Marie Lise Broueilh, Louis Dollo et l'ASPP dans la Dépêche : l'hibernation des ultra-pastoraux est terminée.
Baudouin de Menten répond à Marie Lise Broueilh, Louis Dollo et à l'ASPP suite à un article de la Dépêche du Midi : «Réveil de l'ours. Les éleveurs écrivent aux préfets» du 17 février 2007. «Que l’Etat joue le berger.»
Delphine Pereira - Franska joue-t-elle encore à la Belle au bois dormant. Il semblerait que la célèbre ourse n’ait hiberné que par intermittence mais c’est plutôt son réveil définitif qui inquiète les éleveurs des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques.
Ils optent aujourd’hui pour l’anticipation autour de Marie-Lise Broueilh, présidente de l’Association pour la sauvegarde du patrimoine pyrénéen (ASPP) [ Baudouin de Menten : A ne pas confondre avec l’ASPAP, Association pour la sauvegarde du patrimoine Ariège Pyrénées. Point commun : ils réduisent le patrimoine pyrénéen aux intérêts du pastoralisme et donc à la lutte contre l’ours qui lui bien sûr, n’en fait pas partie. (Lire : Ours patrimoine pyrénéen) ], en alertant les préfets des deux régions concernées mais aussi celui de la région par courrier : «Nous sommes tous concernés nous rappelons les points fondamentaux oubliés par les autorités. D’abord, l’Etat n’est pas propriétaires des terrains, ce sont les communes. Notre système pastoral est le même depuis des générations. Nous leur rappelons aussi que Natura 2000 préconise le développement du pastoralisme dans sa forme actuelle».
Question de biodiversité
Lors de la réintroduction des ours dans le massif pyrénéen, des moyens de protection des troupeaux avaient été avancés par l’Etat. Mais le gardiennage des troupeaux à renfort de bergers ou encore de patous sont des solutions qui sont loin d’emporter l’adhésion des éleveurs : «Nous avons de trop petits troupeaux, le secteur est très vaste. Il faut rappeler qu’avec l’appellation AOC, nous avons des directives et notamment celle qui prévoit que les troupeaux doivent être laissés en liberté». [ L’INAO s’est complètement fait avoir par les bergers qui ont instrumentalisé le texte de l’Appellation pour pouvoir l’utiliser dans leur combat contre l’ours. Lire « De l'AOC pour les ours pyrénéens. Réactions » ]
Bref, ce que veulent les professionnels du pastoralisme c’est que leurs bêtes puissent paître en paix [Baudouin de Menten : comprendre, sans surveillance] comme l’a rappelé Marie-Louise Broueilh : «Les penseurs écolos en ont plein la bouche du mot biodiversité et nous, c’est notre façon de la protéger, nous avons un département remarquable en terme de biodiversité. La nature on la respecte, elle alimente nos troupeaux car nous avons besoin que, l’été suivant, les animaux puissent revenir sur l’estive. Le respect de la nature, on l’a dans nos gènes». [Marie Louise Broueilh parle bien sûr de la nature qui l’intéresse, l’herbe seulement. La sélection est du même type que pour le patrimoine. Il n’y a qu’à voir les détritus abandonnés au pied des cabanes. Les vautours et les prédateurs ne faisant pas partie de la nature, mais des sales bêtes nuisibles et étrangères maintenant qu’ils ont presque réussi à les faire disparaître. Pastoralisme sélectif, écologie sélective, aides sélectives, patrimoine sélectif. Après eux le déluge.]
Au travers de ce courrier, c’est bien évidemment le retrait de l’ours – et en particulier de Franska, qui semble se sentir particulièrement à l’aise sur le massif du Pibeste – [ Le retrait de l’ourse Franska : nous y voilà. Je croyais que les ourses slovènes n’étaient pas adaptées aux Pyrénées, ou l’inverse. Lire à ce propos « Après la mort de Palouma, Franska, la nouvelle cible ] sans toutefois trop y croire : «On demande qu’on nous l’enlève, c’est à l’Etat de prendre ses responsabilités, on n’a pas de solutions à leur apporter on dit simplement : c’est vous qui avez provoqué la situation, à vous de régler le problème, le temps presse, c’est une question de calendrier».
Effectivement, dès le milieu du mois de mai, les troupeaux de tous poils reprendront le chemin des estives et les ours seront à ce moment-là totalement réveillés. C’est pour cette raison que les trois préfets sont, d’ores et déjà invités sur le secteur de l’ASPP.
Delphine Pereira
[Baudouin de Menten : Les ultra-pastoraux sont sortis d’hibernation. A noter la présence sur la photo qui accompagne l’article de Louis Dollo, qui est guide de pays et non éleveur.]














On va encore enfoncer des portes ouvertes, mais il est curieux de constater que dans les secteurs ou les troupeaux sont gardés, ex. les troupeaux de la filiaire lait/fromage, il n'y a pas ou trés peu de prédations.
Les éleveurs de la filiaire viande préfèrent laisser leurs troupeaux en errance dans la montagne, sans surveillance. C'est apparemment plus pratique et ça fait surtout des emplois de bergers en moins, même si des milliers et des milliers d'ovins disparaissent chaque année victimes des dangers de la montagne.
Sur ces 15 à 25 000 bêtes -suivant les sources- qui disparaissent, les ours sont responsables de 2 à 300 prédations, et encore en comptant celles au bénéfice du doute. Pertes qui sont indemnisées à environ 2,5 fois la valeur marchande des animaux, ce qui est au demeurant parfaitement normal.
Alors à l'Etat de payer des bergers pour garder les troupeaux? Pourquoi pas, si ça peut permettre de conserver un semblant de biodiversité dans nos montagnes? Et,accessoirement, redonner du travail à quelques milliers de saisonniers qui en auront bien besoin aprés une saison d'hiver calamiteuse..
Rédigé par: resPYRation | le 17 février 2007 à 19:59
Rien ne m'étonne avec la Dépêche.
A défaut de qualité éditoriale, elle devient une presse à scandale. Premier soutien pour l'affaire Allègre, alors pourquoi pas les opposants à l'Ours ?
ça fait toujours vendre du papier ;-)
Rédigé par: bassia | le 17 février 2007 à 19:23