Plus d'infos sur la plainte de Nelly Olin contre Jean Lassalle
Le ministre de l'Écologie n'accepte pas d'être traitée de «vichyste» par le député UDF Jean Lassalle qui s'oppose à la réintroduction des ours dans les Pyrénées. Une plainte est déposée.
Retour sur le calendrier des grandes manoeuvres
D'après le figaro, « Après plusieurs mois de passe d'armes autour de la réintroduction de cinq ours dans les Pyrénées, elle n'a pas supporté les propos virulents tenus par Jean Lassalle au début du mois de juin. »
3-4 juin
Jean Lassalle déclare dans La République des Pyrénées: « Mme Olin devrait démissionner. Ses méthodes sont indignes du rôle qui devrait être le sien ». Le député chanteur des Pyrénées-Atlantiques est «furieux contre les plantigrades», selon L'Éclair des Pyrénées. «On est en face d'une attitude vichyste qui rappelle le régime policier de la pire période.»
Le même jour, le Président de l'IPHB continue et en rajoute une couche. Jean Lassalle qualifie de «viol» la réintroduction de l'ours contre l'avis des bergers. «C'est un viol et cela devrait être puni comme tel», avait-il assuré, avant de demander le retrait des quatre animaux lâchés dans les Pyrénées «de façon aussi illégitime.»
6 juin 2006
Augustin Bonrepaux vient d’être nommé « rapporteur » d’une « Mission d’information sur le coût administratif de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ». [NDLB: Ma maman m'a toujours dit que ce n'est pas beau de rapporter. Bonrepaux et moi, nous n'avons pas la même éducation. Papa disait lui qu'il est dangereux de se coucher sur les routes.] Le « rapporteur »a donc pris rendez-vous avec François Arcangeli, Président de l’ADET et maire d’Arbas pour retirer les comptes de l’association qui gère la réintroduction en Pyrénées Centrales. François Arcangeli, absent à cette date, tient absolument à accueillir «en personne» le député qui a soutenu ouvertement les membres de l’ASPAP qui sont venus saccager sa mairie d'Arbas et à lui remettre les documents « en main propre ». La DIREN a informé l’ADET qu’elle devait mettre à disposition d’Augustin Bonrepaux 10 années de comptabilité. [NDLB: L'association FERUS est dans le même cas d'après mes infos.] Les grandes manoeuvres contrent Nelly Olin commencent.
8 Juin
Nelly Olin laisse un mois à L'IPHB pour rendre des comptes sur la gestion du dossier ours en Béarn et pour montrer ce que l'institution a fait et dépensé pour les ours.
28 juin
Furieux qu'une parisienne viennent fouiner dans la popote et les comptes de l'IPHB (sa chasse gardée, son jardin secret) et voyant la fin du financement par l'Etat de son bébé et tremplin électoral, Jean Lassalle réagit et dépose une proposition de résolution «tendant à la création d’une commission d’enquête visant à faire la lumière sur la chaîne de décision ayant abouti à la réintroduction en 2006 de quatre ours dans les Pyrénées et à évaluer le coût et l’efficacité des dispositifs engagés par les pouvoirs publics et les associations de protection de la nature en faveur de l’ours depuis quarante ans.»
De son côté, Nelly Olin, ministre de l'Écologie et du Développement durable, porte plainte contre Jean Lassalle pour ses déclarations des 3 et 4 juin. « La référence à Vichy a profondément blessé Nelly Olin, dont le père a été interné à Drancy, souligne-t-on dans l'entourage du ministre. Pour elle, c'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase.» Cette fois, Nelly Olin a choisi de porter la querelle devant les tribunaux, quitte à employer la procédure peu commune de «diffamation publique envers un ministre». Saisi par le garde des Sceaux, le procureur de la République de Pau a ouvert une enquête.
24 juillet 2006
Le ministre de la Justice a donné des instructions au parquet général de Pau «tendant à l'engagement de poursuites à la demande de Nelly Olin» pour «diffamation publique envers un ministre», a-t-on ajouté de même source.«Une enquête est en cours», a-t-on précisé à la Chancellerie
27 juillet
Augustin Bonrepaux rentre d'un «voyage de travail» en Slovénie pour effectuer une « enquête financière sur le renforcement de la population d'ours » pendant que les 10 membres de l'ASPAP passaient devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens pour le saccage du village d'Arbas ou est situé l'ADET. Des peines sont requises (jusqu'à 4 mois de prison avec sursis).
1 août 2006
En application des articles 140 et suivants du Règlement de l’Assemblée nationale, il est créé une commission d’enquête de trente membres visant à faire toute la lumière sur la chaîne de décision ayant abouti à la réintroduction en 2006 de quatre ours dans les Pyrénées et à évaluer le coût et l’efficacité des dispositifs engagés par les pouvoirs publics et les associations de protection de la nature en faveur de l’ours depuis 40 ans.
4 Août 2006
« Les engagements du ministère pris en 1994 dans le cadre de la charte de l'IPHB sont devenus caduques. » Nelly Olin reprend la main, en annonce que l'Etat arrête le financement de l'IPHB et confie la gestion de l'ours en Béarn à la DIREN Midi-Pyrénées. « Je m'attendais, à ce que l'IPHB prenne part activement à la protection des espèces pyrénéennes… je constate qu'en 1995 on comptait 5 à 6 ours dans les Pyrénées-Atlantiques. À l'heure actuelle il ne subsiste que 4 individus mâles.»
8 août 2006
Jean Lassalle s'en prend aux financement des associations. L'élu aspois demande des comptes au ministère de l'écologie. Il dépose une question écrite à l'Assemblée nationale Question N° 101964. Il s'adresse à Nelly Olin en s'appuyant sur les conclusions d'un rapport de l'Inspection générale des finances de 2003 qui ne sont pas tendres à l'égard des contrôles de l'Etat sur ce type de financements publics. « Ce document accablant fait apparaître d'innombrables anomalies et irrégularités dans la gestion des dossiers et des subventions versées. Il est également révélateur d'un laxisme et d'une légèreté effrayante dont a fait preuve le ministère de l'écologie ». Il demande « la liste complète des associations subventionnées par le ministère, le montant du financement alloué à chacune d'entre elles et l'utilisation qui en a été faite, la nature détaillée de chaque opération et la situation financière de chaque association ». C'est là que l'on ce rend compte qu'Augustin Bonrepaux (qui n'aura pas son IPA Institut Patrimonial de l'Ariège) se joint au combat de Jean Lasalle contre le ministère de l'écologie qui a mené le renforcement (presque) jusqu'à son terme. Même tremplin électoral à la clé pour les 2 seigneurs féodaux.
Voilà des mois que Jean Lassalle et Nelly Olin s'affrontent publiquement sur l'ours. Augustin Bonrepaux lui, attaque les mollets de Nelly Olin par derrière (les associations). Depuis sa prise de fonction, le ministre reproche au président de l'IPHB de ne pas assurer la mission qui lui est confiée (la gestion scandaleuse de l'IPHB)– l'organisme est subventionné par l'État pour protéger les ours. Le député s'élève de son côté contre le plan de renforcement de la population d'ursidés.
La plainte en justice
D'après un « Haut-fonctionnaire », passé notamment par l'école européenne de gouvernance, sur son blog: Il n'y a pas d'impunité ou d'immunité parlementaire. La liberté d'expression ne vaut que pour les propos en relation directe avec la fonction parlementaire: c'est ce que l'on appelle «l'irresponsabilité parlementaire». Elle ne vaut pas pour des déclarations qui ne sont pas liées directement avec le travail parlementaire: une déclaration homophobe dans la presse ou un meeting peuvent être poursuivies. Ce qui est original dans la situation que je décris est qu'un ministre demande la poursuite d'un député. Mais il y a peut-être des précédents historiques.
Sources : Le figaro, L'éclair des Pyrénées, Sud-Ouest, Le silence des lois, AFP