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janvier 2007

31 janvier 2007

Pic du Midi d'Ossau : « Le parc National des Pyrénées défend son coeur »

C’est un titre du journal Sud-Ouest l’été dernier. L’extention délirante de la station de ski espagnole FORMIGAL met en danger le « coeur » du Parc National des Pyrénées, l’ancienne réserve d’OSSAU.

Pic du Midi d'Ossau : « Le parc National des Pyrénées défend son coeur » L’Ossau et sa belle remontée mécanique en plein coeur du Parc National des Pyrénées.

Une remontée mécanique, «Puerto de la Canal Roja», dessert directement le cirque d’Anéou, situé au pied du Pic du midi d’Ossau, en plein dans le Parc National. Il ne fait aucun doute que des centaines de skieurs, amateurs de hors piste facile, vont se ruer sur cette nouvelle opportunité!

« Au PNP, on espère que soit édicté un code de bonne pratique permettant de tout concilier. »

Un peu maigre, tout cela.. En fait, c’est le type même de phrase creuse qui ne veut rien dire. Le président du PNP, monsieur R. Kbaier, sait se montrer autrement plus sévère quand des associations de bénévoles s’avisent de consolider une partie du sentier du Chemin de Saint-Jacques qui passe par le Parc sans avoir toutes les autorisations..

L’infarctus guette le « coeur » du Parc National, les médecins sont aux abonnés absents, et.. Apparemment tout le monde s’en fout ! C'est pas beau le ski ?

30 janvier 2007

USA: 4000 loups retirés de la liste des espèces menacées dans 3 états

Les autorités américaines ont annoncé lundi avoir retiré les loups de la liste des espèces menacées dans trois Etats. Elles veulent élargir cette mesure à d'autres régions. La chasse au loup était interdite depuis des décennies.

Le directeur du service américain de la pêche et de la chasse Dale Hall a affirmé que cette décision consacrait le succès de la réintroduction des loups, qui avaient frôlé l'extinction aux Etats-Unis dans les années septante.

"Nous sommes très fiers d'annoncer que les loups ne sont plus en danger", a lancé M. Hall lors d'une conférence de presse téléphonique à laquelle participait une correspondante de l'AFP à Salmon (Idaho, nord-ouest).

Lui et d'autres responsables ont affirmé que la fin de la protection fédérale dont bénéficiaient 4000 loups dans le Michigan, le Minnesota et le Wisconsin (nord), et la possibilité de voir leurs 1200 congénères de l'Idaho, du Montana et du Wyoming (nord-ouest) perdre également leur statut, montraient que la "Loi sur les espèces protégées", législation phare sur la protection de l'environnement votée en 1973, avait été couronnée de succès.

Avec la fin de la protection fédérale, la gestion des populations de loups reviendra aux Etats, à condition que les autorités locales fassent en sorte que les espèces ne disparaissent pas.

Dans les faits, la protection des loups des Etats du nord sera levée dans quelques semaines, et celle dans les Etats du nord-ouest d'ici à un an, quand la chasse au loup redeviendra techniquement légale.

Des groupes de défense de l'environnement ont salué lundi les projets des autorités dans la région des Grands Lacs, mais mis en garde contre ceux du Wyoming et de l'Idaho, où la réintroduction du loup fait débat depuis des années.

http://fr.bluewin.ch/infos/index.php/international/i/20070130:brf003/USA:_les_loups_retires_des_especes_menacees/

28 janvier 2007

Génération écologie et AVES France : Le « non lieu » pour l’assassin de l’Ourse Canelle est inacceptable !

Réaction de Génération écologie au non lieu "Cannelle"

Le « non lieu » prononcé par la justice en faveur du tueur de l’ourse Canelle est incompréhensible et inacceptable. Que le chasseur qui a œuvré pour  l’extinction d’une espèce protégée n’ait pas été condamné, même pas à une peine symbolique, est déroutant.

À quoi peut-il bien servir d’avoir joint une Charte sur l’Environnement à la Constitution si les responsables de la disparition d’espèces rares et protégées ne sont même pas montrés du doigt par la République. À quoi peuvent bien servir les règles, les codes et les directives européennes si la justice ne les applique pas.

Génération Écologie s’étonne aussi du silence des responsables politiques qui on été les premiers à mobiliser les médias pour leur faire part de leur émotion et de leur réprobation lors de l’assassinat de Canelle. Génération Écologie qui s’était porté « partie civile », et qui avait cosigné avec l’association AVES une lettre au Président de la République, se pourvoira en appel de ce jugement.

Génération Ecologie

Réaction d'AVES France au non lieu "Cannelle"

Après le non-lieu prononcé à l’encontre de René Marquèze, qui a abattu l’ourse Cannelle en 2004, AVES FRANCE a décidé de contacter à nouveau le Président de la République ainsi que les ministères de l’Ecologie, de la Justice et de l’Intérieur...

"Monsieur le Président de la République,

La mort de Cannelle en 2004 a suscité beaucoup d’émotions. Aujourd’hui, un non-lieu vient d’être prononcé à l’encontre de René Marquèze, l’auteur du coup de feu mortel pour l’ourse.

AVES France tient à vous faire part de son indignation et vous transmet le courrier qu’elle vient de faire parvenir à Madame la Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, ainsi qu’aux Ministères de la Justice et de l’intérieur.

Nous avons demandé avec Génération Ecologie le retour des zones de protection intégrale pour l’ours ; nous réitérons notre demande. Nous demandons à nouveau la poursuite du programme de réintroduction. Malgré votre réponse à ce premier courrier, nous n’avons reçu aucune nouvelle de la part du Ministère de l’Ecologie.

Nous vous remercions d’appuyer à nouveau notre demande.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.

Christophe CORET
Président d’AVES FRANCE"

Lire les articles de la buvette qui vont dans le même sens :

Génération Ecologie regrette que Nicolas Hulot soit non candidat

Dans un article "L'Ecologie sans Nicolas Hulot", Génération Ecologie Normandie regrette ce qu'ils appellent "la désertion" de Nicolas Hulot aux présidentielles et les affrontements entre candidats écologistes.

Génération Ecologie - On a souvent parlé de la « Droite la plus bête du Monde » pour désigner la droite française. Dira-t-on aussi, que l’Écologie politique française est la plus bête du Monde ?

Depuis plus 14 ans (soit depuis « l’entente des écologistes » pour les élections législatives de 1993), les différents partis écologistes se sont affrontés au lieu de s’associer afin de faire plus de voix et avoir un meilleur impact sur la mise en application de la politique du « Développement durable ».  À la politique d’association s’est substituée la logique de l’affrontement systématique. Le but étant d’éliminer les autres concurrents pour récupérer leurs voix.

Au bout de 14 ans de ce régime, les résultats sont parlants. Tous les partis écologistes sont affaiblis mais vivants et l’écologie politique n’a jamais dépassé son score de 1993 ( soit plus de 11% des voix). La plupart des partis écologistes, y compris les Verts, réalisent des scores confidentiels et chaotiques. Les sondages pour la présidentielle sur les candidats écologistes en sont un témoignage. Deux exceptions très momentanées sont venues rompre cette monotonie des luttes fratricides: les Européennes de 1999 avec Daniel Cohn-Bendit à la tête de la liste Verte et la fausse campagne de Nicolas Hulot, fin 2006.

Grâce au charisme de l’animateur d’USHUAIA, Génération Écologie avait pensé que l’écologie politique allait enfin sortir de la spirale de l’échec. Mais c’était compter sur les mauvaises habitudes qui reviennent au galop dès qu’on leur laisse la « bride sur le cou ».

Ainsi, pas plus tôt que Nicolas Hulot se soit mis hors circuit électoral, Dominique Voynet refuse de dialoguer avec les autres candidats écologistes , sur le plateau de l’émission de Christine Okrent (France Europe Express), en exigeant des dirigeants de France3 l’exclusivité de l’émission. Les électeurs apprécieront. Il ne faudra pas s’étonner si en relançant la logique de l’ affrontement perpétuel, Dominique Voynet qui était déjà à l’origine de la non reconduction de « l’entente des écologistes en 1994 », renvoie l’écologie politique sur une nouvelle voie de garage pour la prochaine décennie.

À force de se tromper de cible et de tirer sur les autres écologistes plutôt que sur les partis opposés au « Développement Durable», on finit par se trouver a court de munitions pour le bon combat.

Source : Génération écologie

Le réseau loup

Le réseau loup et les méthodes de suivi de la population de loups en France

par Mathieu Krammer

Le réseau Loup permet le suivi de la population de loups en France. Plusieurs parties dans le description du réseau loup :

  • Présentation du réseau
  • Suivi patrimonial (extensif)
  • Suivi systématique hivernal
  • Suivi systématique estival
  • Analyses génétiques

Le réseau loup : présentation

Dans le Parc National du Mercantour, le suivi du loup est assuré, depuis l'arrivée des premiers loups en 1992, par les gardes et agents du Parc dans le cadre de leurs missions.

Mais, l'extension géographique des meutes de loups sur l'ensemble de l'arc alpin français, en dehors du Mercantour, a nécessité l'instauration d'une structure de suivi à l'échelle nationale : le Réseau Loup.

Le but premier du réseau loup est le suivi de la répartition du loup en France. Cette structure administrative et technique, coordonné par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) est opérationnelle sur 9 départements alpines et préalpins :

  • d'abord dans les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence (1994),
  • puis dans les Hautes-Alpes (1997),
  • la Savoie, l'Isère, la Drôme et la Haute-Savoie (1998),
  • le Var (2001),
  • puis l'Ain (2003).

Il devrait bientôt être étendu au massif pyrénéen (départements des Pyrénées-Orientales, de l'Aude et de l'Ariège).

L'animateur régional ONCFS de la région PACA est Yannick Léonard et l'animateur de la région Rhône-Alpes est Jérôme Boyer. Ce réseau comprend plus de 450 correspondants, parmi lesquels :

  • des agents de l'ONCFS, de l'Office National des Forêts (ONF) et de la Direction Départementale de l'Agriculture et des Forêts (DDAF)
  • des agents de Parcs Nationaux et Régionaux (Mercantour, Ecrins, Vanoise, Queyras, Vercors ...)
  • des gendarmes
  • des accompagnateurs en montagne
  • des professionnels agricoles (bergers, agriculteurs ...)
  • des chasseurs
  • des naturalistes ...

81% des correspondants sont des agents de l'Etat des ministères chargés de l'environnement (ONCFS, ONF, Parcs Nationaux...), de l'agriculture (DDAF...) et de la défense (Gendarmerie...) ainsi que des agents des parcs naturels régionaux. Les 19 autres % sont des particuliers de tous horizons (naturalistes, chasseurs, éleveurs, bergers, accompagnateurs en montagne).

Le réseau Grands prédateurs

Pour être plus précis, il n'est pas exact de parler du «Réseau Loup», puisque dans les Alpes le «Réseau Loup» et le «Réseau Lynx» ont fusionné en 2000 suite à l'apparition de ce dernier prédateur dans ce massif. La nouvelle structure du suivi des grands prédateurs dans les Alpes s'appelle désormais le «Réseau Grands Prédateurs - Loup Lynx».

Dans les Pyrénées, tout prochainement le Réseau Ours et le tout nouveau Réseau Loup fusionneront au sein d'une nouvelle structure, semblable au Réseau Grands Prédateurs alpin, le «Réseau Grands Prédateurs – Ours - Loup».

Le suivi extensif dit « Patrimonial »

La surveillance de l'aire de colonisation du loup à grande échelle (superficie de plus de 2 millions d'hectares dans les Alpes) est réalisée de façon extensive par l'ensemble des correspondants du Réseau Grands Prédateurs, à travers la collecte d'indices de présence (observations visuelles, traces, restes de proies sauvages ou domestiques, crottes, urines...) sous forme de fiches (traitées par l'ONCFS) et à travers le constat de dommages sur le cheptel domestique.

La vérification technique de chaque indice est faite par le biais d'une « fiche indice », validée de façon standardisée par le responsable national, sur la base de la convergence des éléments techniques fournis, pour conclure à la fiabilité :

  • probable
  • douteux
  • non confirmé
  • invérifiable.

Une base de données nationale centralise les informations à l'ONCFS et un relais local pour le maintien de cette base est opérationnel au Parc National du Mercantour.

Parallèlement, les indices tels que : excréments, urines et poils, récoltés par les correspondants sur les nouvelles zones de présence suspectées (apparition de dommages ou observations visuelles non confirmées), sont envoyés prioritairement en expertise génétique. Ces sessions d'analyse ont pour objectif d'identifier la présence au moins temporaire de l'espèce sur une nouvelle zone.

Enfin, le Réseau Grands Prédateurs a pour mission de vérifier la pertinence des observations et autres indices collectés par des tiers.

Pour la cartographie de l'aire de répartition de l'espèce, seuls les indices « certifiés » (par la génétique) ou « probables » sont utilisés. Ces derniers indices sont répartis en 3 classes de pertinence décroissantes :

  • Indices certifiés par la génétique (classe 1)
  • Indices probables dépendants des conditions de récolte sur le terrain (classe 2)
  • Indices probables non vérifiables  (classe 3)

Les représentations cartographiques de l'aire de présence de l'espèce sont réalisées sur la base de l'unité communale. Cette représentation a été préférée à une représentation par point (données brutes) pour mettre en valeur les évolutions annuelles de l'aire de répartition, indépendamment de la pression de récolte des indices.

Suivi systématique hivernal

La connaissance de la dynamique des populations fait appel à un second niveau de surveillance basé sur une échelle plus réduite (400 à 500 km²) et qui permet un suivi intensif. Sur chaque Zone de Présence Permanente, définie par le suivi intensif, un groupe de travail technique local est créé afin d'assurer le suivi de cette zone (nombre d'individus, territoires...).

Le suivi systématique, au travers d'une série de circuits parcourus chaque hiver (48 heures après une chute de neige), permet surtout d'organiser la pression d'observation sur un massif, pour différencier les zones réellement sans loup, des zones sur lesquelles l'absence d'indices proviendrait surtout d'une carence d'effort de prospection. De plus, un protocole systématique de recherche augmente les chances de trouver des indices (traces) et des échantillons biologiques.

Les objectifs du suivi systématique intensif :

  • Identifier toutes les Zones de Présence Permanente (ZPP).
  • Estimer l'Effectif Minimum Retenu pour chacune de ces zones.
  • Homogénéiser la pression d'observation dans l'espace.
  • Optimiser la récolte d'indices pour l'analyse génétique individuelle (sexage, carte d'identité) et le régime alimentaire.

Pour les relevés des tailles des groupes, la période de novembre à mars est retenue car c'est la période de cohésion sociale des meutes la plus forte. La probabilité d'observer le groupe entier est plus forte en hiver qu'au printemps (période  de dispersion), en été (présence des jeunes) ou en automne (période de dispersion).

Ces derniers hivers, l'effort dans le suivi systématique est en diminution, notamment à cause de la qualité des conditions météorologiques qui permettaient peu de journées bien exploitables pour la lisibilité des traces. Ces diminutions sont, plus ou moins partiellement, compensées par le « suivi Réseau » aléatoire.

Groupes de travail mis en place pour le suivi systématique des zones de présence permanente (Source : Rapport intermédiaire d'activités du programme LIFE - Le retour du loup dans les Alpes Françaises - Année 2002 ; Quoi de neuf n°14 - Bulletin d'Information du Réseau Loup - Décembre 2005)

Massif
Organisation administrative
Animation technique
Responsables techniques
Qté secteurs
Mercantour (4 secteurs)

PN Mercantour

PN Mercantour

Chefs de secteurs

17
Queyras / Béal Traversier

DDAF 05

PNR Queyras

M. Blanchet

15
Vercors (Hauts Plateaux et Vercors Ouest)

DDAF 26-38

PNR Vercors - ONF - ONCFS

J. Cogne - H. Chirouze - G. Brun

19
Belledonne

DDAF 73-38

ONCFS
M. Lambrech - J.-P. Henry - P. Cornet
10
Monges

DDAF 04

ONF

J-A Esmiol

18
Clarée

DDAF 05

ONCFS

P. Poire

8

Taillefer / Grand Serre

DDAF 38

PN Ecrins - ONCFS

D. Fiat - P. Begon

9

Dévoluy / Valgaudemar

DDAF 05

ONCFS - PN Ecrins

J.-P. Serres - M.-H. Da Costa

10

Haute Maurienne

DDAF 73

PN Vanoise

?
6

Thabord - Galibier

DDAF 73

AEM - ONCFS

T. Dacko - M. Lambrech

4

Haut Verdon - Bachelard

DDAF 04

ONCFS - PN Mercantour

T. Dahier - R. Estachy - J.L. Pardi

16
Canjuers

DDAF 83

ONCFS
?
?

Secteurs hors ZPP mis en place pour un suivi systématique prévisionnel

Ecrins (*)

DDAF 05

PN Ecrins

G. Farny - Chefs des secteurs

10
Parpaillon

DDAF 05

PN Ecrins - ONCFS

C. Couloumy - J-P Serres

5

Haute Ubaye

DDAF 04

ONF - PN Mercantour - ONCFS

C. Véran - R. Estachy - T. Dahier

11

Grand Coyer

DDAF 04

ONF

E. Audureau

6

Haut Var

PN Mercantour

PN Mercantour

Chef de secteur

Cheiron

DDAF 06

ONCFS

L. Bernard

Chartreuse

DDAF 38

ONF
Y. Orrechioni
8

Suivi systématique estival

L'objectif du suivi estival est de détecter les épisodes de reproduction au sein des groupes de loups identifiés par le travail de prospection hivernal du Réseau.

Pour cela, il convient de couvrir la ZPP par un jeu de points-échantillons choisis pour prospecter au mieux la surface concernée selon les connaissances historiques de fréquentation de la ZPP par les loups, afin de maximiser les chances de contacts.

Une série de points d’émissions de hurlements fictifs est fixée. La technique du wolf howling (hurlements provoqués) est utilisée. Les loups « répondent » (technique de la repasse utilisée chez les oiseaux), ce qui permet, en plus de détecter leur présence, de distinguer la voix des jeunes de celles des adultes en cas de reproduction.

Les tests de la méthode ont montré que l’on avait 60 % de chance de contacter les loups si ceux-ci ont des jeunes et que le site de rendez-vous était déjà connu. Ce chiffre moyen tombe à seulement 20 % de chance de contacter les animaux si le statut reproducteur de l’année en cours est inconnue.

Analyses génétiques

La technique dite « de génétique non invasive » repose sur la détection d'une espèce et/ou d'un individu à partir d'échantillons laissés sur le terrain (excréments, poils, urines), sans capturer physiquement l'animal. Cette technique a été choisie comme outil complémentaire au suivi indirect de la population lupine. Mais elle ne reste qu'un outil. Ainsi, si seule la génétique avait été employée pour suivre le loup en France, seuls 10 % de l'aire de répartition actuelle connue auraient été mis en évidence.

La mise au point des marqueurs, développée par le Laboratoire d'écologie alpine de Grenoble, a fait l'objet d'un travail de thèse, permettant l'identification de l'espèce et de la lignée (séquençage de l'ADN mitochondrial) et la discrimination des individus.

L'utilisation de la biologie moléculaire vise donc :

  • à détecter la présence de l'espèce Canis lupus et caractériser sa lignée d'origine (4 lignées actuellement identifiées : espagnole, italienne, Europe de l'Est et américaine) dans de nouveaux secteurs (en l'absence d'autres indices).
  • depuis 2002, à individualiser les signatures génétiques de chaque animal pour comprendre les voies de colonisation et la dynamique démographique de l'espèce dans l'espace et dans le temps (distinction des meutes, compositions en sexe des groupes, taille des populations).

Depuis 1994, plus de 1200 échantillons ont été récoltés dans les Alpes et les Pyrénées-Orientales. Au total, 606 de ces échantillons se sont révélés Canis lupus à la première étape correspondant à l'identification de l'espèce. La deuxième étape, correspondant au typage individuel, est limitée par les très faibles quantités d'ADN nucléaire trouvées dans les crottes. De ce fait, 160 échantillons ont été perdus car non exploitables pour le typage individuel.

Les fécès (espèce/lignée) provenant des nouvelles zones suspectées ou des zones avec manque d'information ont été analysées en priorité (des sessions d’analyses génétiques ont lieu tous les trimestres), dans le but de découvrir les nouveaux sites potentiels de colonisation. Le but de ces analyses est de définir l'espèce en question, ainsi que la lignée.

Ensuite, l'analyse de l'identification spécifique et individuelle a été réalisée sur :

  • tous les échantillons collectés en dehors du Mercantour,
  • tous les échantillons du Mercantour de la période 1994-1998,
  • 300 échantillons du Mercantour sélectionnés dans les différents sites et les différentes années de la période 1999-2002.

Les résultats issus de ces analyses génétiques, sur les voies de colonisation, la distinction des unités sociales, la taille de la population seront présentés plus tard.

La prochaine étape sera d'essayer d'établir un lieu de parenté entre les individus (en remontant une à deux générations) afin de décrypter le scénario de la colonisation et les relations entre les meutes. De plus, la combinaison des méthodes de détermination génétique individuelle française, italienne et suisse va permettre de relier les identités des animaux par leurs liens de parenté à l'échelle de l'arc alpin. Cependant, avant de donner des résultats concrets, cette technique nécessitera plusieurs années de travail méthodologique entre les trois pays des Alpes occidentales.

Mathieu KRAMMER, biologiste

Source : Le réseau loup et les méthodes de suivi de la poupulation (Carnivores-rapaces

Bibliographie :

Sur le suivi du loup en France par le réseau loup

Le loup en France

Le loup en france Toutes les actualités du loup en France ont été reclassées par année et par thème : Le retour du loup en France, les actualités du réseau loups et les actualités des opposants à l’espèce Canis lupus, les actualités du loup dans les Pyrénées, le jura et le massif central, les informations sur les dommages causés par les loups en France et les études qui permettent de dire combien il y a de loups en France, les photos de loups et différents documents sur le loup et d’autres articles scientifiques sur le loup en France.

Loup en France : actualités

Le retour du loup en France

Le loup dans les Alpes

Le loup dans les Pyrénées

Le loup dans le jura

Le loup dans le massif central

  • Actualités du loup dans le massif central (bientôt)

Le retour du loup en France L’actualité des opposants à la présence du loup en France

Autres actualités sur les loups en France

Toutes les actualités sur le loup en France de la buvette des alpages ont été reclassées pour vous aider à les retrouver plus facilement. J'espère que vous verrez la différence..

Pour en savoir plus sur le Loup en france

27 janvier 2007

Bénevolat pastoral : devenez pâtre bénévole en zone à loups

PASTORALOUP est un programme de soutien sur la problématique du loup mis en place par l'association FERUS. Pastoraloup est basé sur le bénévolat en milieu pastoral et propose une aide complémentaire aux éleveurs et bergers dans la protection de leurs troupeaux. Afin de réduire les dommages sur les animaux domestiques, il s’agit pour les personnes bénévoles sélectionnées de renforcer la présence humaine auprès du cheptel et participer aux divers travaux pastoraux nécessités par la présence du loup. Devenez pâtre bénévole pendant quelques jours.

A travers ces actions, l’objectif pour l’association FERUS est de promouvoir et faciliter la coexistence entre les activités humaines et les grands prédateurs.

Bilan Pastoraloup 2006

  • Soixante bénévoles ont participé à des actions de soutien aux bergers.
  • Une vingtaine d’éleveurs ovins et caprins en activité dans les zones à loup ont été assistés par les bénévoles.
  • Avec une durée moyenne de 16 jours de mission auprès des troupeaux, l’intervention des pâtres bénévoles correspond à près de mille journées (et nuits) de présence en alpage pour faciliter la mise en place des systèmes de protection et renforcer la surveillance des troupeaux.

Le bon déroulement de ces mille jours de bénévolat illustre à nouveau la possible coexistence entre la présence du loup et les activités d’élevage. Malgré le risque potentiel de prédation parfois important, à peine une dizaine d’attaques sont à déplorer sur les troupeaux concernés et le nombre de victimes par attaque, ici de trois en moyenne, confirme l’influence positive d’un système de protections combinées (présence humaine – chiens – parc.)

Rapport d'activité Pastoraloup 2006Rapport d'activité Pastoraloup 2006
Ce rapport d’activités 2006 présente en détail le déroulement de cette huitième édition de pastoraLoup.PDF - 24 pages - 2 Mo.

2007 : Pastoraloup a besoin de bénévoles

Chaque année, le programme prend plus d’ampleur et les besoins en bénévoles croissent d’autant. "Au début, on manquait de bergers. Maintenant, les bergers sont nombreux à demander de l'aide, mais on manque de bénévole" déclare FERUS.

Participer à pastoraLoup est une façon très concrète de s’impliquer plus encore dans la problématique loup/élevage et la conservation des prédateurs. Au plus près des réalités du terrain, c’est une occasion pour parfaire et approfondir ses connaissances. Cela représente généralement pour chaque participant une expérience forte et enrichissante dans un cadre naturel qui ne laisse personne indifférent. Le programme est ouvert à tous.

Agenda Pastoraloup

Stages de sensibilisation
Découverte du pastoralisme et de la problématique prédateurs – élevage. Ces stages s’adressent principalement aux candidats à une mission d’aide à la surveillance.

  • 5 – 8 mai 2007 : Isère (formule express)
  • 3 – 9 juin  2007 : Alpes de Haute Provence (formule approfondie)
  • 1 – 7 juillet 2007 : Alpes Maritimes (formule approfondie)

Missions

  • Aide à la surveillance : Mai à novembre - prévoir 2 à 3 semaines par mission
  • Chantiers d’aménagements pastoraux : 8 – 14 avril : Alpes de Haute Provence - parc de pâturage. Mi-août : dates encore à préciser.
  • Interventions d’urgence : tout au long de l’année sur toutes les zones à loup

Week-end Bilan

  • 3 – 4 novembre / clôture de la saison – Alpes de Haute Provence

Inscriptions

Date limite de dépose des dossiers de candidature (Fiche de renseignements + CV + lettre de motivation + frais de participation) :

  • 17 mars pour les candidats au chantier pastoral d’avril,
  • 26 mars pour les candidats au stage de formation en mai en Isère,
  • 26 avril pour les candidats au stage de formation en juin dans les Alpes de Hte Provence,
  • 26 mai pour les candidats au stage de formation en juillet dans les Alpes Maritimes. La sélection se fait sur dossier et avec un entretien si nécessaire,
  • 21 mars pour les candidats au chantier pastoral d’avril,
  • 31 mars pour les candidats au stage de formation en mai en Isère,
  • 28 avril pour les candidats au stage de formation en juin dans les Alpes de Hte Provence,
  • 28 mai pour les candidats au stage de formation en juillet dans les Alpes Maritimes

Inscriptions 2007 au programme PASTORALOUPInscriptions 2007 au programme PASTORALOUP
PDF - 682 ko - 10 pages

Agenda Pastoraloup 2007Agenda Pastoraloup 2007
PDF - 25 ko - 3 pages

Frais d’inscription au programme pastoraLoup

  • Adhésion Ferus à partir de 13 euros,
  • participation au stage de sensibilisation et W-E restitution : 80 euros
  • 66% de frais engagés dans ce programme sont déductibles des impôts.

Contact : Jean-Luc BORELLI : 06-84-75-05-13

Pour en savoir plus

Et bien sûr, le site de FERUS consacré au programme PastoraLoup.

Croisière blanche

La 30e Croisière blanche dans la tourmente

Croisière blanche - Orcières (Hautes-Alpes) - Samedi dernier, le collectif des opposants à la Croisière blanche avait lancé un appel à manifester à Gap (Hautes-Alpes). Jeudi, pour la seconde journée de la course, une vingtaine de sympathisants sont passés à l’action sur le terrain pour protester contre cette course d’engins motorisés (quad, 4X4 et motos).

Dès 9 heures, emmenés par leurs coordinateurs Daniel Rouzier, vice-président de Mountain wilderness, et Jean-Noël Texier, de la SAPN (Société alpine de protection de la nature), ils prenaient la direction d’Orcières puis de la route menant au hameau des Chabauds, afin de s’opposer pacifiquement au passage des concurrents sur certains points du parcours jugés non valides par l’autorisation préfectorale.

Le collectif avait même mandaté pour la première fois un huissier de justice pour établir un constat en bonne et due forme. Les opposants, que les -10° n’avaient pas (trop) refroidis, prenaient position devant un chemin de débardage non-autorisé puisque non déclaré.

Organisateurs de la croisière blanche et manifestants : des échanges tendus

Pendant que des membres du collectif et leurs écriteaux prenaient position en haut du chemin, Daniel Rouzier, carte officielle du parcours à l’appui, avertissait alors les 4x4 qu’ils s’engageaient dans un raccourci non prévu par le tracé présenté par les organisateurs de la croisière blanche et approuvé par le préfet. Neuf véhicules s’étaient quand même engagés avant que le raid ne soit interrompu en attendant l’arrivée en hélicoptère de l’organisateur de la croisière blanche, Jean-Louis Milleli, ainsi que des gendarmes et de la police municipale d’Orcières.

Après un moment de flottement, les forces de l’ordre décidaient, dans un souci d’apaisement et après vérification de la carte du parcours, de stopper tout passage dans le chemin incriminé. La course pouvait alors reprendre ses droits sur le circuit prévu.

L’organisateur ne décolère pas : «Sur 300 km de course, on a 200 m qui ne sont pas indiqués sur le parcours mais qui sont autorisés. Heureusement que ce sont encore les maires qui décident de ce qu’on peut faire sur leur territoire. De toute façon, ces gens (le collectif, ndlr) sont quasiment tous des étrangers au département !»

Patrice BARNEOUD-ROUSSET - Le Dauphiné Libéré

Halte à la croisière blanche Croisière blanche : Halte au massacre !
Toujours le même argument sous-régionaliste de celui qui se sent propriétaire de sa montagne : «Pourquoi vient tu nous faire c... alors que tu n'es même pas d'ici !». Cette fois-çi avant de remonter dans un hélicoptère pour observer les bolides pétaradant dans le silence des montagnes enneigées. C'est quand même beau la croisière blanche, cette chaine continue de quad, de 4X4 et de motos dans un paysage tout blanc, non ?

Les gens ne savent plus s'amuser alors que Les Grands Randonneurs Motorisés organisent à travers la France des Raids et Randonnées tels que: La Croisière Blanche, Le Trophée Cevenol, Les Mille Rivières, l'Alta Rocca, le Maquis Trophy. La Croisière Blanche est devenue le rendez-vous incontournable des passionnés du pilotage hivernal, une Randonnée qui regroupe des participants venus de toute l'Europe: 4x4, Quad et Moto. Profitons de la nature, profitons.

Yves Degravel : un circuit de motoneige dans le Revard (Bauges)

Yves Degravel et Jean-Louis Dumas veulent que cela pétarade : un circuit de motoneige dans les Bauges.

Engins motorisés, la guerre repart pleins gaz

Les Bauges auront dès aujourd'hui leur circuit de motoneige. «Nous avons l’accord, nous démarrons», nous a annoncé hier soir Yves Degravel, qui a monté cette activité sur un terrain de 100 hectares de forêts appartenant à Régis Duret, associé dans l’affaire. Le circuit est situé à La Gornaz, entre La Féclaz et Le Revard, bien connu des amateurs d’accro-branches en été, de raquettes et de chiens de traîneau en hiver.

Un circuit de motoneige dans le Revard - Massif des Bauges «Un terrain de jeu extraordinaire», avait résumé le mois dernier le responsable de la société “Aventures premières” en nous présentant son projet destiné à développer son activité d’événements et de séminaires d’entreprise.

«Il sera encadré, sécurisé et contrôlé. Nous n’utiliserons que des véhicules à 4 temps, moins sonores que des voitures, et loin de toute habitation», plaidait le professionnel. Il assurait avoir investi 100 000 € dans l’achat d’engins et la préparation du circuit.

L’argument a convaincu Jean-Louis Dumas, maire des Déserts, qui a signé l’accord jeudi, avant de le transmettre hier à la préfecture de Savoie. Situation inhabituelle, la mairie a donné son feu vert malgré l’avis défavorable de la DDE (direction départementale de l’Equipement). La commune estime au contraire que «cette activité est nécessaire au développement économique du plateau du Revard».

Sauver ou relancer le Revard ?

Autre particularité à souligner : la naissance d’un circuit dans un parc naturel régional. Au moment où la nouvelle charte du Parc des Bauges, en discussion, «réaffirme que les sports motorisés n’ont pas vocation à être développés, car ils sont en contradiction avec la vocation dominante de ressourcement fondée sur la préservation durable des patrimoines et des ressources et sur le respect des autres usages». D’où l’idée de n’accepter qu’un seul site dédié à cette pratique dans les Bauges. Or, un autre projet est aussi à l’étude du côté du Sambuy.

Les associations de défense de l’environnement ont démarré au quart de tour. «Cette activité est polluante, bruyante et gênante pour les autres usagers, promeneurs et skieurs qui utilisent ces chemins. Elle est préjudiciable à la faune sauvage en période hivernale», signent d’une même main la Frapna, Mountain wilderness et le Club alpin français dans un courrier adressé au maire des Déserts. Elles ajoutent que «cette décision va à contre courant de la prise de conscience générale en faveur d’une nécessaire préservation de l’environnement

Refrain connu pour Yves Degravel, qui balayait l’argument en nous présentant son projet susceptible de relancer l’économie touristique du plateau. «J’ai régulièrement des appels d’agences qui veulent proposer ce genre d’animation qui peut en outre faire travailler plus les hôtels et les restaurants». Il refuse enfin de passer pour le méchant pollueur face aux bons écolos. «A force de mettre des bâtons, le Revard est entrain de crever

Jacques Leleu - Le Dauphiné Libéré

Bien sûr Monsieur Degravel. Tout va très bien Madame la marquise. A force de favoriser les politiques de développement économique et le progrès et de ne pas ouvrir les yeux, la planète est entrain de crever. Les banques Suisse ont décidés de ne plus accorder de prêts aux stations de sports d'hiver en dessous de 1500 mètres, pour le moment. Le niveau montera en même temps que le réchauffement climatique. Vous investissez dans les sports d'hiver motorisés. Vous avez tout compris. Encore un visionnaire. Pensez aussi à une route à camion à quatres voies.

26 janvier 2007

Les contradictions de la justice dans l'affaire Cannelle et le non lieu de Marquèze (Baudouin de Menten)

Maitre Blanco a interjeté appel de l'ordonnance de non-lieu prononcé au bénéfice de René Marquèze, auteur du coup de feu mortel pour l'ourse « Cannelle ».

Maitre Blanco est l'avocat de France Nature Environnement, du FIEP et de nature Midi-Pyrénées.

Un coup les chasseurs savaient, un coup ils ne savaient pas. La justice se contredit d'une manière surprenante.

Le juge d'instruction Jean-Luc Puyo et le procureur de la République Éric Maurel ont considéré que : «Les chasseurs n'étaient pas vraiment conscients de la présence possible de l'ourse Cannelle  et de son ourson dans le secteur de chasse

Pas vraiment ? Ne comprennent-ils pas le français ? N'étaient-ils pas en état de comprendre ? Pourqoui pas vraiment ? Se disaient-ils : «Elle est surement partie, on peut y aller, on va où on veut quand même.»

Comment peuvent-ils dire cela alors que l'arrêt de la cour d'appel de Pau du 17 août 2006 disait : « Il n'est pas nécessaire de poursuivre plus en avant les investigations sur ce point puisque l'élément essentiel est de savoir si les chasseurs étaient informés de la présence possible de l'ourse sur les lieux le 1er novembre 2004 et que la réponse affirmative à cette question ne fait pas de doute.» Le 17 août : pas de doute : les chasseurs savaient. Le 19 janvier : Ils ne savaient pas vraiment...

Comment le juge d'instruction Jean-Luc Puyo et le procureur de la République Éric Maurel motivent-ils cette déclaration contradictoire avec l'arrêt du 17 août ? « Dès lors, la rencontre des chasseurs avec l'ourse, pour prévisible qu'elle pouvait ou aurait dû être, n'était que fortuite et non provoquée par les chasseurs », expliquent les magistrats.

Ce qui est prévisible peut-il être fortuit ?

La justice est très forte : la rencontre des chasseurs avec l'ourse Cannelle était "prévisible mais fortuite" ! Définitions :

  • Prévisible : "Qui peut être prévu. Synonyme : attendu, probable"
  • Fortuite : "Imprévu, qui arrive par hasard, accidentel"
  • On assimile à la force majeure, le "cas fortuit " duquel il est impossible de la détacher et qui est la circonstance imprévisible (Dictionnaire du droit privé).

D'où l'importance de la connaissance : Si les chasseurs savaient, ce n'est PAS un accident. ils savaient ... mais pas vraiment ! Il va falloir qu'on m'explique.

Une rencontre non provoquée par les chasseurs ?

La justice au fusil - Les contradictions de la justice dans l'affaire Cannelle et le non lieu de Marquèze René Marquèze et les autres chasseurs sont prévenus que l'ours et son petit sont là. Ils montent avec leurs fusils et la rencontre est fortuite, non provoquée ! Fallait-il que l'ourse leur envoie un avis de présence officiel par recommandé ?

C'est incroyable. Les ours sont priés de prévenir les chasseurs de leur position. une image me vient en tête. La voiture "Rodania" qui précède l'arrivée des coureurs en gueulant "Roda-niaaaa". "Canelle est laaaaa!"

Maitre Blancot ne comprend pas non plus. L'état de nécessité suppose la preuve par celui qui la revendique de son existence et non l'inverse. Les demandes d'actes complémentaires avaient été refusés et l'instruction jugée close pour une raison qui est maintenant niée : "La connaissance". Les devoirs complémentaires n'ont pas été acceptés parce que les juges avaient la sertitude que les chasseurs savaient. « Cette motivation est contraire à l'arrêt de la cour d'appel de Pau du 16 août 2006. Je m'appuierai donc sur cet arrêt et ce constat sans équivoque pour demander la réforme de l'ordonnance », a indiqué l'avocat des parties civiles.

Si les chasseurs savaient, ce n'est pas un accident. Et les chasseurs savaient. La connaissance du français est elle obligatoire pour un juge? Et le bon sens ? N'y aurait-il pas eu des pressions... prévisibles mais fortuites ?

Destruction d'espèce protégée

René Marqueze, 64 ans, avait été mis en examen le 7 décembre 2004 pour destruction d'espèce protégée. Il a affirmé avoir tiré en état de légitime défense alors qu'il s'était retrouvé face à l'animal menaçant et son ourson lors d'une battue aux sangliers avec un groupe de chasseurs.
"Il est impensable que des gens armés de fusils se prétendent dans la nécessité de tuer des ours alors que tellement de personnes dépourvues d'armes se promènent dans les montagnes pyrénéennes sans jamais être inquiétées par ces animaux, soit disant dangereux", a déclaré dans le communiqué Serge Orru, directeur général du WWF-France.

L'organisation de protection de l'environnement WWF a interjetté appel de la décision innocentant le chasseur qui a tué l'ourse Cannelle.

Baudouin de Menten

Pour en savoir plus

25 janvier 2007

La buvette des estives ?

Certains esprits grognons pyrénéens m'envoient des messages du style...

« Cher tenancier imbibé de la buvette,

Pour votre gouverne, les prairies d'altitudes où paissent les troupeaux pyrénéens se disent des estives et non des alpages. La buvette des alpages devrait donc s’appeler la buvette des estives. Cela montre bien l’inculture d’un belge qui n’a jamais mis les pieds dans les Pyrénées ! »

[ Réponse de Romuald : La buvette des alpages ]

Cher L,

Je ne répondrai pas à vos propos sectaires. Au lieu de lire « La dépêche en plein midi » ou «Lourd d'infos», vous feriez mieux de vous cultiver. Le titre la buvette des alpages vient d’une bande dessinée de F’Murrr intitulée «Le Génie des Alpages» qui traite des mœurs et de la vie d’un troupeau de brebis avec beaucoup de personnages qui tournent autour, dont Romuald, le bélier noir, le «hum hum » chef du troupeau.

D’après les dessins (bien que ce ne soit jamais stipulé) l’action se passe dans les Alpes, plus précisément dans la Drôme, aux confins du Vercors. Dans un de ces albums, au sommet d’une montagne, existe une buvette nommée «La buvette des cimes » où Romuald va compter fleurette à Mariette et où les brebis vont se jeter des «morts subites» et autres boissons fortes, avant de descendre un chasseur...

Buvette_des_estives_1 Les Pyrénées sont sans doute le centre de votre monde fabuleux mais celui de la buvette est plus large. Il englobe les massifs montagneux où se côtoient pastoralisme et prédateurs.

La buvette parle de « pastoralisme et de biodiversité ». Elle promeut (Meuh !) la cohabitation entre bergers, troupeaux et grands prédateurs.

Ce blog est un site sur les moutons ...(Vous m'écrivez aussi «Quelqu'un qui connait un peu le pastoralisme sait qu'on ne dit pas moutons, mais brebis. Il vous reste encore beaucoup à apprendre.» Je sais, je sais, on dit brebis. Mais les moutons ne sont sans doute pas ceux que vous croyez ! Peut-être s’agit t-il des « personnes douces et simples ou alors crédules et grégaires qui peuplent certaines vallées et qui se laissent manœuvrer et duper» par des représentants de syndicats agricoles ou par des barons de la politique locale. Vous me suivez ?

Revenons donc à nos moutons. Je disais donc : un site sur les moutons et tout ce qui tourne autour. Bienvenue, Cher L. à la buvette des … alpages ; ne vous en déplaise. Amicalement.

Romuald de la buvette

L'Alpe n°35 : Stars et toiles (des neiges) - Cinéma en montagne

Cultures et patrimoines de l'Europe alpine
Revue trimestrielle

Éditorial

L'Alpe n°35 : Stars et toiles (des neiges) - Cinéma en montagne Quelle image le cinéma a-t-il donnée des Alpes en un peu plus d’un siècle d’histoire ? Délicate aquarelle ou tableau hyperréaliste ? Chromo ou caricature ? Le regard des réalisateurs est évidemment pluriel. Comme celui des peintres et des photographes. Notre sommaire en évoque toute la richesse. Sous un titre plus badin que de coutume, nos auteurs ont exploré, à l’échelle de l’Europe, les cultures et les patrimoines mouvants d’une forme narrative récente qui trouve encore trop peu d’écho dans la recherche. En ce sens, le colloque scientifique (voir page 54) organisé autour de la saga James Bond par les universités de Paris X et Versailles à la Bibliothèque nationale de France relève d’une jolie fraîcheur intellectuelle.

Au-delà de l’espion qui aimait les Alpes, bien des champs d’investigation pourraient s’ouvrir pour les chercheurs comme pour les journalistes qui veulent sortir des sentiers battus. Quel rôle Leni Riefensthal a-t-elle fait jouer à la montagne avant de se compromettre avec le régime nazi ? Pourquoi les réalisateurs indiens, si prolifiques, viennent-ils tourner dans les Alpes ? Quels poncifs nous ressert-on dans les films américains à grand spectacle qui oublient la malice de Laurel et Hardy dans Les montagnards sont là ! ou la finesse d’autres longs métrages comme Cinq jours ce printemps-là, La trace,La mort suspendue ou le récent Au sud des nuages ?

En préparant ce numéro, c’est l’image qui nous a le plus manqué. Notre rédaction prend un malin plaisir, chaque fois renouvelé, à vous dénicher une iconographie inédite, décalée, surprenante, voire dérangeante. Mais le monde du cinéma est paradoxalement pauvre en archives cohérentes, à l’exception de fabuleuses bases de données textuelles sur Internet comme allocine.fr ou imdb.com. Sans l’aide du musée de la Montagne de Turin et de quelques autres institutions, nous aurions ainsi été contraints de publier (lorsqu’elles sont encore disponibles) les images de presse floues et mal cadrées qui accompagnent des superproductions dont les budgets se chiffrent pourtant en centaines de millions d’euros. Sans mémoire, pas de rêve, faudrait-il conclure en paraphrasant Albert Jacquard.

En ce début d’hiver, la rédaction vous souhaite une nouvelle année belle et heureuse qui marquera pour nous une étape importante de notre aventure de presse. À l’automne prochain, nous publierons en effet une nouvelle revue trimestrielle qui s’intéressera à la géographie culturelle de toute la planète. Élaborée sur le même modèle que L’Alpe (qui poursuivra, bien sûr, son bonhomme de chemin), exigeante et iconoclaste, elle vous proposera surtout (mais pas seulement) des contributions de scientifiques qui sauront faire partager leur savoir à des lecteurs curieux. Il s’agira, en somme, d’aller à la découverte du monde, de comprendre la diversité des civilisations, de leurs modes de vie et de leurs territoires, d’analyser les grands enjeux contemporains, bref, de renifler le temps. Avec la curiosité pour principal guide.

Pascal Kober

Michel Pastoureau : L’Ours, histoire d’un roi déchu

Un essai de Michel Pastoureau

Le Nouvel Observateur - L'ours était, en Europe, le roi des animaux. L'Eglise l'a diabolisé et puis dompté. Dans un livre passionnant, Michel Pastoureau raconte l'histoire de cette désacralisation. Et, pour « le Nouvel Observateur », il commente huit images, de la préhistoire à nos jours

Michel Pastoureau : L’Ours, histoire d’un roi déchu Ce n’est pas un livre sur l’ours, mais un essai sur les relations passionnelles entre l’homme et l’ours au cours des derniers 30 000 ans que nous offre aujourd’hui Michel Pastoureau, cet historien médiéviste qui a le génie des sujets – auteur notamment de « l’Etoffe du Diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés » et de « Bleu. Histoire d’une couleur ».

En 1969, dans la fusée qui les emmène vers la Lune, Neil Armstrong et ses deux compagnons emportent un ours en peluche, lointain témoignage de notre cousinage ancestral avec cet animal formidable qui avait « les mêmes espaces et les mêmes proies, les mêmes peurs et les mêmes cavernes », un animal totem qui fit probablement l’objet de cultes préhistoriques. Michel Pastoureau raconte comment ce terrible fauve, le premier roi des animaux, considéré comme le fondateur de dynasties royales, fut progressivement, par la volonté opiniâtre de l’Eglise et de ses clercs, bouté hors de son trône, exclu de sa place centrale dans les bestiaires européens, ridiculisé, dévalorisé, diabolisé, promené dans les foires. Jusqu’à ce qu’enfin le nounours lui apporte une dernière revanche symbolique – à l’heure où il est menacé de disparition.   

« L’Ours. Histoire d’un roi déchu »
par Michel Pastoureau
Seuil, 418 p., 24 euros.

L'ours violeur

« Depuis des époques très anciennes, partout en Europe circule une croyance selon laquelle l'ours mâle est sexuellement attiré par les jeunes femmes et les jeunes filles : il les enlève, les viole, et elles accouchent d'êtres mi-hommes mi-ours qui sont toujours des guerriers invincibles et des fondateurs de dynasties. Au xiiie siècle, les rois de Danemark et de Norvège se font établir des généalogies montrant qu'ils ont pour ancêtres l'un de ces «fils d'ours». Pour l'Eglise médiévale, l'idée que l'ours et la femme puissent être interféconds est abominable, mais certains théologiens dissertent sur le sperme de l'ours comparé à celui de l'homme. Bien avant Darwin, l'idée d'un cousinage entre animaux et humains ne concerne pas le singe, considéré comme diabolique, mais l'ours et parfois le cochon. »

Crâne d'ours

« Dans la grotte Chauvet, découverte en 1994 en Ardèche, les peintures d'animaux datent d'environ 32 000 ans. Au centre de la «salle du crâne», on a trouvé ce crâne d'ours, placé sur un piton rocheux. Autour de lui, en demi-cercle, une douzaine d'autres crânes. Doit-on supposer l'existence d'une «religion de l'ours» chez les hommes de Cro-Magnon ou de Neandertal ? C'est une question qui fait débat chez les préhistoriens. Or l'existence d'un culte de l'ours est attestée dans les sociétés antiques et le haut Moyen Age chrétien. Et toutes les mythologies européennes font de l'ours un animal à part - dieu ou ancêtre de l'homme. Ces cultes sont-ils hérités du paléolithique ? Ils témoignent en tout cas de l'éclairage que l'histoire peut apporter à la préhistoire. »

Ours polaire

« En Europe, l'ours blanc est inconnu jusqu'à la fin du Moyen Age. Au xiiie siècle, le roi de Norvège offre au roi d'Angleterre l'un de ces animaux fabuleux, dit Piscator : il se baigne et pêche dans la Tamise. Les bourgeois de Londres lui achètent une chaîne en or. L'ours blanc ne prend vraiment sa place qu'à la fin du xixe siècle, quand on vient le voir dans les zoos et les cirques. Aujourd'hui, tout le monde sait qu'il s'agit d'une espèce menacée : la fonte de la banquise détruit ses territoires de chasse, et les survivants trouvent difficilement leur nourriture ; au point que les mâles adultes se comportent parfois en cannibales et dévorent les oursons. Sinistre fin pour un animal royal ! En historien des ours, j'en suis accablé. En citoyen de la planète, honteux et désespéré. »

Teddy-bear

« Ultime revanche de l'ours sur les hommes, l'ours en peluche naît en 1903, simultanément aux Etats-Unis et en Allemagne. L'histoire du teddy-bear est bien connue. Le président Theodore Roosevelt fait un safari dans le Mississippi. Pour lui éviter de rentrer bredouille, son entourage attache un ourson à un arbre, mais le président refuse de le tuer. Un fabricant de jouets de New York commémore l'événement en fabriquant le premier produit dérivé de l'histoire. Au même moment, à Stuttgart, Margarete Steiff commercialise un ours en peluche qui connaît aussi un grand succès. Avec l'ours en peluche, on voit renaître des pratiques de type cultuel comparables à celles des sociétés anciennes. L'enfant trouve en lui son premier compagnon, son ange gardien, son premier dieu. Contrairement à l'ours médiéval, le nounours n'a jamais abdiqué sa royauté. Malgré la concurrence des kangourous et autres pandas, il reste la star des peluches. »

L'armée des ours

«Malgré l'hostilité de l'Eglise envers l'ours, la ville de Berne arbore fièrement un ours sur sa bannière depuis le xiiie siècle. Un jeu de mots associe Bern, le nom de la ville, et le mot Bär, qui désigne l'ours en allemand. Berne est vraiment une ville à l'ours ; elle lui voue un culte comme à un animal totem. On y voit encore la fameuse fosse aux ours ; nous savons ce qu'ils mangeaient et quels étaient leurs noms. Au xve siècle, les habitants de Berne s'identifient à des ours, comme en témoigne cette étonnante peinture. Sous forme d'ours, ils partent affronter les troupes du duc de Bourgogne. Une identification efficace : en 1476, ils sont vainqueurs des troupes de Charles le Téméraire et s'emparent de son trésor, que l'on peut voir aujourd'hui au Musée historique de Berne. »

L'ours déchu

« Sur cette miniature du xiie siècle, l'ours n'est plus qu'un porteur de bagages. L'Eglise cherche à le déprécier en montrant que les hommes de Dieu sont plus forts que lui. L'anecdote est classique : saint Amand part en voyage, un âne porte ses bagages, arrive un ours qui dévore l'âne, mais le saint oblige la bête sauvage à prendre sa place. Les paroles du saint sont inspirées par Dieu, et l'ours comprend que rien ne sert de résister. Dans le même esprit, l'Eglise, qui déteste les spectacles d'animaux, tolère les montreurs d'ours au Moyen Age. Le roi des animaux devient une bête de cirque qui fait des cabrioles dans les foires, les gens peuvent le toucher, l'ours n'inspire plus la peur. »

L'ours courtisan

« Vers la fin du xiiie siècle, le roi-lion a détrôné le roi-ours dans toute l'Europe. Ce souverain venu d'Orient ne fait pas l'objet, comme son rival, de rituels préexistants, barbares et sanguinaires. Il appartient aux traditions écrites de la Bible et de l'Antiquité gréco-romaine alors que l'ours était l'animal des traditions orales. Sur cette image de la fin du xve siècle, le lion porte couronne et sceptre. L'ours est à ses pieds parmi ses courtisans. C'est l'histoire contée par le «Roman de Renart». Dans les plus anciennes versions, qui datent de la fin du xiie siècle, le lion est déjà le roi des animaux mais l'ours est encore son vice-roi. Bientôt il ne sera plus qu'un baron parmi d'autres, un courtisan ridicule auquel le goupil joue des tours. »

Chasse à l'ours

« On le voit sur cette image du début du xive siècle, la chasse à l'ours se pratique à pied. C'est une chasse violente, sauvage, un corps-à-corps entre l'homme et la bête avec échange de souffles et de sangs. Cette intimité bestiale terrifie les théologiens, et l'Eglise cherche à imposer la chasse au cerf, moins brutale. Mais les guerriers germains et slaves ont longtemps préféré l'ours, dont ils admirent la force. En le tuant, le guerrier capte sa puissance. En plein Moyen Age chrétien, les rituels païens subsistent ; le guerrier tue l'ours, boit son sang, revêt sa peau pour partir au combat. La lutte contre l'ours commence à l'époque de Charlemagne. Elle va durer des siècles, jusqu'à Saint Louis. Peu à peu la chasse à l'ours est dévaluée, la chasse au cerf s'impose comme divertissement royal, tandis que le lion devient le roi des animaux. »

Michel Pastoureau

Né à Paris en 1947, Michel Pastoureau est historien. Directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE) et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), il a notamment publié :

  • l'Etoffe du diable.
  • Une histoire des rayures et des tissus rayés (1991)
  • Les Animaux célèbres
  • Une histoire symbolique du Moyen Age occidental (2004)

Michel Pastoureau est spécialiste du bestiaire héraldique médiéval et de l'histoire symbolique des sociétés européennes.

Catherine David, Le Nouvel Observateur

OPEDER grands prédateurs et CEPEDER : définitions

OPEDER grands prédateurs : Opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux relative à la protection des troupeaux contre les grands prédateurs : loups, ours et lynx

Arrêté du 25 juillet 2006 relatif à l'opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux portant sur la protection des troupeaux contre la prédation.

J.O n° 184 du 10 août 2006 page 11894 texte n° 26

Le ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, le ministre de l'agriculture et de la pêche et la ministre de l'écologie et du développement durable,

Vu le règlement (CE) n° 1257/1999 modifié du Conseil du 17 mai 1999 concernant le soutien au développement rural par le Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA), ensemble le règlement d'application (CE) n° 817/2004 du 29 avril 2004 de la Commission ;

Vu le règlement (CE) n° 796/2004 de la Commission du 21 avril 2004 portant modalités d'application de la conditionnalité, de la modulation et du système intégré de gestion et de contrôle prévus par le règlement (CE) n° 1782/2003 du Conseil du 29 septembre 2003 établissant des règles communes pour les régimes de soutien direct dans le cadre de la politique agricole commune et établissant certains régimes de soutien en faveur des agriculteurs ;

Vu la décision de la Commission européenne C (2000) 2521 en date du 7 septembre 2000 modifiée approuvant le plan de développement rural national (PDRN) ;

Vu le code rural, notamment le livre III ;

Vu le code de l'environnement, notamment les articles L. 414-1 à L. 414-3 ;

Vu le décret n° 2004-762 du 28 juillet 2004 relatif aux opérations de protection de l'environnement dans les espaces ruraux,

Arrêtent :

Article 1 : Conformément à l'article 1er du décret du 28 juillet 2004 susvisé, il est créé une opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux relative à la protection des troupeaux contre les grands prédateurs : loups, ours et lynx (OPEDER grands prédateurs).

Cette OPEDER met en oeuvre la mesure de « prévention des attaques de grands prédateurs sur les troupeaux », dont le cahier des charges figure au paragraphe 9.3.9.8 du plan de développement rural national susvisé et qui comprend différentes options visant à favoriser le gardiennage renforcé des troupeaux, la présence permanente et accrue de chiens de protection, le regroupement des troupeaux et l'usage de filets et clôtures.

L'OPEDER grands prédateurs est mise en oeuvre à travers des contrats de protection de l'environnement dans les espaces ruraux de prévention des attaques de prédateurs sur les troupeaux (CPEDER relatif à la protection des troupeaux contre les attaques des grands prédateurs).

Les options souscrites dans les CPEDER grands prédateurs sont définies en fonction des caractéristiques de la présence des prédateurs, de l'élevage et des pratiques de l'éleveur afin d'obtenir une meilleure protection possible des troupeaux contre la prédation.

Article 2 : Le préfet arrête la liste des communes ou parties de communes où l'OPEDER grands prédateurs s'applique. A cet effet, il prend en compte le document de suivi des prédateurs proposé par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). L'arrêté détermine les zones où la prédation sur le cheptel domestique a été constatée une ou plusieurs fois au cours des trois dernières années, appelées « premier cercle », et les zones où des actions de prévention sont nécessaires du fait de l'arrivée possible de grands prédateurs pendant l'année en cours, appelée « deuxième cercle ».

Sont exclues du premier cercle les communes qui y sont situées, dans lesquelles n'a été constaté aucun indice de présence depuis au moins quatre années consécutives et qui relèvent de pratiques pastorales homogènes. Peuvent également être exclues du premier cercle les parties de communes répondant à ces conditions et dont la localisation rend le risque de prédation négligeable. Toutefois, peuvent être incluses dans le premier cercle les communes ou parties de communes qui sont enclavées entre des communes ou parties de communes répondant à la définition du premier cercle.

L'arrêté est révisé annuellement, au plus tard le 28 février, si le territoire d'activité des prédateurs a évolué.

Article 3 : Le CPEDER grands prédateurs n'est pas exclusif des autres soutiens publics accordés aux exploitants agricoles.

Article 4 : Peuvent conclure un CPEDER grands prédateurs les personnes visées aux 1° et 2° de l'article 2 du décret du 28 juillet 2004 susvisé ainsi que, conformément au 4° du même article, les associations foncières pastorales et les groupements pastoraux ayant en charge des troupeaux ovins et caprins dès lors que ces personnes, associations ou groupements exercent au moins trente jours de pacage dans le premier ou deuxième cercle.

Article 5 : Le CPEDER grands prédateurs est conclu pour une durée de cinq ans lorsque le souscripteur exerce son activité de pâturage dans le premier cercle pendant au moins trente jours, et pour une durée d'un an dans le cas contraire.

Article 6 : Lorsque le CPEDER est conclu pour une durée de cinq ans :

6.1. Les options de la mesure de « prévention des attaques de grands prédateurs sur les troupeaux » dont le cahier des charges figure au paragraphe 9.3.9.8 du plan de développement rural national susvisé peuvent toutes être souscrites.

6.2. Le bénéficiaire s'engage à mettre en oeuvre la protection de son troupeau selon les modalités et pendant une durée révisables annuellement, en fonction de la taille de son troupeau et de son parcours pastoral.

6.3. Le bénéficiaire s'engage également à maintenir un nombre moyen d'animaux de plus d'un an présents dans son troupeau sur cinq ans supérieur ou égal à 75 % du nombre d'animaux de plus d'un an déclaré en première année.

6.4. Si le bénéficiaire passe moins de trente jours dans les premier et deuxième cercles pendant une ou plusieurs années, sa confirmation annuelle ne donne lieu à aucun engagement spécifique pour les années considérées et aucune aide n'est versée pour les années considérées au titre du contrat.

6.5. Si le bénéficiaire passe moins de trente jours dans le premier cercle une ou plusieurs années, aucune aide n'est versée pour les années considérées pour l'option de gardiennage renforcé.

Article 7 : Lorsque le CPEDER est souscrit pour une durée d'un an :

7.1. L'option de gardiennage renforcé n'est pas accessible.

7.2. L'éleveur s'engage à mettre en oeuvre la protection de son troupeau selon les modalités et pendant la durée correspondant à la taille de son troupeau et à son parcours pastoral.

Article 8 : Les soutiens sont attribués pour l'ensemble d'un troupeau défini comme une unité de conduite, en contrepartie des engagements souscrits.

Le troupeau correspondant au regroupement du cheptel de plusieurs éleveurs est ainsi considéré comme un seul troupeau pour la période où il est ainsi regroupé. Sur cette période de regroupement, un seul contrat de protection de l'environnement dans les espaces ruraux peut être conclu au titre du troupeau. En dehors de cette période de regroupement, les éleveurs peuvent souscrire un contrat individuel.

Les montants correspondant à chaque option figurent dans le cahier des charges relatif à la mesure de protection des troupeaux contre la prédation qui figure au paragraphe 9.3.9.8 du plan de développement rural national susvisé.

Les montants des aides au gardiennage sont calculés en fonction du temps pendant lequel le troupeau est dans le premier cercle. Sont exclues les périodes où le troupeau reste en bergerie de manière permanente.

Le montant maximum des aides attribuées par troupeau dans le cadre d'un contrat de protection de l'environnement dans les espaces ruraux (déduction faite du montant de l'aide relative à l'analyse de vulnérabilité) est de :

  • 5 000 EUR/an pour la catégorie de troupeaux de 50 à 150 animaux ;
  • 7 500 EUR/an pour la catégorie de troupeaux de 151 à 450 animaux ;
  • 12 500 EUR/an pour la catégorie de troupeaux de 451 à 1 200 animaux ;
  • 13 500 EUR/an pour la catégorie de troupeaux de plus de 1 201 animaux.

Dans les départements des Alpes-Maritimes, des Alpes-de-Haute-Provence et du Var, ces montants maximum sont augmentés de 25 % pour les troupeaux qui passent plus de huit mois à l'herbe.

Pour les associations foncières pastorales et les groupements pastoraux, ces plafonds ne s'appliquent que pour les troupeaux de taille comprise entre 50 et 150 animaux.

Le montant de la rémunération est calculé sur la base de 80 % des surcoûts, manques à gagner ou dépenses, sauf dans les sites Natura 2000 (pSIC-proposition de site d'intérêt communautaire, SIC-site d'intérêt communautaire, ZPS-zone de protection spéciale) où ce taux est porté à 100 % si le troupeau se trouve sur ce site pendant l'intégralité de la durée mentionnée au 2 de l'article 6 ou au 2 de l'article 7.

Article 9 : La catégorie de taille du troupeau est déclarée chaque année par le bénéficiaire. Elle est calculée en multipliant le nombre d'animaux de plus d'un an par un coefficient fixé à 1, à 1,4 ou à 1,7 par le préfet en fonction de la proportion d'agneaux présents dans le troupeau en première année.

Pour l'application du premier alinéa, le nombre d'animaux de plus d'un an est validé sur la base des déclarations de transhumance établies auprès des directions départementales des services vétérinaires ou, pour les éleveurs ne sortant pas de leur commune, sur la base de la déclaration de la prime à la brebis et d'une déclaration de l'éleveur pour les caprins ou d'une attestation délivrée suite à une visite sur place par le préfet.

Pour l'application du premier alinéa, la proportion d'agneaux dans le troupeau est établie sur la base de la déclaration de transhumance ou, pour les éleveurs ne changeant pas de commune, sur la base du cahier de pâturage de l'année précédente ou, à défaut, du cahier d'agnelage.

La durée du pâturage dans le premier ou deuxième cercle est calculée sur la base du cahier de pâturage dûment complété par le bénéficiaire de l'aide.

Article 10 : Le paiement des aides est assuré par le Centre national pour l'aménagement des structures des exploitations agricoles (CNASEA).

Le versement des aides est annuel en application du règlement (CE) n° 1257/1999 du 17 mai 1999. Il s'effectue sur présentation des pièces justificatives demandées.

Toutes les pièces justificatives doivent être transmises dès le départ du troupeau des communes situées à l'intérieur du premier ou du deuxième cercle au plus tard le 15 janvier de l'année suivant l'année de l'engagement ou de celle de la confirmation annuelle d'engagement.

Article 11 : Les pièces constitutives du dossier de demande de contrat et les pièces nécessaires à son paiement sont fixées par instruction du ministère de l'agriculture, de l'alimentation, de la pêche et des affaires rurales. Le préfet peut fixer une liste de pièces complémentaires nécessaires dans le cadre de la politique pastorale de son département.

Les dossiers d'engagement ou de confirmation annuelle d'engagement sont déposés entre le 1er février et le 15 mai. Pour 2006, les dossiers sont déposés jusqu'au 31 juillet et les engagements souscrits pour l'option gardiennage sont pris en compte pour l'année civile considérée.

Article 12 : Des contrôles administratifs et sur place sont effectués pour vérifier le respect des conditions requises pour l'octroi des soutiens.

Le contrôle administratif est exhaustif. Il s'effectue lors de la demande de contrat et à réception de toute pièce justificative. Nonobstant le respect des obligations mentionnées à l'article 2 du décret du 28 juillet 2004 susvisé, le contractant justifie chaque année, auprès du préfet, du respect de ses engagements pris dans le cadre de l'OPEDER grands prédateurs.

Les contrôles sur place portent chaque année sur au moins 5 % des bénéficiaires d'un CPEDER grands prédateurs. Ces contrôles portent sur la totalité des engagements et des obligations relatives au CPEDER objet du contrôle, qu'il est possible de contrôler au moment du contrôle sur place.

Article 13 : En application de l'article 6 du décret du 28 juillet 2004 susvisé, les subventions peuvent être réduites ou supprimées en cas de non-respect partiel ou total des engagements.

13.1. Pour l'option de gardiennage renforcé, un écart de quantité défini comme le rapport exprimé en pourcentage entre la quantité en anomalie et la durée de pâturage effectivement réalisée dans le premier cercle est déterminé.

La quantité en anomalie au sens du premier alinéa est la différence entre le nombre de jours de gardiennage renforcé déclarés effectués dans le premier cercle dans le cadre d'une demande de paiement et la durée de pâturage effectivement réalisée dans le premier cercle.

Si l'écart est inférieur ou égal à 20 %, l'agriculteur n'est pas pénalisé.

Si l'écart est inférieur ou égal à 50 % et supérieur à 20 %, l'agriculteur est tenu de rembourser les sommes indûment perçues, augmentées des intérêts au taux légal, et de verser les pénalités établies au niveau de l'écart constaté.

Si l'écart est supérieur à 50 % de la quantité déterminée, l'agriculteur est tenu de rembourser la totalité de l'aide perçue, augmentée des intérêts au taux légal.

13.2. Pour chacune des autres options de l'OPEDER, le non-respect de l'engagement entraîne la suspension du versement de l'aide prévue pour cette option.

Si le cahier de pâturage n'a pas été rempli sur l'ensemble de la période pour le premier ou le deuxième cercle, le versement de l'aide relative à l'option gardiennage renforcé est également suspendue.

13.3. Si le nombre d'animaux de plus d'un an constaté en contrôle administratif ou en contrôle sur place est tel que le résultat de sa multiplication par le coefficient mentionné au premier alinéa de l'article 9 est supérieur de plus de 3 % au seuil supérieur ou inférieur de plus de 3 % au seuil inférieur de la catégorie de taille du troupeau déclarée dans la demande d'aide par le bénéficiaire, le paiement de l'aide est suspendu pour l'année en cours.

13.4. Les sanctions définies aux points 13.1, 13.2 et 13.3 du présent article concernent l'année du constat de manquement. S'il est établi que le manquement porte également sur des années antérieures, alors, pour ces années, ce manquement est pris en compte et la sanction correspondante définie aux points 13.1, 13.2 et 13.3 du présent article est due pour ces années considérées et augmentée des intérêts légaux.

13.5. Lorsque le cumul de plusieurs options est exigé par le cahier des charges de l'opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux relatif à la protection des troupeaux contre la prédation, le non-respect des engagements d'une de ces options entraîne le non-paiement du montant de l'aide pour l'année considérée.

13.6. Pour les CPEDER d'une durée initiale de cinq ans, le nombre moyen d'animaux de plus d'un an est calculé au terme des cinq années de contractualisation. Si ce nombre moyen est inférieur de plus de 25 % au nombre d'animaux de plus d'un an déclaré en première année et correspond, après application du coefficient mentionné au premier alinéa de l'article 9, à une catégorie de taille de troupeau inférieure à celle déclarée en première année, le bénéficiaire est tenu de rembourser les sommes indûment perçues pendant les années où il a bénéficié des modalités de l'aide attachées à une catégorie de taille de troupeaux supérieure à sa catégorie moyenne, augmentées des intérêts au taux légal.

13.7. Pour les CPEDER d'une durée initiale de cinq ans, l'omission de dépôt d'une confirmation annuelle conduit à un remboursement par le bénéficiaire de l'ensemble des sommes perçues au titre du CPEDER, augmentées des intérêts au taux légal. Le cas échéant, la confirmation annuelle peut ne donner lieu à aucun engagement spécifique pour l'année.

13.8. Pour les CPEDER d'une durée initiale de cinq ans, si le bénéficiaire ne maintient pas en sa possession et en bon état de santé ou de fonctionnement les chiens et le matériel acquis au titre de la mesure, pendant la durée du contrat, il doit rembourser les sommes perçues correspondantes, augmentées des intérêts légaux.

13.9. Le montant total des remboursements ne peut pas excéder le montant de la totalité des aides perçues.

13.10. Les modalités de remboursement en cas de paiement indu sont conformes aux dispositions de l'article 73 du règlement (CE) n° 796/2004 susvisé.

13.11. Si la cohérence de l'engagement est remise en cause du fait de l'importance des engagements non respectés, le préfet peut le résilier.

Article 14 : En application de l'article 7 du décret du 28 juillet 2004 susvisé, les circonstances concrètes qui pourront être prises en considération dans les cas individuels sont notamment :

  • un dérochement de plus de 10 % des effectifs du troupeau ;
  • la mort d'un chien de troupeau suite à un accident ou à une maladie.

Les cas de force majeure doivent être notifiés par l'exploitant ou son ayant droit dans un délai de dix jours ouvrables.

Article 15 : En application de l'article 8 du décret du 28 juillet 2004 susvisé, les circonstances concrètes qui pourront être prises en considération dans les cas individuels sont notamment :

  • une impossibilité avérée d'embaucher une personne compétente pour le gardiennage du troupeau, ainsi que la démission inopinée d'un berger ou d'un assistant ;
  • des circonstances climatiques particulières nécessitant une adaptation des durées de pâturage.

Ces circonstances doivent être notifiées par l'exploitant ou son ayant droit dans un délai de dix jours ouvrables.

Article 16 : Dans le cas où le bénéficiaire ne peut pas continuer les engagements souscrits du fait que les surfaces pastorales exploitées font l'objet d'une intervention publique d'aménagement ou de restauration, des mesures sont prévues pour adapter les engagements à la nouvelle situation de l'éleveur. Si une telle adaptation s'avère impossible, l'engagement prend fin sans qu'un remboursement soit exigé.

Article 17 : Lorsqu'un agriculteur bénéficiaire d'un contrat de protection de l'environnement dans les espaces ruraux relatif à la protection des troupeaux contre la prédation cède une partie substantielle de son troupeau à un repreneur déjà titulaire d'un CPEDER, un nouveau contrat est établi pour le cédant et le repreneur dans les conditions dictées par la nouvelle taille du troupeau et pour une durée correspondant au contrat précédent ou à cinq ans si le cédant bénéficiait d'un contrat pluriannuel.

Article 18 : L'arrêté du 28 juillet 2004 relatif à l'opération de protection de l'environnement dans les espaces ruraux portant sur la protection des troupeaux contre la prédation ainsi que les arrêtés modificatifs des 26 juillet 2005 et 5 août 2005 sont abrogés.

Article 19 : Le directeur du budget du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie, le directeur de la nature et des paysages du ministère de l'écologie et du développement durable et le directeur général de la forêt et des affaires rurales du ministère de l'agriculture et de la pêche sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

Fait à Paris, le 25 juillet 2006.

Non lieu Marquèze : Les réactions des Verts

Le non lieu pour le chasseur qui a tué Cannelle est un mauvais coup porté à la biodiversité en France

Yann Wehrling, porte-parole national des Verts
Communiqué de presse du 19 janvier 2007

Tout le monde sait que les chasseurs s’étaient rendu dans une zone où ils savaient qu’ils pouvaient surprendre Cannelle et son petit. Il est évident que les chasseurs avaient agi avec préméditation dans le cadre de ce qu’on pourrait qualifier de battue illégale. Ne pas avoir tenu compte de cette évidence rend la justice complice de cette atteinte à la biodiversité en France.

La France finit de se discréditer au plan international dans son incapacité totale à préserver la biodiversité sur son territoire. Ceux qui nuisent à l’environnement peuvent continuer de dormir sur leurs deux oreilles !

Yann Wehrling

Cannelle est-elle morte pour rien ?

Dominique Voynet, candidate écologiste aux élections présidentielles
Communiqué de presse du dimanche 21 janvier 2007

J'apprends à l'instant qu'une ordonnance de non-lieu a été rendue à Pau le 19 janvier dans l’instruction sur la mort de Cannelle, tuée par un chasseur en Vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) en novembre 2004.

Mis en examen pour "destruction d’espèce protégée", le chasseur affirmait avoir dû tirer pour sauver sa vie, lors d’une partie de chasse en montagne. L'instruction a montré que les chasseurs savaient parfaitement que l'ourse se trouvait ici. Et puis, les chasseurs, qui se décrivent volontiers comme les "premiers écologistes", qui prétendent si souvent "connaître mieux la nature que les écolos de salon qui nous font la leçon", étaient quand même bien placés pour savoir qu'un ours reste un animal sauvage, aux réactions dangereuses, surtout quand ils sentent leur petit menacé.

C'est parce qu'ils ne croyaient pas à la "légitime défense", parce qu'ils suspectaient les chasseurs d'être allés chasser dans cette zone, soit parce que l'ourse s'y trouvait, soit bien que l'ourse s'y trouvât, que le ministère de l'Environnement, et de nombreuses associations de protection de la nature, s’étaient portées parties civiles.

Le réseau FERUS a fort justement pointé une grave anomalie du raisonnement : "comme la très grande majorité des gens n’est pas armée, cela veut dire qu’on crée deux catégories, les citoyens normaux qui doivent faire attention et les chasseurs qui peuvent faire n’importe quoi".

Comment ce non-lieu pourrait-t-il être interprété autrement, par les opposants à la présence de l'ours, que comme un acte d'encouragement ? Allez-y, les gars, tous les coups sont permis ! Mon ami André Cazetien, ancien maire de Mourenx, me dit que certains tendent des pièges à l'ours : du miel, avec du verre pilé.

Je le dis avec colère ce soir : la France donne des leçons au monde entier. Elle demande au Japon d'arrêter de chasser la baleine, au Zimbabwe d'arrêter le commerce de l'ivoire, à l'Inde de protéger ses tigres. Et elle est incapable de dire leur fait à ceux qui prétendent, comme au Moyen Age, traquer ours, loups et lynx. Assez de discours sur la biodiversité ! Des actes !

23 janvier 2007

Comité des habitants pour la vie en vallée d'Aspe

Vallée d'Aspe : Le tunnel du Somport et les poids lourds, les habitants veulent maîtriser leur avenir.

La prévention routière a comme stratégie de mettre au bord des routes des silhouettes noires pour symboliser, matérialiser la douleur extrême entraînée par la violence  routière.

Nous avons fait ce mausolée et nous y affichons des silhouettes de camions pour matérialiser le nombre d‘accidents impliquant uniquement des poids lourds.

Pour le moment, nous avons eu la chance de ne pas nous poser le problème de mettre ou non une silhouette humaine. Bien sûr que nous souhaitons que cela continue. Mais nous savons et tout le monde le sait, que cela ne va pas durer. Les chiffres, les statistiques sont là. Et nous avons tous appris par empirisme que lorsqu’on fait du vélo, un jour ou l’autre, on finit par tomber. Et en vallée d’Aspe, on nous rajoute toujours plus de camions, qui sont de plus en plus gros, demandent à grandir encore, vont de plus en plus vite.

L’aménagement de la route ne va faire qu’aggraver la situation. Nous le vivons tous ici. Au fur et à mesure des aménagements, nous mettons plus de temps pour nous déplacer. Nous sommes de plus en plus en danger. La plupart des derniers accidents de poids lourds ont eu lieu là où la route est aménagée. Grande découverte, plus on va vite, plus c’est dangereux !

Pour l’instant, lorsqu’ils quittent la route, les poids lourds ont la bonne idée de le faire là où personne n’est présent à ce moment là. Mais attention, ils s’attaquent maintenant aux maisons.

Entre le village et le collège de Bedous, il n’y a  même pas un trottoir

Est-ce qu’un préfet accepterait d’aller à pied à son travail dans ces conditions là ? Et un conseiller général ? Tous prônent les comportements citoyens, le covoiturage. Mais comment aller à pied au collège de Bedous sans se mettre en danger vital ? Et tout ça pour transporter quoi ?

Alors, pour mettre un éclairage la dessus, nous allons organiser le concours du transport le plus absurde. Le dernier accident va être dur à détrôner. Il s ‘agit de farine de maïs arrivant d’Espagne. Le camion croisait un autre camion qui lui, dans l’autre sens, transportait du maïs encore. En grain, celui-là. Nous avons eu aussi un camion portugais arrivant vide de Lisbonne, pour venir en France charger des yaourts  afin de les livrer en Italie.

Nous entendons parler du réchauffement climatique. Nous faisons comme s’il ne s’il ne s‘agissait que de la banquise qui fond, là-bas, loin. Nous oublions les glaciers pyrénéen