Balou, un ours mâle relâché pour luter contre la consanguinité
Le quatrième lâcher d'un ours dans les Pyrénées à la veille du rassemblement en faveur des plantigrades de Bagnères-de-Luchon
Un quatrième ours en provenance de Slovénie a été lâché tôt vendredi 2 juin sur la commune d'Arbas en Haute-Garonne, a annoncé le ministère de l'Ecologie. Nelly Olin précise qu'il s'agit d'un ours mâle âgé de 4 ans qui pèse 88 kilos. Prénommé "Balou", cet ours est parrainé par Gérard Depardieu et Fanny Ardant.
Trois femelles : Palouma, Franska et Hvala ont retrouvé la liberté dans les Pyrénées. Balou est le seul mâle des 5 cinq ours qui devaient être réintroduits ce printemps.
Demain 3 juin, les associations membre de Cap-Ours organisent à Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne) un rassemblement de soutien au plan de réintroduction, à la sauvegarde et à la protection des ours pyrénéens. Plusieurs milliers de personnes sont attendues en provenance de toute la France.
Les opposants au renforcement de la population d'ours ont prévu d'être présents d'une manière ou d'une autre samedi à Bagnères-de-Luchon. La tension sera donc palpable. Les anti-ours ont toujours manifesté sans être perturbé par les défenseurs des plantigrades. Habitués aux coups de forces et aux violences, les anti-ours devront être "encadrés" par la police si on ne veut pas assister à de nouvelles échauffourées, comme lors de la descente des anti-ours à Arbas.
Stéphane Lessieux, porte parole de l'Association de sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP) a en effet déclaré : "Avec ce nouveau lâcher, c'est de la provocation. Cela va déterminer un certain scénario parmi plusieurs envisagés. Forcément, il y aura de la colère". L'ASPAP est à la base de tous les débordements des éleveurs qui refusent la cohabitation avec les ours, responsables de moins de 1% des pertes annuelles des éleveurs.
Les anti-ours ont basé leur politique sur le boycott de la concertation, puis sur les coups de forces. Le nombre des ours à réintroduire est passé de 15 (annonce de l'ancien ministre de l'écologie Serge Lepeltier) à 5 sous le ministère de Nelly Olin. La ministre a donc fait une grosse concession, mais est déterminée à mener à bien cette démarche de sauvegarde de la population des ours des Pyrénées, menacée de disparition et de consanguinité.
Devant la détermination du ministère de l'Ecologie à réintroduire les 5 ours, les éleveurs ont demandé un moratoire d'un an. Tous les défenseurs et la ministre l'ont refusé en signalant qu'avec la gestion catastrophique du dossier ours en Béarn par l'IPHB de Jean Lassalle pendant plus de 10 ans, et la diminution de la population qui en a résulté, on avait assez attendu.
"Il est dommage de ne pas avoir saisi l'opportunité d'un moratoire pour suspendre les lâchers. Cela a enterré l'espoir d'une discussion entre opposants et les autorités", a ajouté le porte parole de l'association qui ressemble plus à une milice privée qu'à un groupe de réflexion, comme ils l'avaient annoncé lors de la création de l'association sous la protection d'Augustin Bonrepaux en février 2006.












