Fête de la Transhumance 2005 à Die : Questions à André Pitte, l'organisateur
La Buvette : Die, ville en fête : Cela fait combien d'année que vous organisez la fête de la transhumance à Die, dans la Drôme ?
André Pitte : Cela fait 15 ans pour la fête de la transhumance et 8 ans pour la fête de la clairette et des terroirs gourmands.
La Buvette : Cette année le programme propose d'autres activités et plus seulement à Die ? Un spectacle de rue "Hymne archaïque à l'amour pour quinze indigènes surgis de nulle part" une création Délices Dada à l'Abbaye deValcroissant et dans le vallon de Combeau en Vercors, un concours de chiens de berger à Pont-de-Quart, la Transhumance à Valdrôme, pourquoi ?
André Pitte : Nous avons toujours essayé de faire la fête de la Transhumance dans tout le Diois. Nous avons même traversé la Drôme à pied en 1995 avec un troupeau transhumant durant une semaine en faisant la fête tous les soirs (théâtre de Giono et concerts) dans les villages traversés du Ventoux au Vercors. Magnifique mais très difficile à organiser en raison des autorisations préfectorales nécessaires (sécurité routière, sanitaires etc. )
La Buvette : Vendredi 24 juin à Recoubeau, vous rendez hommage à Charles Monge. Qui était Charles Monge ?
André Pitte : Charles Monge était le maire de Recoubeau (à 10 km de Die), éleveur ovin, président durant 10 ans de la Fédération Nationale Ovine, président du conseil général de la Drôme durant les 2 dernières années de sa vie (2002-2003), créateur de l'important abattoir de Grillon à la limite de la Drôme et du Vaucluse au détriment des petits abattoirs qui ont fermé faute des agneaux locaux absorbés par Grillon. Un groupement de bouchers et d'éleveurs est en train de réhabiliter l'un des derniers petits abattoirs de la Drôme, celui de Die, pour faire de la vente directe à partir d'une salle de découpe aux normes européennes. Dans le cadre d'une autre association dont je m'occupe, Slow Food A table en Dauphiné qui défend le produit, nous pourrions créer un AMAP, association pour le maintien d'une agriculture paysanne, permettant la vente directe et ainsi de valoriser la viande des éleveurs. Une tout autre orientation que celle prise par Charles Monge il y a quarante ans. Il reconnaissait d'ailleurs avoir négligé cette niche culturelle de valorisation des produits.
La Buvette : Le Pastoralisme est un métier difficile, le secteur est en crise et à la une de l'actualité depuis le retour du loup et le programme de réintroduction des ours dans les Pyrénnées. Les ministres changent, les demandes des éleveurs et de l'homme de la rue restent. Croyez-vous que la cohabitation soit possible ?
André Pitte : Cela sera difficile et long car il existe un fossé entre le monde rural et les urbains. Mais toute solution passe par un dialogue entre eux. C'est une raison de l'existence de cette fête (ndlr : et de la Buvette).
La Buvette : Pour un compromis, il faut que les 2 parties soient prêtes à faire un pas vers l'autre, croyez-vous que c'est le cas ?
André Pitte : Nous y travaillons avec la Fédération départementale ovine. Il y a une après-midi rencontre le samedi 25 juin à 15 heures sur ce sujet (film, débats..)
La Buvette : Le loup est un fait acquis, sans doute encore pour des années. De quoi ont besoins les bergers pour vivre dignement malgré sa présence ?
André Pitte : Ils le diront eux-mêmes à Die lors du débat du samedi 25 juin.
La Buvette : Qui a fait l'affiche de cette année ?
André Pitte : Un graphiste grenoblois qui connaît bien l'Arizona puisqu'il vit actuellement au Nouveau-Mexique.
La Buvette : Pourquoi les Indiens Navajo sont-ils au programme de la fête de la Transhumance cette année ?
André Pitte : Parce que nous sommes en relation avec eux depuis une dizaine d'années à la suite d'une de leur visite à Grenoble. Ils organisent une fête chez eux qui se nomme "Sheep is life".
La Buvette : Quelle évolution depuis le début de la fête ? Et dans le futur ?
André Pitte : Une plus forte participation des éleveurs locaux par rapport aux grands transhumants du sud qui ont une autre culture (importance des troupeaux : 400 à 500 brebis pour les locaux, 2 000 à 6 000 pour les autres)
La Buvette : Est-ce une fête touristique (le sujet importe peu) ? Est-ce une fête militante : où l'on vient pour soutenir les bergers ? Est-ce une fête culturelle ? Pourquoi croyez-vous qu'elle a autant de succès ?
André Pitte : C'est un peu tout cela à la fois mais c'est d'abord une fête culturelle. L'agriculture et l'élevage productiviste souffrent d'un déficit considérable de cette denrée rare aujourd'hui d'où les problèmes actuels.
La Buvette : Merci André et à bientôt à la fête, à Die
Le programme complet de la fête de la Transhumance à Die 2005













