Procès des militants de l'ASPAP à Saint-Gaudens
Le procès de dix militants anti-ours de l'Association de sauvegarde du patrimoine Ariège-Pyrénées (ASPAP) a débuté jeudi peu après 14h devant le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens (Haute-Garonne).
Venus en famille, des agriculteurs français et espagnols, des chasseurs, pêcheurs ainsi que des randonneurs se sont retrouvés près de la chambre d'agriculture où ils ont organisé dans une ambiance qu’ils avaient annoncé comme détendue un grand barbecue et entonné des chants montagnards dont le fameux «Halte là, halte là, halte là, les montagnards sont là», chants suivis de discours militants.
Une délégation a été reçue à la sous-préfecture et s'est engagée à défiler dans le calme jusqu'au palais de justice, a indiqué le secrétaire général de la Fédération régionale des syndicats d'exploitations agricoles Midi-Pyrénées, Bernard Moules.
« Ce rassemblement de soutien vient exprimer la solidarité morale avec les éleveurs concernés mais aussi notre solidarité financière totale pour ce que cela entraînera pour eux, c'est l'ensemble des Pyrénées qui seront derrière eux », a-t-il ajouté. L’ASPAP paiera donc les amendes, s’il y en a.
Un cortège de 500 personnes selon la police, dont le député UDF des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle, a quitté vers 13h15 le parking de la chambre d'agriculture de Saint-Gaudens pour se rendre au tribunal pour le début de l'audience.
Une statue en bois représentant un ours, réalisée par un sculpteur béarnais, portée par six hommes a été déposée devant le palais de justice, symboliquement en réparation de celle qui avait été brûlée le 1er avril dernier devant la mairie d'Arbas. Voilà un geste de réparation intéressant. En espérant que cette statue soit amenée et offerte par l’ASPAP au village d'Arbas.
Dix militants de l'ASPAP ont pris place dans la salle d'audience, alors que les autres sont restés devant le tribunal pour soutenir leurs collègues jugés.
Peines requises
Le procès, qui s'est déroulé dans le calme en présence notamment du député béarnais UMP Jean Lassalle et de quelques autres militants anti-ours venus soutenir les prévenus, a vu neuf hommes et une femme défiler à la barre pour répondre de leurs actes: jets de bouteilles de sang sur la façade de la mairie d'Arbas et dans des logements privés, dégradation de mobilier urbain, destruction d'une statue en bois représentant un ours, et violences sur personne.
Tous n'ont pas reconnu les faits qui leur étaient reprochés, notamment ceux relatifs aux agressions sur personne. Tout au long du procès, la présidente du tribunal s'est attachée à déterminer la préméditation des exactions commises lors de la manifestation.
Le ministère public a requis des peines allant de deux à quatre mois d'emprisonnement avec sursis, un stage de citoyenneté et une interdiction de manifester d'au moins six mois dans des lieux que le tribunal devra déterminer.












