En ce moment même, la commémoration de la disparition de l'ours brun des Pyrénées a lieu en Haut-Béarn à travers un hommage à la dernière femelle autochtone, Cannelle.
Voici une petite contribution pour participer à ma manière et grâce à la SNPN et à l'auteur cité dans son dernier bulletin. Cannelle est concernée, mais aussi, tous les ours disparus de façon étrange ces dernières décennies, années sombres qui sont loi d'être à la gloire de l'homme dans sa relation avec l'ours... surtout depuis 1994.
Le texte (fictif ?) aide à comprendre la gravité de cete dispartion. j'ai juste "flouté" le nom précis de lieux entre crochets pour éviter que ne germe toute improbable idée de dérangement des deux derniers des Mohicans désormais : le vrai "Mohican", digne fils de Cannele et Néré et Camille qui préfère le vent d'Espagne depuis un certain acte de braconnage de sa femelle ... en France... Quant à Aspe-Ouest en voyage en pays Toy comme naguère Papillon, espérons qu'il n'y connaisse pas la même fin cruelle et triste...) :
"Ursus arctos", dernier témoin
Il était de retour, sa silouhette massive se profilait en haut du grand promontoire qui domine les gorges de [ce secteur de la vallée d'Ossau]. Ces dernières années, il avait sillonné toute la chaîne des Pyrénées à la recherche d'une femelle ; allant même jusqu'en Espagne, en vain. Malheureux, fatigué, vieux maintenant, il était revenu [en Ossau], haut lieu s'il en fut des enfants de sa race.
Dans cette nuit froide et pluvieuse, éclairé par la pleine lune de novembre, il était à sa place, découpé en ombre chinoise sur fond de rochers, de sapins et de grands hêtres abattus par la foudre.
En-dessous de lui, gonflé par les pluies d'automne, le vieux torrent sans âge, étranglé par la montagne, bouillonnait de colère.
De temps à autre, immobile, il interrogeait le vent, humant l'air de droite et de gauche d'un léger mouvement de la tête. Il ne prêtait pas attention aux légères vibrations que le sol transmettait à ses pattes quand soudain, dans un fracas épouvantable, un pan entier de la montagne s'écroula dans les gorges.
Il gisait maintenant quarante mètres plus bas, recouvert de dix tonnes de terre et de roches. Nul ne saura jamais comment il était mort, nul musée n'aura à gérer sa dépouille.
Ainsi l'avait voulu la Nature. Dans cette région du monde elle venait de mettre fin au douloureux compagnonnage de l'Homme et de l'Ours qui, ici, avait duré plus de cent mille ans."
Michel DUMONT
La plume au vent (recueil inédit)
Les bonnes nouvelles de Pappours
Les maires d'Etsaut et d'Accous redonnent espoir à tous ceux qui croient qu'il existe et qu'il existera toujours des élus dignes de ce nom en Haut-Béarn puisqu'il s'ouvrent la possibilité de l'acceptation de l'ours dans leur vallée, où l'ours a toujours été présent, rappelons-le !
Ce 1 novembre à Oloron, une commémoration digne de ce nom a lieu et une soirée émouvante et pleine d'espoir suivra. Bravo aux Béarnais et autres amis de l'ours qui ont organisé cet évènement de la mémoire ... et de l'Histoire, je n'ai pas peur des mots !
La manif du 5 novembre prend une très belle ampleur et ... même si nous ne sommes que 1000 à Paris (mais nous y serons six milliard moins une poignée d'éternels aveugles !), le nombre d'associations signataires est là aussi ... HISTORIQUE et c'est déjà une vraie réussite !