A.O.C. Barèges-Gavarnie
Afin de valoriser la viande de leurs brebis de race d'origine, " la barègeoise ", les éleveurs du Pays Toy, jadis appelé les vallées du Barège (Baretje), ont eu l'idée de faire labelliser leurs produits par une appellation d'origine contrôlée (AOC) officiellement reconnue. Jusque là, tout semble normal, pourquoi pas.
Une appellation d'origine doit répondre à de nombreux critères liés aux bonnes pratiques et à la durée, à l'histoire du pastoralisme de la vallée. Désireux de couler dans du béton leur haine de l'ours, les éleveurs sont parvenus à glisser discrètement - sûrement que lors des discussions à l'I.N.A.O (Institut National des Apellations d'Origine) il n'a jamais été question de l'ours - une condition d'obtention de l'A.O.C. incompatible avec la présence durable de l'ours dans les vallées Toy. Ils ont réduit l'histoire du pastoralisme dans la vallée aux années "sans prédateurs" en omettant de se rappeler les années antérieures. Les bergers Toys vont pouvoir maintenant justifier leur côté anti-ours primaire en utilisant le texte de l'A.O.C. Barèges-Gavarnie.
Les pratiques pastorales
L'élevage des animaux doit se dérouler au rythme des saisons et de la pousse de l'herbe, en fonction de l'altitude et de l'exposition des pâturages. Dans l'année, il comporte quatre étapes successives :
- Une période hivernale, comprise entre le 1er novembre et le 31 mars, pendant laquelle les animaux séjournent au point le plus bas de l'exploitation. L'accès à la pâture sur les prairies de fauche, situées à proximité des exploitations, est obligatoire lorsque les conditions climatiques le permettent ;
- Une période de transition au printemps et à l'automne, appelée "intersaison", au cours de laquelle les animaux séjournent et pâturent sur les secteurs de moyenne montagne appelés " zone intermédiaire " ou zone " des granges foraines ". L'altitude des zones intermédiaires est comprise entre 1 000 et 1 800 mètres. Chaque éleveur doit disposer d'une surface de pâture en zone intermédiaire. Seuls les éleveurs dont le siège de l'exploitation est situé à plus de 1 000 mètres ne sont pas tenus de respecter cette étape d'intersaison ;
- Une période estivale, au cours de laquelle les animaux sont conduits sur des pâturages appelés " estives " tels que délimités à l'article 2. Les animaux y pâturent en liberté totale de jour comme de nuit.
Des indemnisations coulées dans la loi
Voilà, aussi simple que cela : le regroupement nocturne est interdit pour avoir droit à l'appellation. Comment se débarasser des problèmes de protection du troupeau sur le dos de l'appellation. L'Etat d'un côté pousse les éleveurs à se protéger, dédommage les bergers pour les pertes occasionnées par les prédateurs et de l'autre, valide une AOC qui les oblige à ne pas se protéger. Par ici les subventions en quelques sortes puisqu'on ne pourra plus leur dire : "Vous refusez de protéger le troupeau : plus d'indemnisations !"
Des agneaux AOC pour les prédateurs
A moyen terme, les plus grands consommateurs d'agneaux "Barèges-Gavarnie" AOC pourraient bien être les loups s'ils continuent leur retour dans les Pyrénées et les ours si la politique de destruction de l'ours de l'IPHB est contrecarrée par la réintroduction décidée par le gouvernement.
Les Ours se cassent des vallées d'Aspe et d'Ossau où les mâles restaient seuls, sans femelles depuis la mort de Cannelle. S'ils partent pour rejoindre les ours de la région centrale des Pyrénées, le noyau redevenu unique pourrait bien voir le nombre d'ours se multiplier et les ours repartir à la conquète de l'ensemble des Pyrénées. Pour cela il faudra que la politique de réintroduction continue jusqu'au moment ou la population d'ours pyrénéens soit jugée viable à long terme (50 ans).
La voie est libre pour l'IPHB en Béarn
Le calme "revenu" dans les vallées béarnaises pourrait donc bien être de courte durée. Il faut être vigilant, cette période pourrait voir l'IPHB continuer sa politique de construction de pistes et de routes pastorales. Un bon moyen de détruire définitivement l'habitat de l'ours en utilisant l'argent destiné à sa protection ! L'Etat français est-il a ce point aveugle ou va t-il définitivement couper les vivres à cet organisme pseudo démocratique qui n'est en fait que le terrain de jeu préféré de Jean lassalle qui l'utilise pour son clientélisme politique.
De l'agneau Barèges-Gavarnie ? Non merci
De mon côté, comme du côté de ceux qui pensent que les Pyrénées sans ours ne seront plus les Pyrénées, je laisserais les prédateurs se goinfrer des agneaux laissés la nuit sans protection. Je continuerais à faire pression pour que les bergers qui refusent les moyens de protection ne soient plus indemnisés. Mangez du Broutard du pays de l'Ours, sans AOC, mais avec des Ours !