour but l’amélioration de la COEXistence entre les grands prédateurs et l’Agriculture en Europe du Sud. Il a été mis en place dans cinq pays, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la France et la Croatie. Lancé en octobre 2004, il durera jusqu’en septembre 2008.

L'exception française et l'instrumentalisation de l'ours

En France, la partie française est menée par cinq partenaires :

  • WWF-France
  • L’Association pour la Cohabitation Pastorale
  • Pays de l’ours-ADET
  • Le Fond d’Intervention Eco-Pastoral (FIEP)
  • FERUS

Pour en terminer, certains pourrons sans doute s’étonner que la France ne figure dans aucun des exemples cités dans les paragraphes précédents.

Il me semble que dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, il faille parler d’une « exception française ». En effet, la France, avec une population ursine dérisoire d’à peine une vingtaine d’ours, c’est à dire un effectif incapable de provoquer de réels soucis à notre élevage de montagne, s’il était géré normalement, risque de manquer ce rendez-vous. En France, notre beau pays, au contraire de la plupart de ceux cités plus haut, l’ours n’est qu’un prétexte à d’autres jeux, politiques, syndicaux ou de courses aux subventions. Une minorité de la population pyrénéenne, constituée d’éleveurs et de responsables instrumentalisent l’ours à leur profit.

Pastoralisme productiviste

Les dommages les plus importants sont subis en Pyrénées Centrales, surtout en Ariège où les moutons sont élevés pour la viande. Les troupeaux en estives sont souvent entièrement constitués de brebis taries dont les agneaux ont été vendus «en bergerie» pour être engraissés ailleurs, fréquemment  en Espagne. Les troupeaux ne sont quelquefois visités qu'une seule fois par semaine !

En fait, cette politique productiviste contribue à détériorer de plus en plus leur rentabilité. La valeur ajoutée profite presque exclusivement à l’engraisseur et les quelques productions classiques ne peuvent concurrencer la viande d’agneaux néo-zélandais sous-produit de leur laine.

Cette pratique crée entre les éleveurs et les autorités en charge du dossier une situation malsaine puisque, bien que les bêtes ne soient pas gardées, les pertes dues à l’ours sont tout de même indemnisées.

Pourtant l’intérêt bien pensé des éleveurs de viande, ariégeois par exemple, menacés désormais par l’importante réduction annoncée des subventions européennes, ne serait-il pas, pour les plus dynamiques, de rechercher un nouveau mode de valorisation de leur produit ? Le maintien d’agneaux en estive peut représenter, parmi d’autres, une solution, par exemple associée à la mise en place des moyens de protections préconisés par le MEDD et avec les aides de celui-ci ?

Un miracle, un déclic, peut-être…. Souhaitons que le combat ne cesse pas dans un avenir proche, faute de combattants ! La survie des éleveurs ovins de montagne est menacée en France, mais l’ours n’y est pour rien !

Jean-Paul MERCIER

Bibliographie

Pour les Pays Scandinaves, l’Espagne, l’Italie et l’Autriche mes informations proviennent de documents du LCIE (Large Carnivore Initiative for Europe). Pour les autres pays, elles proviennent de spécialistes qui ont accepté de participer à mon travail en cours, un état des lieux des populations actuelles d’ours en Europe de l’Ouest. Ce sont Djuro HUBER, Marko JONOSOVIC, Sasa KUNOVAC, Yorgos MERTZANIS, Milan PAUNOVIC, George PREDOIU, Olsi QAZIMI, Robin RIGG et Aleksander TRAJCE dont la compétence est reconnue internationalement. Je les remercie ici pour leur appui et leurs encouragements.

18 février 2007

Rétrospective Ours de Pyrénées 2006

Actualités de l'Ours 2006 - 2006 a été une année chaude pour l'ours des Pyrénées, à cause du réchauffement climatique et surtout à cause de l'actualité : manifestations, vandalisme, menaces, violences et regroupement inter-massif d'un côté, réintroduction, espoirs et déceptions de l'autre. Au menu : polémiques et décisions de justice. Rétrospective de l'année 2006 de l'ours des Pyrénées à la buvette.

01 janvier 2006 : En 2005, 140 000 pages de la buvette des alpages ont été visitées par 45 000 visiteurs. La moyenne hebdomadaire est de 2 695 pages visitées.

9 février 2006 : les opposants à l’ours continuent les actes violents : Saccage des locaux de l’équipe ours de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et vol d'un collier destiné au suivi des ours (Le fameux collier de Balou).

13 mars 2006 : Présentation du plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées françaises par Nelly Olin ministre de l’écologie. Nelly Olin annonce que 5 ours (1 mâle et 4 femelles) seront relâchés, et pas un de plus. Ces lâchers ne seront pas effectués dans les Pyrénées-Atlantiques (qui n’abritent plus que 4 mâles), ni dans l’Ariège (département abritant une population consanguine issue des lâchers de 1996/97), mais dans les Hautes-Pyrénées et en Haute Garonne. Les associations de CAP-Ours demandent la dissolution de l'IPHB.

25 mars 2006 : L'agence française de sécurité alimentaire (AFFSA) publie sa réponse à Augustin Bonrepaux : Non la réintroduction d'ours slovènes ne présente aucun risque pour la diffusion du virus H5N1 de la grippe aviaire!

01 avril 2006 : Philippe Lacube en tête, l'ASPAP saccage le village d’Arbas, qui doit être le premier à accueillir une nouvelle ourse. L'ASPAP fait le siège de la maison de François Arcangeli, maire et Président de l'ADET. Arbas porte plainte et demande la dissolution de l'ASPAP. Philippe Lacube présente le nouveau visage du pastoralisme.

15 avril 2006 : Nelly Olin confirme que le renforcement de la population d'ours ira à son terme, malgré les violences des éleveurs. La capture des ours en Slovénie commence le 22 avril.

26 avril : Des opérations d'éffarouchement de l'ours Boutxy commencent en Ariège.

25 avril 2006 : Trop médiatisée, la fête organisée pour la première opération de renforcement est perturbée par les opposants à l’ours. Philippe Lacube sort du bois quelques secondes avant le lâcher de Palouma. L’opération n’a finalement pas lieu à Arbas comme prévu. Palouma (4 ans, 83 kg) est lâchée discrètement à Burgalays, dans la nuit du 25 avril 2006.

28 avril 2006 : Echaudé par le lâcher raté d’Arbas, le ministère de l’écologie organise dans la discrétion l’arrivée de Franska (6 ans, 110 kg) à Bagnères-de-Bigorre, le 28 avril 2006.

4 mai 2006 : Découverte de onze récipients avec un mélange de miel et de débris de verre destinés aux ours. Nelly Olin fait preuve d'ouverture : suspension des captures en Slovénie dans l’attente de la décision du Conseil d’État. Le lendemain, un collectif anonyme nommé "Tuons l'ours" envoie des menaces de mort au maire d'Arbas, François Arcangeli. Ils recommenceront le 12 mai avec Claude Téron, maire de Goulier.

6 mai 2006 : Audience publique par le Conseil d’État concernant la demande de suspension de la décision ministérielle d'introduction de cinq ours slovènes dans les Pyrénées.

9 mai 2006 : Le Conseil d'Etat rejette la demande de suspension de la décision ministérielle d'introduction de cinq ours slovènes dans les Pyrénées, demande dont il avait été saisi par des syndicats d'éleveurs, des collectivités territoriales et des associations tous opposés à l’opération. Les lâchers sont légaux. L'ASPAP demande au Président de la République un moratoire d'un an. Bernard Moules, secrétaire régional de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) déclare «Nous entrons en résistance! »

13 mai 2006 : Entre 3000 et 5000 manifestants (suivant les sources) défilent à Bagnères-de-Bigorre. A la fin de la manifestation, des cars repassent par Arbas et provoquent une empoignade sur la place du village. Chacun renvoie les responsabilités sur le camp adverse. Des tracts sont lancés : l'ASPAP remet à l'actualité la guerre des demoiselles.

17 mai : Hvala, la troisième ourse (5 ans, 100kg) est lâchée à Arbas (Haute-Garonne). Les Habitants du petit village ont leur ourse.

31 mai : Une petite cinquantaine d'éleveurs anti-ours s'en prennent à la mairie de Rolland Castells à Bagnères-de-Bigorre.

02 juin 2006 : La buvette des alpages gagne le prix du meilleur blog citoyen français 2006. Plusieurs bloggueurs découvrent la problématique de l'ours des Pyrénées et les pressions et menaces qui l'accompagnent.   

02 juin : Balou, le seul mâle du renforcement est lâché à Arbas (Haute-Garonne). Il a 4 ans et pèse 88 kg. Quelques jours après le lâcher, le signal du collier émetteur est perdu et Balou aussi. La disparition de Balou fait les choux gras des opposants qui crient à l'amateurisme. Balou est équipé d'un ancien collier non équipé d'un téléphone portable (Le collier prévu ayant été volé). La réception par VHS des données GPS n'est possible que si l'on est très proche de lui.

03 juin : Une manifestation en faveur de l'ours est déplacée à Bagnères-de-Luchon à Toulouse "par mesure de sécurité". Il n'y aura que peu de monde.

04 juin : Jean Lassalle déclare dans La République des Pyrénées: « Mme Olin devrait démissionner. Ses méthodes sont indignes du rôle qui devrait être le sien ». «On est en face d'une attitude vichyste qui rappelle le régime policier de la pire période». «C'est un viol et cela devrait être puni comme tel».

06 juin 2006 : Augustin Bonrepaux vient d’être nommé «rapporteur» d’une «Mission d’information sur le coût administratif de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ». 

08 juin : Nelly Olin laisse un mois à l'IPHB pour rendre des comptes sur la gestion du dossier Ours en Béarn par l'IPHB.

09 juin : Une trentaine de manifestant tentent d'introduire un cadavre de brebis au domicile de Gérard Caussimont, responsable du FIEP Groupe ours Pyrénées et profèrent des menaces de mort. Gérard Caussimont portera plainte.   

15 juin 2006 : Suspension du cinquième lâcher. Nelly Olin se dit "extrêmement inquiète" de la disparition de l'Ours Balou.

20 juin 2006 : La buvette dénonce le parler Ipéhachebé de Jean Lassalle.

22 juin 2006 : Balou est retrouvé. Il était parti en plaine, direction Toulouse avant de faire demi-tour vers l'Ariège. Il est trop tard pour la cinquième ourse, le lâcher aura lieu en automne.

28 juin 2006 : Jean Lassalle contre-attaque et dépose une proposition de résolution «tendant à la création d’une commission d’enquête visant à faire la lumière sur la chaîne de décision ayant abouti à la réintroduction en 2006 de quatre ours dans les Pyrénées et à évaluer le coût et l’efficacité des dispositifs engagés par les pouvoirs publics et les associations de protection de la nature en faveur de l’ours depuis quarante ans».

11 juillet 2006 : Balou est capturé et est équipé d'un nouveau collier avec téléphone portable, GPS et VHF.  Balou a grossi de 6kg.

15 juillet : Philippe Lacube et l'ASPAP s'invite au festival Résistances (Ariège) pour défendre les casseurs d'Arbas. Augustin Bonrepaux coupera les ailes à cette organisation pas assez favorable aux éleveurs.

20 juillet 2006 : Saint-Gaudens : Début du procès des militants de l'ASPAP qui ont saccagé le village d'Arbas. Stéphane Lessieux de L'ASPAP invite à manifester devant le tribunal.

24 juillet 2006 : Nelly Olin porte plainte contre Jean Lassalle pour propos diffamatoires (références au régime de Vichy). Saisi par le garde des Sceaux, le procureur de la République de Pau ouvre une enquête.

27 juillet 2006 : Augustin Bonrepaux rentre d'un "voyage de travail" en Slovénie pour effectuer une «enquête financière sur le renforcement de la population d'ours ».

30 juillet 2006 : Vallée d'Ouzoum. Les éleveurs organisent une "traque d'effraiement" (sic), battue illégale à l'ours destinée à faire fuir l'ourse Franska. Ils en organiseront quatre fois. FERUS porte plainte.

4 août 2006 : Nelly Olin annonce que l'Etat arrête le financement de l'IPHB et confie la gestion de l'ours en Béarn à la DIREN Midi-Pyrénées. "Les engagements du ministère pris en 1994 dans le cadre de la charte de l'IPHB sont devenus caduques".

8 août  2006 : Jean Lassalle dépose une question écrite à l'Assemblée Nationale à propos du financement des associations. «Ce document accablant fait apparaître d'innombrables anomalies et irrégularités dans la gestion des dossiers et des subventions versées. Il est également révélateur d'un laxisme et d'une légèreté effrayante dont a fait preuve le ministère de l'écologie ». Il demande « la liste complète des associations subventionnées par le ministère, le montant du financement alloué à chacune d'entre elles et l'utilisation qui en a été faite, la nature détaillée de chaque opération et la situation financière de chaque association». 

11 août 2006 : Jean Lassalle est entendu par la gendarmerie d'Oloron-Sainte-Marie.

22 août 2006 : Sarousse, la cinquième et dernière ourse du plan est lâchée de nuit à Arbas. Les opposants sont pris de vitesse. Ils l'attendaient en automne.

26 août 2006 : La première ourse relâchée, Palouma est retrouvée morte au pied d'une barre rocheuse à Loudenvielle. Les premières investigations menées par les gendarmes concluent à une mort accidentelle mais il reste des questions sur les circonstances de cette mort. Cap-Ours demande son remplacement immédiat. Une rumeur, venant d'un sympathisant des opposants parle d'une lente agonie.

03 septembre 2006 : Nouvelle cible des éleveurs : Franska. Un éleveur cherche à faire indemniser huit jeunes veaux morts en estive. L'ETO déclare que l'ours n'y est pour rien. Les opposants dénoncent l'équipe de suivi, trop "partiale" à leur goût.

06 septembre 2006 : L'ASPAP manifeste le 6 à Foix, devant la préfecture pour obtenir le dédommagement des veaux. La préfecture de l'Ariège annonce qu'il s'agit d'un cas de septicémie, l'ours n'y est pour rien !

07 septembre 2006 : Les dix éleveurs poursuivis pour avoir participé au saccage d’Arbas le 1er avril 2006 ont tous été déclarés coupables aujourd’hui par le Tribunal de Saint Gaudens. Tous les éleveurs sont condamnés notamment à de la prison avec sursis, allant jusqu’à quatre mois, et à une interdiction de manifester pendant 6 mois sur le territoire des communes de lâcher des ours.

16 septembre 2006 : L'ourse Sarousse se débarasse de son collier. Indépendance pyrénéenne ?

30 septembre 2006 : Une ourse accompagnée d'un ourson de l'année ont été observés dans la vallée de Montgari, en Espagne. Au moins une naissance d'ourson en 2006.

25 octobre 2006 : Augustin Bonrepaux écrit au premier ministre, cette lettre est digne de son intervention sur le H5N1, un modèle de mauvaise foi : "Je vous saurais gré de bien vouloir faire étudier par vos services la possibilité de créer un parc à ours de plusieurs milliers d’hectares sur les terrains domaniaux propriété de l’Etat où ils pourraient être suivis par ses services comme en Slovénie et où ils pourraient se reproduire en toute liberté sans perturber la vie des habitants et les différents services de l’Etat et des collectivités locales". La demande de "parcs à ours" est reprise par les associations ultra-pastorales.

26 octobre : Jean Lassalle annonce que l'IPHB va faire un procès au site satirique belge IPHB.org, petit frère de la buvette pour contrefaçon de nom et de marque, atteinte à l'image, diffusion de fausses nouvelles et diffamation. Pas de nouvelles depuis cet effet de manche. Oh toi l'ours belge, ta gueule !

07 novembre 2006 : L'ourse Sarousse qui était (comme Balou) descendue en pleine est capturée, équipée d'un nouveau collier et relâchée à Marignac (Haute-Garonne)

10 novembre 2006 : Projet de budget 2007 de l'Ecologie : Augustin Bonrepaux dépose des amendements pour supprimer environ la moitié des crédits affectés à la surveillance et au déplacement des ours dans les Pyrénées. Les amendements Bonrepaux sont rejetés.

15 novembre : La buvette des alpages le prix du meilleur blog francophone aux Bob's Awards 2006 de Berlin (organisé par la Deutsche Welle). J'en connais qui en mangent leur béret.

30 novembre 2006 : Au début de la période d'hibernation, FERUS dénonce la publication des localisations d'ours et déplore l'utilisation des annonces par les opposants non pas pour protéger leurs troupeaux mais pour organiser des battues. La publication des localisations des ours est stoppée pour l'hiver.

14 décembre 2006 : Augustin Bonrepaux présente son rapport sur le coût de la réintroduction dans l'indifférence générale. Augustin Bonrepaux regrette "que les sommes dépensées pour la sauvegarde des ours ne le soient qu’à un tiers (d’après ses calculs) au profit de… l’élevage !" et dénonce "les dépenses de maintien de l'ordre" occasionnées par les exactions de l'ASPAP qu'il finance par ailleurs. Il ne trouve rien à redire sur la gestion de l'ADET mais dénonce le financement de l'ACP qui s'occupe de la promotion et de l'élevage des chiens de protection de troupeau, donc d'aide au pastoralisme. Allez comprendre.

28 décembre 2006 : l'IPHB organise 28 réunions pour mobiliser les troupes et prêche la bonne parole pour 500 personnes. L'Etat ne financera pas le plan 2007. L'IPHB essaie de s'assurer le financement de la région.

Fin décembre :

  • Tout le monde attend la décision du tribunal de Pau dans l'affaire de la mort de l'ourse Cannelle tuée par René Marquèze à Urdos (Béarn) le 1 novembre 2004 : renvoi de René Marquèze en correctionnelle ou ordonnance de non lieu. La décision sera connue le 19 janvier 2007.
  • Inquiétude concernant l'ours Boutxy. Plus de nouvelles de lui depuis plusieurs mois alors qu'il faisait la une de l'actualité. A-t-il eu le même destin que l'ours Kouky ou va t-il revenir au printemps? Une rumeur de "balle perdue" circule en Ariège. La source de la rumeur est toujours identique...
  • L'hiver est chaud : comme partout dans le monde, l'hibernation des ours est chaotique. Un coup je rentre, un coup je me balade dehors. Cela échauffe les esprits.
  • La fin de l'hibernation est attendue. Y aura-t-il des traces d'oursons?

31 décembre : En 2006, 608 000 pages de la buvette des alpages ont été visitées (+ 468 000 par rapport à 2005 ) par 251 000 visiteurs (+ 207 000). La moyenne hebdomadaire est passée de 2 695 à 11 680 pages visitées par semaine. Merci à vous. Le budget annuel de la Buvette des alpages est de 64 €, payés de ma poche (Pour Augustin Bonrepaux et pour ceux qui me demandent quelles sont les organisations écologistes ou mafieuses qui me financent ;-).

N'oubliez surtout pas d'écouter "Ariège : Zebessetoffeu", de regarder les vidéos de la buvette et de vous plonger dans le dossier du scandale de l'IPHB.

Dernière mise à jour : janvier 2007

Les brûlages dirigés embrasent à nouveau l'Ariège

Les brûlages soi-disant dirigés dérapent encore. Alors que tous les hommes politiques de l'Ariège se plaignent de la sécheresse dans le département, c'est reparti pour les brûlages ou feux pastoraux qui dérapent.

Le vendredi 17 février a été un vendredi chaud pour les pompiers ariégeois qui ont encore dû intervenir sur plusieurs fronts et ont tenté de circonscrire plusieurs départs de feu, ravivés par des vents violents dans tout le département de l'Ariège : Pays de Foix, Couserans, col de Port, Tarascon, des dizaines de sapeurs pompiers ont été mobilisés jusque très tard dans la soirée pour éteindre huit incendies "pas complètement accidentels". "Il s’agirait pour la plupart, malgré les mesures mises en place par le SDIS, dont notamment la cellule départementale de brûlage contrôlé, d’écobuages mal contrôlés."

A la suite des graves incendies de la fin d’année 2006, une cellule spécialisée a été activée pour contrôler et encadrer les écobuages et "les brûlages dirigés de manière raisonnée sur le territoire".

Mais est-il prudent et responsable d'organiser des brûlages dirigés avec de telles conditions météorologiques de sécheresse et de vents violents ? Les sapeurs pompiers ariégeois craignent le pire. Une enquête est en cours.

Hier, un mouvement pastoral de "protection du patrimoine" se présentait comme protecteur de la nature et racontait dans la presse : «Les penseurs écolos en ont plein la bouche du mot biodiversité et nous, c’est notre façon de la protéger, nous avons un département remarquable en terme de biodiversité. La nature on la respecte, elle alimente nos troupeaux car nous avons besoin que, l’été suivant, les animaux puissent revenir sur l’estive. Le respect de la nature, on l’a dans nos gènes».

La parole est une chose, les actes en sont une autre. Les mouvements de défense du patrimoine pyrénéen ne sont que des coquilles agricoles servant à couvrir le militantisme ultra pastoral et les exactions des bergers camouflées dans un langage écologiquement correct. C'est l'histoire du cheval de Troie : se déguiser en écologiste pour mieux les infiltrer.

17 février 2007

Louis Dollo se vautre dans les rumeurs

Louis Dollo publie plusieurs rumeurs, dont celle de la mort de Franska. Dégoût

Louis Dollo : A quoi jouez-vous ? 

Sur le site de Louis DOLLO, sur une page intitulée OURS-Actualité-Rumeurs on peut lire : «Lorsque les autorités ne communiquent pas, les informations circulent de bouche à oreille et c'est ainsi que se propagent les rumeurs. Nous allons donc diffuser toutes les rumeurs, c'est à dire les informations non avérées, non vérifiées et fournies par des personnes dont la fiabilité n'a pas été prouvée. »

Après ce préambule surprenant pour quelqu'un qui se prétend "journaliste" et pouvant lui servir de couverture, Louis Dollo (de temps à autre journaliste à Lourdes-Infos) répand alors plusieurs rumeurs. Surprenant pour cet anti-ours notoire qui joue le rôle de porte-parole sur Internet de plusieurs associations d'éleveurs extrémistes (ASPAP, ASPP entre autres).

"Pas de suivi des ours réintroduits"

Première rumeur publiée par Louis DOLLO : « Les ours venant de Slovénie ne seraient pas équipés d'émetteurs : La question reste posée, sinon, pourquoi les techniciens viennent-il faire des relevés d'empreintes ? S'ils étaient suivis par satellite, pas besoin de vérifier une empreinte pour savoir où ils sont…. A moins que ce soit le second ours qui inquiète les autorités ?» Imaginez-vous les responsables de l'Equipe Technique Ours inventer une carte chaque semaine pour distraire le peuple des moutons ?

"Franska aurait avorté"

Deuxième rumeur publiée par Louis Dollo : «Selon un chasseur de Peyrouse, Franska aurait avorté. L'avorton aurait été retrouvé.» (5 février 2007). Monsieur Dollo semble puiser ses sources dans le milieu des opposants à la réintroduction : pastoralisme, chasseur. Vous semblez connaître beaucoup de chose,. Pourquoi vous complaisez-vous à répandre toutes ses rumeurs nauséabondes? Quels sont vos objectifs, vos intérêts ? Une fois de plus, la qualité de vos "travaux journalistiques" me semble douteuse pour ne pas dire pire.

"Franska aurait été tuée à l'ancienne"

Les rumeurs répandues par Louis DolloSelon une image qu’il publie sur son site, Louis Dollo déclare : «Franska aurait été tuée à l'ancienne au bout du chemin de la Bat Surguère le 12 février 2007.  L'homme ayant réalisé cet exploit sera-t-il promené en héros de village en village avec la dépouille de l'ours. Jadis, les tueurs d'ours avaient une prime et pouvaient même être décorés. Les temps changent mon brave Monsieur ! Il faut parfois rire de ses propres malheurs.... Franska, morte ou vive ??!! »

Là je reste bouche bée. Louis Dollo publie une photo d'un monsieur équipé d'une arme blanche avec à ses pieds le cadavre d'un ours. S'agit-il d'un montage, d'une provocation ou de la réalité ? Dans les trois cas, je me demande comment vous vous êtes procuré cette photo ? En regardant de plus près :

  • la végétation est bien verte pour février,
  • les données de la photo montrent qu'elle a été retouchée avec un logiciel graphique bien connu
  • le détourage des contours de l'homme et de l'ours tendent à prouver qu'il s'agit d'un montage.

Dans quel but sinon provoquer ?

"Sarousse serait en mauvais état de santé"

«Cette ourse était descendue dans le Piémont pyrénéen à la limite de l'Ariège et de la Haute-Garonne. Recapturée, elle avait été relâchée au-dessus de Marignac. Les observateurs ont pu constater qu'elle était atteinte de diarrhées. Comme beaucoup d'autres ours dans les Pyrénées, elle ne serait pas entrée en hibernation. Survivra-t-elle ? Si elle vient à mourir, parions que des mauvaises langues expliqueront que les éleveurs et chasseurs se sont unis pour l'empoisonner. Voilà un sujet qui occupera quelques forums.» (17 janvier 2007)

«Sarousse a été vue au-dessus de Marignac par plusieurs chasseurs à une dizaine de mètres d'eux dans un assez mauvais état de santé. Elle avait tout juste la force de courir sur la neige et ne cherchait même pas à fuir.» (22 janvier 2007)

J'avais déjà rencontré ces rumeurs sur les forums où l'on rencontre les ultra pastoraux : Kairn, le forum "écologie" (sic) d'Orange et même sur celui du Pays de l'Ours où vous semblez avoir quelques apôtres. La direction de Lourdes-Infos va-t-elle conserver dans son équipe un" journaliste" digne des pires tabloïdes anglais et des journaux à sensations de caniveau ? Vos messages virulents et continuels sur certains forums sont sans doute responsables de la chute de leurs statistiques de fréquentation. Alors maintenant c'est sur votre site pyréniais que vous étalez le summum de votre art odorant. Joli travail de journaliste.

Louis Dollo est guide de pays. Il publie des articles dans les faits divers de Lourdes-Infos et est un des plus virulents anti-ours sur les forums qui parlent des ursidés et sur son site. Que cherche Louis Dollo en publiant ces rumeurs de bas étages et d’où vient cette photo-montage ? Provocation gratuite. Qui est cet homme posant devant ce cadavre d'ours ? Comment Louis Dollo s'est-il procuré cette photo provocatrice ? Voilà qui devrait intéresser la justice et le Ministère de l'écologie. Je suis dégouté.

Baudouin de Menten, l'ours belge.

19 février 2006 : Un lecteur de la buvette m'avertit que la silhouette et la position de l'ours utilisé pour ce photo-montage sont identiques à une vielle photo de l'ours Papillon, publiée dans la presse pour illustrer un article sur l'autopsie du vieil ours béarnais. Il s'agit d'une manipulation ridicule.

Marie Lise Broueilh, Louis Dollo et l'ASPP dans la Dépêche : l'hibernation des ultra-pastoraux est terminée.

Baudouin de Menten répond à Marie Lise Broueilh, Louis Dollo et  à l'ASPP suite à un article de la Dépêche du Midi : «Réveil de l'ours. Les éleveurs écrivent aux préfets» du 17 février 2007. «Que l’Etat joue le berger.»

Aspp Marie-Louise Broueilh et Louis Dollo dans la Dépêche Delphine Pereira - Franska joue-t-elle encore à la Belle au bois dormant. Il semblerait que la célèbre ourse n’ait hiberné que par intermittence mais c’est plutôt son réveil définitif qui inquiète les éleveurs des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques.

Ils optent aujourd’hui pour l’anticipation autour de Marie-Lise Broueilh, présidente de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (ASPP) [ Baudouin de Menten : A ne pas confondre avec l’ASPAP, Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées. Point commun : ils réduisent le patrimoine pyrénéen aux intérêts du pastoralisme et donc à la lutte contre l’ours qui lui bien sûr, n’en fait pas partie. (Lire : Ours patrimoine pyrénéen) ], en alertant les préfets des deux régions concernées mais aussi celui de la région par courrier : «Nous sommes tous concernés nous rappelons les points fondamentaux oubliés par les autorités. D’abord, l’Etat n’est pas propriétaires des terrains, ce sont les communes. Notre système pastoral est le même depuis des générations. Nous leur rappelons aussi que Natura 2000 préconise le développement du pastoralisme dans sa forme actuelle».

Question de biodiversité

Lors de la réintroduction des ours dans le massif pyrénéen, des moyens de protection des troupeaux avaient été avancés par l’Etat. Mais le gardiennage des troupeaux à renfort de bergers ou encore de patous sont des solutions qui sont loin d’emporter l’adhésion des éleveurs : «Nous avons de trop petits troupeaux, le secteur est très vaste. Il faut rappeler qu’avec l’appellation AOC, nous avons des directives et notamment celle qui prévoit que les troupeaux doivent être laissés en liberté». [ L’INAO s’est complètement fait avoir par les bergers qui ont instrumentalisé le texte de l’Appellation pour pouvoir l’utiliser dans leur combat contre l’ours. Lire « De l'AOC pour les ours pyrénéens. Réactions » ]

Bref, ce que veulent les professionnels du pastoralisme c’est que leurs bêtes puissent paître en paix [Baudouin de Menten : comprendre, sans surveillance] comme l’a rappelé Marie-Louise Broueilh : «Les penseurs écolos en ont plein la bouche du mot biodiversité et nous, c’est notre façon de la protéger, nous avons un département remarquable en terme de biodiversité. La nature on la respecte, elle alimente nos troupeaux car nous avons besoin que, l’été suivant, les animaux puissent revenir sur l’estive. Le respect de la nature, on l’a dans nos gènes». [Marie Louise Broueilh parle bien sûr de la nature qui l’intéresse, l’herbe seulement. La sélection est du même type que pour le patrimoine. Il n’y a qu’à voir les détritus abandonnés au pied des cabanes. Les vautours et les prédateurs ne faisant pas partie de la nature, mais des sales bêtes nuisibles et étrangères maintenant qu’ils ont presque réussi à les faire disparaître. Pastoralisme sélectif, écologie sélective, aides sélectives, patrimoine sélectif. Après eux le déluge.]

Au travers de ce courrier, c’est bien évidemment le retrait de l’ours – et en particulier de Franska, qui semble se sentir particulièrement à l’aise sur le massif du Pibeste – [ Le retrait de l’ourse Franska : nous y voilà. Je croyais que les ourses slovènes n’étaient pas adaptées aux Pyrénées, ou l’inverse. Lire à ce propos « Après la mort de Palouma, Franska, la nouvelle cible ] sans toutefois trop y croire : «On demande qu’on nous l’enlève, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités, on n’a pas de solutions à leur apporter on dit simplement : c’est vous qui avez provoqué la situation, à vous de régler le problème, le temps presse, c’est une question de calendrier».

Effectivement, dès le milieu du mois de mai, les troupeaux de tous poils reprendront le chemin des estives et les ours seront à ce moment-là totalement réveillés. C’est pour cette raison que les trois préfets sont, d’ores et déjà invités sur le secteur de l’ASPP.

Delphine Pereira

[Baudouin de Menten : Les ultra-pastoraux sont sortis d’hibernation. A noter la présence sur la photo qui accompagne l’article de Louis Dollo, qui est guide de pays et non éleveur.]

Financement de l'IPHB : Pour Alain Rousset et la région c'est non !

Le refus d'un engagement de 700 000 € de la Région dans l'Institution Patrimoniale du Haut Béarn a provoqué en rétorsion une réplique des élus centristes (UDF).

Alain Rousset refuse les « marchandages » du groupe UDF

L'Institution patrimoniale du Haut Béarn (IPHB) ne figure pas au contrat de projets qui va lier l'État à la Région pour les sept prochaines années et constituer ainsi sa «feuille de route». L'IPHB, qui vient justement d'adopter son propre programme pour la même période, faisait pourtant partie du précédent contrat de plan.

Alain Rousset, président du conseil Régional (PS) l'aurait bien voulu, a-t-il expliqué, mais tous les crédits consacrés à l'ingénierie territoriale et à l'animation des pays ont été exclus de cette nouvelle génération de contrats, par la volonté expresse de l'État.

Partant, Jean Dionis du Séjour, président du groupe UDF, a réclamé que la Région vienne en relais et prenne en charge elle-même le reliquat de 2000-2006, soit 74 000 euros et s'engage à financer seule la période 2007-2013, soit 700 000 euros.

Alain Rousset a dit regretter cette position de l'État, mais surtout accusé Jean Dionis du Séjour d'«habiller de lambeaux un vote de fuite ». Denise Saint-Pé (UDF, de Sauveterre-de-Béarn), est alors montée au créneau. D'où la réplique d'Alain Rousset pour qui le dossier devrait être réexaminé avec le Conseil général et les maires des vallées concernées, mais «en dehors de la mousse médiatique». Le président de l'exécutif régional a précisé que son assemblée ne comptait pas se mettre aux abonnés absents.

François Maïtia, chargé de la politique de la montagne, a aussi proclamé que l'engagement du Conseil régional pour la montagne ne saurait être réduit. Au final, Jean Dionis a subordonné le vote de son groupe à un engagement précis de 700 000 euros en faveur de l'institution, qu'Alain Rousset a qualifié «de troc, de marchandage». Faute de réponse, le groupe UDF s'est démarqué une fois de plus en s'abstenant d'approuver le contrat de projets de la région Aquitaine. Au contraire de l'UMP qui a voté pour.

Le débat a rebondi un peu plus tard. Mais cette fois le Landais et vice-président Jean-Louis Carrère a pris moins de gants pour s'interroger quant à la véritable finalité de l'IPHB, en dehors d'être «l'outil de travail» de son président Jean Lassalle, par ailleurs député des Pyrénées-Atlantiques?

Source : Sud-Ouest

Baudouin de Menten : Après l'Etat, la région !  Le grand machin qu'est l'IPHB est mis en difficulté. Le retour du bon sens et peut-être un espoir de réintroduction de femelles pour les ours mâles du Béarn condamnés à disparaître sans cela.

L'ours, histoire d'un combat perdu?

Dans son livre « L’Ours. Histoire d’un roi déchu », Michel Pastoureau, historien raconte l’histoire de la désacralisation de l’ours par l’église pour cause de culte païen et les relations passionnelles entre l’homme et l’ours. Il a suffit que Michel Pastoureau dise : «J'ai le sentiment que pour l'ours des Pyrénées, le combat est perdu» pour qu’il soit de suite instrumentalisé par les opposants à la réintroduction et récupéré comme un nouveau scientifique opposé à la sauvegarde de l’ours des Pyrénées.

L'ours, patrimoine pyrénéen

Pourtant dans son livre Michel Pastoureau démontre à souhait que l’ours fait partie intégrante du patrimoine pyrénéen depuis des temps immémoriaux et que si l’ours est tombé de son trône, c’est parce que l’église cherche à le déprécier en montrant que les hommes de Dieu sont plus forts que lui. « On le voit sur cette image du début du XIV siècle, la chasse à l'ours se pratique à pied. C'est une chasse violente, sauvage, un corps-à-corps entre l'homme et la bête avec échange de souffles et de sangs. Cette intimité bestiale terrifie les théologiens, et l'Eglise cherche à imposer la chasse au cerf, moins brutale. Mais les guerriers germains et slaves ont longtemps préféré l'ours, dont ils admirent la force. En le tuant, le guerrier capte sa puissance. En plein Moyen Age chrétien, les rituels païens subsistent ; le guerrier tue l'ours, boit son sang, revêt sa peau pour partir au combat. La lutte contre l'ours commence à l'époque de Charlemagne. Elle va durer des siècles, jusqu'à Saint Louis. Peu à peu la chasse à l'ours est dévaluée, la chasse au cerf s'impose comme divertissement royal, tandis que le lion devient le roi des animaux. »

La Dépêche saute sur l'occasion

Fidèle à ses habitudes et à ses titres sensationnels, la Dépêche du Midi n’en retient qu’un extrait et titre « Le combat est perdu », toute contente de pouvoir en pleine hibernation de l’ours, remettre les opposants au devant de la scène par une déclaration scientifique. Une nouvelle manipulation grossière reprise de suite par certains opposants, associations et par leurs portes paroles dans les forums et sur Internet.

Dominique Delpiroux dans la Dépêche - Et que pensez-vous de la polémique actuelle sur l'ours des Pyrénées ?
Michel Pastoureau : «En tant qu'historien, je suis étonné par les passions que cela suscite, du côté des partisans, comme des adversaires. Cela dit, j'ai le sentiment que pour l'ours des Pyrénées, le combat est perdu. Mieux vaut concentrer les efforts vers les ours de Scandinavie ou des Carpates

Viabilité de la population d'ours après les réintroductions

Michel Pastoureau est historien, et son livre est passionant, mais je ne pense pas qu’il soit un grand spécialiste de la zoologie de l’ours ou de la modélisation de la survie des populations d’ursidés. Pour cela, je préfère faire confiance :

Which future for the French Pyrenean brown bearWhich future for the French Pyrenean brown bear (Guillaume Chapron, Pierre-Yves Quenette, Stéphane Legendre, Jean Clobert)

Which future for the French Pyrenean brown bear

Analyse de la viabilite de la population d'ours dans les Pyrénnées.pdf

La conservation de l'ours brun dans l'Union Européenne - actions cofinancées par LIFE-Nature - Commission Européenne Conservation de l'ours dans l'Union Européenne LIFE Nature
(PDF 49 pages 1,1 Mo)

Ours en Pyrénées centrales - Rapport final LIFE Nature Ours en Pyrénées Centrales Rapport LIFE Nature Tome 1 1997-2000
1 - Diren Midi Pyrénées - Conservation des grands carnivores en Europe 1997-2000. (PDF, 76 pages, 1614 ko)

Ours en Pyrénées centrales - Rapport final LIFE Nature Ours en Pyrénées Centrales Rapport LIFE Nature Tome 2 1997-2000
Tome 2 - Diren Midi Pyrénées - Bilan des actions contractualisées dans le cadre du programme LIFE "Conservation des grands carnivores en Europe" 1997-2000. (PDF, 60 pages, 2243 ko).

Voilà qui pèse bien plus lourd que le simple sentiment de Michel Pastoureau, retiré de son contexte et récupéré par "La Dépêche". De plus, il ne faut pas oublier que l'ours est une espèce qui dispose d'un statut spécial et que la France s'est engagée à le protéger.

Bilan de la première réintroduction d'ours dans les Pyrénées La première réintroduction est considérée par les scientifiques comme une réussite. Sans cette réintroduction d’ours dans les Pyrénées en 1996, la population d’ours serait sans doute éteinte aujourd'hui. Le graphique montre un redressement spectaculaire et il en sera sans doute de même pour la réintroduction de 2006. Les premières naissances pourraient bien avoir lieu en ce moment, dans les cavernes des ourses ou au printemps prochain. Les lecteurs de la Dépêche ne sont d'ailleurs pas tombés dans le panneau comme le montre leurs réactions.

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