Les Pyrénées vont-elles devenir un champ de mines ? Les pyrénéens vont-ils terminer de scier la branche sur laquelle ils sont assis ?
« A quoi cela te sert un ours ? » criaient les bergers à Massat. A force de vouloir éliminer, même avec des moyens illicites, ce qui à ses yeux ne sert à rien, le berger pyrénéen se comporte comme un égoïste équipé d’œillère : vue a cours terme, horizon restreint, comportement suicidaire de l’animal blessé.
Le pastoralisme productiviste va mal, l’ours sert de bouc émissaire. Sans ours, les problèmes seront toujours là : manque de bergers, ventes difficiles, envie d’une vie plus confortable. Les ours ne représentent qu’un très faible pourcentage des pertes. Les cris des bergers ressemblent à une chasse aux sorcières moyenâgeuse : Brulons-les !
Le politicien Jean Lassalle se comporte exactement comme Bush qui déclare que l’effet de serre n’existe pas et ramasse les cyclones sur la Floride. Objectif élections par n’importe quel moyen. Que retiendra-t’on de l’action de Monsieur Lasalle dans 30 ans ? L’homme qui a fait disparaitre l’ours et qui chante au parlement ? L’homme qui a privé les Pyrénées de sa culture ? L’homme qui a bétonné les vallées ? L’homme qui renie sa parole ?
5 ourses, et après ?
Monsieur Lepeltier avait comme objectif le doublement de la population d’ours dans les Pyrénées. Madame Olin a réduit l’objectif a 5 ours et puis basta. Les scientifiques se sont panchés sur la viabilité de la population d’ours dans les Pyrénées. Jean Lasalle et l’Institut de Pillage du Haut Béarn ont déjà condamné la population d’ours du noyau occidental en le laissant disparaître et en saccageant son milieu naturel. Il cherche maintenant à étendre sa redoutable efficacité destructrice sur toutes les Pyrénées.
La question n’est pas combien d’ours et dans quelles communes les lacher, mais bien désirons nous assurer la viabilité de la population ? Désirons-nous des Pyrénées sans ours, sans histoire, sans âme ? L’ours est l’âme des Pyrénées. L’homme est le vecteur de sa disparition (« accidents » de chasse, poison, routes pastorales et forestières, politiciens bruyants).
Après le printemps des 5 ourses, le travail restera considérable pour les pyrénéens qui désirent laisser cet héritage à leurs petits enfants. Il faudra les défendre contre les bergers qui désirent les faire disparaitre a coups de pièges discrets, contre les chasseurs et leurs accidents, contre les politiciens et leurs routes quadrillant les massifs. Les pyrénéens devront toujours agir, persuader, contrer les hommes pour qui ce qui n’a pas une utilité économique évidente ne sert à rien, ce qui gêne un temps soit peu ses rentrées financières est nuisible et doit disparaître. A quoi sert un lion, un éléphant, un lys martagon ? A quoi sert ce qui est juste beau ?
Non les défenseurs de l’ours de sont pas des écolos parisiens. Ce sont des hommes au regard large et ouvert qui prennent le temps de regarder le monde avec un peu de recul, sans tout ramener à des facteurs économiques immédiats. Défendre la cohabitation ours-pastoralisme, c’est défendre notre cadre de vie, notre planète et aussi défendre le pastoralisme. L’argent de l’ours a changé la vie des bergers, leur a apporté de meilleures conditions et la modernité.
Gardons des bergers, gardons des ours, gardons notre âme.
Baudouin de Menten
touriste en Pyrénées
(en réaction à un article de la dépèche du midi)













