Maddé Maylin: Lorsque l'ours attaque, le seul rempart que j'ai à opposer, c'est ma personne
Réintroductions : On attend aujourd'hui la réponse du Conseil d'Etat
Une trentaine d'associations et de communes des Pyrénées et le Conseil général de l'Ariège ont saisi en référé le Conseil d'Etat pour obtenir la suspension de l'introduction de trois nouveaux ours slovènes dans les Pyrénées. Ils ont également déposé une requête en annulation de la décision ministérielle d'introduire au total cinq nouveaux ours dans les Pyrénées. On attend la décision du conseil d'Etat pour aujourd'hui.
Le Conseil d'Etat doit dire s'il existe des "doutes sérieux" sur la légalité de cette mesure pouvant justifier sa suspension jusqu'à ce qu'il statue sur le fond du dossier. Il a entendu samedi les arguments des éleveurs de moutons et du ministère de l'Ecologie. Trois représentants des éleveurs et quatre du ministère se sont opposés devant le juge Bruno Genevois. " Nous sommes là pour faire du droit pas pour faire un débat d'ordre public ", a prévenu le juriste.
Manifestation de charme
Pendant ce temps 500 anti-ours "bon enfant" en tracteurs et 2000 brebis pour faire plus nombreux offraient samedi des merguez et des côtelettes d'agneau aux touristes enchantés de voir des brebis se balader dans les rues.
En comptant les tracteurs, les brebis, les touristes aux barbecues, Louis Dollo (ou Patrick, le parisien, c'est suivant son humeur), l'irréprochable journaliste objectif du journal indépendant "Lourdes Infos" et posteur de liens vers son site pyréniais (ou Kairn) annonce 2000 têtes. La gendarmerie elle, annonce 500 manifestants.
Trou de mémoire des avocats
Oubliant que les éleveurs avaient boycotté la concertation de Nelly Olin, l'avocat des éleveurs, Me Pierre Cambot a de nouveau essayé de faire porter le chapeau à Nelly Olin : "C'est peut-être un dialogue qui va s'instaurer pour la première fois", espérait-il en arrivant au Conseil d'Etat. La non concertation est un des arguments avancés par ceux qui ont boycotté la concertation arganisée par le Ministère de l'écologie.
Pour les éleveurs, la décision d'introduction des ours ne respecte pas certaines dispositions de la directive européenne sur la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvage. Celle-ci prévoit notamment que les mesures prises pour le maintien de la biodiversité tiennent compte des exigences économiques et sociales des secteurs concernés et n'interviennent qu'après une consultation appropriée du public concerné. "Or, les éleveurs n'ont pas été directement consultés", affirme Me Elisabeth Baraduc, l'une de leurs avocats.
Rhétorique environnementale pour des antis environnements
Il est amusant de remarquer que tous ceux qui sont les plus rétrogrades et opposés à la sauvegarde de l'ours, partie importante du patrimoine pyrénéen, que ceux qui sont les plus nationalistes et les plus excessifs se réclament soit du "développement durable" soit de "l'identité pyrénéenne" soit de "la sauvegarde du patrimoine" : des vitrines présentables BCBG pour des mouvements sous nationalistes, aux idées très proche de l'extrême droite (Si on est de la vallée voisine on est déjà des étrangers, sans parler des fonctionnaires, instituteurs, citadins, parisiens ou autres écologistes "de salon").
Cette appropriation d'un vocabulaire proche de l'écologie (pour faire politiquement correct) par des associations profondément antinature et a déjà été démontré par Laurent Mermet qui démonte les quatre volets de la "rhétorique anti-environnementale des années 90. Voir à ce sujet : Laurent Mermet démonte le fonctionnement de l'IPHB.
Sensiblerie et pastoralisme-réalité
Maddé Maylin, la "Brigitte Bardot" du Pastoralisme (Fédération Transpyrénéenne des éleveurs de montagne) a essayé ensuite de faire vibrer la corde sensible du français qui ne suit pas le dossier de l'Ours de près en déclarant " Lorsque l'ours attaque, le seul rempart que j'ai à opposer, c'est ma personne ". Après que les éleveurs de l'ASPAP aient accusé Nelly Olin de "viol", voilà la bergère kamikaze prête aux outrages extrêmes avec un ours pour faire pleurer dans les chaumières sur le sort des bergers "plein de bonne volonté".
Concessions du Ministère de l'écologie
Après le "lâcher massif de 15 ours" de Serge Lepeltier et après les études qui expliquent ce qu'il y a lieu de faire pour assurer la viabilité de la population d'ours dans les Pyrénées, Nelly Olin, après une concertation longue et développée avait annoncé le 13 mars un plan de renforcement qui prévoit l'arrivée de seulement quatre femelles et d'un mâle, un strict minimum pour essayer de maintenir une petite population de plantigrade dans les Pyrénées.
Violence des éleveurs et actions illégales
Les lâchers dans la nature des deux premiers plantigrades, Palouma le 25 avril et Franska le 28, ont suscité manifestations et actes de malveillance comme le dépôt de pots de miel contenant des morceaux de verre.
Les antis ours avaient précédemment déjà perturbés les automnales du Pays de l'Ours 2005 à Arbas et à Massat avant des saccager le village d'Arbas et une habitation située dans la mairie. D'autres parts, les locaux de l'équipe ours ont été visités de nuit, et le matériel informatique détruit. D'étranges coïncidences qui n'ont pas encore de suites judiciaires (10 casseurs anti-ours sont actuellement poursuivis.
Protéger l'ours
"A-t-on le droit de laisser disparaître une espèce animal protégée sur notre territoire, la réponse de l'administration est non", a résumé Patrice Blanchet, sous-directeur chasse, faune et flore sauvage au ministère de l'Ecologie. Or, "à défaut de ces réintroductions, l'espèce est condamnée à disparaître des Pyrénées", a-t-il fait valoir. "Deux cents moutons sont tués chaque année dans la chaîne pyrénéenne pour une population actuelle de 14 à 18 ours", a ajouté le fonctionnaire expliquant que "l'essentiel de l'alimentation de ces omnivores ne se fait pas sur le dos des troupeaux domestiques". De plus, les cinq introductions compensent en partie les disparitions des ours Claude (1995), Melba (1997) et Cannelle (2004), a-t-il conclu.
Conseil d'Etat : des antécédents
Le Conseil d'Etat avait déjà été saisi en aout 2003 par «L’Association pour le Développement Durable de l'Identité des Pyrénées" aujourd'hui silencieuse et pour des raisons similaires. Le Conseil d'Etat avait rejeté la plainte des éleveurs
Extrait
(...) Considérant que la directive 92/43/CEE, du Conseil, du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages, dite Habitats , prévoit que les Etats membres ne procèdent à la réintroduction des espèces menacées que lorsque l'efficacité de la mesure résulte d'une enquête et qu'il a été procédé, au préalable, à une consultation appropriée du public concerné ; que le délai de transposition de cette directive avait expiré le 23 juillet 1994 ; qu'ainsi, le programme de réintroduction dans le massif pyrénéen d'ours slovènes, annoncé le 24 janvier 1995 par le préfet de la Haute-Garonne, préfet de la région Midi-pyrénées, devait être compatible avec les objectifs de la directive Habitats ; qu'il ressort des pièces du dossier que les lâchers d'ours ont été précédés par des études scientifiques antérieures à la décision du 24 janvier 1995 et par la consultation, de 1994 à 1996, d'une part, de l'ensemble des élus et non des seuls élus des communes signataires de la charte mentionnée ci-dessus, d'autre part, d'une large partie des populations elles-mêmes, par la voie de nombreuses réunions d'information et de concertation ; qu'il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision dont le maintien est contesté aurait méconnu les objectifs de la directive Habitats doit être écarté ainsi que, en tout état de cause, le moyen tiré de la violation du principe de proportionnalité ; (…)












