Les habitants de la région semblent favorables au retour du plantigrade
Dans les petits villages pyrénéens, la question de l'ours est à la fois passionnelle et taboue. Difficile d'aborder brutalement le sujet dans un café sans s'attirer un long silence gêné. Si les opposants n'hésitent pas à se manifester bruyamment, les partisans du plantigrade se montrent généralement prudents.
Pourtant, 58 % des habitants du massif seraient favorables à des opérations de réintroduction, selon un sondage réalisé en 2003 à la demande de l'Association pour le développement économique et touristique des Pyrénées centrales (ADET), qui a organisé les premiers lâchers d'ours slovènes en 1996 et 1997 dans le sud de la Haute-Garonne. Les Pyrénéens auraient-ils besoin de l'anonymat d'un questionnaire pour faire connaître leur opinion majoritaire ?
Le résultat de cette première enquête fut d'autant plus commenté localement que la plupart des élus ont adopté des positions résolument hostiles à de nouvelles introductions. De l'est à l'ouest de la chaîne, quelles que soient leurs étiquettes politiques, le député (PS) ariégeois, Augustin Bonrepaux, ou l'ancien sénateur (UMP) des Pyrénées-Atlantiques, Louis Althapé, font bloc au sein de l'Association nationale des élus de la montagne (ANEM), rejoints par leurs collègues alpins concernés, eux, par la question du loup , pour présenter un front commun face au retour des grands prédateurs.
Ces élus ont longtemps estimé que le courant de sympathie dont bénéficiaient les grands carnivores dans l'opinion était une "lubie" de citadins, à mille lieux des préoccupations de leurs électeurs, dont beaucoup sont éleveurs.
IPHB la machine à aller en marche arrière
La géopolitique de l'ours dans les Pyrénées évolue néanmoins à petits pas, au même rythme que les rejetons des trois ours relâchés à Melles (Haute-Garonne), qui ont progressivement colonisé l'ensemble du massif, des Pyrénées-Orientales aux Pyrénées-Atlantiques. Le maire (DVG) de Massat (Ariège), Pierre Galy-Gasparou, s'est déclaré prêt à recevoir de nouveaux ours sur sa commune, et a rejoint les rangs de l'ADET. L'association, qui ne comptait que quatre communes à l'origine, a désormais étendu son territoire, baptisé "Pays de l'ours", à onze communes et réclame officiellement trois nouveaux ours en 2006. Son président, François Arcangeli, maire (PS) d'Arbas (Haute-Garonne), déclare disposer du soutien écrit de 150 élus, principalement des maires de petites communes. "D'autres me disent qu'il est encore trop tôt pour se déclarer publiquement, mais les véritables opposants sont peu nombreux" , affirme-t-il.
A l'inverse, le député (UDF) Jean Lassalle, qui s'apprêtait en 2004 à demander deux lâchers de femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, a fait spectaculairement machine arrière en janvier, considérant que l'objectif de doublement de la population affiché par le ministre de l'écologie d'alors, Serge Lepeltier, était trop ambitieux pour être accepté. Elu de la vallée d'Aspe et président de l'IPHB (Institution patrimoniale du haut Béarn), créé pour conserver le dernier noyau d'ours pyrénéens, M. Lassalle est confronté à la fronde de certains maires, qui refusent tout renforcement de la population d'ours.
Source : Le Monde
Romuald : Le Monde relate les faits, mais ne se mouille pas, ni opinion, ni perspectives ! On dirait du travail de stagiaire.













