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novembre 2006

30 novembre 2006

Baudouin de Menten : Résistances met Tintin en colère

Baudouin de Menten - Affaire du Festival Résistances. Tintin Bonrepaux d’une mauvaise foi crasse persiste et signe dans un communiqué non signé. Entrons en Résistance avec un grand R

Conseil Général de l'Ariège, Service de la désinformation... Oups, de la communication, celà m'a échappé. Milles excuses plates, Monsieuuur le Prééésident. Reprenons...

Conseil Général de l'Ariège, Service de la communication

Monsieur SARACINO organise volontairement le bûcher du Festival Résistance.
L’Association « Les amis du film en Ariège », organisatrice du Festival «Résistance» connaît des difficultés financières malgré l’appui régulier du Conseil général.

Monsieur SARACINO, président de l’Association, est par ailleurs aussi candidat pour les Verts aux prochaines élections législatives. [NDLB : Bonrepaux, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué n’aime pas le vert, surtout quand il résiste.]

Si vous ajoutez une très fâcheuse tendance du personnage à intervenir toujours de manière subjective, virulente, parfois insultante pendant les débats qu’il organise comme ce fût le cas à propos de la réintroduction des ours dans les Pyrénées lors de la dernière édition, il est facile d’expliquer pourquoi le président de cette association veut faire «exploser en vol la fusée Résistance» pour retenir l’attention, ne serait-ce qu’un instant, sur le candidat Vert qu’il est.
[ NDLB: L’enregistrement de ce débat est en ligne. Ce serait intéressant que le seigneur ariègeois explique à ses fidèles vassaux quels sont les propos « subjectifs, virulents et insultants » qui ont été prononcés lors du fameux débat qui empêche Bonrepaux de dormir.]

Mais Monsieur SARACINO est aussi mauvais artificier que gestionnaire et il sera la première victime du feu d’artifice qu’il allume. [NDLB: Quel humour fin, Monsieur le Président, quel taluentueux communicateur vous-êtes. Tout va bien Monsieur le Président ?] Car, même s’il a pris la décision d’arrêter son Festival, la diffusion culturelle ne s’arrêtera pas en Ariège, je le rassure. D’ailleurs, ses propos, satisfaits et condescendants, auront dû choquer les centaines de personnes qui chaque année oeuvrent pour la vie culturelle de ce département et qui n’ont pas tous à leur disposition, loin s’en faut, les moyens du Festival Résistance. [ NDLB: Que les centaines de personnes outrées parlent et si elles se taisent, qu'on leur coupe la tête.]

Pour les habitués de ce Festival, il est important de savoir que Monsieur SARACINO ne met rien en oeuvre pour le poursuivre :

  • il reste totalement muet pendant quatre mois, après avoir reçu mon courrier du 17 juillet dernier, [NDLB : Le goujat ! Refuser de répondre au tout puissant seigneur de l’Ariège, quelle infamie, quel manque de respect envers le Président Général de bon conseil !]
  • il refuse de s’excuser sur son attitude incorrecte lors du débat sur la réintroduction des ours, [NDLB : Et en plus il refuse de lui cirer les pompes, il résiste, mais où se croit-il, ce Saracino ? D’ailleurs est-ce bien un nom ariègeois ?]
  • il choisit de rendre publique la correspondance privée du 17 juillet et décide, enfin, de largement communiquer par voie de presse sa réponse polémique avant même que je ne la reçoive. [NDLB : le CG09 ferait mieux d’améliorer la distribution du courrier dans le fin fond de la France profonde. Et qu’elle idée de rendre public les dérives médiatiques du noble et puissant courtisant de ce vaillant comté. Quelle impudence ! Qu’on l'écartelle !]

D’autre part, il faudrait savoir s’il a sollicité financièrement le Ministre de l’Environnement, ou des associations proches, plus en harmonie avec certaines de ses idées. [NDLB : Vous savez, celles qui noyautent le ministère, le puissant lobby escrolohulotien qui organise le grand complot environnemental et critique les nobles et justes décision de notre vaillant défenseur des pauvres éleveurs zé orphelins.] En toute hypothèse, il n’a toujours pas saisi le Conseil général pour demander un partenariat. En réalité, c’est Monsieur SARACINO qui supprime le Festival Résistance.

Il est maintenant évident qu’il n’a jamais servi ni le Festival, ni la culture et il s’en débarrasse au moment où cela ne le sert plus. [NDLB : Augustin Bonrepaux sert-il la culture en coupant les vivres du Festival Résistances ? Le monde à l’envers encore une fois] Et ce sont les mêmes principes qu’il voudrait appliquer en politique. [NDLB: Ah, cet opposant tout de même, qu'il prenne exemples sur les principes de démocratie que j'applique moi-même envers mes sujets, enfin, ceux qui me soutiennent.]

Les Verts Ariège communiquent: «Entrez en Résistances» !

Après M. Piquemal, c’est au tour de M. Bonrepaux. Les dirigeants de ce département supportent mal toute opposition (de droite comme de gauche) et mettent en cause de façon insultante les personnes avant de répondre sur le fond des problèmes.

Les Verts d'Ariège apportent leur soutien à Marc Saracino face à la sanction financière dont est victime le festival «Résistances» qui a le «tort», pour nos décideurs départementaux, d’être un espace culturel de liberté et de diversité.
Cet esprit de «Résistances» est reconnu par tous les participants toujours plus nombreux chaque année.

Les Verts d’Ariège, quand ils ont pris connaissance de la lettre de M. Bonrepaux sanctionnant le festival, ont voulu que les faits soient rendus publics au plus vite pour dénoncer cet acte politique inadmissible venant d’un élu de gauche.
C’est Marc Saracino qui ne l’a pas désiré car son objectif était de sauver le festival et les emplois qui y sont liés. La volonté de Marc Saracino n’était donc pas politicienne, au contraire, d’autant plus qu’il n’était pas encore désigné candidat des Verts pour les législatives dans la 1ère circonscription de l’Ariège.

Au delà des étiquettes politiques, il faut entrer en «Résistances» pour sauver cet événement estival qui est aussi une vitrine de l’Ariège, même s’il n’est pas le seul événement culturel de qualité…

Par email, Jean-Charles Sutra, Les Verts - Ariège

Liberté pour les ours

Liberté  pour les oursL'association FERUS dénonce la publication des localisations d'ours et déplore l'utilisation des annonces par les opposants qui n'utilisent pas ces informations pour protéger leurs troupeaux mais pour faire fuir les ours plus loin. Le syndrome NIMBY (Pas dans mon jardin), avec en plus, ici, une vraie intention de nuire. Est-ce bien raisonnable? Quel est l'intérêt d'informer toutes les semaines sur la localisation des ours équipés de colliers ?

La buvette soutient la démarche de FERUS. Foutons leur la paix ! Liberté pour les ours. C'est avec plaisir que je reproduis ici la lettre que FERUS écrit à Nelly Olin.

Paris, le 10 novembre 2006

Madame la Ministre,

Le conseil d'administration de FERUS s'est longuement penché lors de sa dernière réunion sur la question de la localisation des ours dans les Pyrénées.

Comme les autres associations de protection de la nature, FERUS avait approuvé l'idée d'une communication dynamique et moderne sur le comportement des ours après leur réintroduction. Nous partagions la volonté de réfuter par avance les accusations de « clandestinité » de l'opération, et nous pensions que cette mise en ligne  quotidienne de la localisation et des activités des ours les placerait en quelque sorte sous la protection de la population et des médias et rendraient plus difficiles les actes de violence à leur encontre.

Nous avions toutefois mis en garde le DIREN coordonnateur sur les risques de dérive que pouvait présenter une telle option. Il n'était pas question, à nos yeux, qu'on accoutume les différents acteurs à ce type d'information au point qu'il deviendrait progressivement indispensable de rééquiper indéfiniment tous les ours pour satisfaire le besoin de transparence et de communication.

M. SENEGAS nous avait rassurés et avait dit que l'intention des pouvoirs publics était bien de ne pas re-capturer les ours une fois les émetteurs arrivés en fin de vie. Il était d'accord avec nous : quelle que soit leur origine, les ours des Pyrénées sont des animaux sauvages dont les mouvements doivent comporter une part d'imprévu. Les dispositifs de suivi sont là à des fins de bonne gestion et de connaissance dans la phase délicate qui suit la translocation, plus tard il n'y sera recouru que dans le cadre de travaux scientifiques.

Mais nous avons reconsidéré notre position au fur et à mesure que grandissaient les menaces dont les ours relâchés faisaient l'objet. D'abord les opposants ont tenté de saboter par tous les moyens les réintroductions, au risque de porter atteinte au bon état physique des ours. Ensuite ils ont mené des opérations plus ou moins symboliques d'effarouchement, avec la volonté affichée au moins de décantonner, parfois de perturber au maximum les animaux.

Palouma est morte, sans que nous connaissions aujourd'hui les conclusions officielles définitives des enquêtes, en dehors de l’analyse toxicologique. Des Slovènes nous ont écrit pour nous dire qu'il leur paraissait impensable que cette ourse soit tombée toute seule et qu'elle avait sûrement été effarouchée, peut-être à l'insu des services français de la protection. Nous n'avons pour le moment rien à opposer à ces remarques.

Et surtout l'acharnement que mettent certains élus à réclamer régulièrement la re-capture des ours, leur enlèvement des zones d'élevage, les propos qu'ils tiennent sur des accidents de chasse dont les ours pourraient être victimes, l'empressement qu'ils mettent à se déclarer solidaires de ceux qui organisent des battues illégales nous conduisent à ne prendre aucune menace à la légère.

Nous savons trop que dans ce domaine comme dans d'autres, des esprits sommaires peuvent passer à l'acte en se croyant implicitement encouragés par ceux qui mettent de l'huile sur le feu - et qui protesteront de leur innocence en cas d'événement malheureux.

Le conseil d'administration de FERUS a donc pris clairement position CONTRE la communication en temps quasiment réel de la localisation des ours par les dispositifs dits « Flash info», « Loc’hebdo » et répondeur téléphonique de l'ONCFS. Il nous paraît extrêmement dangereux de communiquer comme c'est encore le cas à ce jour la position des ours avec un décalage d'un ou deux jours, et de donner non seulement le nom de la commune mais aussi celui du lieu dit ou du massif boisé dans lequel ils se trouvent.

A l'approche de l'hibernation, les ours choisissent leurs tanières, et même si les agents de l'ONCFS étaient assez nombreux pour écarter les importuns en ce moment, il ne serait pas impossible pour ceux qui veulent du mal aux ours de dresser la carte de zones où ces derniers passeront probablement l'hiver. Ils pourraient alors plus tard, y compris à la fonte des neiges, aller « perturber » les plantigrades en toute tranquillité, voire commettre le pire.

De plus la présence de vos agents n'empêcherait nullement des manifestations musclées et médiatisées d'opposants aux ours sur les lieux indiqués par flash info. Et ces manifestations aboutiraient au même résultat, une perturbation grave des ours à un instant très critique de leur cycle de vie annuel.

C'est pourquoi nous demandons avec insistance qu'en dehors de la période hivernale les localisations d'ours ne soient plus communiquées qu'avec au moins une semaine de décalage, et avec moins de précision géographique (le nom de la commune paraît être un maximum). Dès l'approche de l'hiver et jusqu'à la sortie des tanières, nous demandons qu'aucune information ne soit plus communiquée sur la localisation des ours dont on pourrait dire seulement dans quel département ils se trouvent et s'ils sont ou non stabilisés. S'agissant des femelles susceptibles de mettre bas il faudrait même attendre d'avoir la preuve qu'elles ont quitté la zone de tanière avec leurs oursons.

Il est important que les chasseurs évitent d'organiser des battues dans les zones fréquentées par les ours. Cela dit la majorité des ours dans les Pyrénées n'est pas équipée d'émetteurs et les chasseurs doivent respecter tous les ours, munis de colliers ou non. Il nous semble que l'ONCFS pourrait communiquer en temps réel les informations sur la localisation probable des ours aux seuls présidents de sociétés de chasse concernées (ACCA ou AICCA principalement). Nous ne méconnaissons pas la difficulté apparente de l'exercice ni les risques de diffusion de l'information mais d'une part certains ours ne sont pas en France, d'autre part la chasse ne dure pas tout l'hiver et les informations s'arrêteraient dès que les ours seraient dans leurs tanières ; enfin il ne s'agirait que d'adresser un message bref sur un mail par société de chasse (ce qui fait peu compte tenu du faible nombre d'ours).

Nous savons qu'une évolution du dispositif de communication sera critiquée par les opposants à l'ours et par les médias locaux qui les soutiennent : ce sera une excellente occasion d'exposer publiquement les raisons qui conduisent à un repli -peut être provisoire -sur plus de discrétion. Sans les informations fournies par l'ONCFS, certains sites du Web qui mêlent données plus ou moins sérieuses sur les ours et appels à les combattre seront gênés.

Nous sommes prêts par ailleurs à rencontrer vos services pour leur faire part de tous les points  qui ont fait l'objet de prises de positions relatives à l'ours au sein du conseil d'administration de FERUS qui tout comme vous n'a qu'un souci, que les acquis de 2006, pour lesquels nous vous sommes reconnaissants, ne soient jamais remis en cause.

Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l'expression de notre parfaite considération.

Pour le Président, le Vice-Président
Gilbert SIMON

29 novembre 2006

Baudouin de Menten : Jean Lassalle veut-il financer un grand ministère de l'Ecologie ?

Oh toi le belge ta gueuleJe me suis frotté les yeux ce matin en découvrant la nouvelle pirouette de Jean Lassalle, mon député préféré, le seul où il suffit qu’il ouvre la bouche pour que j’ai envie de rédiger une chronique.

Voila maintenant que la Castafiore, suivant la mode pré-électorale, marche sur les plates bandes de Nicolas Hulot. Comme toujours, plus c'est gros, plus cela passe. Le pourfendeur de Natura 2000, le créateur de la protection animale a courbe descendante, le grand organisateur de palabres patrimoniales généralisées, l’arroseur public béarnais, le gestionnaire de l’IPHB a la mode carolo a osé demander de … décupler (au moins) le budget du Ministère de l'écologie pour en faire le budget le plus important de l'Etat. Silence matinal, rêve-je ?

Jean Lassalle critique la faiblesse du budget

Trouvé sur le blog de l’UDF

Projet de loi de finances pour 2007 – mission Ecologie et développement durable

« Nous examinons ce matin, avec le budget de l’environnement, la partie la plus hypocrite du budget de l’État. Il ne représente que 0,4 % du budget général alors qu’il devrait être le premier. Et si nous en débattons devant dix députés en tout et pour tout, y compris vous-même, Monsieur le Président, c’est que nous sommes tous gênés qu’un domaine aussi crucial dispose d’aussi faibles moyens » a déclaré Jean Lassalle en préambule.

Le député UDF des Pyrénées-Atlantiques a également critiqué l’action de la ministre de l’écologie et du développement durable (NDLB: tout en voulant augmenter son budget!). Pour illustrer son propos, Jean Lassalle a pris deux exemples : les nuisances sonores et la concentration en oxyde d’azote des communes voisines de l’aéroport de Roissy, et la manière dont les ours ont été réintroduits dans les Pyrénées.

Que ferait ce farfelu au langage alambiqué, grand pondeur de formules à l’emporte pièce de cette manne financière ? Je crains le pire vu les méthodes qu’il emploie habituellement, lui qui se disait « apaisé d’avoir accompli un acte aussi utile » après sa grêve de la fin dans la salle des colonnes du palais bourbon transformé pour l’occasion en local syndical.

Y a-t-il un pilote à l’UDF ? Lassalle sera-t-il nommé vice premier ministre chargé du développement durable, de la lutte contre l’effet de serre et de la protection de la Biodiversité ? Ubu va-t-il redevenir roi ? Une nouvelle cible pour Noël Godin, l’entarteur (belge lui aussi) ? Les politiciens sont-ils tous aveugles devant ce nouveau grand écart ? Jean Lassalle en petit rat de l'opéra ?

Baudouin de Menten

27 novembre 2006

Natura 2000, la bête noire de Jean Lassalle : "Il est urgent de lâcher des ourses en Béarn"

Pourquoi Jean Lassalle fait-il un "caca nerveux" dès qu'il entend parler de "Natura 2000" ?

Que dit "Natura 2000" a propos de l'ours brun des Pyrénées (Ursus arctos). Les textes sont clairs : Il est urgent de lâcher des ourses en Béarn, le fief et la chasse gardée du seigneur béarnais, grand patron de l'usine à gaz qu'est L'IPHB, cette institution pas très morale, grosse mangeuse de subventions mais très peu productive en résultats autres qu'électoraux.

Pas touche au Béarn de l'élu béarnais. Le seigneur désire rester maître de ses terres. Alors Natura 2000, cette invention d'écologistes parisiens en mal de sauvage, Jean Lassalle n'en veut pas. Mais son château de cartes est sur le point de s'effondrer : les subventions fondent comme la banquise sous les pieds des ours polaires; les soutiens politiques fondent comme le gras d'un cochon qu'on ne nourrit que de salades. La fin d'un règne. Il pourra toujours chanter.

Natura 2000 et l'ours

* Ursus arctos (L., 1758) : L’Ours brun
Mammifères, Carnivores, Ursidés

Description de l’espèce

L’Ours brun est le plus gros carnivore terrestre de France. Son corps se montre massif et rehaussé d’une bosse proéminente à l’épaule. Sa corpulence peut varier considérablement selon les individus. Il atteint en général une hauteur au garrot de 0,80 m à 1 m et une longueur de 1,25 m à 1,60 m. Il est pourvu d’une queue de 10 cm de long. Son poids se situe entre 70 et 200 kg. Les mâles sont plus gros que les femelles.

Le pelage est brun mais peut présenter des nuances allant du fauve clair au brun obscur. Il comprend des poils de duvet et de jarre, crantés, de 7-8 cm de long. Le pelage est habituellement très sombre en milieu d’automne. Il s’éclaircit en été.

Les pattes, larges, comprennent 5 doigts prolongés de puissantes griffes d’environ 7 cm de long aux antérieures et 4 cm aux postérieures. L’ours est plantigrade ce qui lui permet de se dresser sur ses membres postérieurs.

Les yeux sont petits et réputés peu performants. Le squelette comporte des os robustes et est dépourvu de clavicule.

La dentition se rapproche de celle d’un omnivore. La formule dentaire est la suivante : I 3/3, C1/1, PM (3/3), M 2/3 ; le nombre de prémolaires peut varier selon les individus, de 1 à 3.

L’espèce est le plus souvent décelable dans la nature par ses empreintes de pattes d’apparence humaine, ses poils à la pointe blanchâtre, ses arbres griffés à hauteur d’homme et ses fèces volumineux en forme de courts boudins compacts.

Confusions possibles

L’autosuggestion du témoin est forte du fait du caractère mythique et emblématique de l’espèce et des confusions se sont révélées possibles, par exemple, entre Ours et Marmotte (Marmotta marmotta).

Par ailleurs, les dimensions des empreintes de pattes de l’ourson de 6-8 mois sont à peine supérieures à celles du Blaireau (Meles meles). La distinction avec les fèces de Sanglier (Sus scrofa) n’est pas évidente en automne du fait d’un régime alimentaire proche. La présence de poils (de léchage) caractéristiques et l’odeur peuvent la faciliter.

Caractères biologiques

L’Ours brun est une espèce dont la biologie est particulièrement bien connue.

Reproduction

La maturité sexuelle est atteinte à 4-5 ans. Le rut a lieu courant mai-juin et demeure très discret ; en présence de densités normales, ce sont les mâles dominants qui participent le plus à la reproduction. La mise bas a lieu sept mois plus tard, en janvier février, après une ovo-implantation différée de cinq mois. La tanière hivernale, qui est aussi le lieu de mise bas, est choisie dans une cavité rocheuse ou creusée tel un terrier. L’animal en tapisse le fond avec une litière de végétaux. La taille moyenne des portées varie de 1 et 4, selon l’individu, la région et la disponibilité en nourriture. La périodicité de mise bas est de 2-3 ans. L’allaitement dure six mois et l’émancipation des jeunes intervient entre 1,5 et 2,5 ans. L’espérance de vie en nature est estimée à 25-30 ans.

Activité

L’Ours brun est une espèce sédentaire, à large domaine vital : il exploite une superficie comprise selon les individus entre 10 000 et 100 000 ha, incluant la zone qui l’a vu naître, surtout chez les jeunes femelles.

Une population d’ours est constituée d’individus solitaires entretenant des rapports épisodiques (rut, élevage des jeunes, concentrations saisonnières, etc.) très fortement hiérarchisés. Les grands mâles dominent le groupe, ils sont suivis par les femelles suitées de l’année, puis par les autres mâles adultes. Les subadultes récemment émancipés occupent le bas de l’échelle. Plusieurs individus peuvent cohabiter au sein d’un même espace à condition qu’ils soient de rangs sociaux différents, mais ils tâchent de s’éviter.

Le cycle d’activité annuel comprend une période d’immobilité hivernale passée à l’abri au fond d’une tanière. Pour cet homéotherme les fonctions vitales sont à peine ralenties (elles sont comparables à celles d’un mammifère marin en plongée) ce qui lui permet de survivre aux pénuries alimentaires en période de grand froid : rythme cardiaque à 10 battements/minute, circulation sanguine cloisonnée, température à 32°C dans les organes vitaux. Ce « pseudo-hibernant » reprend progressivement un rythme d’activité normal en avril lequel s’intensifie jusqu’en juillet pour décroître de nouveau en automne, période d’abondance.

C’est contraint par l’homme qu’il est devenu nocturne. Deux pics d’activité ont été mis en évidence, respectivement entre 6 et 8 h et entre 18 et 23 h ; la nuit comprend des phases de repos. La couche, utilisée pour le repos diurne en période d’activité, consiste en une dépression d’environ 1 m de diamètre souvent creusée au sein de fourrés impénétrables. L’ours consacre la majorité de son temps actif à quêter une nourriture très dispersée ce qui l’oblige à de perpétuels déplacements, aidé en cela par un odorat et une ouïe très performants. Un ours adulte parcourt quotidiennement en moyenne entre 3 et 5 km. Des déplacements de plus grande envergure sont régulièrement notés.

Il est dépourvu de glandes de marquage, ce qui ne l’empêche pas de griffer et se frotter sur certains arbres aisément repérables de ses congénères et d’y laisser des indices perceptibles de son passage.

Régime alimentaire

L’Ours brun est un omnivore opportuniste à nette dominante végétivore.

Il a rarement l’occasion de consommer des protéines d’origine animale que lui procurent les carcasses d’ongulés domestiques (ovins, caprins) ou sauvages (Sanglier, Chevreuil, Capreolus capreolus, Cerf élaphe, Cervus elaphus...). En pratique, il satisfait sa ration protéique printanière par la consommation de végétaux herbacés ; les racines lui procurent les nécessaires oligo-éléments. Dès le début de l’été il s’intéresse aux fruits charnus (myrtilles, bourdaines, framboises, etc.), pour ensuite se reporter sur les fruits secs (glands, faines, châtaignes, etc.), en début d’automne dès leur apparition.

La prédation n’est pas un recours systématique, elle se manifeste à l’occasion de la présence des troupeaux d’ovins et caprins domestiques sur les estives. Entre 1968 et 1991, le nombre annuel moyen d’ovins tués par ours est estimé entre 3,4 et 5,1 (fiables et douteux). Dans le cas de conditions particulières (ovins non gardés par exemple, « ours à problèmes »), ce nombre peut s’accroître considérablement, comme dans les Pyrénées centrales. Parfois certains sujets, immatures surtout, peuvent développer un comportement excessivement prédateur, voire perdre toute peur de l’homme (1969, 1991-1992 et 1998-1999), on les qualifie d’« ours à problèmes ».

Sa légendaire gourmandise pour le miel, ou plutôt le couvain, se vérifie quelque peu chez les ours réintroduits dans les Pyrénées centrales.

Caractères écologiques

L’Ours brun passe le plus clair de son temps sous le couvert forestier mais n’est pas inféodé à un habitat particulier. Vivant à l’origine autant en plaine qu’en montagne, il occupe aujourd’hui les massifs montagneux boisés les plus isolés d’où l’homme n’a pu totalement l’extirper.

En Europe tempérée, son optimum biotique se situe à l’interface des étages collinéen et montagnard, dans les chênaies, châtaigneraies et hêtraies, où il trouve une nourriture riche et variée et surtout des fruits secs à forte valeur énergétique. En été, il fréquente les pelouses alpines et subalpines, à la recherche de myrtilles et plus occasionnellement d’ovins ou caprins domestiques.

Les ours autochtones pyrénéens se rencontrent généralement sur des terrains particuliers :

  • vallons boisés difficiles d’accès à l’homme, marqués par une forte déclivité et une grande diversité végétale, utilisés comme zone refuge ;
  • landes d’altitude comprenant des myrtilles (Vaccinium myrtillus) et du Conopode élevé (Conopodium majus) et versants boisés de basse altitude, parcourus de nuit pour s’alimenter ;
  • cols d’altitude et corridors boisés de fond de vallée, pour transiter si nécessaire.

Quelques habitats de l’annexe I susceptibles d’être concernés

La plupart des habitats forestiers de l’annexe I présents dans les Pyrénées sont susceptibles d’être fréquentés par l’Ours. Parmi les habitats les plus représentatifs, il est possible de citer :

  • 4060 - Landes alpines et boréales (Cor. 31.4)
  • 5110 - Formations stables xérothermophiles à Buxus sempervirens des pentes rocheuses (Berberidion p.p.) (Cor. 31.82)
  • 6230 - * Formations herbeuses à Nardus, riches en espèces, sur substrats siliceux des zones montagnardes (et des zones submontagnardes de l’Europe continentale) (Cor. 35.1) : habitat prioritaire
  • 6520 - Prairies de fauche de montagne (Cor. 38.3)
  • 9260 - Forêts de Castanea sativa (Cor. 41.9)
  • 9410 - Forêts acidophiles à Picea des étages montagnard à alpin (Vaccinio-Piceetea) (Cor. 42.21)
  • 9430 - Forêts montagnardes et subalpines à Pinus uncinata (Cor. 42.4)

L’Ours brun est présent sur de vastes régions situées entre 30 et 70° de latitude Nord, en Asie, Europe et Amérique du Nord. Dans les Pyrénées, on trouve deux populations sans contact entre elles :

  • la première, constituée d’ours bruns autochtones, subsiste dans les Pyrénées occidentales, en France dans le Haut-Béarn et dans une moindre mesure sur les vallées aragonaises de Sallent de Gallego, Aragues, Hecho, Anso et navarraise de Roncal. On note des incursions sporadiques dans la vallée de Cauterets en Hautes-Pyrénées ;
  • la seconde, expérimentale et constituée de six individus, est issue de trois spécimens slovènes adultes réintroduits en 1996 et 1997. En France, elle fréquente les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, l’Ariège, l’Aude et les Pyrénées-Orientales ; en Espagne, la Catalogne et l’Aragon.

Les habitats fréquentés par les ours autochtones pyrénéens sont répartis entre 450 et 2 600 m d’altitude.

Statuts de l’espèce

  • Directive « Habitats-Faune-Flore » : annexes II (espèce prioritaire) et IV
  • Convention de Berne : annexe II, résolution n° 10 (1988)
  • Convention de Washington : annexe II
  • Espèce de mammifère protégée au niveau national en France (art. 3 ter)
  • Cotation UICN : France : en danger

Présence de l’espèce dans des espaces protégés

Dans les Pyrénées occidentales, les ours bénéficient peu de la protection du parc national des Pyrénées qui inclut moins de 5% de l’aire de répartition.

Évolution et état des populations, menaces potentielles

Évolution et état des populations

Au cours de l’Antiquité, l’Ours brun était présent sur l’ensemble du territoire national. Plus tard, au cours de la période historique, la destruction massive des habitats et des individus ont conduit à une forte régression des effectifs. Au XVIIIe siècle on ne le trouvait plus que dans les massifs montagneux ; les populations des Pyrénées et des monts Cantabriques (Espagne) se séparent alors. Peu avant la dernière guerre mondiale, on ne le trouvait plus que dans quelques vallées alpines et sur la majeure partie des Pyrénées où COUTURIER (1954) estimait alors les effectifs à 72 individus. Le minimum de population viable, d’abord atteint dans la partie centro-orientale des Pyrénées, devait rapidement conduire à des fragmentations successives de l’aire de distribution et ainsi précipiter sa disparition de cette partie de la chaîne vers la fin des années 1980.

En 1999, la population d’Ours brun des Pyrénées, subsistant uniquement à l’ouest de la chaîne, comprenait six spécimens : une femelle adulte, trois mâles adultes, un subadulte et enfin un ourson de sexe indéterminé. Même si des cas de reproduction sont encore observés (un ourson tous les trois ans), les effectifs sont estimés en deça du minimum de population viable dont les scientifiques situent le seuil entre 100 et 120 individus. La conservation de cette souche d’ours bruns, identifiée comme la plus ancienne au monde, revêt un caractère patrimonial exceptionnel.

La population expérimentale des Pyrénées centrales est issue du lâcher d’un mâle et de deux femelles d’origine slovène (dont l’une a été abattue en 1997). Ces deux dernières ont donné naissance à cinq oursons, dont un a disparu en bas âge en 1997. En 1999, on estimait que la population ainsi créée comprenait cinq ou six individus : un mâle adulte, une femelle adulte et trois ou quatre subadultes de deuxième année.

En conclusion, en 1999, les Pyrénées françaises abritent 11-12 ours bruns ; on estime que trois ou quatre d’entre eux franchissent fréquemment la frontière pour séjourner de façon plus ou moins longue sur le versant espagnol.

Menaces potentielles

Menaces pesant sur la population

La faible taille des effectifs constitue la menace la plus objective puisqu’elle ne permet pas à la population de se maintenir de façon spontanée. La présence d’une femelle unique rend les causes de mortalité événementielles particulièrement importantes (mort accidentelle par exemple, comme ce fut le cas en 1983 en vallée d’Aspe). La perte de diversité génétique est perceptible entre un spécimen né en 1971 (« Jojo ») et ceux nés depuis (perte d’allèles).

Par le passé, l’autodéfense des bergers vis-à-vis des ours trop prédateurs se traduisait par des actions de destruction directe (poison, pièges, armes de chasse). Actuellement de nombreuses aides au pastoralisme, en particulier l’indemnisation des dégâts et les aides à un meilleur gardiennage, réduisent considérablement les risques de conflit (dégât, « ours à problèmes ») mais ne les éliminent pas. Seules les vallées d’Aspe et d’Ossau où survivent les derniers ours autochtones sont attachées à des traditions pastorales fortes. Ailleurs, les troupeaux d’ovins évoluent sans gardiennage ce qui est l’occasion de problèmes de cohabitation.

Le tir de l’animal, soit de façon délibérée, soit par erreur, lors d’actions de chasse est exceptionnel mais reste encore d’actualité. Deux femelles ont été récemment abattues, l’une en vallée d’Aspe en 1994, l’autre dans la haute vallée de la Garonne en 1997. (NDLB : Depuis la date de parution de ce texte, in peu rajouter l’ourse Cannelle à la liste des femelles tuées par des chasseurs.)

● Menaces pesant sur les habitats

L’aire potentielle susceptible d’abriter une population viable dans les Pyrénées occidentales est estimée à 200 000 ha. Les deux tiers de cette zone s’étendent au-delà de l’aire de répartition actuelle de l’espèce et aucune règle de gestion particulière n’y est observée. Elles peuvent donc être le théâtre de modifications paysagères défavorables et irréversibles.

La fragmentation des habitats, phénomène habituel des zones comportant des fonds de vallées fortement humanisés, est une des principales menaces. Elle conduit au cloisonnement des massifs montagneux et donc à des isolats. Ce phénomène pourrait s’intensifier en vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) et dans une moindre mesure dans celle de la Garonne (Haute-Garonne) avec l’accroissement du trafic routier.

L’accès motorisé au réseau de pistes et routes forestières accroît la fréquentation humaine et donc la perturbation des sites. Ce phénomène est particulièrement préjudiciable dans les zones refuges et d’élevage des jeunes.

Les feux courants constituent une menace constante pour certaines zones de sécurité à Buis (Buxus sempervirens) et d’alimentation à myrtille. La quasi absence du Châtaignier (Castanea sativa) dans la zone à ours actuelle du Haut-Béarn renvoie les ours, pour s’alimenter, aux fluctuations capricieuses des cycles de fructification du Hêtre (Fagus sylvatica) et surtout du Chêne (Quercus petraea, Q. robur), ce qui réduit les taux de reproduction de l’unique femelle et de survie des jeunes. Au printemps et en automne, on note des similitudes d’ordre alimentaire avec le Sanglier, ce qui pourrait avoir un effet négatif sur les ours subadultes plus sensibles. Les grands ongulés sauvages (Cerf élaphe surtout) dont les carcasses intéressent habituellement les ours, subsistent en très faibles densités voire sont totalement absents.

Dans les Pyrénées centrales, les données radiotélémétriques (DIREN Midi-Pyrénées) ne permettent pas de montrer l’évidence d’un impact négatif de l’activité humaine sur les déplacements des ours.

Propositions de gestion

La délimitation d’une zone de restauration pour l’Ours brun est plus aisée avec des individus autochtones sédentarisés (Pyrénées occidentales) qu’avec des animaux exogènes plus mobiles au cours des premières années (Pyrénées centrales).

Lorsqu’elles ne sont pas cadrées, les activités humaines (infrastructures lourdes, présence régulière, pastoralisme, chasse, tourisme) peuvent, dans certaines conditions, agir négativement sur les populations d’Ours, jusqu’à même constituer des facteurs limitants.

Les résultats scientifiques obtenus à partir du suivi indirect de la population (aire de répartition, taille des effectifs) et du suivi radiotélémétrique individuel (utilisation des habitats) constituent la base scientifique incontournable pour l’élaboration d’une politique de gestion.

L’étendue des domaines vitaux individuels des ours nécessite une action transfrontalière. Dans les Pyrénées, les États français et espagnol doivent s’accorder sur des orientations générales susceptibles d’être appliquées à large échelle : suivi scientifique, gardiennage des troupeaux domestiques, gestion des ours à problèmes, conservation des sites vitaux...

L’amélioration trophique des habitats (apports complémentaires de nourriture naturelle, dégagement en faveur d’espèces à baies, plantations, etc.) doit être renforcée car elle est susceptible de réduire fortement la dispersion des ours, de limiter le nombre de dégâts sur les troupeaux domestiques et enfin d’augmenter le taux de reproduction des ours.

Plus pratiquement, dans les Pyrénées-Atlantiques, le dispositif mis en place par l’Institution patrimoniale du Haut-Béarn doit le plus rapidement possible conduire au nécessaire renforcement de la population. Dans les Pyrénées centrales, la situation est inverse puisqu’avec la réintroduction l’avenir biologique de l’espèce semble assuré mais que les rapports avec le pastoralisme sont problématiques.

D’un point de vue biologique, la gestion des habitats à ours pourrait s’appuyer sur quelques principes très généraux :

  • aire de distribution au sens large : zones sans contrainte particulière, à condition d’éviter les perturbations à caractère irréversible préjudiciables à l’espèce en question ;
  • sites d’activités : maintien des activités humaines traditionnelles ;
  • zones tampon : accès motorisé réglementé ;
  • sites vitaux : règles de gestion compatibles avec les activités essentielles des ours (reproduction, hibernation, repos, alimentation automnale) ;
    corridors potentiels : préserver ou permettre la circulation des spécimens entre massifs montagneux afin de faciliter le brassage génétique entre sous-populations (passages de faune).

Les activités touristiques souvent sources de perturbation des habitats doivent être identifiées et faire l’objet d’un suivi soutenu compte tenu de leur essor brutal. Il convient d’ores et déjà, pour certaines d’entre elles (canyoning, chasse photographique), de mettre en oeuvre des réglementations ponctuelles particulières (site, saison). Il est à signaler que dans de nombreux pays le tourisme naturaliste en zone à ours est une activité en plein essor.

Le suivi de population par des techniques indirectes légères est à développer sur le long terme.

L’impact direct de l’Ours sur l’homme ou ses activités est surtout visible par les dégâts causés au pastoralisme. Le gardiennage joue ici un rôle primordial, comme le montre le cas des Pyrénées-Atlantiques où la présence permanente du berger et de chiens patous réduisent considérablement les pertes. Depuis peu, des outils modernes de sécurisation pastorale (clôtures électrique, systèmes d’effarouchement) complètent la panoplie.

En revanche, des mesures analogues devraient être prises dans les zones à ours où les habitudes de gardiennage se sont perdues (Pyrénées centrales) du fait de la disparition du grand prédateur.

Expérimentations et axes de recherche à développer

Dans le cas de l’Ours brun, espèce emblématique et concurrente de l’homme (espace, bétail), les aspects politiques et sociaux sont prépondérants et constituent le socle incontournable de toute politique de restauration dans les Pyrénées.

L’État doit, en préalable, opter pour une politique de gestion à moyen-long terme qui s’accorde avec les objectifs internationaux préalablement pris. Il se doit ensuite d’accompagner les actions d’initiative locale. Un bon exemple est fourni en Haut-Béarn par l’IPHB (1998). Bien qu’elle n’ait pas encore abouti de façon définitive dans son oeuvre de restauration de l’Ours pyrénéen, son action doit être poursuivie.

En matière de population, l’objectif est de constituer une population viable sur l’ensemble des Pyrénées mais là encore le pragmatisme prévaut. Le lâcher d’individus exogènes ne peut être envisagé qu’à dose homéopathique, un à deux individus par an. Dans le Béarn il s’agit d’une intervention particulièrement urgente.

D’un point de vue pratique, l’expérience acquise depuis 20 ans sur les ours autochtones a permis de dégager des priorités d’actions ciblées en faveur de la cohabitation avec le prédateur, que sont surtout le suivi comportemental des spécimens, une sécurisation pastorale mesurée, la gestion des ours à problèmes (1969, 1991, 1998, 1999) et l’impact de certains modes de chasse et de tourisme.

Les facteurs limitants des populations d’ours sont assez bien connus, mais en Béarn la promiscuité avec l’homme pyrénéen est telle que plusieurs zones d’ombre subsistent en particulier à propos de l’utilisation fine de l’espace par l’ours. Quant aux ours réintroduits, dont le comportement semble quelque peu différer de celui des ours autochtones, les incertitudes sont nombreuses. En l’occurence, quelles sont les influences respectives d’une part de l’origine des animaux, d’autre part des facteurs environnementaux présents sur la zone de lâcher ?

Globalement, deux situations contrastées sont visibles dans les Pyrénées, l’une relevant de comportements de cohabitation humains et ursins acquis depuis le néolithique, l’autre où tout doit être réinventé et s’imprégner de façon durable chez les deux protagonistes, l’homme et l’ours. Outre le patrimoine génétique exceptionnel que représente l’ours brun des Pyrénées, le réel enjeu ne réside-t-il pas d’abord dans la sauvegarde de cette « culture » conjointe forgée par le temps.

Le succès de la gestion de ce bien patrimonial commun qu’est l’ours repose sur une politique d’information, de dialogue et de responsabilités partagées entre l’Union européenne, l’État et les acteurs locaux. C’est à ce prix que l’on sera en mesure de dresser les bases d’une gestion durable des activités humaines compatible avec les besoins d’une population d’ours bruns sauvages.

Bibliographie

  • CAMARRA J.-J., 1994.- Aire de répartition et fréquentation saisonnière de l’habitat de l’ours brun dans le département des Pyrénées-Atlantiques, de 1989 à 1993. Document interne Groupe Ours Administratif, ONC/DNP, 7 cartes au 1/150 000, 10 p.
  • CAMARRA J.-J., 1997.- Investigations en vue de la connaissance scientifique d’une population relictuelle d’ours bruns dans les Pyrénées, France. Diplôme École pratique des hautes études, laboratoire de biogéographie et écologie des vertébrés, université de Montpellier 2, 185 p.
  • CAMARRA J.-J., 1999.- Suivi de la population d’ours brun des Pyrénées occidentales françaises. Rapport annuel 1998. Office national de la chasse, Cnera Pad, 14 p.
  • CAMARRA J.-J., 1999.- The brown bear in France: status, threats, management. Bear Action Plan, IUCN SSC Bear Sp. Group. Iucn Publ. Services Unit : 68-71.
  • CAMARRA J.-J. & DUBARRY E., 1996.- The brown bear in the french Pyrenees: distribution, size and dynamics of the population from 1988 to 1992. Proceedings International Conference on Bear Research and Management, 9 : 51-59.
  • CAMARRA J.-J. & RIBAL J.P., 1989.- L’Ours Brun. Hatier, Paris, 213 p.
  • CAUSSIMONT G., 1997.- L’ours brun des Pyrénées. Éd. Loubatières, 208 p.
  • CAUSSIMONT G. & HERRERO J., 1996.- L’ours brun dans les Pyrénées espagnoles : statut actuel et propositions de protection. Proceedings International Conference on Bear Research and Management, 9 : 26-35
  • COUTURIER M., 1954.- L’ours Brun. Artaud, Grenoble, 1003 p.
  • DUBARRY E. & CAMARRA J.-J., 1999.- Contribution du réseau Ours brun pour le suivi des ours réintroduits en Pyrénées Centrales, d’août 1997 à décembre 1998. ONC Cnera Pad, 19 p.
  • INSTITUTION PATRIMONIALE DU HAUT-BÉARN, 1998.- Panorama des actions de l’IPHB menées depuis 1994. 36 p.
  • NEDELEC L., gardes moniteurs du parc national des Pyrénées, 1995.- L’ours et le berger dans les Pyrénées : le prix de la cohabitation. Documents scientifiques du parc national des Pyrénées, 30 : 72 p.
  • PARDE J.M. & CAMARRA J.-J., 1992.- L’ours. Encyclopédie des carnivores de France, 5. Société française pour l’étude et la protection des mammifères. Bohallard, Puceul, 43 p.
  • PUYO F., 1999.- L’évaluation des impacts économiques liés à la protection de l’habitat des espèces menacées. Évaluation des coûts de protection de l’ours brun des Pyrénées Françaises. DEA éco. publ. Envir., lab. analyse rech. éco., université de Bordeaux, 106 p.
  • QUENETTE P.Y., CHAYRON L., CLUZEL P., DUBARRY E., DUBREUIL D., ALONSO M. & PALAZON S., 1998.- First transplantation of brown bear in the Pyrenees: the results. Proceedings International Conference on Bear Research and Management, 11 (in print).
  • TABERLET P., CAMARRA J.-J., GRIFFIN S., UHRES E., LANOTTE O., WAITS L.P., DUBOIS-PAGANON C., BURKE T. & BOUVET J., 1997.- Noninvasive genetic tracking of the endangered Pyrenean brown bear population. Molecular Ecology, 6 : 869-876.

Lassalle lâché par Althapé

Lanne-en-Barétous

Jean Lassalle et Louis Althapé, président de l’Association départementale des élus de montagne, se sont accrochés sur Natura 2000. La période de solitude continue pour Jean Lassalle. Ambiance.

Le vent tourne ...

pour le bouillant député chanteur anti-Natura 2000, « un véritable tournant » annonce Marcel Bedaxagar du journal Sud-Ouest.

«Je pose ma question et je m'en vais. C'est toujours la même litanie.» Etienne Ripahette, maire d’Ance, se trompait lourdement et regrettera sans doute d’être parti un peu vite. Si elle a encore porté sur Natura 2000, l’assemblée générale de l’Association départementale des élus de montagne (ADEM), qui se tenait samedi matin à la mairie de Lanne, a marqué un véritable changement dans la gestion de ce dossier.

«Un tournant», selon l’expression du président de l’Adem Louis Althapé qui, désormais partisan d’une attitude plus souple que la ferme opposition qui a toujours prévalu, a subi les foudres du député Jean Lassalle pour ce revirement.

Vivre avec

«Nous avons été déboutés de toutes les actions que nous avons intentées mais on a toujours pensé qu'on n'était pas encore en zone Natura 2000. Maintenant, il apparaîtrait que nous y sommes de toute façon. Il s'agit de savoir comment on réagit. Ou on admet que nous y sommes de fait et on voit comment on vit avec. Ou on continue le combat», a suggéré Louis Althapé en invitant le sous-préfet Jean-Luc Tronco et le directeur départemental de l'agriculture et de la forêt Claude Bailly, a apporté des précisions sur le sujet.

Claude Bailly a alors rappelé que deux directives majeures composaient Natura 2000. La directive oiseaux, datant de 1979 et la directive habitats, datant de 1992. «Pour la première, l'Etat a pris un arrêté qui dit quelles sont les zones concernées. Pour la seconde, les États devaient établir une liste et la proposer à l'Union européenne», a indiqué le directeur départemental.

Et de confirmer que 36 zones des Pyrénées-Atlantiques, représentant 222 000 hectares, étaient portées dans cette directive habitats. «Trois d'entre elles ont déjà reçu l'aval de Bruxelles (NDLB: Toi, le belge , ta gueule!) : le parc boisé du château de Pau, la baie de Chingoudy et le lac de Mouriscot», a souligné Claude Bailly.

Quinze autres sites, représentant 131 000 hectares, sont concernés par la directive oiseaux. Ce qui a fait dire à Louis Althapé : «On est pratiquement en zone Natura 2000. A nous de saisir l'opportunité d'établir des documents d'objectifs dans cette zone.» «On a perdu la bataille» a renchéri le maire de Buzy, Pascal Lopez.

Lassalle en colère

Ces propos ont fait sursauter le député Jean Lassalle. «Le tout est de savoir si on se couche et si on dit que ça nous fait du bien» a-t-il fulminé. «Il faut que tu décroches le portrait du général De Gaulle qui est sur ce mur» a-t-il lancé à Louis Althapé.

«Il s'agit de voir si les montagnards ont cessé d'être des résistants. Il est absolument impensable de dire qu'on est contre l'ours si on va sur ce terrain» a ajouté l'élu (chanteur et gréviste) de la vallée d'Aspe, fermement déterminé à poursuivre la lutte. «Jusque-là on n'avait pas les arrêtés. Mais quand on les aura, on pourra les attaquer», a-t-il estimé.

S'il impose des contraintes, ce réseau de protection des espèces et des habitats naturels propose également des contreparties financières, à négocier à travers un «document d'objectifs».

«Désormais, la présidence de ces documents d'objectifs est confiée à la collectivité. Ce n'est que si elle refuse que l'Etat se substituera» a indiqué le directeur départemental de l'agriculture et de la forêt. Un argument majeur, rappelé par Louis Althapé pour expliquer sa nouvelle façon d'aborder le sujet. «Tu avais dit que tu abrogerais la loi et en quatre ans tu n'as rien fait, parce que c'est impossible», a-t-il répondu aux attaques de Jean Lassalle. «Aujourd'hui, les élus pilotent le dossier et c'est différent. Je suis président d'une association qui s'est battue contre Natura 2000 mais qui, aujourd'hui, a des élus qui te rejoignent et d'autres qui sont déjà dans des démarches de constitution de documents d'objectifs» a poursuivi le président de l'ADEM (Association des zélus de montagne)

Un témoignage

Louis Althapé a invité le maire de Saint-Etienne-de-Baïgorry à témoigner. «Nous avons mis en place un petit comité de pilotage afin de mettre en place un document d'objectifs sur les sites qui sont proposés» a confirmé Jean-Baptiste Lambert. «On essaie de vous éclairer et vous faites ce que vous voulez» a déclaré le président de l'ADEM à la soixantaine d'élus présents. Et si Jean Lassalle a encore préconisé la fermeté, René Rose, président de la communauté de communes de la vallée d'Aspe a rappelé le dilemme.

«Dans le dossier Toyal, on est en plein Natura 2000. On nous demande une étude complémentaire dans le cadre de cette mesure. Est-ce qu'il faut faire du blocage ou lancer l'étude si on veut que le dossier avance ?» a-t-il demandé...

Marcel Bedaxagar 

Les positions intransigeantes de Lassalle commencent à en énerver plus d'un. La passionaria du Béarn va finir par se retrouver toute seule sur scène. A la bonne heure, le brouillard se lève enfin sur les pratiques obscurentistes de cet opposant. Lees consciences semblent se réveiller... Les derniers ours béarnais seront peut-être un jour moins célibataires, si on y lache des femelles, ou si elles y arrivent toutes seules.

Expérimentations sur le loup : Plus de tirs de loups en 2007. Un programme pas clair (Baudouin de Menten)

La ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin, et le Ministre de l'agriculture et de la pêche, Dominique Bussereau ont publié un communiqué sybillin. Son titre : "Gestion du loup en France, le gouvernement annonce préparer l'avenir " est un exemple type du langage opaque utilisé en politique. Exemple...

Le groupe national « loup » qui rassemble représentants des éleveurs, des associations et des élus impliqués par la gestion du loup, s'est réuni le 22 novembre. Selon le ministère de l'écologie, il a examiné les perspectives de la prochaine saison et notamment des pistes nouvelles pour la protection des troupeaux et la connaissance de l'espèce qui pourraient être expérimentées en complément des mesures existantes.

Après son retour spontané en 1992, le loup s'est installé dans les Alpes françaises et sa population, de l'ordre de 130 à 150 individus, a connu une croissance régulière. L'espèce est aujourd'hui en bon état de conservation en France. Le loup est en expansion généralisée en Europe. Mais la France a vécu, depuis 1992, une reconstitution de la population de cette espèce protégée sans équivalent ailleurs en Europe.

Les débats que suscite ce retour du loup sont à la hauteur de l'importance économique et sociale du pastoralisme dans les Alpes françaises, également sans équivalent ailleurs en Europe et de l'exigence du gouvernement de respecter scrupuleusement les engagements internationaux de la France, précise le ministère.

Les efforts des éleveurs pour protéger leurs troupeaux ont conduit dans les zones de présence permanente du loup à une protection très généralisée avec l'usage des chiens de protection, du gardiennage et du regroupement nocturne derrière des clôtures, ajoute le ministère.

Pour compléter ce dispositif et l'anticiper dans les nouvelles zones de présence du prédateur le Ministère de l'Agriculture et de la Pêche mobilise ses moyens, tandis que le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable assure le suivi biologique et l'indemnisation des dégâts.

L'ensemble des actions entreprises dans le cadre du « plan d'action loup 2004-2008 » permet à la France de « disposer de références solides sur la protection » du loup. La première concertation transfrontalière sur la population commune avec l'Italie et la Suisse a d'ailleurs été engagée à l'initiative de la France, estime le ministère de l'écologie.

La ministre de l'écologie et du développement durable, Nelly Olin, et le Ministre de l'agriculture et de la pêche, Dominique Bussereau, ont par ailleurs demandé aujourd'hui aux préfets de conduire avec les groupes de concertation départementaux une réflexion visant à leur proposer des expérimentations pour la gestion du loup.

Il s'agit, toujours dans le strict respect de la directive « Habitats », de mieux tenir compte des situations locales, à la fois sur le plan biologique et sur le plan des contraintes pesant sur la protection des troupeaux. En effet la diversité des situations rencontrée dans l'arc alpin français est presque aussi grande que celle constatée en Europe.

Les réponses des préfets seront examinées début février par le groupe national loup. Le gouvernement arrêtera alors les 3 à 4 zones où une expérimentation facilitant la défense des troupeaux et l'intervention préventive pourra être essayée en 2007. Le protocole 2006 serait prolongé partout ailleurs.

Selon les propositions qui seront retenues, un dispositif de contrôle renforcé accompagnera la démarche. Les conditions objectives de ce contrôle seront déterminantes dans le choix des projets d'expérimentation retenus, conclu le ministère de l'écologie.

NDLB: Si quelqu'un qui sait lire entre les lignes parvient à trier le gris du gris, qu'il m'envoie la substantifique moëlle de ce message langue de bois qui dit tout et son contraire. Clarté quand tu nous tiens! Avec celà, vont-ils tirer des loups, protéger des loups, manger des brebis, lâcher les patous?  Va comprendre Charles comme dirait l'autre. Les associations agricoles publient, les associations favorables aux carnivores publient, mais les questions restent sans réponses. La suite plus tard, sans doute, mais vu la courbe de la population de canidés, et les orientations actuelles des décisions des préfets, il est bon de se souvenir que le loup est un animal strictement protégé. Strictement, strict, sans exception. En êtes-vous sûr?

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