Les Editions Milan Presse possèdent dans leur catalogue plusieurs revues traitant de la montagne, dont "Alpes Magazine" et "Pyrénées Magazine". La ligne éditoriale de ces deux revues est entrain de changer. L'ours et le loup n'y apparaissent plus comme les grands méchants...loups ! Une position plus favorable à la cohabitation se dessinne. Pour preuve, l'éditorial de janvier/févier de Alpes Magazine et cette lettre d'un lecteur soulagé envoyée à Pyrénnées Magazine.
Quand le loup sort du bois
Pendant dix ans, les chercheurs du Laboratoire d'écologie alpine de Grenoble, dirigé par le professeur Pierre Taberlet, ont mené une étude unique sur le loup. Des centaines d'analyses génétiques ont été réalisées à partir d'échantillons prélevés sur le terrain - excréments, poils, tissus organiques - pour obtenir l'ADN des animaux sans avoir à les sacrifier. Cette étude corrobore le scénario d'une expansion naturelle du loup dans les Alpes à partir de l'Italie. Elle confirme aussi que l'animal se déplace vite et sur d'énormes distances : on retrouve des loups à 400 kilomètres de leur point de départ!
Autre point sensible du débat, la cohabitation du loup et du mouton. On le sait, le retour du loup a créé une jolie pagaille dans la gestion des élevages ovins et entrainé de nouvelles contraintes pour les éleveurs et les bergers. Mais voilà, la France, comme d'autres pays européens, a signé et ratifié la fameuse convention de Berne (1979), qui donne au loup le statut d'espèce "strictement protégée". On ne peut, d'un côté, s'engager à conserver la vie sauvage et, de l'autre, déroger à ses engagements dès que cela nuit à ses intérêts.
Dernier point, le coût du loup. Il représente une goutte d'eau dans l'océan des subventions agricoles (11 milliards d'euris par an en France, soit 188 euros par citoyen français, contre 6 centimes d'euros par habitant pour l'indemnisation des dégâts dus aux grands prédateurs). Disons les choses clairement, le coût des mesures de prévention -aide-berger, chien de garde, parc de nuit - n'est ni plus ni moins qu'un soutien à la filière ovine, pour laquelle rien n'avait été fait avant l'arrivée du loup.
Philippe Bonhème
Rédacteur en Chef adjoint de Alpes Magazine (Milan Presse)
Ce changement de ligne va surement leur attirer la sympathie de la majorité des français, favorables à la cohabitation la plus harmonieuse possible avec les grands prédateurs. Ne pas manquer l'intéressant et complet dossier sur le loup.