Le caroussel, un cas à part ?
Bergers et éleveurs d'un côté, défenseurs de la biodiversité de l'autre, le Ministère de l'Écologie et la loi au milieu, le carrousel tourne depuis pas mal de temps. En accordant le droit d'effectuer le prélèvement de 6 loups durant l'hiver 2005-2006, on pouvait croire que cette position médiane apporterait un peu de calme dans le dossier du loup.
La ministre est à l'écoute des éleveurs et à la recherche d'un compromis à la belge
- Nelly Olin prépare l'opinion et enfonce le coin
- Nelly n'aime pas le caoutchouc
- Bientôt l'autodéfense : Au diable le quota de 6 loups !
- Nelly Olin tranche dans le gras du loup
La décision du ministère, quoi qu'on en dise se situe dans le no man's land que constitue la zone séparant - la limite du non acceptable pour les bergers pour qui le "On veut les tuer tous" est la position la plus exprimée à défaut d'être la plus partagée et - la limite du non acceptable pour les défenseurs des prédateurs, pour qui les positions "Protégeons tous les loups" est défendue sur l'aile extrême, tandis que celle qui consiste à accepter un certain nombre de prélèvements sous certaines conditions se répand dans la population qui cherche un compromis acceptable avec le milieu de l'élevage.
Loin du compromis possible, les extrèmes
La loi étant la loi, il convient de la respecter, des deux côtés, mêmes si les opinions peuvent s'exprimer différemment. Or il me semble que l'acceptation de cette loi ne se passe pas de la même manière si l'on se situe dans le camp ou dans un autre.
Ceux qui ont décidé de procéder à des "prélèvements" sans respecter les conditions émises par le ministère, que ce soit par la voie du fusil, du piège ou du poison s'exposent à la justice. Plusieurs plaintes pour flagrant délit et plusieurs enquêtes sont en cours.
- Yves Feydy, la stratégie des bergers: tout est bon à prendre
- L'association Européenne de défense du pastoralisme - AEDP (?) déclare la guerre au loup
- Un loup empoisonné dans un parc animalier (Loup.org)
- Bauges : Enquête en flagrant délit
- Des poisons sont utilisés pour faire disparaître les loups...
- Le tir du loup continue en Isère (FERUS)
Du côté des défenseurs de la cause des prédateurs, les "excès" dénoncés par le camp opposé se sont limités à des prises de paroles lors de manifestations et à des farandoles sonores nocturnes dans le secteur ou un Ysengrin est descendu de sa montagne dans une zone non encore colonisée pour varier son menu et tuer quelques jeunes génisses. La, les éleveurs chasseurs et les écolos musiciens en sont venus aux mains. Depuis l'Ysengrin en question a été occis par balle.
Faire appel à un démineur
Pour le moment il n'y pas d'intersection qui permettrait un accord acceptable ET accepté. Or l'augmentation annuelle moyenne de la population de loups est d'environ 15 à 20 % par an et les zones de présence permanente (ZPP) doublent tous les 5 ans. Il faudra bien arriver à un accord pour contenir la progression dans des limites acceptables tant au niveau du nombre de canis lupus qu'au niveau des zones où il sera accepté ou non accepté.
- L'argumentaire des uns et des autres
- Combien de loup, com-bien-de-loup (air connu)
- Différents documents à télécharger
La première étape avant l'arrivée a un compromis est le respect de la loi. À chaque débordement le Ministère de l'écologie réagit comme par exemple le 4 juillet.
Dès que les lois seront respectées et que les prélèvements se passeront uniquement en respectant les différentes conditions inscrites dans le plan loup 2004-2008 il faudra bien accepter la prolongation de la régulation de l'espèce, même si le loup EST une espèce protégée.
Urgence pour l'Ours des Pyrénées
Pour l'Ours par contre, la situation est beaucoup plus grave. On est loin d'une extension de son territoire et de devoir contrôler la population par des "prélèvements".
Pour le nombre d'ours et les prélèvements, les chasseurs s'en chargent et jurent qu'ils ne sont pas responsables, qu'ils étaient en situation d'autodéfense ! On attend les décisions de justice à ce sujet, et on risque d'attendre longtemps. D’autre part plusieurs ours ont disparu bizarrement ces dernières années, sans autre forme de procès, sans grande médiatisation ni conséquences fâcheuses pour les responsables. On compte les ours sur les doigts de 3 mains !
Le territoire des ours est divisé en damier par les pistes pastorales et chemins forestiers chers à l'IPHB. Or l'Ours a besoin de quiétude. En utilisant l'argent destiné à le protéger à des causes censées rendre l'ours acceptable par les bergers et les forestiers, en se justifiant par l'intérêt de la méthode d'écoute démocratique (sic) de la palabre patrimoniale, Jean Lassalle et tout son opéra ne font rien moins qu'œuvrer à la disparition complète et définitive de l'ours des Pyrénées tout en jouant les vierges effarouchées et en affirmant que l'IPHB est LE SEUL BON moyen pour protéger l'Ours de manière efficace. On est bien loin de la réalité de terrain.
Une seule solution, la fin de la mission de l'IPHB
Mais ce baron au comportement maffieux semble indéboulonnable dans une région ou le lobby des partisans de "Chasse Nature Pêche et Tradition" fait autant de voix que le Front National dans certains coins de France.
Le Béarn est-il une zone de non droit ? Que faut-il faire pour virer cette institution viciée qui empêche tout progrès dans la lutte contre la disparition du plus grand mammifère terrestre de France et symbole de tout un pays ?
Ma réponse : Il faut démonter l'IPHB et ses méthodes obscurantistes pièce par pièce, mettre au grand jour les procédés utilisés, les méthodes de travail et la dictature de son président. Est-on encore en France dans le Béarn, ou est-ce une République bananière ?
L'arrivée de Nelly Olin et les annonces attendues lors des fêtes automnales d'Arbas lors du dernier week-end de septembre à Arbas devraient nous permettre d'en savoir plus sur le devenir de l'ours pyrénéen et des mâles errants à la recherche de l'âme sœur. Tous ceux qui sont attachés à l'Ours et qui espèrent sa survie se doivent d'être présents le 24 septembre à Arbas.