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14 décembre 2006

Coût de la réintroduction des ours. Augustin Bonrepaux gesticule dans l'indifférence générale

Le député de l’Ariège Augustin Bonrepaux, ex-braconnier et farouche opposant à la réintroduction, juge et partie, a présenté son rapport sur le coût de la réintroduction. (Il est président d’une commission qui est censé enquêter objectivement sur le coût des réintroductions d’ours dans les Pyrénées.)

«J'ai demandé un rapport sur ce que coûte vraiment cette opération» a expliqué hier Augustin Bonrepaux. «On n'a pas mesuré les effets indirects de la réintroduction, mais si on fait tous les calculs, les frais sont multipliés par dix ! Ces dernières années, ce sont 12 millions d'euros qui ont été dépensés… »
Fin comptable le Tintin! En dix ans les coûts sont multipliés par… 10. En douze ans, les coûts seront multipliés par ...? Douze, c’est bien, vous suivez.

L'argent de l'ours est dépensé pour l'ours, un scandale

Augustin Bonrepaux regrette que les sommes dépensées pour la sauvegarde des ours ne le soit qu’à un tiers (d’après ses calculs) au profit de… l’élevage !  «Il ne s'agit que d'un tiers des sommes concernées. Le reste est consacré à l'équipe technique Ours, à la promotion et à la communication sur l’ours.»

On comprend mieux son amitié avec Jean Lassalle, Président de l’IPHB Institution Patrimoniale du Haut Béarn qui en douze ans a dépensé des millions  avec sa charte destinée à sauvegarder l’ours en Béarn et où seulement 10 % des sommes étaient réellement destinées à la sauvegarde des ours, le reste étant largement distribué dans le milieu de … l’élevage.

Maintien de l'ordre

Augustin Bonrepaux reprend les mêmes arguments que l’ASPAP, l’association ultra-pastorale qu’il a financé sur le budget du Conseil Général de l’Ariège : «Si l'on calcule le temps passé par les fonctionnaires de l'Agriculture ou de l'Environnement à ce dossier, on peut considérer que c'est l'équivalent de 19 temps plein ! Et d'après ce que la gendarmerie m'explique, l'ours mobilise l'équivalent d'une brigade de 12 hommes sur toute l'année. ». Il oublie de  préciser que l’ASPAP avec ses dégradations musclées (ARBAS, MASSAT..) est à l’origine du déploiement massif des forces de l’ordre cet été.

Augustin Bonrepaux, avec ces discours incendiaires et en finançant l’ASPAP est à l'origine des troubles pour après regretter les dépenses que cela occasionne, le tout, sans rire. Plus c'est gros, plus celà passe. Augustin Bonrepaux veut arrêter les frais? C’est bien, nous aussi. En arrêtant l’ASPAP, on mettra fin au saccages (10 extrémistes de l’ASPAP ont été condamnés), aux discours extrémistes anti nature et aux frais destinés à contenir les hordes d'éleveurs violents et braillards.

Mais pour Augustin Bonrepaux, ce ne sont pas les extrémistes en bérêt qu’il faut contrôler, ce sont les ours qu’il faut parquer dans des réserves pour… lâcher les brebis dans la nature et sans surveillance, bien sûr. Rien que du normal en somme pour les adeptes de la rentabilité: à quoi cela sert un ours? Qu’est ce qu’il vous rapportent les ours ? Tandis que les brebis...

  • L’ours coute 4 centimes d’euro par français. (2,2 millions d’euros)
  • Les dégats des prédateurs coûtent 6 centimes d'euro par an.
  • L’ASPAP a couté 20 centimes d’euro par ariégeois
  • Le refus d’appliquer la directive européenne Natura 2000 (cheval de bataille de Jean Lassalle) coute par français 30 fois plus que la tentative de sauvegarde de la population reliquaire d’ours dans les Pyrénées, soit 60 millions d’euros d’amende.
  • Les subventions agricoles coûtent 188 euros par ans à chaque français.

Se débarasser des ours

Augustin Bonrepaux en fin visionnaire n’exclut pas l’extinction progressive des ours, faut dire qu’avec ses copains éleveurs et chasseurs, ils s’appliquent à y arriver. Il s’agit bien de l'extinction de l'espèce et des engagements de la France à sauver ses ours, soutenue qu’elle est par l’opinion publique, majoritairement favorable à la suvegarde des ours. Croyez-vous qu'il regrette cette disparition? Que neni, c'est son souhait. La position d'Augustin Bonrepaux sur le pacte écologique est claire : les espèces, la planète, il s'en fout.

Augustin Bonrepaux en chef de file des ultras-pastoraux propose en conséquence «Le cantonnement des ours sur des territoires qui leur seraient spécialement dédiés», mais pas dans son jardin où il ne désire que des brebis et laisse sous entendre que tous les pyrénéens sont derrière lui. Manipulons, il en restera toujours quelque chose. "Nous avons gagné la bataille médiatique..." Celà vous rappelle quelque chose?

Relativité

Matthieu Krammer : « D'une manière générale, en France, dès que l'on dépense de l'argent consacré à l'environnement ou la protection de la nature, c'est de l'argent gaspillé. Il faudrait peut-être rappeler que les crédits consacrés à l’ours proviennent essentiellement du budget du ministère de l’Ecologie, qui lui-même ne représente que 0,3 pour MILLE du budget total de l’Etat. Et certain trouve que c'est déjà beaucoup trop...

En France, le cumul annuel des dépenses ours ET loup équivaut à la création d’un kilomètre d’autoroute. Histoire de se faire une idée. Enfin, petite info tirée de l'édito d' « Alpes magazine » n°97 (janvier-février 2006) consacré au loup (mais la transposition dans les Pyrénées est évidente :

« Dernier point, le coût du loup. Il représente une goutte d'eau dans l'océan des subventions agricoles : 11 milliards d'euros par an en France, soit 188 euros par citoyen français, contre 6 centimes d'euros par habitant pour l'indemnisation des dégâts dus aux grands prédateurs, loups et ours réunis.»

Donc oui, les français dépensent 6 centimes d'euros par an pour rembourser les dégâts ours/loup et 4 centimes pour renforcer la population d'ours dans les Pyrénées, mais dans le même temps (et personne n'en parle), nous donnons 188 euros de subventions agricoles. Il est où le vrai gouffre ?

Disons les choses clairement, le coût des mesures de prévention - aide-berger, chien de garde, parc de nuit - n'est ni plus ni moins qu'un soutien à la filière ovine, pour laquelle rien n'avait été fait avant l'arrivée du loup

Philippe Bonhème
rédacteur en chef adjoint d'Alpes Magazine
N° 97 (Janvier-Février 2006)

Tout est relatif, mais la mauvaise foi d'Augustin Bonrepaux, juge et partie est évidente.  Ces gesticulations outrées d'hier ne cassent pas une patte à un canard. Heureusement qu'il reste des journalistes ayant un peu de sens critique. Ainsi Pierre Verdet dans Sud-Ouest

Des ours trop chers ?

Selon Augustin Bonrepaux, député PS de l'Ariège, plus de 12 millions d'euros ont été dépensés en dix ans pour des plantigrades qu'il voudrait enfermer.

C'est un rapport parlementaire sans grande surprise qu'a rendu hier Augustin Bonrepaux, député socialiste de l'Ariège, sur la réintroduction des ours dans les Pyrénées. C'est un peu comme si l'on avait confié à Allain Bougrain-Dubourg la rédaction d'une enquête sur le bien-fondé de la chasse en France, ou une autre à Brigitte Bardot sur le nécessaire massacre des bébés phoques sur la banquise. Augustin Bonrepaux n'a jamais caché sa farouche opposition à la réintroduction de plantigrades dans les Pyrénées. C'est lui qui avait écrit au printemps dernier au Premier ministre pour le mettre en garde sur les risques de transmission de la grippe aviaire par les ours arrivant de Slovénie. C'est encore lui qui s'était couché sur la route aux portes de la commune d'Arbas pour bloquer le véhicule transportant Palouma.

Hier, ce sont les dépenses engagées pour la restauration de la population ursine qu'il a révélées devant la commission des finances de l'Assemblée. Selon lui, plus de 12 millions d'euros auraient été consacrés en dix ans aux diverses opérations de réintroduction, mais aussi de suivi et d'aides aux éleveurs. Avec « un pic de consommation sans précédent à 2,24 millions d'euros pour 2006 pour la réintroduction des cinq ours slovènes », dénonce-t-il.

Trop cher, sauf l'IPHB. Augustin Bonrepaux regrette que « les aides aux éleveurs ne représentent qu'un tiers du volume budgétaire du programme de réintroduction, les deux tiers restants étant consacrés au suivi et à la promotion de l'ours ». Il conteste également « le financement de l'Association pour la cohabitation pastorale, qui avait bénéficié en 2005 d'une subvention de 204 000 euros de la Direction de l'environnement de Midi-Pyrénées pour acheter, dresser et mettre en place les chiens pastous servant à la protection des troupeaux ».

En revanche, il estime exemplaire le travail de l'Institution patrimoniale du haut Béarn (IPHB), qui a perçu 2,57 millions de subventions publiques en dix ans au titre du maintien des populations d'ours dans les Pyrénées, pour s'opposer ensuite aux réintroductions...

Pour le député de l'Ariège, une seule solution est admissible : mettre progressivement le dispositif en sommeil et «cantonner les plantigrades dans des zones délimitées où leur présence est souhaitée», en attendant que l'espèce s'éteigne pour de bon cette fois. Le même Augustin Bonrepaux, soutenu par Jean Lassalle, député UDF des Pyrénées-Atlantiques, avait vainement tenté le mois dernier de réduire de 1 million d'euros le budget consacré au suivi des ours pyrénéens.

Quatre centimes par Français.

A ce rapport financier, les associations favorables à la réintroduction, regroupées dans Pays de l'ours-Adet, répondent par d'autres chiffres. « M. Bonrepaux oublie que le programme ours finance directement 120 emplois en zone de montagne. Et, s'il faut parler d'argent gaspillé, nous n'oublions pas que la France paie chaque année plus de 60 millions d'euros d'amende à l'Union européenne pour non-application de la directive Natura 2000 », lance Alain Reynes, directeur de l'Adet. « M. Bonrepaux ne semble pas choqué par ces dépenses et il préfère s'acharner sur le budget microscopique du programme ours, 2,2 millions d'euros pour 2006, soit 0,0004 % du budget de l'Etat, c'est-à-dire moins de 4 centimes par an et par Français. Nous nous engageons à rembourser cette somme à notre siège, à toute personne jugeant cette dépense trop élevée. »

D'autres chiffres encore officieux devraient relativiser un peu plus le rapport du député de l'Ariège. Selon le Fiep Groupe Ours Pyrénées, présidé par Gérard Caussimont, les dégâts causés aux troupeaux l'été dernier « ne sont pas la catastrophe annoncée par les anti-ours. Le nombre des bêtes donnant lieu à indemnisations sera supérieur à celui de 2005 mais inférieur à celui de 2000, avant le renforcement ».

Le faible impact de l'ours

Alors qu'on prédisait des carnages, avec dix ours de plus qu'en 2000 dont cinq nouveaux arrivés de Slovénie, il n'y aurait eu cet été, sur les estives de l'ensemble de la chaîne pyrénéenne, qu'environ 300 bêtes tuées par les plantigrades, et celles-ci seront largement remboursées. Or, il faut savoir que, de l'avis même des éleveurs pyrénéens, au moins 3 % de leurs bêtes passant la belle saison en montagne meurent chaque année victimes de maladies, de la foudre ou des chiens errants. Ce serait donc plus de 15 000 bêtes qui disparaissent ainsi chaque été et, dans plus de 90 % des cas, sans qu'ils en soient indemnisés. La part de l'ours reste donc dérisoire.

Pierre Verdet

Augustin Bonrepaux: Rapport d'information sur le coût budgétaire de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées Télécharger le Rapport d'Augustin Bonrepaux

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