Procès de René Marquèze, le chasseur qui a tué Cannelle, la dernière ourse de souche Pyrénéennes, le 1er novembre 2004.
D'autres confrontations sont prévues lundi par le juge d'instruction. L'enjeu est de mieux cerner le contexte de la battue au sanglier qui a été fatale à la femelle. Compte rendu des dernières confrontations pour les chasseurs d'Urdos.
par Anne-Marie Siméon du journal Sud-Ouest
Comme le souhaitait MaîtreJean-François Blanco, avocat de France-Nature Environnement et du FIEP, le fonds d'intervention éco-pastorale, de nouveaux actes d'instruction ont été accordés par le juge Puyo chargé du dossier de la mort de Cannelle. Lundi, dans son bureau, seront organisées de nouvelles et sans doute les dernières confrontations. La première se déroulera entre René Marquèze, le chasseur qui a avoué avoir tué la dernière ourse de souche pyrénéenne, Bernard Claverie, président de la société de chasse d'Urdos, présent à la battue et Didier Melet, garde assermenté au Parc national des Pyrénées. Pour Me Blanco, il s'agit de revenir sur la rencontre de ces trois hommes le 19 septembre 2004 sur les hauteurs d'Urdos. Le garde aurait alors informé les deux chasseurs de la présence de Cannelle et de son ourson. Après avoir été remercié pour cette information, Didier Melet aurait entendu des propos menaçants à peine voilés concernant la survie de l'ourse.
De bonne grâce
René Marquèze et Bernard Claverie niaient encore ces faits en novembre, en marge de la reconstitution. Pour Me Sagardoytho, l'avocat de René Marquèze, annonce que son client « se prêtera de bonne grâce à cet exercice, même si la durée de l'information judiciaire lui devient de plus en plus pénible ».
Une seconde confrontation permettra de réunir Gérard Caussimont, le coordinateur du Réseau ours brun, Ramuntxo Fellechea, agent de l'Office national des forêts et Francis Claverie, le frère de Bernard, également présent lors de la battue du 1er novembre 2004. Ces trois hommes se seraient croisés l'avant-veille dans la même zone, auraient conversé, évoqué des traces de Cannelle et de son ourson.
Selon Me Blanco, Bernard Claverie n'aurait pas caché se moquer de leur présence, affirmant que cela ne l'empêcherait pas de chasser. Le lendemain, les chasseurs recevaient confirmation de la proximité de la femelle suitée, via l'IPHB (l'Institut patrimonial du Haut-Béarn) et la fédération de chasse dont le président, Bernard Placé, est convoqué par le juge d'instruction lundi après-midi.
Menaces réitérées
Toujours à la demande de Me Blanco qui veut « lui demander s'il confirme ses premières déclarations au lendemain de la mort de Cannelle. Bernard Placé avait alors dit que les chasseurs n'auraient jamais dû se trouver là ».
L'avocat de France-Nature Environnement et du FIEP se félicite que le juge ait accepté ces nouvelles confrontations : « De même a-t-il accédé à ma demande de relevé topographique ». Objectif : « Démontrer sans équivoque que les chasseurs ont été informés à deux reprises au moins et ont exprimé des menaces».
Mais Me Sagardoytho, avocat de René Marquèze estime que « cela n'apportera rien de plus au fond du dossier. Ces gesticulations de la partie civile ont pour but de retarder l'issue de l'information judiciaire qu'elle pressent défavorable. La réalité est que René Marquèze n'a jamais voulu tuer cet animal. Son geste a été dicté par la légitime défense ».
Me Blanco note simplement que « la demande de non-lieu faite par Me Sagardoytho le 21 décembre n'a toujours pas reçu de réponse favorable ».
Sources : Sud-Ouest













