On constate que plus les années passent, plus la controverse s’amenuise. Parallèlement d’autres combats sont en cours pour la réintroduction d’espèces indigènes disparues en Europe, ou plus généralement pour une restauration et une réhabilitation des espaces naturels. De quelles espèces s’agit-il et la problématique est-elle la même que l’affaire castors?
Le cas de la France
Depuis une trentaine d’années, des efforts importants de conservation sont entrepris pour reconstituer les populations de certaines espèces animales disparues ou en voie de l'être à l’échelle d’une région ou d’un Etat. La France est très engagée dans la restauration de sa faune «ancienne». Elle figure dans le peloton de tête des pays où les réintroductions connaissent un succès internationalement reconnu. Des espèces tels les ongulés sauvages, le castor, le lynx, l’ours, le vison font aujourd’hui partie intégrante de la faune française. Mais réintroduire une espèce ne s’improvise pas. Ces opérations de conservation se construisant généralement sur plusieurs années, voire plusieurs dizaines d’années. Des règles strictes doivent s’appliquer avant d’initier un projet. Les espèces réintroduites sont des victimes directes de l’action anthropique, essentiellement la chasse.
En Belgique
En Belgique, après la réintroduction du castor, certains se demandent quelle sera la prochaine espèce réintroduite.
Lynx - Le timide retour du lynx en Belgique, le long de la frontière allemande en 2005 permet d'envisager la réintroduction de ce fauve discret en Ardennes. Quelques lynx ont deja été réintroduits légalement dans l’Eifel allemand.
Loup - Certains scientifiques prétendent que le retour naturel du loup venant de Pologne via l'Allemagne ou d'Italie via la France est aussi possible. En France, le loup est revenu à pied d'Italie par le Mercantour. Le loup a colonisé de nombreuses zones ou il est maintenant présent: dans le massif alpin principalement mais aussi dans les Pyrénées, l'Auvergne, le Jura, le massif central. Il a deja été vu dans le sud des Vosges. En imaginant la pousuite de la colonisation du loup dans les Vosges, puis des Ardennes française, le loup est presque en Belgique. A condition qu'on le laisse faire.
Le cheval sauvage (tarpan), le bison ainsi que l’élan sont autant d’animaux disparus de nos contrées que l’association Rangers aimerait réintroduire. Toutefois, comme pour chaque réintroduction, il convient de bien peser le pour et le contre. Il est clair qu'une réintroduction de tels animaux doit se faire dans la concertation. Toute réintroduction doit au moins s’appuyer sur les quatre exigences suivantes :
- S’assurer que l’espèce était présente historiquement dans la région désignée pour l’accueillir à nouveau, ou à défaut, permettre de prouver que le site de réintroduction est localisé dans l’aire biogéographique de l’espèce en question. C’est-à -dire que les milieux naturels et les potentialités d’accueil correspondent aux exigences propres à cette espèce.
- Pouvoir identifier et évaluer toutes les causes de disparition de cette espèce.
- S’assurer que toutes ces causes ont disparu, sinon y remédier avant de commencer le programme.
- Veiller à ce que le retour de l’espèce se fasse dans un contexte socio-culturel favorable, en privilégiant, longtemps avant le début des opérations de lâchers, une sensibilisation forte et une implication sans faille des autres usagers du milieu naturel.
Il est vrai que ces réintroductions pourraient être un facteur de tourisme indéniable pour la Belgique surtout pour le cas du bison ou du tarpan. Ce serait une première en Europe occidentale!