Les leçons de Cannelle: automne 2006, la chasse va bientôt être ouverte
L’éradication de l’ours continue (lire « André Apiou ») parallèlement à la volonté du gouvernement de sauver la population par un renforcement de la population d’ours dans les Pyrénées.
Le défenseur de René Marquèze estime que ce dernier est irréprochable sur le plan strictement réglementaire, rien en effet n'interdisant la chasse dans une zone où l'ours est susceptible de se trouver, et invoque le fameux "état de nécessité".
Bien pratique en effet, d'autant que tous les habitants de la vallée, et les chasseurs en particulier, ont en mémoire les suites juridiques des deux dernières destructions d'ours par tir. André Apiou et Alain Cedet, auteurs de la destruction, qui se voulait discrète, d'une ourse en 1994, ont été confondus, jugés et condamnés plusieurs années après, à la suite d'une enquête minutieuse de l'ONCFS et de la gendarmerie. Par contre, le jeune chasseur qui avait abattu l'ourse Melba à Bezins-Garraux (Haute-Garonne) a bénéficié d'un non-lieu, compte tenu qu'il avait fait feu à bout portant, se sentant menacé.
La conclusion que peut tirer tout chasseur de ces éléments est que, pour éviter de lourdes condamnations en cas de destruction d'un ours, tout nouveau tir de plantigrade doit sembler être la conséquence d'un geste de légitime défense (et qu'il serait en outre absolument vain de tenter de le dissimuler étant donné le suivi rigoureux dont font l'objet les derniers ours de la part des membres du réseau "Ours brun").
SEPANSO Béarn : va-t-on retenir la leçon de la mort de Cannelle ?
La buvette a rencontré la SEPANSO Béarn. Hier a eu lieu une réunion à la sous-préfecture d'Oloron concernant la prise en compte de l'ours lors de la prochaine saison de chasse. «Depuis l'an passé, le préfet Marc Cabanne a tenté de mettre en place des mesures pour éviter de nouveaux "accidents de chasse"».
En cours de saison de chasse 2005-2006 (en novembre) il avait ainsi été décidé que les chasseurs devaient téléphoner à l'ONCFS 72 heures avant la tenue d'une battue dans certaines zones. La SEPANSO avait estimé à l'époque que cela était complètement insuffisant puisque rien n'interdisait les chasseurs de chasser :
- même si un ours était repéré dans les zones en question,
- que la superficie de la parcelle concernée était ridicule et
- que de véritables mesures cynégétiques auraient été de supprimer la chasse en battue au profit de la chasse à l'affût.
Ce printemps, un bilan a été tiré de l'expérience et l'on s'est aperçu que les chasseurs avaient fait en réalité ce qu'ils avaient voulu.
- Les zones règlementées n’étaient pas indiquées par des panneaux de signalisation.
- En guise de carnet de battues, des chasseurs ont parfois présenté une simple feuille A4 avec non pas comme on aurait pu s’y attendre, une description détaillée des zones chassées, la liste et positions des chasseurs, les dates et heures des battues, mais simplement et uniquement … le nom de la commune!
«De l'aveu même du représentant de la garderie, tout contrôle était totalement impossible» rajoute la SEPANSO Béarn, «La seule infraction aurait été de chasser en battue sans avoir averti l'ONCFS, qu'il y ait eu ou non une présence d'ours signalée.» La SEPANSO avait dénoncé au Tribunal administratif l'arrêté préfectoral.
Saison de chasse 2006-2007 en zone à ours
Trois réunions ont eu lieu ensuite pour adapter les mesures à la nouvelle saison de chasse 2006-2007. Il a seulement été décidé d'appliquer ce dispositif à partir du 1er septembre 2006. C'est à dire que certains secteurs sont concernés du 1er septembre au 30 octobre et que d'autres le seront du 1er octobre au 1 er novembre pour "coller au plus prêt" à l'activité supposée de l'ours! Comme si semaine par semaine, les chasseurs connaissent les positions et les activités des ours. Les « accidents » précédents sont là pour montrer qu’il n’en est rien.
Hier, lundi 17 juillet à la réunion d’Oloron, les représentants des chasseurs sont venus expliquer que les valléens refusaient de voir ainsi «évoluer la règlementation» qui n’a rien de contraignant!
La SEPANSO Béarn poursuit : «Je pourrais parler des heures de tout ce qui s'est dit d'ubuesque et d'écœurant lors de cette réunion».
Les leçons qui auraient dû être tirées après la mort de Cannelle ne l’ont pas été. Une majorité des chasseurs des vallées d'Aspe, d'Ossau, de Barétous et d'Ouzom, parmi lesquels se trouvent les exterminateurs de l'ours pyrénéen peuvent redevenir des tueurs d'ours en puissance. Devons nous nous satisfaire des sondages qui disent que 70% des pyrénéens sont favorables à l'ours et attendre le prochain tir malencontreux et un nouvel «accident» en «état de nécessité»? Non bien sûr.
Nous attendons la décision du préfet Marc Cabanne.
(Lire aussi René Marquèze, bientôt le procès du tueur de Cannelle)












