«J'entendais le souffle du molosse»
Albert Frolic n'est pas prêt d'oublier son week-end en Ariège, lui qui voulait bivouaquer tranquillement en montagne dans la nuit de samedi à dimanche. Il raconte : « J'ai quitté la voiture à 14 h 30 samedi, pour monter vers l'estive. Arrivé à la sortie du bois, vers 17 h 15, je suis redescendu pour chercher un endroit où bivouaquer pour la nuit, au niveau de la forêt. C'est là que j'ai trouvé un bol de croquette pour chien, abandonné.Il était 17 h 49 précises, car j'ai regardé l'heure sur mon portable. Tout à-coup, j'ai entendu du bruit, des craquements, de l'autre côté du ruisseau, au niveau d'une ancienne passerelle en fer démontée. Je me suis retourné en entendant des soufflements et des grognements derrière moi. Le chien et l'éleveur étaient juste en dessous, ils avaient traversé le ruisseau et me chargeaient. J'ai pris peur et, comme ils s'approchaient, j'ai commencé à courir. Le clebard me suivait : chaque fois que je m'arrêtais, je l'entendais arriver car il ne suivait pas le sentier et faisait beaucoup de bruit. La faim et la colère sans doute. J'ai continué à courir jusqu'à une passerelle en bois. Après le passage du ruisseau, je ne l'ai plus entendu. J'ai eu très peur.
Après 19 heures, j'ai réussi à regagner ma voiture. J'ai renoncé à dormir en montagne et j'ai cherché la gendarmerie ou une maison forestière. Là, on m'a indiqué la maison du maire chez lequel je me suis arrêté ».
Albert Frolic, la quarantaine d'années, ancien caissier à l'IPHB (Institut de Perception de Haute Bretagne), a failli regretter son expédition ariégeoise. Pourtant, heureusement, tout s'est bien terminé pour lui. Il n'a pas été transformé en croquettes.
« cela se terminera mal »
Mais Ernest Dugland, le maire de la commune était, hier, exaspéré : « C'est la deuxième fois qu'une telle attaque se poursuit, le précédente, c'était en 1928 ! Nous sommes exaspérés. Que cherchent ceux qui se promènent avec des molosses affamés ? A faire fuir tous les touristes ? On peut aujourd'hui se poser la question.
J'ai alerté le chef de cabinet du préfet qui était de permanence ce week-end. Lui, tout comme le responsable du comité de suivi des chiens dangereux, a reconnu qu'un tel agissement de l'animal était possible quand on s'approche de son repas d'un peu trop près. Mais quelle idée de laisser une gamelle pleine au bord d'un sentier. Et maintenant, on entend du côté du ministère que quatre attaques de chiens viennent d'avoir lieu en juin. De qui se moque-t-on ? Tout cela va se terminer mal, à l'hopital. S'il y a une nouvelle gamelle abandonnée, nous le prendrons comme une provocation pure et simple ».
L'aventure arrivée à Albert Frolic ce week-end vient ranimer la fièvre née ces derniers jours après les attaques de plusieurs enfants. On se doute que l'homme n'avait pas à cœur de demander à l'animal son identité. Jamais plus je ne mettrai mon T-shirt Paysdelours en estive !
Ceci est de la pure désinformation, bien sûr. Un exemple de charge. Ne pas s'approcher des repas des animaux sauvages. Ne pas s'enfuir en courrant. Ne pas aller se promener en Ariège, c'est plein de sauvages et de violents. Tous les enfants (d'Arbas) savent celà.