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juin 2006

29 juin 2006

Marcos Von Braun : La montagne, ça le gagne

Les Pyrénées sous la menace de l’ours !

par Juan Marcos Von Braun, Maurice Panel

C’est sans armes et démunis que les observateurs locaux peuvent constater, incrédules et inquiets, les derniers lâchers d’ours opérés dans nos belles montagnes pyrénéennes. En effet, malgré les multiples manifestations bon enfant, la réintroduction du prédateur féroce se poursuit sur les terres ancestrales de ceux qui depuis des générations nourrissent la France. Et dans quelles conditions !

Il était 22 heures au cœur du village d’Arsouens, quand les quelques habitants qu’un travail harassant n’avait pas déjà plongé au cœur d’un repos salvateur purent observer un spectacle aussi insolite que terrifiant : devant l’école du village une camionnette (de marque étrangère) s’arrête dans un crissement sinistre de freins. Un individu, très maigre et chevelu, bondit et présente à l’arrière du véhicule quelques chiffons puis, sans crier gare, ouvre les portes du fourgon avant de se réfugier précipitamment à l’avant du véhicule.

Immédiatement après, une masse de poils sombre, immense, surgit et s’enfonce dans les ruelles du paisible patelin dans des grognements rauques et puissants. Éructations qui résonnent à chaque porte et jusqu’au clocher de l’église. Pour le véhicule, c’est un démarrage en trombe.

Pour la bête, c’est bientôt la sûreté d’une épaisse forêt. Une fois la stupéfaction passée les plus courageux inspectent le tas de chiffons laissé par le fauve brun ; l’étonnement laisse rapidement place à la stupeur lorsque que le tas de hardes se révèle être des vêtements de randonneurs, et plus horrible encore, ceux de jeunes enfants.

« Pour les précautions voyez Bruxelles ! » nous lance alors un fier montagnard aux yeux embués de colère.

Voilà, l’ourse Katioucha, jadis expulsée du zoo de Berlin pour y avoir dévoré une famille de vélociraptors, est libre. Les habitants ne l’apprendront que le lendemain au passage du cantonnier. Autant vous dire qu’ici, c’est l’incompréhension totale. Et la consternation.

Balou_veloUne caméra de surveillance a surpris Balou, peu de temps avant sa disparition, très intéressé par le système antivol de cette bicyclette. Un cas isolé ? Apparemment non, d’autres témoignages font état d’un lâcher de plantigrade, dimanche matin sur une aire de pique-nique dans des circonstances quasi similaires.

Des nouvelles à mettre en parallèle avec la disparition, les semaines passées, de Balou, autre plantigrade qui, lui, serait parvenu à retirer - avec, peut-être, l’aide d’écureuils complices - son bracelet électronique, échappant désormais totalement à la surveillance des autorités. Ses absences répétées aux rendez-vous fixés par son contrôleur judiciaire, et la fermeture tardive de notre frontière sud rendue poreuse par l’inconséquence des bureaucrates européens, laissent supposer que Balou coule désormais de jours heureux, en toute impunité, chez nos voisins espagnols.

La réintroduction massive de l’ours dans les Pyrénées, s’il est vrai qu’elle recueille la faveur de quelques groupuscules de chômeurs écologistes et drogués, déchets de fourmilières urbaines telles Tarbes ou Pamiers venus trouver dans ces paisibles montagnes un sens à leurs existences broyées par l’assistanat, la débauche et les aliments surgelés, suscite aujourd’hui la révolte et l’indignation de notre terroir.

Et à juste titre !

Pour Raymond Tarzac, maire du village voisin d’Anglas-sur-Fouvoire, cette décision « prise par les technocrates de la capitale » dénote un choix purement idéologique fait au mépris des réalités locales.

Balayées, les années de travail patient des gardes-chasse pyrénéens qui depuis des générations on tout fait pour désoursiser ces coteaux verdoyants où femmes et enfants n’osaient jadis s’aventurer sans la compagnie rassurante des hommes du bourg !

Partis en fumée, les milliers de francs investis en cartouches, mines et accessoires neurotoxiques qui permirent à force de persévérance, de juguler l’expansion rapide d’une population ursidée que l’on décrit ici comme « très portée sur la fornication ».

Quelle mouche a donc piqué Nelly Ollin, femme de bon sens, tombeuse de la municipalité rouge de Garges lès Gonnesses, pour vouloir ainsi exporter à la province l’insécurité et la violence qui gangrènent les grandes villes ? Derrière Raymond Tarzac, c’est toute une vallée qui, par solidarité avec la ville martyre d’Arsouens, se dresse contre l’arbitraire parisien.

Predation_degats_brebis_10De l’ADN d’ours, retrouvé sur un mégot de cigarette découvert à proximité de ce cadavre de brebis, écarte tout doute sur la responsabilité de ce crime odieux.Se peut-il que notre gouvernement, dans un moment d’inattention, ait plié face aux lubies d’une gauche caviar qui, du fond de son loft de Montparnasse, aurait jugé - on se demande bien de quel droit - que, sous prétexte de reconstitution d’un écosystème dont elle ignore tout, les ours devraient de nouveau faire règner la terreur dans nos alpages ? Ces “bobos” prônent-ils également la réintroduction du moustique en Camargue ?

Faudra-t-il, pour modeler nos paysages à leurs envies décadentes, importer des morses et des pingouins en Bretagne ? Organiser un lâcher d’alligators à l’Aqualand de Bannière de Bigorre ?

Un constat s’impose à partir d’aujourd’hui : la montagne a peur. Le principe de précaution, trop souvent invoqué pour briser l’esprit d’initiative de nos agriculteurs et entrepreneurs, trouverait peut-être mieux à s’appliquer aux couloirs des officines parisiennes et aux jean-foutres qui, chaque jour, y détruisent un peu plus par leurs décisions absurdes la France telle que nous l’aimons.

Dernière minute : maigre consolation, on vient d’apprendre que « Sylvivartanus » la prochaine femelle ourse qui devait être prochainement réintroduite dans les Pyrénées vient d’être abattue par les forces spéciales lors d’un braquage manqué aux abattoirs de Sofia. Quand au mâle « Victorius » il a été écrasé par un bus dimanche matin à la sortie du « Cattle Meeting Club » de Cauterets.

Juan Marcos Von Braun

Juan Marcos Von Braun

Né en 1907 dans un petit village anonyme de Bavière, Johanes Marcus Von Braun est le cousin du célèbre ingénieur en fusées du même nom. Ayant quitté sa terre natale en mars 1945 au terme d’une brève carrière dans la fonction publique allemande, il a ensuite longtemps œuvré comme consultant en sécurité pour le compte des gouvernements argentin puis bolivien. Ses fonctions l’ont conduit à se lier d’amitié des noms illustres de la politique d’Amérique latine, tels Juan Peron ou la famille Somoza, et à développer de réelles compétences en matière de chirurgie dentaire et d’électricité.

Après une rencontre déterminante avec Ernesto « Che » Guevara (sur la toute fin), Juan Marcos Von Braun a fait jouer son important carnet d’adresses pour entrer au département d’Etat américain dans les années 70, où il prodiguait conseils et encouragements au jeune Henry Kissinger.

Aujourd’hui retraité, M. Von Braun vit de la publication d’ouvrages de référence et s’est depuis quelques années attelé à la rédaction de ses mémoires ; il a su garder la forme de ses vingt ans par la pratique régulière du tonfa.

C’est sa connaissance approfondie des entrailles (au sens propre) des groupuscules gauchistes qui a attiré l’attention de la rédaction de Brave Patrie sur ses compétences d’analyste de la vie politique nationale.

Bibliographie : Anthologie de la sculpture sur molaire. (1982) La Baie des Cochons ? No comment. (1985) Essai sur la conductivité du corps humain face au courant triphasé. (1985) Allende ? J’ai un alibi. (1986)

Réactions

Messieurs,

Mon épouse et moi-même formons ce que les sociologues barbus des temps post soixante-huitards appellent un "couple moderne" : nous avons chacun nos petites activités. Pour elle, c’est le bridge ; elle s’y dépense sans compter, s’y jette même "à corps perdu", expression qu’elle emploie avec un petit sourire fort gracieux.

De mon côté, j’en pince pour la chasse, comme tout Bousin de Broille, et d’autant mieux que, par la grâce d’une résolution libérale, éclairée et bi-centenaire, cette passion est à la portée de tous, sans distinction de classe, d’origine, de fortune.

J’y vois donc la parfaite illustration d’une société bien pensée et bien organisée. Aux uns, la sanior pars, une chasse montée, les aboiements de la meute et le son des cuivres ; aux autres, la piétaille, la boue des champs et des plaines ; tous pourtant tendus par le même amour pour notre belle terre de France et sa faune toujours renouvelée. Il ne peut pas en être autrement. Je participais cette semaine aux chasses du comte palatin von Tür und Fenster, dans le Bayerischer Wald. Cet excellent homme, toujours plein d’esprit, me faisait remarquer combien ma meute de fox-terriers à poil dur serait malheureuse dans le jardin étriqué d’une banlieue pavillonnaire à Moisy-le-Sec. C’est une chose qu’on ne peut décemment pas envisager.

Bref, alors qu’aujourd’hui le premier garçon de ferme venu peut aller skier à Garmisch et chasser à Rastenburg, j’en reviens aux valeurs sûres : les eaux, la neige et le gibier à Bagnères-de-Luchon. L’introduction de nouveaux ours dans les Pyrénées est une excellente décision.

Votre toujours généreux,

Baron Bousin de Broille et Madame.

Aigle botté

En état de légitime défense, un berger abat un aigle botté dans le Var
Un aigle botté agonisant a été retrouvé ce week-end par un promeneur varois, annonce la Ligue de protection des oiseaux, qui accuse le ministère de l’Intérieur de fermer les yeux sur des exécutions extra-judiciaires.

Dominique de Villepin s’est défendu de telles intentions, et a rappelé à juste titre que le rétablissement de l’ordre dans les zones de non-droit que sont devenus nos pâturages ne se ferait pas sans le soutien de la population, laquelle connaît mieux que personne les dangers auxquels sont exposées les brebis.

De fait, si l’aigle botté est ornithophage et constitue pour les troupeaux un risque moindre que le loup ou l’ours, il est connu pour ses double kicks vicieux.

Source : Brave patrie

Haro sur le poil d'ours des bonnets de la garde royale britannique !

Bonnets_poils_oursMonarchiste de choc, la députée conservatrice Ann Widdecombe n'est pas du genre à déstabiliser ceux qui doivent assurer la garde des Windsor. Encore moins à s'allier avec un pilier de la gauche pure et dure qui veut transformer le royaume en république.

Cette ancienne ministre a pourtant envoyé une lettre, le 21 juin, à ses collègues tories pour qu'ils soutiennent la motion déposée par le parlementaire travailliste Chris Mullin, visant à interdire l'utilisation du poil de l'ours brun pour couvrir les bonnets des soldats de la garde royale : " Intelligents, curieux de tout, ces mammifères sont massacrés au Canada pour que leur peau serve de couvre-chef cérémoniel. "

Chris Mullin préconise la substitution de fibres synthétiques au poil naturel dans la fabrication des hauts bonnets. Son texte, qui a déjà reçu 180 signatures sur les 646 membres de la Chambre des communes, a de bonnes chances d'être adopté. En effet, comme la chasse à courre, interdite en 2005, la protection du plantigrade mobilise le puissant lobby des amis des bêtes. Ainsi, le 18 juin, une centaine de militants de la Coalition pour le traitement éthique des animaux ont défilé, nus et masqués, dans le centre de Londres pour protester contre la présence, la veille, des célèbres soldats à l'uniforme écarlate lors du défilé Trooping the Colours en l'honneur de l'anniversaire de la souveraine.

Chaque année, une cinquantaine de peaux de l'Ursus americanus sont utilisées pour confectionner de nouvelles bombes velues tombant au ras de l'oeil. Depuis 1825, les peaux sont ensuite teintes en noir avant d'être livrées à Londres. Les soldats ont droit aux poils durs provenant des mâles. Les officiers bénéficient de la texture plus douce et plus éclatante de l'ourse. La couleur du plumet planté sur le bonnet distingue les différents régiments de grenadiers : blanc pour les Ecossais, rouge pour les Coldstream (Anglais), bleu pour les Irlandais, vert et blanc pour les Gallois... La durée de vie de ce symbole de l'ancienne grandeur britannique est d'une quarantaine d'années en moyenne. A l'origine, il s'agit d'une adaptation du bonnet des hussards de la garde impériale de Napoléon, prise de guerre lors de la bataille de Waterloo, en 1815.

"Aucun animal n'est abattu à cet effet. Il s'agit généralement de peaux provenant d'ours tués accidentellement ou décédés de mort naturelle", insiste un porte-parole du ministère de la défense en précisant que l'espèce n'est nullement menacée au Canada.

Dès 1997, l'armée avait conçu un bonnet à fibre synthétique. L'état-major avait été sensible au coût moins élevé de la fibranne. Mais le prototype s'était avéré trop chaud en été pour ces militaires d'élite, figés une heure par jour sept jours par semaine, dans une impressionnante immobilité. Par ailleurs, le bonnet n'était pas totalement imperméable. Enfin, la matière synthétique attirait l'électricité statique, avec les risques qu'on imagine lors des manoeuvres près de lignes à haute tension. Pareille révolution s'était heurtée enfin au conservatisme de ce corps d'apparat dont soldats, sous-officiers et officiers sont bâtis sur le même modèle, grands (au moins 1,80 m), minces et blancs, à l'exception d'une poignée d'Antillais.

Aujourd'hui, la hiérarchie militaire juge que le projet gouvernemental de réunir plusieurs régiments royaux par souci d'économie pourrait réduire les commandes de poils d'ours. En signe de compromis, les responsables se sont engagés à tenter de réparer les bonnets détruits par les mites au lieu d'en commander de nouveaux.

Le Palais redoute de se retrouver au centre d'une dispute écologique. C'est à la reine que reviendra la décision ultime. L'attachement d'Elizabeth II à ses régiments d'élite est légendaire. En revanche, très attentifs à la défense de la nature, son époux, le prince Philip, et son fils aîné, le prince Charles, sont partisans de l'abandon de cette tradition controversée.

Source : Le Monde

Putain L'ours

Ca balance, dans les assurances !

Il y a peu, on pouvait lire dans l’édition béarnaise de notre « grand quotidien régional » l’une des nombreuses déclinaisons de l’histoire de l’homme qui a vu l’ours.

Un palois, agent d’assurances de son état, photographié pour l’occasion dans son bureau tiré au cordeau où pas un dossier ne dépasse, racontait avec force détails racoleurs, histoire de bien se mettre en valeur et en position de « star », sa grandiose épopée lors d’une randonnée dans les Hautes Pyrénées.

Ce jour là, il a vu l’ours de tout près, à deux mètres de distance et on le croit. A ce stade du récit, on se dit qu’il a du tout faire pour se rendre invisible, inaudible, inodore. Des origines à nos jours, l’histoire des rencontres entre l’homme et les animaux sauvages, supposés dangereux ou non, nous enseigne que la discrétion est obligatoirement de mise, soit pour s’en protéger, soit pour avoir la joie de pouvoir les contempler à loisir.

Remuer un minimum, lentement, ne pas crier, surtout ne pas courir ni faire de gestes brusques.  Dans l’écrasante majorité des cas, l’animal ne devient agressif que s’il se croit menacé, lui ou sa  famille, donc s’il voit quelqu’un gesticuler ou qu’il l’entend crier ou parler fort. Dans le cas de l’ours, on sait même que lorsqu’il se dresse à la verticale, il ne s’agit pas d’une posture d’intimidation ou de menace, mais du besoin de humer l’air pour se renseigner, grâce aux effluves, sur l’étrange bipède qui s’agite devant lui.

Et qu’a-t-il fait, notre aventurier palois du week-end ? Après que son cerveau ait émis cette pensée profonde qui restera éternellement gravée dans les annales de la culture pyrénéenne,  « Putain, l’ours ! », il s’est pris à hurler de toute la force de ses poumons pour alerter son beau-frère qui trop éloigné de la scène, n’entendait rien du tout.

Par contre, il a réussi  à transmettre sa panique à une dizaine de randonneurs qui se trouvaient plus près de lui. Ces dix personnes se sont alors précipitées sur deux cabanes de bergers pour y trouver refuge. Au vu des portes fermées, tout en vociférant elles-aussi, elles ont essayé de les forcer. Heureusement qu’elles n’y sont pas arrivées, la faute aurait ensuite été mise sur le dos du bouc-émissaire à la mode, l’ours !

Pendant ce temps, notre assureur courait comme un dératé afin de rejoindre son cher beau-frère qu’il engueulait copieusement pour ne pas avoir entendu ses cris et lui avouait sa crainte de voir l’ours le « croquer » (sic !).

De retour dans son bureau, il fait durer la  (délicieuse ?) sensation de peur « Je me demande ce qui se serait passé si j'avais été là avec des gamins », déclare-t-il.

Mais rien du tout, cher Monsieur, rien de plus que ce qui s’est passé. D’autant que nombre d’enfants d’aujourd’hui, citadins ou ruraux, en savent plus sur les choses de la nature que leurs aînés. Des enfants auraient peut-être su calmer votre panique ridicule.

Ceci posé, vous pouvez être content de vous. En toute innocence et à l’insu de votre plein gré comme disait l’autre, vous avez prouvé en étalant dans un journal la stupidité de votre comportement, que l’ours n’est pas du tout le monstre sanguinaire, d’une dangerosité extrême que quelques violents paranoïaques cherchent à dépeindre. Indifférente à cette scène de film à la De Funès,  à ce  tintamarre cacophonique, cette excitation tous azimuts, cette  sueur et ces phéromones de trouille si peu glorieuse dont vous deviez tous offenser ses narines, la très  belle reine Franska, car c’était elle sans nul doute, a passé son chemin en vous ignorant superbement. Quelle classe ! Merci à vous, donc. Et pour vous prouver ma gratitude et celle des ours, je vais me permettre un conseil : vous devriez laisser tomber les assurances et vous lancer dans le cinéma comique à effets faciles. Votre avenir y est assuré.   

Jenofa Cuisset
Uharte Garazi
(envoyé par e-mail à François Arcangeli)
                               

                                                                                           

Stacy et Nathalie

Stacy_nathalie24 juin 1995, je me souviens, j'étais en vacances en famille à Séguret (Vaucluse). On apprenait par la radio qu'on avait retrouvé les corps de Julie et Mélissa. Plus envie de rigoler.

28 juin 2006, depuis hier, la Belgique compte deux petits anges de plus. Stacy et Nathalie ont quitté famille, école, pays, pour rejoindre Julie et Melissa. Triste semaine, souvenirs douloureux, saloperies d'hormones, comment éviter celà ? Sur Europe 1, on en rigolait cet après-midi. Liège est à 35 km de la buvette. J'ai pas envie de publier ce soir. Allez au diable. Rideau. J'en ai marre des bouquets de fleurs entassés sur un grillage.

Liège est la plus française des villes belge. Les gens n'utilisent que le 'tu", c'est un peu Marseille; le 14 juillet y est fêté, comme le 21. La révolution y est une institution. Désespoir.

27 juin 2006

L'ours Bruno a été abattu

Depuis 170 ans, il n'y avait plus eu d'ours en Allemagne. Le dernier avait été abattu en 1835. Quand il franchit la frontière, Bruno devint aussitôt célèbre. En un mois, il tua deux douzaines de moutons et pilla des poulaillers et des ruches, défonçant enclos et entrées de greniers. Une nuit, on le vit assis à Kochel am See devant un poste de police désert.

Des analyses génétiques de ses poils permirent de l'identifier. Bruno était un adolescent âgé de deux ans. Son numéro d'identification scientifique était JJ1; il était le premier rejeton de Joze, ours mâle né en Slovénie et libéré en 2000 dans le Trentin italien dans le cadre d'un programme de repeuplement, et de la femelle Jurka, arrivée en Italie en 2001. Jurka est une «mauvaise mère», elle a appris deux choses à son fils: aller chercher de la nourriture à proximité des habitations et éviter de retourner sur les lieux de carnage pour ne pas se faire prendre. Certes, Bruno n'a pas directement attaqué des hommes, mais il n'avait pas non plus la timidité naturelle des ours qui restent dans la forêt.

L'arrivée de Bruno déclencha un processus bureaucratique. Le ministre bavarois de l'Environnement, Werner Schnappauf, ordonna aux chasseurs et policiers d'abattre l'ours «problématique», mais il fit rapidement marche arrière devant les protestations de ceux vivant loin des endroits hantés par le quadrupède. Le journal à grand tirage «Bild» confia à Bruno la nationalité allemande en titrant sur six colonnes à la une: «Tir mortel sur l'ours allemand!».

Puis, le ministère bavarois fit appel à une équipe composée de chasseurs finlandais accompagnés de chiens servant à traquer les élans et d'un vétérinaire armé d'un fusil à fléchettes contenant un somnifère. Bruno aurait dû être capturé pour finir ses jours dans un jardin zoologique. Or, vendredi, les Finlandais partirent épuisés par la chaleur; à plusieurs reprises les chiens avaient traqué l'ours, mais la topographie fort accidentée empêcha le vétérinaire d'accourir pour l'endormir. Les autorités de Bavière et du Tyrol autorisèrent dimanche d'abattre l'animal.

« Ours de tous les pays, évitez la Bavière », s'est insurgé Hubert Weinzierl, le président de l'Association allemande de protection de la nature. Pour lui, la « liquidation est la solution la plus imbécile ». Cependant, le World Wildlife Fund approuve l'action, disant que « Bruno était un gros risque, son comportement était déréglé ».

Source : lalibre.be

L'Ours Bruno est mort. Bonjour tristesse. Etait-ce bien nécessaire ?
Ce soir toute la France va penser au foot. Ce soir, je vais penser à ce chasseur qui a tué le seul ours brun allemand en liberté. C'était prévisible au vu des réactions ministérielles, au vu de l'importation de chasseurs finlandais "spécialisés" avec leurs chiens venus de loin. JJ1 a été éliminé. L'allemagne est moins belle. L'homme est toujours aussi bête.

25 juin 2006

Vallée d’Aspe : 1000 brebis sont privées d’estives pour cause d’Agalaxie

Suspectés de porter la maladie de l’agalaxie contagieuse, deux troupeaux de Lourdios et Borce ont été mis à l’isolement. Les brebis ont été « suspendues » conformément au principe de précaution. Une expertise scientifique est en cours dont le résultat déterminera le sort des deux troupeaux.

Les 420 brebis de Julien Lassalle sont restées au bercail à l'heure où les troupeaux ont pris le chemin des estives. Suspecté d'être porteur de l'agalaxie, son cheptel a été « suspendu » par le Groupement de défense sanitaire (GDS) de Béarn et Soule, structure interprofessionnelle chargée du suivi de la maladie dans le département. A Lourdios, qui célébrait le 10 juin dernier la transhumance, le cœur de l'éleveur aspois n'était donc pas à la fête.

La mauvaise nouvelle est tombée quelques jours auparavant. Un autre troupeau installé à Borce est également touché. Soit, au total, quelque 1 000 brebis dans le collimateur. Fréquente au Pays basque, l'agalaxie contagieuse provoque notamment un tarissement des pis. C'est dire si les éleveurs de brebis laitières la redoutent.

Un cas à Bedous cet hiver

Cet hiver déjà, la détection d'un cas à Bedous avait ravivé les inquiétudes en vallée d'Aspe. Le troupeau mixte (brebis et chèvres) infecté a été abattu ainsi que trois autres mis en contact. « Nous pensions que le problème était terminé, d'autant que les résultats des analyses au 1er mai étaient corrects. Mais des signes de la maladie sont apparus sur un troupeau à Macaye au Pays basque. Après enquête, nous avons établi que les bêtes de deux éleveurs béarnais avaient été mises en contact avec ce troupeau » explique Thierry Rotis, animateur actions ovines au GDS 64, qui reconnaît que « c'est une catastrophe pour les éleveurs concernés d'apprendre au 10 juin que la saison est compromise ». « Nous avons plusieurs raisons d'être inquiets car l'élevage de Macaye est un élevage hors sol (les brebis sont enfermées) donc on ne voit pas comment elles ont pu être contaminées. » poursuit Thierry Rotis. En clair, la contamination pourrait venir du Béarn.

Expertise à Lyon

Ces deux cas de suspicion ont jeté un froid dans la vallée d'Aspe où tous attendent désormais les résultats des analyses en cours. Outre les examens classiques, une expertise complémentaire est menée à Lyon pour comparer la souche avec celle découverte cet hiver à Bedous, d'origine caprine. Ces résultats, qui pourraient tomber avant la fin du mois de juin, seront déterminants. Car si le lien avec la souche caprine est établi, cela voudra dire que le foyer de la maladie se trouve bien en Béarn. « C'est l'hypothèse la plus inquiétante » ajoute Thierry Rotis.

Le Béarn a déjà connu des « gros épisodes » d'agalaxie en 1993 en Ossau et en 1996 et 2000 en vallée d'Aspe. A la demande des éleveurs du département, le GDS 64 a mis en place une police sanitaire stricte. « Les vallées béarnaises et souletines ont décidé d'être fermes. Un troupeau porteur de la maladie était systématiquement abattu. A l'époque, la transhumance était même interdite à vie pour un troupeau suspecté! » rappelle Thierry Rotis.

Depuis, la procédure s'est assouplie au fur et à mesure de l'état des connaissances de la maladie. S'il n'y a plus obligation d'abattage, les mesures d’isolement demeurent. Un éleveur dont le troupeau a été infecté doit ainsi pouvoir garantir un isolement total de ses bêtes sur une période d’au moins sept ans à compter des premiers résultats négatifs. Sachant que l’assainissement peut durer cinq ans, l’interdiction peut ainsi s’étaler sur douze ans ! Une catastrophe pour les bergers qui optent souvent pour l’abattage.

La situation est donc tendue en vallée d’Aspe où un état des lieux sanitaires a été présenté ces jours-ci à l’ensemble des éleveurs du secteur, lors de deux réunions organisées à Borce et à Lourdos. Arnaud Etchebarne, président de la commission ovine du Groupement de défense sanitaire (GDS), souligne en effet «  Une situation très préoccupante. » Il poursuit : « Nous sommes inquiets par rapport à ce qu’il s’est passé cet hiver. Nous avons croisé les doigts pour que ça s’arrête là. Alors dès qu’il y a un risque, aussi petit soit-il, on se doit d’appliquer les mesures préconisées pour défendre l’ensemble des élevages ».

Une situation intenable

Les deux éleveurs transhumants, producteurs de fromage en estive, ont la conviction que leur troupeau est sain. « Tous les jours, on perd de l’argent ! » lâche l’épouse de l’éleveur de Borce, qui souhaite rester discret. Les 650 brebis doivent monter aux estives début juillet. Mais comme celles de Julien Lassalle à Lourdios, elles ont été « suspendues

« Trois analyses ont été menées depuis octobre, toutes se sont révélées négatives »  poursuit-elle, dénonçant : « Dans le doute, les techniciens nous bloquent ». Le couple se trouve dans une situation dramatique. Pour ces éleveurs sans terre, les mesures d’isolement sont difficilement applicables. Aujourd’hui, cantonnées sur un terrain communal, les bêtes ne pourront pas y passer l’été. « C’est vraiment un métier de galère » confie l’éleveuse écoeurée. Son époux n’a pas souhaité témoigner.

Même sentiment d'injustice du côté de Lourdios. « Nous sommes dans une situation intenable alors que nous sommes convaincus de ne pas représenter un danger. Tous les prélèvements qui ont été effectués jusqu'à présent ont été négatifs » assure Julien Lassalle, par ailleurs co-président de l'association des éleveurs transhumants des trois vallées. « Je respecte le principe de précaution mais, ici, on ne s'appuie pas sur du concret mais sur le doute et la suspicion ». Le berger, qui avait prévu de s'associer à l'automne, se voit contraint de retarder son projet.  « Les gens se méfient, c'est normal » lâche-t-il, amer.

«  Ne pas remettre en cause l'isolement »

Si Arnaud Etchebarne, président de la commission ovine au Groupement de défense sanitaire (GDS), comprend combien la situation des deux éleveurs béarnais est difficile, il rappelle que « son rôle est de défendre tous les élevages du département. Nous ne pouvons pas prendre de risque, aussi petit soit-il. Il faut qu'ils prennent conscience de cela. Aux réunions de Borce et Lourdios, les autres éleveurs ne se sont pas prononcés mais ils sont tous soucieux. Nos connaissances de la maladie nous obligent à prendre des dispositions graves et pas simplement au vu des résultats. Il faut aussi prendre en compte l'environnement du cheptel. Or, aujourd'hui, nous savons que ces bêtes ont côtoyé un troupeau qui a déclaré la maladie. L'isolement est une mesure que l'on ne peut pas remettre en cause aujourd'hui

A la lumière des résultats de l'expertise comparative menée à Lyon, une commission cantonale se prononcera sur le statut des troupeaux. Un protocole de suivi sera alors déterminé. D'ores et déjà, la saison estivale pourrait être compromise. Deux cas de figure sont envisagés selon l'origine de la souche prélevée à Macaye :

  1. S'il s'agit d'une souche ovine, les troupeaux béarnais sont classés « suspect », « la mesure d’isolement devra alors être appliquée cet été avant de nouvelles analyses à l’automne » explique Arnaud Etcherbarne.
  2. Si c’est une souche caprine, les troupeaux sont classés « infectés » et les sept années minimum d’isolement seront appliquées.

L’éradiction passe par l’isolement

Connue depuis plusieurs décennies dans le département, l’agalaxie contagieuse a été combattue collectivement à la fin des années 1970 par la mise en œuvre d'un programme basé essentiellement sur la vaccination. Mais la maladie est restée présente.

Dans les années 80, les éleveurs souletins ont souhaité alors privilégier les dispositions sanitaires, comme l'isolement. A la demande des éleveurs, le Groupement de défense sanitaire 64 a mis en place une police sanitaire avec un système de suivi et d'aides compensatoires (entre 14 et 11 euros par an et par brebis et un taux de prise en charge de 33 % des pertes). Un arrêté préfectoral est en place depuis 1990.

La gestion de la maladie dans le département a été confiée au Groupement de défense sanitaire sous la surveillance de la direction départementale des services vétérinaires. Le programme de prophylaxie ne prévoit pas d'abattage obligatoire mais le propriétaire d'un troupeau infecté doit garantir l'isolement de ses bêtes pendant une période minimum de 7 ans.

L'agalaxie

La maladie, très contagieuse, atteint les petits ruminants (chèvres et brebis). Elle provient d'une bactérie (mycoplasme) qui provoque des mammites (inflammation des mamelles) et, à terme, un tarissement de la production de lait. Elle n'a en revanche aucune conséquence pour l'homme. L'agalaxie est une maladie très complexe.

L'incubation peut varier entre 8 jours et 1 an, période pendant laquelle l'animal porteur peut ne présenter aucun symptôme. Cependant, il peut transmettre la maladie sans la développer au préalable.

L'agalaxie était autrefois concentrée sur les zones montagneuses du département, notamment au Pays basque. Une prédominance qui s'explique par le mélange des troupeaux et la traite en estive, deux facteurs de contamination. Le programme de prophylaxie mis en place dans le département semble porter ses fruits puisque la maladie a aujourd'hui quasiment disparu. Seuls quelques foyers subsistent dans le canton d'Iholdy, où les mesures de précautions basiques ne sont pas toujours respectées.

Valérie Cèbe

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