Emotion après l'action des anti-ours à Arbas
02.04.06 Toulouse (AP)
L'émotion était vive dimanche du côté de la ministre de l'Ecologie et des associations environnementales au lendemain de la manifestation violente dans le village d'Arbas (Haute-Garonne) où environ 200 manifestants anti-ours ont provoqué des dégâts. Le maire socialiste, François Arcangeli, a décidé de démissionner du parti en raison de la présence d'élus PS dans la manifestation.
Samedi, entre 10h et 14h30, les opposants à la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées ont manifesté à l'appel de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (ASPAP), «cassant, souillant le mobilier et les bâtiments communaux, agressant des habitants, menaçant le maire de mort», a dénoncé dimanche l'association Pays de l'ours-ADET dont le siège est à Arbas et qui défend la présence de l'ours dans les Pyrénées.
Selon elle, le maire et les victimes des dégradations devraient porter plainte. «Une partie de ces manifestants, à peu près une centaine, s'est sentie légitimée à mener des opérations violentes, car plusieurs élus socialistes qui les accompagnaient les ont laissé faire sans s'opposer à ces actes illégaux et violents. C'est incompréhensible et inacceptable», a dénoncé à l'Associated Press Alain Reynes, directeur de l'association Pays de l'Ours-ADET.
«Si les gendarmes mobiles n'avaient pas été là pour protéger certains bâtiments et certaines personnes comme le maire ou le président de l'ADET, le bilan aurait pu être bien plus lourd», a-t-il ajouté, parlant d'un moment de «terreur» dans le village.
Selon le plan de réintroduction décidé par le ministère de l'Ecologie, quatre femelles ours et un mâle seront réintroduits dans le courant du printemps et de l'été 2006, le premier devant être réintroduit sur la commune d'Arbas.
La ministre de l'Ecologie Nelly Olin s'est déclarée dimanche «choquée» par ces violences. «Si je peux comprendre l'inquiétude des éleveurs et des bergers, bien qu'il y ait beaucoup de dispositions qui ont été prises et de nouveaux dispositifs mis en place, on ne peut pas accepter cela», a-t-elle prévenu sur Europe-1.
Mme Olin a tenu à apporter son «soutien au maire d'Arbas et à la population», jugeant «franchement choquant de voir que des élus soient présents et cautionnent (les actes de violence, NDLR) et que des adultes se livrent à de tels saccages et de telles menaces».
La ministre de l'Ecologie a rappelé que «cinq ours, c'est un plan tout à fait raisonnable pour maintenir la population oursine dans les Pyrénées». «Pendant deux ans, ces ours vont être munis d'une puce pour qu'on puisse les suivre, on ne va les lâcher comme cela: on saura toujours précisément où ils sont».
AP
[La buvette : Ceux qui étaient aux fêtes des automnales à Arbas et à Massat commencent à reconnaitre les faiseurs de troubles. ce sont toujours les mêmes. L'identification des casseurs sera facile pour les autorités. Qu'ils paient maintenant. Interviewés dans le 12-13 de FR3 de ce dimanche, les casseurs ont annoncé clairement qu'après Arbas, ils s'en prendront aux autres communes candidates aux lâchers. De futures manifestations violentes en perspectives, de futures occasions ENFIN, de pratiquer des arrestations. ]
L'Avis de JL
«Ce qui s'est passé est inacceptable, mais ce qui est le plus grave c'est la caution explicite des élus présents et implicite d'un certain nombre d'autres. Ceci conduit alors les auteurs à penser qu'ils sont au dessus de la loi et qu'ils sont intouchables.
Progressivement, un état d'esprit s'installe qui est suceptible de déboucher sur des faits gravissimes. Souvenons nous du 4 septembre 2004 à Saussignac en Dordogne. Un Agriculteur a fait feu à 2 reprises tuant deux inspecteurs du travail dans l'exercice de leurs fonctions dont une jeune femme de 40 ans mère de famille d'une décharge dans le dos à quelques mètres. Le procés va s'ouvrir en automne. Il ne faut pas croire que c'est l'oeuvre d'un déséquilibré, mais l'aboutissement insidieux d'un état d'esprit qui chemine dans nos campagne française fustigeant tout à la fois l'Europe ,l'Etat français et son administration, et la légitimité des contrôles destinés à vérifier le respect de la loi et de la bonne utilisation des fonds publics.
Aprés le drâme de Saussignac certains se sont réjouis publiquement de ce double meurtre "légitimé" selon eux par le caractère inquisitoire des contrôles. Il a fallu attendre parfois des mois pour que certains élus et présidents de certaines organisations agricoles appellent au calme et au respect des la loi et dénoncent cet acte inqualifiable.
Si tous les élus et acteurs influents de l'Arriège ne dénoncent pas immédiatement et avec force les évéments survenus à Arbas, nul doute que des faits plus graves encore du type de Saussignac sont à prévoir. Que chacun se le dise, ni la démocratie ni la légalité répubicaine ne sont aquises. Il y a sans cesse des attaques contre l'ordre public et lorsque celles-ci sont cautionnées voire orchestrées par des élus l'heure est particulièrement grave».
JL24, sur le forum du Pays de l'Ours












