Lassalle entendu par la gendarmerie d'Oloron-Sainte-Marie
Jean Lassalle a été longuement entendu hier matin à la gendarmerie d'Oloron dans le cadre de la plainte de Nelly Olin pour « diffamation publique envers un ministre »
Jean Lassalle : « Mon combat est politique »
Dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le procureur de la République de Pau, à la demande du Garde des Sceaux, Jean Lassalle a été longuement entendu hier matin à la gendarmerie d'Oloron où s'étaient déplacés les enquêteurs de la Section de recherches de Pau. La ministre de l'environnement, Nelly Olin, souhaite en effet que le député de la vallée d'Aspe soit poursuivi pour « diffamation publique envers un ministre ». Cela vise les propos tenus le 2 juin dernier par Jean Lassalle à la sortie d'un conseil de gestion de l'IPHB (l'institution patrimoniale du Haut Béarn) qu'il préside. Le matin-même un quatrième ours, Balou, avait été lâché à Arbas en Haute-Garonne. Le député avait alors qualifié le plan de réintroduction de « viol » (lire Sud-Ouest du 3 juin) en comparant la méthode à celle du « régime de Vichy ». C'est selon l'entourage de la ministre cette dernière allusion qui a blessé Nelly Olin, dont le père a été interné durant cette période.
« J'assume »
« Les gendarmes voulaient savoir si j'ai bien dit tout cela, quand et à quelle occasion », expliquait hier Jean Lassalle. S'il « assume complètement » et reconnaît avoir tenu ces propos, il explique, comme il l'a fait devant les enquêteurs, qu'il ne s'agissait pas pour lui d'« être diffamant ou insultant » : « Je suis un député de la Nation. Je dénonce haut et clair ce que devrait faire la majorité des élus, une situation politique inacceptable », commentait hier Jean Lassalle.
« Blanchiment des consciences »
Le député aspois a ainsi lu aux gendarmes les trois pages d'argumentaires qu'il avait préparées pour sa défense. « Ce plan de réintroduction prend en otage l'ensemble d'une région. Il s'agit d'une vaste entreprise de blanchiment des consciences. Les bergers, eux, se sentent dans une situation étouffante. On ne peut plus se promener ou travailler dans la montagne sans tomber sur les gardes de l'ONF ou sur des gendarmes. Les bergers en sont arrivés à se cacher. Cela va bien au-delà de la question de l'ours », résume l'élu. « Ma démarche n'était pas diffamatoire. Il s'agit d'un combat politique. Le rôle du politique est de s'engager. Sinon, il n'a qu'à faire autre chose », conclut Jean Lassalle.
Source : Sud-Ouest












