Vallée de l'Ouzoum : les bergers hors la loi traquent l'ours pour la quatrième fois
Ouzoum - Une centaine de bergers de la vallée de l'Ouzoum et de sympatisants ont traqués ilégalement l'ourse Franska pour la quatrième fois pour la repousser vers Bagnères-de-Bigorre.
5 août 2006 - Cette nouvelle traque est organisée au mépris de la loi, mais tant que les traqueurs d'ours ne seront pas condamnés, il en sera sans doute ainsi. ceux qui espèrent l'extinction des ours ont à nouveau déambulé avec cornes de brumes et pétards. La presse, après la pantalonnade de samedi passé est restée à la maison, sauf Louis Dollo de Lourd d'Infos bien sûr qui, en bon faire valoir du milieu pastoral en colère, relâte toutes les sorties des opposants à l'ours.
Le comble, c'est qu'en empéchant Franska de se fixer sur un territoire, ils provoquent eux mêmes des dégâts aux troupeaux. L'ours n'a pas le temps de découvrir un territoire et de mémoriser les emplacements riches en plantes ou en fruits, qu'elle est priée d'aller voir ailleurs. Les brebis sur son chemin sont donc une alternative facile puisque non gardées.
La justice narguée
Non à l'abri des poursuites en cours (FERUS à porté plainte après la première battue), les bergers souhaitent, bien évidement garder l'anonymat. La loi, c'est pour les autres, « montagnard maître chez toi » est depuis longtemps la devise en vigueur chez les bergers ariègeois. Ils savent très bien que la perturbation intentionnelle d’une espèce protégée comme l’ours est interdite par l’article L-411-1 du Code de l’environnement. Elle est punie de 6 mois d’emprisonnement et de 10 000 euros d’amende. Mais pas vu pas pris. Celà durera un temps. Ils seront de toute façon à nouveau aux portes du tribunal pour soutenir les confrères « traqués par la justice », soutenus par le conseil général en écharpe sans doute. Du déjà vu.
L'exagération en mode de communication
Les bergers de la vallée prétendent que « Plus de 120 brebis ont été tuées depuis juin et au moins autant ont disparu ont état de 37 ovins, 3 chèvres et 4 bocins indemnisés en Ariège à cause d'un ou de plusieurs ours. L'exagération fait partie intégrante du mythe de l'ours et de la manière dont les bergers communiquent pour « souder les valléens» autour de la traque. ». Les chiffres de la DIREN f
Gérard Caussimont explique ainsi: « Ce fait réel, le dégât au troupeau, qui touche le berger dans un élément dont dépend sa survie, dans un système quasi autarcique, engendre tout naturellement des émotions. Cette émotion occasionne toute une série de réactions passionnelles qui prennent la forme d'actes instinctifs de vengeance ou d'autodéfense qui, pour trouver leur justification, exagèrent le fait réel qui les a provoqués. »
Absence humaine non protection des troupeaux
Un autre éleveur, visionnaire lui, soutient que « 50 % des brebis qui restent vont devoir être avortées avant l'agnelage d'octobre, à cause du stress » explique-il. « Depuis que Franska a commencé à attaquer les troupeaux, chaque fois que je monte compter mes bêtes, j'ai un noeud dans le ventre ».
En estive, les brebis vivent en pleine liberté, et le berger ne vient les voir qu'une à deux fois par semaine. Mais avec l'ourse, ce système ne fonctionne plus. Le noeud du problème, c'est le refus des moyens de protection et le non gardiennage des troupeaux. Selon les intéressés, cette manière de travailler s'est beaucoup développée ces trente dernières années. « Les conditions techniques le permettaient. Avec par exemple la vermifugation, qui permet aux gars de ne pas avoir à surveiller leurs bêtes, et éviter qu'elles se déplacent sur certains endroits ». « C'est aussi une question d'économie générale. Aujourd'hui, on trouve de moins en moins de monde sur une exploitations. Aujourd'hui, c'est la même personne qui fait tout »
Et les bergers de la vallée de l'Ouzoum se font menaçants : « Pour le moment, nous effrayons Franska avec des pétards, et nous sommes obligés de calmer des bergers qui parlent de monter avec des fusils », avertit l'un d'eux. Tant que l'ourse n'aura pas quitté la vallée, les éleveurs assurent qu'ils ne désarmeront pas.
La solution est simple: garder les troupeaux mais les bergers de l'Ouzoum n'en veulent pas et refusent d'adapter leurs pratiques à la présence de l'ours. « Nous avons établi un dossier de 200 pages pour expliquer tout cela au préfet. Mais nous n'avons pas été entendus, car le gouvernement avait besoin, pour se réhabiliter auprès de l'opinion, de décider des réintroductions d'ours. Ce qui tuera le pastoralisme. » La faute est toujours chez les autres. Il faudra sans doute attendre un nouveau drâme ou que la justice passe enfin par là pour espérer un changement.
C'est au préfêt maintenant de montrer sa détermination à faire respecter l'Etat de droit.












