L'ours Bruno a été abattu
Depuis 170 ans, il n'y avait plus eu d'ours en Allemagne. Le dernier avait été abattu en 1835. Quand il franchit la frontière, Bruno devint aussitôt célèbre. En un mois, il tua deux douzaines de moutons et pilla des poulaillers et des ruches, défonçant enclos et entrées de greniers. Une nuit, on le vit assis à Kochel am See devant un poste de police désert.
Des analyses génétiques de ses poils permirent de l'identifier. Bruno était un adolescent âgé de deux ans. Son numéro d'identification scientifique était JJ1; il était le premier rejeton de Joze, ours mâle né en Slovénie et libéré en 2000 dans le Trentin italien dans le cadre d'un programme de repeuplement, et de la femelle Jurka, arrivée en Italie en 2001. Jurka est une «mauvaise mère», elle a appris deux choses à son fils: aller chercher de la nourriture à proximité des habitations et éviter de retourner sur les lieux de carnage pour ne pas se faire prendre. Certes, Bruno n'a pas directement attaqué des hommes, mais il n'avait pas non plus la timidité naturelle des ours qui restent dans la forêt.
L'arrivée de Bruno déclencha un processus bureaucratique. Le ministre bavarois de l'Environnement, Werner Schnappauf, ordonna aux chasseurs et policiers d'abattre l'ours «problématique», mais il fit rapidement marche arrière devant les protestations de ceux vivant loin des endroits hantés par le quadrupède. Le journal à grand tirage «Bild» confia à Bruno la nationalité allemande en titrant sur six colonnes à la une: «Tir mortel sur l'ours allemand!».
Puis, le ministère bavarois fit appel à une équipe composée de chasseurs finlandais accompagnés de chiens servant à traquer les élans et d'un vétérinaire armé d'un fusil à fléchettes contenant un somnifère. Bruno aurait dû être capturé pour finir ses jours dans un jardin zoologique. Or, vendredi, les Finlandais partirent épuisés par la chaleur; à plusieurs reprises les chiens avaient traqué l'ours, mais la topographie fort accidentée empêcha le vétérinaire d'accourir pour l'endormir. Les autorités de Bavière et du Tyrol autorisèrent dimanche d'abattre l'animal.
« Ours de tous les pays, évitez la Bavière », s'est insurgé Hubert Weinzierl, le président de l'Association allemande de protection de la nature. Pour lui, la « liquidation est la solution la plus imbécile ». Cependant, le World Wildlife Fund approuve l'action, disant que « Bruno était un gros risque, son comportement était déréglé ».
Source : lalibre.be
L'Ours Bruno est mort. Bonjour tristesse. Etait-ce bien nécessaire ?
Ce soir toute la France va penser au foot. Ce soir, je vais penser à ce chasseur qui a tué le seul ours brun allemand en liberté. C'était prévisible au vu des réactions ministérielles, au vu de l'importation de chasseurs finlandais "spécialisés" avec leurs chiens venus de loin. JJ1 a été éliminé. L'allemagne est moins belle. L'homme est toujours aussi bête.












