Association Cohabitation pastorale
Catherine Brunet, éleveuse, animatrice de Cohabitation pastorale, à propos de la réintroduction des ours dans les pyrénées
«Cette décision nous semble nécessaire pour la survie de l'ours. Nous sommes contents que les choses soient clairement énoncées, nous allons pouvoir faire passer ce message auprès des éleveurs et des apiculteurs: la cohabitation n'est pas facile, mais elle n'est pas impossible.
Qu'il y ait cinq, dix ou trente ours, c'est à nous de changer nos façons de travailler : être plus présents, installer des clôtures quand c'est possible, ne plus lâcher nos bêtes sans surveillance, travailler avec de plus petits troupeaux. L'ours n'est qu'un aléa parmi d'autres, ce n'est pas la peine de focaliser dessus. Il y a trois semaines, trois brebis ont été tuées par des chiens. En s'attelant au problème de l'ours, on s'attelle aussi aux autres : les loups, les chiens...
En surveillant mieux nos troupeaux, nous limitons les pertes dues aux autres prédateurs. Sa présence va nous pousser à mieux travailler. Le pastoralisme a évolué. La montagne se désertifie. Nous voulons redevenir paysans au sens noble du terme et offrir à nouveau un travail de qualité en montagne. Il n'y a pas à choisir entre l'homme et la faune sauvage. La faune sauvage est là, c'est à l'homme de vivre avec.»
L'association Cohabitation pastorale regroupe 46 éleveurs, bergers et apiculteurs."











Bonjour,
Je constate que face à l'ours, de nombreux éleveurs et bergers prennent position en faveur de la cohabitation. Tant mieux si cela est possible, je m'en réjouis sincèrement.
Dans les Alpes, face au loup, ces compromis n'existent pas or je ne crois pas que cela soit imputable à une mentalité qui serait si différente.On devrait d'avantage étudier la différence de ces cas. Face au loup par il a été décidé que la cohabitation était possible puisque cela se pratique avec succes dans les Abruzzes. Tant mieux mais on sait bien que ces cas ne sont pas comparables.
Si l'ours semble mieux accepté c'est peut être parcequ'il y en aura toujours moins que le loup, avec d'autres comportement. Peut être aussi est ce le fait que l'ours a été réintroduit avec donc plus de volonté et de moyens, il est muni d'émetteurs, alors que la politique du retour du loup est de sacraliser son retour naturel et donc les seules actions consistent à citiquer les bergers.
Dans une émission de Géo sur Arte à propos d'une école de berger dans les Pyrénées on nous a montré un troupeau heureux en couchade libre, chose qui n'est plus possible sur ma montagne dans les Alpes. La journaliste nous disait bien que c'était uniquement pendant que l'ourse Cannelle avait perdu son collier émetteur que la technique avait du être modifiée.
On nous présente trop souvent le rassemblement nocturne du troupeau dans des parcs comme LA BONNE TECHNIQUE du berger consciencieux. Cela m'énerve. Ce lever de nuit au matin pour rejoindre son troupeau en couchade libre afin de prendre en compte dans son travail l'éthologie des brebis serait le fait de fainéants? Je n'ai encore jamais vu pris en compte ce fait dans les débats.
Si le retour des grands prédateurs signifie que les brebis ne sont pas des animaux dont nous avons à respecter le comportement se serait un énorme gachis. Pour parler de cela j'ai créé un blog.
http://blogs.aol.fr/ernymathieu/Ledroitdesbrebis
A bientôt j'espère.
Mathieu
Rédigé par: mathieu | le 15 mars 2006 à 10:44