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décembre 2006

31 décembre 2006

Voeux 2007 de Baudouin de Menten : des naissances d'oursons

La Buvette des alpages et Baudouin de Menten (Romuald) vous souhaitent à tous une bonne année 2007. Une année où les hommes et les ours peuvent mieux cohabiter. Une année qui, je l'espère, sera marquée pour la population d'ours dans les pyrénées, par la naissance de nombreux oursons.

Des naissances d'oursons en 2007 dans les Pyrénées !

30 décembre 2006

Conférence de Vincent Vignon sur le loup

Le loup Vincent Vignon Vincent Vignon est écologue, directeur associé et cofondateur de l'Office de génie écologique (OGE), Bureau d'études spécialisé en écologie créé en 1991. Vincent Vignon est aussi animateur du comité scientifique de Ferus (Ours-loup-lynx Conservation).

"Le loup" : pourchassé, le loup a disparu de France au cours des années 1930. En Europe, tes populations de loups ont été minimales au cours des années 1970. Ils subsistaient dans te sud : les Balkans et les péninsules Ibérique et Italienne. Depuis une trentaine d'années, les loups recolonisent une partie de leur ancienne aire de répartition.

La protection légale de l'espèce ; l'exode rural et la réintroduction des ongulés sauvages par les chasseurs ont favorisé cette recolonisation. L'expansion de l'espèce a été suivie en Eurasie, notamment en Allemagne, en France ou encore en République tchèque.

En France, les premières observations officielles datent de 1992 dans le Mercantour. Le retour du loup est en cours avec ses défis et ses opportunités. Le loup est un prédateur efficace des grands herbivores, qu'ils soient sauvages ou domestiques, ce qui provoque de vives controverses chez tes éleveurs.

L'amélioration des techniques de protection des cheptels et l'assistance apportée à l'élevage permettent progressivement de rendre la présence du loup plus supportable. Ce prédateur vit en meutes sur des territoires étendus dans le sud des Alpes, occupant l'une des plus vastes aires de répartition mondiale. Le loup a une grande capacité d'adaptation et un fort potentiel démographique qui lui ont permis de résister aux persécutions dont il a fait l'objet. (Présentation de l'éditeur)

Vincent Vignon

Vincent Vignon est naturaliste de terrain et étudie les cerfs depuis 1976 et le loup depuis 1981, notamment dans le cadre d'une recherche menée sur plus de 15 ans dans la cordillère Cantabrique en Espagne. Il est écologue, directeur associé et cofondateur de l'Office de génie écologique (OGE), bureau d'études spécialisé en écologie créé en 1991, et animateur du comité scientifique de Ferus (Ours-loup-lynx Conservation).

Conférence de Vincent Vignon le 16 janvier à Paris

Dans le cadre des mardis du WWF, Vincent Vignon, auteur du livre "Le loup" aux éditions Belin (paru le 15 novembre 2006 - 95 pages) donnera une conférence sur le loup.

  • Quand : le mardi 16 janvier entre 18h30 et 20h30
  • : dans les locaux du WWF à 75116 Paris, 1 carrefour de Longchamp.

Programme :

  • Introduction présentation des activités du WWF sur le loup
  • Intervention de Vincent Vignon, animateur du Comité Scientifique de FERUS
  • Diffusion d’environ 10 minutes du film tourné en vision nocturne dans le Mercantour (Ce film remarquable montre plusieurs attaques de loups sur in troupeau dans le Mercantour et montre comment les trois patoux du troupeaux repoussent plusieurs attaques, défendent le troupeau dans un parc de regroupement nocturne et limite les pertes au maximum.) Un formidable démenti à ceux qui expliquent que les patous ne sont pas efficaces pour défendre les troupeaux.
    Questions/réponses
    Dédicaces du livre de Vincent Vignon "Le loup"
  • En savoir plus : WWF France - 01 55 25 84 84

Attaques de loups : le loup est-il dangereux pour l'homme ?

Quand le loup attaque t-il l'homme ?

Voici un document qui recense les attaques de loups sur l’homme. La peur du loup est-elle fondée ? Oui le loup attaque parfois l'homme, mais c'est plutôt rare. Quatre cas de figure sont observés : les loups enragés, les attaques défensives, les comportements de prédation et les comportements d'accoutumance.

L’objectif de ce rapport était de compiler et d’examiner les données concernant les attaques de loup sur l’homme au cours des derniers siècles. Cette revue ne se veut pas exhaustive mais les sources utilisées ont été très larges. Celles-ci ont été principalement de deux ordres : d’une part les revues littéraires (scientifiques, médicales, historiques…) qui recensaient des cas bien documentés, d’autre part les apports de personnes ressources (biologistes travaillant sur les canidés dans l’hémisphère nord). Les données issues de la seule tradition orale ont été écartées car considérées comme trop peu fiable.

L’examen des données montre l’existence réelle d’attaques sur l’homme. Quatre cas de figure sont observés :

les loups enragés (contaminés par le virus de la rage)

attaques de loups dangereux pour l'homme C’est de loin le cas le plus fréquent. Le loup n’est pas un réservoir de la maladie (i.e le loup n’est pas une espèce au sein de laquelle le virus de la rage peut se maintenir et ainsi contribuer à la pérénité d’une épidémie ; en Europe de l’ouest le vecteur sauvage principal de la rage est le renard, ndlr). Cependant, un loup enragé peut développer un forme dite « furieuse » qui, associée à ses capacités physiques (force, vitesse de déplacement), le rend particulièrement dangereux.

Les cas d’attaques de loup enragé sont en nette diminution en Europe de l’ouest et en Amérique du Nord suite à la régression importante (voire l’éradication) de la rage. Ils persistent encore en Asie et dans une moindre mesure en Europe de l’est. Les cas mortels sont cependant en diminution depuis la mise au point des traitements anti-rabiques à la fin du 19ième siècle. Les auteurs rappellent de plus que la principale source de contamination de l’homme reste le chien.

Les attaques défensives

Elles sont peu fréquentes et aucun cas mortel n’a été recensé. Elles concernent essentiellement des bergers qui ont voulu défendre leurs troupeaux avec des moyens rudimentaires (bâton, pierre…). La littérature regorge a contrario de cas où des loups ont été capturés, voir déterrés de la tanière, sans avoir attaqué le piégeur.

Les comportements de prédation

Ces attaques sont rares. De plus, de nombreux cas concernent des données historiques qui peuvent être soumise à controverse (exemple : cas du Gévaudan en France). Le loup ne considère en effet pas l’homme comme une proie potentielle sauf dans des cas exceptionnels où les conditions écologiques sont radicalement modifiées (en particulier absence de proies sauvages, utilisation importante des proies domestiques, enfants laissés seul pour la garde des troupeaux).

Dans ces conditions, certains individus peuvent développer un comportement d’attaque essentiellement orienté sur des cibles faciles (enfants). Ces situations étaient rencontrées en Europe avant le 20ème siècle, elles se rencontrent toujours en Asie (en particulier en Inde où des cas sont toujours rapportés).

En Europe de l’ouest seuls 3 épisodes d’attaques ont été rapportés au cours du 20ième siècle (1959, 1974 et 1975). Ils sont tous survenus en Espagne dans la région de la Gallice, région agricole où les loups se nourrissent essentiellement sur les proies domestiques et les décharges. En tout, huit personnes (dont sept enfants) ont été attaqués, quatre enfants sont morts.

Les comportements d’accoutumance

Ces attaques sont rares. Elles ont souvent lieu dans des zones protégées où certains individus peuvent perdre la peur de l’homme. Des cas récents (années 1990) ont en particulier été rapportés dans des parcs nord-américains. Aucun cas mortel n’a été recensé.

Le loup moins dangereux que le tigre, le dingo, le grizzli ou le cougar

En définitive, des attaques sur l’homme existent mais leur fréquence est faible et de plus essentiellement liée à une contamination rabique. Si l’on compare la fréquence des attaques de loup sur l’homme, avec celles engendrées par d’autres carnivores (dingo, grizzli, tigre, couguar…), le loup apparaît comme une des espèces les moins dangereuses au regard d’une part de ses capacités physiques et d’autre part de l’évolution de son aire de répartition et de ses effectifs. Ainsi, au cours des 50 dernières années, 9 morts ont été recensés en Europe (dont 5, à l’est, liés à des loups enragés) pour une population lupine estimée entre 10000 et 20000 individus; 8 morts recensés en Russie (4 liés à la rage) pour 40000 loups ; zéro mort en Amérique du nord pour une population de 60000 loups.

Recommandations

Les auteurs terminent leur rapport sur des recommandations pour diminuer les cas d'hommes attaqués par des loups.

  1. Continuer et/ou améliorer les programmes de lutte contre la rage,
  2. Maintenir des réservoirs de proies sauvages, en particulier par une limitation des prélèvements de proies sauvages par les chasseurs,
  3. Restreindre l’accessibilité aux troupeaux domestiques en utilisant des combinaisons de plusieurs mesures de protection des troupeaux (chiens de protection, gardiennage, regroupement nocturne, taille limitée des troupeaux)
  4. Maintenir le comportement craintif des loups, en éliminant tout individu qui deviendrait «familier» et en utilisant des méthodes d'intimidation.

Sources : "The fear of wolves : a review of wolf attacks on humans"
NINA : Norsk Institutt for naturforskning 2002
Télécharger " La peur du loup : un recensement des attaques de loups sur l'homme.
Ouvrage collectif, 67 pages, PDF, 2.592 ko

Observation de loups, témoignage de Samuel MICHEL

Témoignage et récit d'observation de loups de Samuel Michel, membre du réseau loups. Queyras, mai 2002

Enfin

Ce vendredi 22 février 2002, Ristolas, 7 h du matin, le jour se lève, il fait beau et froid (-15°). Je commence mes observations par suivre la trace d’un randonneur à skis, je l’aperçois à mi-pente à la sortie d’un mélézin. Sept chevreuils le précèdent dans la montée, visiblement dérangés par cette présence humaine.

A 7h35, mon cœur s’arrête. J’aperçois à l’orée d’un jeune mélézin, un canidé que j’identifie très facilement pour être un loup tant la différence me paraît grande avec un chien. J’en hurlerais (de loup) presque de joie ! Fébrilement j’installe ma longue vue mais je ne le retrouve pas sur l’instant. Par contre je trouve deux loups dans le mélézin. Ils disparaissent derrière les arbres et je dois me déplacer pour essayer de mieux les suivre. Je retrouve un individu dans un vallon. Il est un peu plus gros avec une queue plus fournie et le pelage est peut être un peu plus foncé. En fait c’est certainement le premier que j’ai entraperçu.

Observations_loups Photo Samuel MICHEL

En suivant ses traces je retrouve effectivement les deux autres qui progressent de concert. Ces loups me semblent imposants, loin de l’image de petit loup de trente cinq kilos que j’avais dans la tête, le pelage d’hiver bien fourni y est peut être pour quelque chose. Je pense néanmoins être en présence d’un adulte et deux jeunes. L’adulte sort complètement des bois et gravit tranquillement les pentes enneigées. A 8h15 il s’arrête et par son mouvement de tête je me rends compte qu’il doit aboyer ou japper en direction des deux jeunes.

A la sortie du bois les jeunes rejoignent l’adulte et au contact ils s’abaissent sur leurs pattes, les oreilles couchées et la queue battant très fort. L’adulte les a accueillis en remuant la queue bien haute puis ils ont repris leur progression. Arrivé sur la crête, l’adulte a regardé un coup à gauche, un coup à droite puis à disparu derrière la crête. Les plus jeunes sont arrivés cinq minutes plus tard puis ont à leur tour disparu sur le versant italien. Il est 8h45, mon observation aura duré 1h15.

Un chevreuil tué par les loups

Je décide alors d’atteindre leur piste en me dirigeant vers le secteur de ma première observation. Après une heure de montée, un renard s’enfuit à mon approche; en croisant sa piste je m’aperçois qu’elle est ponctuée de tâches de sang. J’arrive alors sur un chevreuil mort que le renard avait tiré sur une dizaine de mètres. Effectivement plus haut il y a du sang de partout, des poils des morceaux d’entrailles et d’excréments.

Là par contre, les traces de pattes n’ont plus rien à voir avec celle du Renard mais correspondent au Loup. Les loups sont arrivés par le haut ; il y a eu une poursuite sur dix mètres en pente raide, un premier accrochage avec quelques poils et du sang, puis un peu plus bas une véritable prise avec beaucoup de sang et enfin le chevreuil a été tiré cinq mètres vers un replat pour être mangé. Le chevreuil était encore mou avec des traces de sang encore très frais. Il présentait des traces de consommation partielle : les entrailles avaient été attaquées ainsi que le museau, il manquait une patte et deux cuisseaux avaient été mangés. J’ai pensé que les loups avaient pu être dérangés en début de festin par le skieur de randonnée qui est effectivement passé à moins de trois cent mètres de là.

Cette journée fut suivie, quinze jours après, par une observation encore plus formidable d’un trio pendant plus de trois heures, certainement les mêmes. Après avoir attaqué et mangé un chevreuil, ils sont repartis pour s’installer sur un replat, bien au soleil où ils ont commencé une sieste de plus d’une heure. De temps en temps un des jeunes se déplaçait en s’amusant avec un morceau de viande. Les photos que j’ai pu faire (à travers la longue vue) pendant ces trois heures sont pour moi les plus belles.

D’autres observations ont suivi parfois sur un temps très court mais aussi très intéressant sur le plan comportemental, comme ce jour où j’ai contacté un individu seul à 9 h du matin à 400 m devant moi alors que je scrutais le versant depuis 6h du matin ! Il était certainement couché, invisible. Ensuite je l’ai à nouveau contacté à 14h en limite supérieure de forêt et j’ai pu assister pendant plus de dix minutes à l’attaque d’un Aigle royal sur ce Loup qui ne semblait pas trop inquiété mais qui devait parfois esquiver l’attaque en sautant de côté ! Il a continué de progresser dans la même direction en portant sa queue en panache. Je ne sais si l’aigle voulait le saisir, c’était plutôt une attaque d’intimidation pour éloigner un intrus.

J’ai eu beaucoup de chance mais j’ai pu retirer quelques indications de toutes ces observations. Il ne sert pas à grand chose de pénétrer dans le milieu. Avec une paire de jumelles et une longue vue, depuis le fond de la vallée vous avez beaucoup plus de chance de les contacter et sans déranger la faune. Et il faut surtout de la patience !…

Samuel MICHEL
Molines en Queyras, mai 2002

29 décembre 2006

ASPAP, le site Internet officiel !

L'ASPAP annoncait la sortie de aspap.org. Pas de chance, le domaine n'était pas libre et ils n'avaient pas pris la peine de vérifier. Ce sera donc aspap.info. Le futur site satirique de l'aspap, lui est deja réservé... On n'apprend pas vite quand on passe son temps à organiser des barrages routiers.

Lors de l'assemblée générale de l'ASPAP, un document remis annonçait le nouveau site Internet de L'Association désireuse de sauvegarder le patrimoine de l'Ariège et des Pyrénées hormis l'ours bien sûr, sale bête !

"Maintenant que l'actualité est moins pressante, nous pouvons enfin nous consacrer à la réalisation du site Internet de l'ASPAP. Grâce à l'appui de 2 de nos adhérents, informaticiens en région parisienne, nous travaillons actuellement sur l'élaboration de ce site. Nous profitons de cette lettre pour vous donner déjà les coordonnées du site: www.aspap.org

Nous avons déjà beaucoup d'informations à faire passer dans ce site et nous les intégrerons  progressivement. Nous vous invitons tout de même à nous transmettre textes, commentaires, articles, informations, photos, vidéos, annonces qui viendront, dans la mesure du possible, alimenter ce site."

Annonce non réfléchie, les noms de domaines aspap étaient pris (plus de aspap.com, aspap.org, aspap.net et aspap.fr). L'Association chère à Augustin Bonrepaux, aussi peu prévoyante que l'IPHB en son temps s'est donc rabattue sur le domaine aspap.info. Mauvaise solution technique, mais cela, ils le découvriront plus tard, avec l’expérience. Nous allons enfin lire la prose que nous entendons depuis des mois.

Aspap Parallèlement à la création du site, il était temps pour eux de définir un logo qui pourra représenter l'association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées sur tous les supports de communication. C'est pourquoi l'ASPAP a lancé un appel aux graphistes de France pour créer un sigle qui restera dans les mémoires. L'ASPAP ne manquant pas de ressources à pondu ce logo...

ASPAP A la vue du logo de l'ASPAP, j'ai tappé "gribouillis" dans "google image" et je suis tombé sur un dessin de ... loup, un présage sans doute, celui de l'arrivée des loups dans les Pyrénées. On n'a pas fini d'entendre parler de l'ASPAP, qui va sans doute regretter le bon temps des ours. Je ne sais pas si le logo de l'ASPAP est provisoire ou définitif, mais une chose est sûre, la communication, la rédaction et le graphisme, cela ne s'improvise pas. Je préfère mon ours lisant son journal pyréniais. Nous aurons donc bientôt le temps de suivre les talents rédactionnels de l'ultrapastoralisme pyrénéen. Bienvenue sur la toile quand même. Je suis sûr qu’eux et nous allons avoir des surprises désagréables, mais cela, c’est une autre histoire, de … spécialistes.

Dollo nous avait promis une révolution médiatique. Inutile de s'attarder pour le moment sur le site officiel de l'ASPAP, tout est en travaux et comme j'imagine que kairn, ossau et orange vont bientôt être innondés de liens à la pyréniais. Nous aurons tout le temps d'aller voir. Il ne reste que le groupe de discussion verouillé où l'on discute à deux comme l'usine à lien de Louis Dollo ou un forum pastoral. Ca manque ça un forum pastoral, une idée à creuser.

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Paul Géroudet, Augustin Bonrepaux, l'ours, le gypaète et les réintroductions. Cherchez l'erreur

Paul Géroudet

Paul Géroudet est un ornithologue suisse de langue française, né en 1921 et décédé à Genève le 23 novembre 2006 des suites d’une double-pneumonie à l’âge de 89 ans. Paul Géroudet fut le plus grand ornithologue du monde francophone du XXe siècle.

La passion de Paul Géroudet pour la protection de la nature date de son adolescence. Il s’inscrit alors à la ligue suisse pour la protection de la nature ainsi qu’à la société ornithologique romande. Paul Géroudet fréquente assiduement la bibliothèque du Museum d’histoire naturelle de Genève.

Autodidacte dans le domaine de l'ornithologie, il commence à travailler dans l’enseignement comme instituteur et collabore à la revue de la société ornithologique romande «Nos oiseaux». Paul Géroudet en devient le rédacteur en chef en 1939 alors qu’il n’a pas encore 22 ans et aucun diplôme scientifique. Il le restera à la tête de la revue jusqu'en 1994.

Paul Géroudet, naturaliste et écrivain, ornithologue et écologiste est l'auteur de nombreux ouvrages de référence parus aux éditions Delachaux et Niestlé. Tous les naturalistes du monde francophone possèdent chez eux au moins un livre de Paul Géroudet. Son sens de l'écriture donnera à ses ouvrages, en complément du fond scientifique indiscutable, un ton et une expression poétique qui en fait un auteur unique dans la littérature ornithologique.

Militant de la première heure, Paul Géroudet eut une action prépondérante en dehors de son pays, et notamment en France, pour la protection des oiseaux. Son nom est mythique pour des générations d’ornithologues et il est à l'origine de centaines de vocations. Sans doute personne ne savait mieux que lui écrire sur les oiseaux, mêlant rigueur scientifique et poésie.  Paul Géroudet confiait que le devoir de sa vie avait était la protection de la nature. Paul Géroudet se disait être, parce que de nationalité suisse, un «passeur» entre les frontières : passeur de connaissances, passeur de passion et passeur d’espoir. Il s’émerveillait devant la «diversité époustouflante du monde des oiseaux». Paul Géroudet fut le  premier à traduire en français les cris et les chants des oiseaux par des syllabes et des onomatopées.

Paul Géroudet ornithologuePaul Géroudet racontait aussi, comprenant très jeune la nécessité de protéger les oiseaux : «La première des décisions que j’ai prises fut d’adhérer à des associations. Il m’a semblé que c’était un devoir indiscutable.» Il fut, avec Michel et Jean-François Terrasse, l’un des fondateurs du Fonds d’Intervention pour les Rapaces (FIR), qui milita pour faire voter puis appliquer la loi de protection de la nature de 1976.

Quand on lui demandait que faire pour que la protection de la nature devienne une véritable préoccupation pour nos sociétés occidentales, il répondait avec optimisme : «C’est un très long travail et je trouve que nous avons déjà gagné beaucoup de terrain. La seconde partie du xxe siècle a été extraordinaire de ce point de vue : le rythme du progrès dans les lois, dans les esprits ! On a réalisé des protections remarquables. Ce n’est pas suffisant, bien sûr. La fréquence des sujets traités par les médias sur l’environnement augmente d’une façon formidable. Et cette croissance a une certaine influence. Evidemment, on accordera beaucoup plus d’importance à l’élection d’une reine de beauté, mais cela a toujours été ainsi ! Il faut aussi avoir une certaine considération pour le caractère humain, tout simplement, et la diversité des hommes

Photo Laurent Vallotton, Muséum de Genève

Le Gypaète et l'ours : le coup de pouce de l'homme, réparateur de ses propres erreurs

Hommage à Paul Géroudet par Patrick Pappola.

La générosité altruiste  contre la mentalité du « combien ça coute ? »

Paul Géroudet est mort le 2 novembre 2006. Cet instituteur suisse laisse derrière lui un monument de l'ornithologie. Avec Robert Hainard, Maurice Blanchet, Gilbert Amigues, Maurice Blanchet, les frères Terasse et d'autres, is a été le pionnier de l'idée qui consiste à restaurer la nature après des décennies de pillage et de destruction.

Rendons hommage à l'œuvre généreuse et à la pensée de Paul Géroudet qui résume très bien l'état d'esprit de ce mouvement audacieux et optimiste dont nous sommes tous les héritiers. On ne peut s'empêcher de penser à l'ours des Pyrénées et aux bâtons dérisoires que les Bonrepaux et autres Lassalle d'une autre époque, cherchent à leur mettre dans les pattes quand on relit Paul Géroudet a propos des premières phases du programme de réintroduction du gypaète dans les Alpes.

« Pour ma part, j'estime que le rachat d'une erreur humaine n'est jamais trop coûteux, surtout en considération des dépenses exorbitantes affectées à maints engins guerriers et destructeurs. Notre utopie était de rendre aux montagnes le vol silencieux des grands oiseaux. Elle est certes onéreuse, mais si peu à côté de la folie rugissante des avions de combat !

De plus, la réhabilitation du Gypaète dans les Alpes s'avère un extraordinaire exemple de coopération internationale à but non lucratif et c'est aussi une expérience d'un grand intérêt scientifique. Elle nous offre encore une raison de croire en la puissance de la vie dans toute sa diversité. Enfin, n'est-il pas réconfortant que les hommes puissent démentir les prophètes du malheur et de l'échec ?

J'avais pris le parti de l'utopie et j'ai le plaisir exceptionnel de voir mon rêve se réaliser. A tous ceux et celles qui, à mes côtés, à ma suite ou dans la vaste confrérie, ont relevé le défi, j'exprime ma reconnaissance du plus profond de mon coeur. »

Paul Géroudet - Genève, janvier 1992 et Aout 1999 - « Le Phénix renait de ses cendres », extrait de « Le Gypaète barbu » de Jean François Terasse (Delachaux et Niestlé, 2001)

Le parallèle avec le coût de la réintroduction de l’ours

Augustin Bonrepaux et Jean Lassalle ont mis sur pied des commissions d'enquêtes parlementaires pour connaître le coût de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées. Ils découvriront qu'il ne représente que 0,0004 % du budget de notre pays. (Lire « Coût de la réintroduction des ours. Augustin Bonrepaux gesticule dans l'indifférence générale.»)

L'audace des pionniers, notre précieux héritage

Voilà comment Paul Géroudet décrit la force qui a poussé les naturalistes du XXème siècle à agir pour reconstituer la nature que l'homme s'échinait à dévorer pièce après pièce, jour après jour. Là encore, le parallèle saute aux yeux avec les ultrapastoraux et leurs réseaux politiques, médiatiques et syndicaux qui ont cherché à faire échec aux lâchers de 5 ours cet été dans les Pyrénées. Les portraits de certaines tristes figures apparaissent en filigrane...

« En ce temps là, le monde des oiseaux était si méconnu de mon entourage humain que mon goût hérétique s'en exaltait. J'entendais dire : "... une bizarrerie de jeunesse, ça lui passera...". Mais comme je partageais l'hérésie avec quelques amis pas plus honteux que moi, nous cultivions ensemble la ferveur et le respect pour la vie sauvage.

Cette inconvenance nous rendait contestataires à l'égard de notre propre espèce à mesure que, sous nos yeux, les merveilles que nous aimions recevaient des coups : la rivière du martin-pêcheur canalisée, le marais brûlé ou couvert d'ordures, le verger de la chouette arraché... Il était des méfaits plus graves : les hérons, la plupart des rapaces diurnes et la loutre, entre autres "nuisibles", étaient férocement pourchassées.

Nos belles montagnes, célébrées par les chorales de villages avaient perdu l'ours, le lynx, le gypaète, et l'on ne se souvenait plus du castor. Une lueur d'espoir pourtant : le bouquetin, jadis exterminé, commençait à prendre pied, ici ou là, grâce à des réintroductions : une nouveauté ! Le tour des autres espèces pouvait-il venir ? Nous évoquions cette utopie exquise sans beaucoup d'illusions. Toutefois,  nous n'avions pas le pessimisme de certaines augures consacrés qui prédisaient la disparition inéluctable des espèces "à bout de souffle", des animaux impropres à la domestication ou inutiles à l'homme.

La crétinerie délirante de l'anthropocentrisme nous faisait horreur. La réaction se préparait, mais le terrain devait être plus accueillant. D'autres que nous y avaient déjà travaillé. Le mouvement de sauvegarde de la nature (je préfère ce terme à protection et conservation) progressait lentement depuis le début du siècle, arrachant des concessions minimes tout d'abord, à la mesure de sa faiblesse. Au cours des décennies, d'innombrables dévouements ont néanmoins renforcé son audience et son efficacité.

Informer et convaincre le public et ses élus, combattre les inerties, les malveillances et les intérêts matériels ; lutter pour obtenir les meilleures lois, des territoires protégés, sauver des milieux naturels et des animaux proscrits...

Il a fallu progresser petit à petit, avec des moyens modestes, à l'encontre des idées reçues. Sans cette longue persévérance, où en serions-nous aujourd'hui ? Si l'on a pu songer à libérer des gypaètes dans les Alpes, à rendre le castor à des rivières et le vautour fauve à son fief ancestral des Causses, c'est que les conditions d'espérer avaient été créées au prix d'efforts multiples ».

Paul Géroudet - Genève, janvier 1992 et Aout 1999 - « Le Phénix renait de ses cendres », extrait de « Le Gypaète barbu » de Jean François Terasse (Delachaux et Niestlé, 2001)

Pour le retour du Gypaète, mais aussi, du castor, de l'ours, du lynx

Paul Géroudet et les naturalistes pionniers qui composaient son entourage imaginaient le retour de chacun des éléments qui constituaient il y a peu la faune européenne dans son ensemble. Il est significatif de constater que ce sont les mêmes qui ont été à l'origine des principales réintroductions (ou renforcements de population) de ces dernières années ! Nous devons vraiment énormément à ces précurseurs.

« Ici, de nouveau, paraît Robert Hainard. Entre bien d'autres réflexions prophétiques, notre vieil ami s'est fait l'avocat des réintroductions pour que la faune originelle soit restaurée. Il a trempé dans celle du castor, inspiré celles du lynx et du bison, et si l'ours et le loup font hésiter, ce n'est pas de sa faute. Le gypaète qui couronnait jadis la faune alpine, n'a pas manqué de la fasciner.

En Gilbert Amigues, ingénieur des Eaux et Forêts, devenu responsable officiel de la faune en Haute Savoie, l'idée trouva l'écho providentiel, l'initiateur et promoteur du premier projet concret. En 1972, quand Gilbert Amigues sollicita mon concours pour étudier le cas du gypaète, il sut dissiper mes réticences helvétiques et m'engagea dans l'aventure à titre de conseiller. »

Paul Géroudet - Genève, janvier 1992 et Aout 1999 - « Le Phénix renait de ses cendres », extrait de « Le Gypaète barbu » de Jean François Terasse (Delachaux et Niestlé, 2001)

Agir contre vents et marées ou contribuer passivement au déclin

Avant le Gypaète, cette équipe de pionniers, les frères Terrasse cette fois, ont tenté le pari fou pour l'époque du retour du vautour fauve dans les Causses. A travers le récit de cet exploit (toujours sous la plume de Paul Géroudet), on mesure l'importance du sillon qu'ils ont tracé, pour le vautour, mais aussi, pour le gypaète, le lynx ou l'ours ! Et surtout, on mesure à quel point il a été important d'agir, malgré l'adversité et les prophètes de mauvaise augure. L'importance de l'action ! C'est à ce prix que le ciel des Causses a retrouvé une grande part de vie. Toujours à lire en pensant très fort à l'ours...

« A leur tour, Jean François et Michel Terrasse, passionnés de rapaces, bravèrent les critiques pour réintégrer le vautour fauve dans le Massif Central : un défi d'envergure ! Dans les coulisses, les cassandre trouvaient scandaleux d'offrir des cibles aux gâchettes faciles, illusoire de prétendre créer une colonie viable avec des sujets sortis de volière,  leur inexpérience les condamnerait à se perdre en errances lointaines, donc à périr ou à demeurer, tels des volailles, dans la dépendance des nourrissages.

Au surplus, l'espoir de constituer par cet artifice un noyau de population libre et autonome était pratiquement nul, si l'on considérait la période d'immaturité et la lenteur de la reproduction. Avait-on bien mesuré l'énormité d'un effort soutenu sur plus d'une dizaine d'années, la dépense à engloutir dans l'aventure, sans parler de l'opinion publique régionale, jugée hostile ou réfractaire, qu'il fallait nécessairement convertir ?

Malgré toutes les objections et tous les risques qui étaient réels, la fabuleuse entreprise a pris son essor, nous connaissons sa réussite. Aujourd'hui, vingt-deux ans après les modestes débuts de 1970, des vautours fauves planent dans le ciel des Causses ; ils construisent des aires dans leur colonie des gorges du Tarn et de la Jonte, pondent des oeufs, élèvent des jeunes. »

Paul Géroudet - Genève, janvier 1992 et Aout 1999 - « Le Phénix renait de ses cendres », extrait de « Le Gypaète barbu » de Jean François Terasse (Delachaux et Niestlé, 2001)

Des débuts difficiles pour le gypaète dans les Alpes

Ainsi, le succès du vautour fauve pouvait légitimement donner des ailes aux acteurs de la réintroduction du gypaète dans les Alpes. Mais une telle opération ne fut pas aussi simple que prévu et il a fallu beaucoup de persévérance à l'équipée pionnière pour mener à bien un projet dont les premières idées connues remontaient aux années 1920 ! Des difficultés importantes vinrent compromettre les premières tentatives.

Encore une fois, l'histoire de la réintroduction du gypaète relativise considérablement les quelques errements des ours lâchés cet été (recapture de l’ours Balou et de l’ourse Sarousse, mort de l’ourse Palouma) : ces difficultés sont somme toute tout à fait naturelles pour ce genre de projets d'envergure et les soucis qu'ont pu poser nos ours lâchés cet été ne sont rien par rapport à ce qui attendait les responsables du retour du gypaète !  Retrouvons la plume de Paul Géroudet.

« Notre première réunion de travail eut lieu le 15 juin 1973 à Chamonix, où quelques intéressés de France, d'Italie et de Suisse confirmèrent leur volonté de tenter l'expérience dans ces trois pays ; la Haute Savoie assumerait la première phase pilote. L'arrivée en octobre de quatre oiseaux achetés au zoo de Kaboul, leur installation en décembre dans une vaste volière proche du Petit-Bornand, un premier décès par aspergillose [un champignon s'attaquant aux voies respiratoires et présent dans la paille des volières ] en février 1974, une évasion en août ... puis d'autres déboires ne nous furent pas épargnés et il semblait pour finir que nous avions échoué. Néanmoins, deux des sujets libérés survécurent plus d'un an, selon des observations provenant de la région de Sixte et de la vallée d'Aoste ; nul ne sait s'ils vivent encore.

Rétrospectivement, je me rends compte que notre connaissance des problèmes était encore insuffisante, que nous n'avions pas choisi la meilleure méthode pour acclimater et libérer les oiseaux, enfin que les gypaètes eux-mêmes et leur santé réservaient à notre inexpérience de cruelles déceptions. Nous avons donc "essuyé les plâtres". Au-delà des critiques, cette déconvenue n'en a pas moins déclenché une dynamique, sur une base beaucoup plus large et fortement organisée.

Le nouveau départ décidé en novembre 1978 lors d'un symposium à Morges, fut un projet de grande envergure, associant notamment l'UICN, le WWF International et la Société zoologique de Francfort. L'adhésion de l'Autriche fut inestimable, car le zoo d'Innsbruck ayant obtenu la reproduction de l'espèce (de même que celui de Le Vaud plus tard), un plan d'élevage était mis en oeuvre à Vienne. Le programme fut donc basé entièrement sur des reproductions en captivité, ce qui impliquait une recherche des adultes captifs un peu partout en Europe, des identifications de sexes, des appariements et des installations adéquates. C'est seulement après cet énorme travail et dès que l'on disposait de jeunes gypaètes en nombre suffisant que des libérations étaient envisagées, en deux lieux sélectionnés et selon une méthode bien mise au point. Tout ceci a duré des années, mobilisant un grand nombre de collaborateurs et diverses institutions, entre autres un centre d'information et de coordination à l'université de Zurich et un bureau d'études écologiques (FORNAT).

Il a donc fallu attendre 1986 pour que les trois premiers juvéniles prennent leur vol dans le Rauristal en Autriche. Tout s'était bien passé, l'opération fut aussi engagée en 1987 dans les préalpes de Haute Savoie (...).»

Paul Géroudet - Genève, janvier 1992 et Aout 1999 - « Le Phénix renait de ses cendres », extrait de « Le Gypaète barbu » de Jean François Terasse (Delachaux et Niestlé, 2001)

Une réussite pour les hommes d'aujourd'hui et de demain

Après les boires et déboires des premières années, l'abnégation, la persévérance et l'action ont fini par payer. Et comme pour chacune des réintroductions ou sauvetages de populations d'espèces menacées, cette œuvre vaut pour le bonheur de tous ceux qui aujourd'hui ou demain croisent et croiseront à nouveau la majestueuse silhouette du gypaète dans les Alpes.

« (...) Aujourd'hui [1992], plusieurs dizaines de casseurs d'os rôdent dans les Alpes,  sans la tutelle des parents, restés en volière pour la procréation, ils se sont adaptés à la liberté, à la montagne et à son climat. Ils savent d'instinct trouver les os et les briser, ils supportent les hivers. On a donc l'espoir qu'ils se fixeront, s'apparieront et donneront naissances à de véritables gypaètes alpins. Cela n'ira pas tout seul car le barbu n'est pas toujours heureux en ménage et ne réussit pas du premier coup sa progéniture. Attendons avec confiance et patience...

J'écrivais ces lignes en janvier 1992, ne sachant alors si les espoirs attachés à ces oiseaux seraient finalement exaucés. Il fallait encore attendre. Le réseau des observateurs disséminés sur tout le massif alpin suivait les errances et les séjours des jeunes gypaètes. Chaque année, plusieurs recrues nées en captivité étaient portées vers leurs premiers vols en liberté.

Où et quand les plus âgés adopteraient-ils un territoire et formeraient-ils des couples aptes à se reproduire ? La première promesse surgit en Haute-Savoie, dans les montagnes où l'essai initial avait été tenté. Cette fois, le succès a couronné notre longue attente : après un début hésitant, les deux gypaètes ont retrouvé les rites ataviques, les savoirs des ancêtres, tout ce qu'exige la perpétuation de leur espèce.

En ce mois d'août 1999, ce couple veille sur le troisième des jeunes qu'il a élevé successivement depuis 1997, dans l'âpre liberté de la montagne. Ailleurs dans le massif alpin, d'autres couples se sont cantonnés et ont niché avec des échecs ou des succès que l'on surveille de près.

Ainsi se trouvent justifiés les espoirs hasardeux des débuts et des années d'efforts persévérants. Nous savons que l'aventure ne s'arrêtera pas là car la création d'une population alpine de gypaètes barbus viable à long terme exigera encore beaucoup. Est-ce vraiment trop cher d'assurer l'avenir d'une espèce aussi fascinante ? »

Paul Géroudet - Genève, janvier 1992 et Aout 1999 - « Le Phénix renait de ses cendres », extrait de « Le Gypaète barbu » de Jean François Terasse (Delachaux et Niestlé, 2001)

Réintroduire le gypaète dans les grands Causses

En 2005 (les données de 2006 ne sont pas encore publiées), l'arc alpin compte 16 territoires occupés par le gypaète, 9 couples reproducteurs et 7 jeunes (dont 4 en France) ont pris leur envol. Tout ceci grâce à la réintroduction.

Bilan sur les deux populations originelles :

  • Les Pyrénées  (françaises) comptent 25 couples (contre 18 en 1995) qui ont donné 9 jeunes à l'envol.
  • La Corse compte 5 couples qui n'ont donné aucun jeune en 2005.

Selon Jean François Terrasse (Rapaces de France N°8 de janvier 2006), « Ces trois noyaux sont encore isolés les uns des autres et il importera dans l'avenir de créer des ponts pour reconstituer des échanges génétiques indispensables. »

L'avenir ? Un projet de réintroduction du gypaète barbu dans les Causses. Selon Michel Terrasse, « Le brassage génétique possible qui suivrait ne pourrait (...) que garantir un peu plus l'avenir de cette espèce dans l'Europe toute entière.» (...) Il ajoute : « Moi qui ai eu la chance de figurer parmi ces cinglés qui rêvaient de revoir les grandes silhouettes tracer leurs paraboles dans ces falaises, j'avoue que j'aurais bien d'autres raisons de rêver au retour du fabuleux casseur d'os. Robert Hainard parlait de plénitude de la nature comme l'un de ses objectifs les plus ardents dans sa quête passionnée du sauvage. Ce monde "plein", qu'il nous a fait redécouvrir et aimer, ne l'est pas tout à fait dans les Grands Causses, tant qu'il y manque la silhouette élancée du gypaète barbu. (...) ».

Chapeau bas aux pionniers !

Patrick PAPPOLA

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