Cette question retient tout naturellement l’attention de tout un chacun, qu’il soit du grand public ou des services chargés de gérer le dossier loup. La réponse est effectivement importante en terme de connaissance et de suivi de l’espèce, mais tout autant, la tendance de l’évolution des effectifs est essentielle et souvent plus pertinente dans le processus d’évaluation de son statut de conservation et d’aide à la décision. A cette question récurrente, le réseau GC contribue à apporter des éléments de réponse.
En premier lieu, le suivi hivernal, réalisé par des membres du réseau, permet de connaître un indice corrélé aux effectifs de loups en zones de présence permanente, mais en les sous-estimant : l’Effectif Minimum Retenu, qui de part la nature même de la méthode et les habitudes des loups qui ne se déplacent pas toujours ensemble, est forcément, comme son nom l’indique, un minimum. De plus, ces zones n’abritent pas la totalité des animaux présents sur le territoire français en particulier ceux qui explorent de nouveaux secteurs lors du processus démographique de dispersion. Malgré ces limites, la tendance de l’évolution du nombre de zones de présence permanente et du nombre minimum d’individus qu’elles abritent constitue un bon indicateur du bilan démographique de l’espèce, instrument de son expansion géographique.
L’effectif exhaustif peut-il être connu ? Comme pour n’importe quelle autre population d’espèce animale sauvage, l’acquisition d’un chiffre exhaustif à l’unité près est impossible par des voies de dénombrement direct. Le recours à des techniques mathématiques éprouvées, utilisant bien sur les données de terrain appropriées, permet dans un premier temps d’estimer les biais de collecte, puis les effectifs ainsi qu’un intervalle de confiance.
Cette méthode d’estimation de l’effectif dite «Capture marquage et re-capture» (CMR) est donc basée sur l’individualisation (marquage) d’un certain nombre d’animaux suivis au travers des excréments retrouvés sur le terrain pour estimer la taille réelle de la population. Cette démarche appliquée au cas des signatures génétiques fait l’objet d’un programme de recherche mené en collaboration entre l’ONCFS; et le CNRS de Grenoble et Montpellier. Là encore l’implication du réseau est essentielle dans la qualité des données de terrain collectés sur plus de 4 millions d’ha, dont on ne pourraient disposer par des techniques classiques de comptage.
Cette question est donc largement traitée dans ce bulletin N° 13 du réseau loup dans le cadre d’un article consacré à la méthode CMR «Capture marquage et re-capture» et tout ce qu’il faut en savoir. Outre une actualité chargée pour ce semestre, vous trouverez aussi le résultat du suivi hivernal 2004 / 2005.
Ces actions illustrent bien l’activité du réseau depuis la présence sur le terrain dans la collecte des indices jusqu’à l’analyse et la validation des données. Ce réseau évolue au fil du temps et particulièrement dans ses effectifs. Le début de l’année 2005 a vu un gros effort fait dans la formation de nouveaux correspondants, puisque 131 personnes ont rejoint le réseau, avec, à la clé, une perspective de retour d’informations encore plus conséquente qu’auparavant.
Yannick LEONARD
Source : Bulletin d'information du réseau loups n° 13













