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juin 2005

24 juin 2005

Loup : Bilan des dommages aux troupeaux domestiques en 2004

L’année marque une nouvelle hausse dans la volume national des dégâts indemnisés au titre du loup (639 constats indemnisés pour 2809 victimes) à la faveur de nouveaux sites d’installation de l’espèce qui ont fortement (environs 100 constats) contribués à cette augmentation (notamment la Haute Maurienne, le Dévoluy, la partie sud des Ecrins et le Diois).

Évolution du nombre d’attaques indemnisées au titre du loup en parallèle avec l’évolution du nombre de communes avec présence de l’espèce Figure 1 : Évolution du nombre d’attaques indemnisées au titre du loup en parallèle avec l’évolution du nombre de communes avec présence de l’espèce (total indices + constats).

Cependant, nous observons la persistance de foyers déjà existants qui se sont mêmes accentués, notamment en Vésubie Tinée (x2), en Vésubie Roya (x3) dans le Taillefer (x2) et dans le Vercors Ouest (x2). Sur l’ensemble de ces secteurs, seuls 10 unités pastorales contribuent à l’essentiel de cette concentration. En revanche, une baisse notable du nombre d’attaque est enregistré en Belledonne, dans le Cheiron, le Queyras ainsi que l’absence d’attaque dans l’Ain.

Loups : Bilan des dommages aux troupeaux domestiques pour l’année 2004Tableau 1 - Loups : Bilan des dommages aux troupeaux domestiques pour l’année 2004.

Si la contribution des dommages dus à l’apparition de nouveaux secteurs semble difficile à endiguer, en revanche, la recherche plus précise des causes sur quelques 10 unités pastorales représentant des foyers récurrents suffiraient à faire chuter la courbe de plusieurs centaines de constats.

Christophe DUCHAMP

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 13

Données statistiques sur l’accompagnement des éleveurs en zone de présence du loup à l’échelle nationale.

Bilan Prédation- Protection - Novembre 2004 (PDF - 55 kb - 7 pages)
Evolution 1994 – 2004 des zones de présence du loup (Canis lupus), des attaques et victimes de la prédation et de la mise en place de mesures de protection par les éleveurs.
Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la pêche et des affaires rurales. Direction de la forêt et des affaires rurales. Sous-direction du soutien aux territoires et aux acteurs ruraux.

Bilan Prédation Protection Bilan Prédation-Protection des troupeaux 2004

20 juin 2005

Capture marquage recapture, la méthode CMR pour estimer la population de loups

L’estimation des effectifs de loups en France : la génétique et les mathématiques au secours de la biologie !

Les bases de la méthode mise en oeuvre

Comme pour toutes les espèces d’animaux sauvages, l’énumération directe et exhaustive du nombre de loups présents est impossible faute de méthode adéquate disponible. Par exemple, l’application de techniques de «comptage à vue» nécessiterait des effort d’échantillonnage irréaliste (surveiller quasiment chaque km² de l’aire de présence) et conduirait à des biais de sous- ou de surestimation non maîtrisables. Le suivi de l’expansion de l’espèce, du développement de ses effectifs, et la caractérisation de son statut de conservation, s’appuient donc sur le recueil d’indicateurs, complémentaires les uns des autres, dont les variations sont plus ou moins corrélées à celles des vrais effectifs. On dispose de trois catégories d’indicateurs : le nombre de communes avec au moins un indice de présence confirmé de l’espèce, le nombre de zones de présence permanentes (ZPP) et leurs effectifs minimums retenus (EMR), et le nombre de signatures génétiques individuelles détectées. L’évolution de chacun de ces indices est une représentation partielle de la réalité qu’elle participe à décrire (évolution spatiale ou numérique), puisque aucun de ces indicateurs n’est exhaustif (on ne détecte pas tous les animaux, la probabilité de détection des indices étant inférieure à 1).

La méthode internationale de référence, élaborée pour ses premières versions depuis maintenant plusieurs décennies, et utilisée pour diminuer le biais de sous-estimation (du à une probabilité de détection < 1) ou de sur-estimation (du à une probabilité de survie < 1) fait appel aux estimations dites par «capture-marquage-recapture» (CMR). Historiquement développée par exemple dans les cas des oiseaux bagués lors d’une première capture aux filets, puis recapturés ultérieurement lors d’autres sessions de capture, cette démarche s’applique aussi désormais à des formes plus «virtuelles» de marquage et re-capture comme le suivi dans le temps de la détection des signatures génétiques des mammifères.

Métode CMR estimation d'une population de loups Tableau 1 : Représentation d’un tableau de CMR. Chaque « 1 » signifie que l’on a détecté le loup correspondant en ligne durant l’année donnée en colonne ; chaque zéro signifie que l’on n’a pas détecté l’animal considéré l’année en question.

Dans le cas du loup, c’est la signature génétique identifiée dans les excréments récoltés sur le terrain qui sert de marquage individuel. Le tableau ci-dessous, extrait de l’ensemble des données disponibles, illustre que toutes les signatures génétiques ne sont pas détectées chaque année, voire même qu’elles peuvent ne l’être que très rarement, une seule fois par exemple.

Dans ces exemples, on a détecté la signature du loup A de 1995 à 1999; celle du loup B seulement en 1998, 1999, pas en 2000, puis à nouveau en 2001; celle du loup C seulement en 1998; celle du loup D en 1998, pas en 1999, pas en 2000, mais à nouveau en 2001…etc. On voit bien que des animaux peuvent être vivants et pas détectés (cas du loup B en 2000, du loup D en 1999 et 2000). Cela illustre que le système de suivi de l’espèce opère avec une probabilité de détection inférieure à 1.

Inversement, quand un animal n’est détecté qu’une seule fois, on peut se demander s’il est mort par la suite, ou simplement si sa signature génétique n’a pas encore été retrouvée. C’est là tout l’avantage des méthodes de CMR que de pouvoir d’abord estimer les probabilités de survie et de re-capture, puis d’incorporer leurs valeurs dans les équations permettant de calculer les effectifs réels de la population. Différentes structures de modèles mathématiques sont disponibles, parmi lesquelles les plus élaborées, permettent même de considérer le fait que toutes les signatures génétiques n’ont pas la même probabilité d’être retrouvée. Ce sont ces modèles de dernière génération qui ont été appliqués au jeu de données « loup », prenant ainsi en compte les possibles mouvements d’animaux (en dehors du dispositif de suivi par exemple) et/ou les dépositions non aléatoires des crottes par les loups pour marquer leur territoire. En effet, ces deux types de facteurs peuvent expliquer des différences entre des animaux retrouvés très régulièrement et des animaux retrouvés par exemple une seule fois en 8 ans.

Les différents types de résultats des analyses CMR

Evolution des effectifs moyens calculés

L’estimation des effectifs réalisés sur les données françaises, ont été calculées par trimestre, la dernière valeur (arrondie à une moyenne de 59 loups) correspondant à l’effectif obtenu durant l’automne 2001. Sur ce même graphique, ont été reportés les effectifs obtenus par pistage hivernal (EMR sur ZPP, symboles ronds et grisés).

A la différence de l’EMR qui donne le nombre minimum d’animaux résidant uniquement sur les ZPP, l’estimation par CMR prend, elle, en compte l’ensemble des signatures génétiques détectées sur toute l’aire de répartition de l’espèce, et, de plus, elle pondère les données par le fait que la probabilité de détecter un loup est inférieure à 1 (que ce soit des animaux dans ou hors des ZPP). Il est donc logique que les effectifs CMR soient supérieurs aux effectifs EMR comme indiqué dessus.

Estimation et interprétation des intervalles de confiance

Définition théorique : on appelle intervalle de confiance tout couple de valeurs qui encadre la valeur moyenne estimée avec un risque d’erreur associée connu. Par exemple, un intervalle à 90% serait constitué de deux valeurs extrêmes (min. et max.) dont on est sûr qu’elles encadrent la vrai valeur du paramètre mesuré – ici l’effectif de loup – avec un risque de se tromper de seulement 10%. Habituellement, en statistiques, on accepte un risque d’erreur de seulement 5%, et on calcule donc des intervalles de confiance à 95%.

Interprétation théorique : l’intervalle de confiance est, en quelque sorte, une expression de la précision de la valeur moyenne estimée : plus cet intervalle sera étroit, meilleure sera la précision de cette moyenne ; plus il sera large, moins bonne sera cette précision, et plus il sera difficile, par exemple, de détecter de façon statistiquement significative des petits changements entre valeurs moyennes (par exemple détecter des petites variations entre effectifs annuels successifs de la population de loups).

« Mes interprétations pratique » : une fausse interprétation de l’intervalle de confiance serait de dire que la vraie valeur de la moyenne pourrait tout aussi bien être le minimum de l’intervalle ou son maximum. Dans le cas des résultats présents, il serait ainsi tout simplement faux de dire que les effectifs estimés en automne 2001 ne sont pas de 59, mais pourraient tout aussi bien être soit de 27 soit de 102 . En effet, c’est quand même de loin et fort logiquement, la valeur moyenne qui a la plus forte probabilité d’être la vraie valeur.

Projection à l’automne 2004

L’intérêt de la méthode CMR est avant tout de fournir de meilleures estimations - sur les plans statistique et biologique – des effectifs, mais aussi d’avoir ainsi un indicateur de tendance d’évolution au cours du temps qui soit une référence.

Actuellement les résultats des typages génétiques des excréments collectés en 2002 et 2003 sont en cours d’obtention (suite à la remise en route de la procédure d’analyses génétiques en avril 2004). Ceux de 2004 ne seront pas disponibles avant fin 2005, et il en sera de même chaque année à venir (données de l’année n disponibles seulement à la fin de l’année n+1).

Il n’est donc pas possible par modélisation CMR d’aller actuellement au-delà des estimations de l’automne 2001 (59 animaux, IC 95% : [27,102]). Sur la figure précédente, on voit qu’à l’échelle de l’arc alpin, les variations d’EMR sont, dans une certaine mesure, corrélées à celles de l’effectif total de loups. On peut donc essayer de faire des scénarios de croissance de la population de loups, entre fin 2001 et fin 2004, scénarios qui n’offrent évidemment pas la même garantie de robustesse statistique que les estimations CMR. La croissance moyenne des EMR sur les 3 dernières années étant de 12%, on aurait environ 80 individus en automne 2004.

Estimation des effectifs de loups avec la méthode capture marquage recaptureFigure 1 : Estimation des effectifs hivernaux par la méthode CMR à partir des typages génétiques français. (Les points représentent l’indice de tendance EMR issu du suivi hivernal.)

Dans tous les cas, il n’y a pas d’intervalle de confiance disponible. La seule chose actuellement certaine est que, alors qu’entre 1999 et 2001 tous les autres indicateurs de suivi étaient « stables », reproduisant en cela les faibles variations d’effectifs estimés par CMR, ces mêmes indicateurs montrent une évolution positive entre 2001 et 2004 (EMR, nombre de ZPP, nombre de communes avec indices loup probants).

Eric MARBOUTIN
Coordinateur équipe loup/Lynx - ONCFS
Source : Bulletin d'information du réseau loup n°13

Des cadavres de chiens en Haute Marne, pas des loups

Au cours des derniers mois, deux dépouilles de canidés sont recueillies dans le département de la Haute-Marne sur le canton de Bourmont suite à 2 collisions avec des véhicules : le premier dans la localité de Soulaucourt-sur-Mouzon le 17 janvier 2004 et le second, à Harréville-les-Chanteurs, le 28 décembre 2004.

Chiens, chiens-loups ou loups? Des chiens La présence d’un loup au milieu des années 1990 dans le département des Vosges tout proche, est restée vive dans les esprits. Rien d’étonnant à ce que la découverte de cadavres de grands canidés aux confins du département des Vosges soit localement sources d’interrogations. Dans le cas présent, bien que l’analyse morphologique révélait déjà des discordances avec le phénotype d’un loup, le pelage chamarré de ces deux spécimens intriguait et pouvait prêter à confusion pour des personnes non initiées.

Alerté de ces découvertes, le service départemental de l’ONCFS de la Haute Marne a dépêché à chaque fois un agent sur place pour la récupération des cadavres de ces animaux et donner suite au travers de la procédure du Réseau prévue à cet effet. Ils sont alors acheminés vers le Laboratoire vétérinaire départemental de la Haute-Marne pour une autopsie et pour effectuer différents prélèvements. En complément, des analyses génétiques ont été réalisées respectivement en février 2004 et mars 2005 sur des échantillons de tissus de ces deux cadavres par l’équipe du Laboratoire d’écologie alpine à Grenoble.

Elles révèlent toutes les deux un ADN de chien (Canis familiaris) et confirment ainsi sans ambiguïté les premiers premiers diagnostics morphologiques effectués sur place.

François LEGER, Coordinateur du réseau lynx Nord Est / ONCFS
CNERA PAD

Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 13

Mont-Blanc : colère noire contre les camions

La manifestation organisée par l'Association pour le Respect du Site du Mont-blanc le mercredi 15 juin a rassemblé environ 300 personnes, plus que jamais déterminées à faire entendre leur colère devant le désastre de ces milliers de camions défilant au pied du Mont-Blanc. L'ARSMB  a déclarer qu'elle recevait des messages de soutien de toute la France, voire de toute l'Europe.

Le Mont-blanc et le trafic routier

De plus en plus, tous les territoires subissent les dangers et les pollutions du transport routier qui rend toxique l'air des vallées, qui fauche des vies avec la complicité passive des pouvoirs publics, détruit les paysages qu'il traverse. "Nous ne luttons plus seulement pour sauvegarder une vallée et un massif, mais pour un enjeu écologique et économique majeur".

Des revendications pour la vallée du Mont-blanc

Vendredi 17 juin, l'association a été reçue par le Préfet de Haute-Savoie et lui a exposé ses revendications pour la vallée du Mont-blanc :

  • application des mesures de restriction de circulation prévues par la directive européenne en cas de dépassement des seuils de pollution, et mise à disposition des moyens nécessaires pour contrôler ces taux de pollution.
  • contrôle du contenu des camions afin d'obtenir une étude sur la nature des marchandises transportées, en vue de pouvoir prendre pour l'avenir des mesures visant à restreindre les transports inutiles.
  • mise en place d'une taxe sur les poids lourds afin de faire enfin payer au transport routier son coût réel (il est pour l'heure subventionné à plus de 60 % par les contribuables), mesure qui aura des incidences immédiates sur bon nombre de transports, remettant en question le principe même des délocalisations rendues possibles essentiellement grâce au faible coût du transport routier.
  • interdiction de circuler la nuit dans les vallées de montagne entre 22 heures et 6 heures, afin de limiter la pollution atmosphérique plus importante la nuit et de respecter le droit au repos des riverains.

Mercredi 8 juin 2005, 4 jours après l'incendie du tunnel du Fréjus qui a coûté la vie à deux chauffeurs (ce que les pouvoirs publics semblent oublier, tant ils se félicitent d'avoir "évité une catastrophe"), c'est presque spontanément que les habitants des vallées du Mont-Blanc et les représentants de nombreuses associations se sont retrouvés au rond-point de la Vigie. A partir de 17 heures, les manifestants ont commencé à affluer sur les lieux du rassemblement, qui a rapidement pris de l'importance. La préfecture a estimé le nombre de manifestants à 800 (300 pour les médias) De nombreux élus de la vallée dont les maires de Servoz, des Houches et de Chamonix, ont spontanément rejoint les militants assis sur la route devant les camions. C'est dans le calme, mais avec détermination que les manifestant ont investi la route, à la montée comme à la descente.

Il y a encore du travail avant de voir le feroutage prendre le dessus sur le trafic routier.

Chasse, Pêche, Nature et Tradition, l'arrière banc de la province profonde

Chasse, Pêche, Nature et Tradition, l'arrière banc de la province profonde publie un communiqué sur son site. Vision effarente de conservatisme, de protection des avantages donnés à une minorité de maniaque de la gachette, de partisans du "Maître chez moi" ou "Pas dans mon jardin" ou "Je fais ce que je veux sur mes terres". La tête de pont de la politique à la George Bush en France : je protège mes petits (ou grands) intérêts et le reste, je m'en tape ! Les anti-écologistes atisent la haine et cherchent à promouvoir des mesures à la Le Pen...

Citation

Le Conseil d'Etat vient d'ordonner la suspension de l'arrêté qui autorisait le tir du Loup en Isère, après un recours juridique de l'ASPAS. Pourtant cet arrêté avait été mis en place à la suite d'attaques de troupeaux ovins et bovins par le loup.

Pour Patrick FAURE, Délégué CPNT Hautes Alpes, les associations écologistes se basent une fois de plus sur des textes obsolètes et qui ne tiennent pas compte des réalités du terrain et des acteurs sociaux et économiques que sont les bergers.

L'état de conservation des populations des loups invoqué par "les pseudos associations de protection de la nature" n'est maintenant plus à l'ordre du jour, aussi bien en terme du nombre d'individus que de priorité. En effet le nombre de loups observé a énormément augmenté et les dégâts avec eux.

A l’inverse, le métier pastoral devient de plus en plus contraignant : même les fameuses mesures gouvernementales apparaissent inopérantes ! Pourtant lors de son entrevue avec les éleveurs et les chasseurs des Hautes Alpes, l’ancien Premier Ministre avait promis monts et merveilles pour le début du mois de Mai 2005 : légitime-défense par le droit de tir accordé aux éleveurs en cas d'attaques de leurs troupeaux. Seule cette mesure rentrant dans un cadre légal permettrait d'amener une grosse partie d'apaisement aux bergers : la priorité, c’est de sauver les bergers et leurs troupeaux, pas le loup !

C.P.N.T et Patrick FAURE, Délégué Hautes Alpes, soutient et revendique ce droit pour les éleveurs et fait une proposition supplémentaire : CPNT propose à l’Etat de s’inspirer du principe "POLLUEURS / PAYEURS" pour en faire une application adaptée à la situation alpine : "PROTECTEURS / PAYEURS" !

En effet, CPNT considère, au regard des sommes en jeu (plusieurs millions d’euros, sachant qu’un loup coûte individuellement et annuellement à la collectivité 100.000 €), toutes les associations de protection de la nature doivent payer les dégâts et les pertes directes et indirectes liées à la présence du Canidé qu’elles soutiennent et imposent. Devant la montagne de subventions et les sommes versées à ces associations par le Ministère de l'Ecologie, il ne s’agirait que d’un juste retour !

Patrick FAURE, Délégué CPNT Hautes Alpes, demande à la majorité et à leurs parlementaires des Alpes, notamment Mme Henriette MARTINEZ, de déposer une proposition de loi en ce sens.

Premières réactions au permis de tir de loups

Deux semaines seulement après son arrivée au ministère de l'Ecologie, Nelly Olin a pris le risque de relancer la "guerre du loup" en venant au secours des éleveurs de brebis, victimes d'attaques de ce prédateur, une décision déjà critiquée par les écologistes.

Le nombre de loups pouvant être abattus en cas d'attaques contre les troupeaux dans les 9 départements du massif alpin est porté de 4 à 6, stipule un arrêté ministériel paru samedi au Journal officiel. "J'ai voulu prendre le dossier à bras le corps, sans tarder", a commenté la ministre, dont c'est la première décision publique à ce poste, dans une interview publiée samedi par Le Parisien/Aujourd'hui en France.

"Laisser la situation en l'état, cela ne serait pas gérable (...)", a ajouté la ministre, faisant état d'une augmentation de 15% des attaques contre les troupeaux entre 2003 et 2004.

Les conditions dans lesquelles les bergers pourront effectuer ces tirs sont "strictement encadrées" (permis de chasse, autorisation du préfet, plus de trois attaques successives en trois semaines), tandis que les indemnisations accordées aux éleveurs seront augmentées en moyenne de 80% et les procédures facilitées.

Ces "prélèvements" ne mettent "pas en danger la préservation de l'espèce", assure Mme Olin, soulignant qu'ils touchent moins de 10% d'une population estimée entre 70 et 90 individus. La population de loups dans les Alpes est en fait constituée de deux sous-groupes d'une quarantaine d'individus chacun, indique-t-on au ministère de l'Ecologie: un premier installé dans des zones de présence permanente, et un deuxième sous-ensemble d'animaux beaucoup plus dispersés, qui partent à la conquête de territoires pour fonder des meutes.

L'espèce a été observée dans 16 zones de présence permanente, soit une progression géographique de 20% et démographique de 15 à 20% depuis l'an dernier, ajoute-t-on de même source. S'il n'y a pas d'autre solution satisfaisante, le "prélèvement" s'impose, en essayant de le répartir entre les populations bien installées et sédentarisées à hauteur de 10% et celles en phase de colonisation, plus fragiles (5%), selon cette même source.

La décision du gouvernement a été immédiatement saluée par l'un des principaux avocats des éleveurs à l'Assemblée nationale: "passer de quatre à six loups, c'est bien, même si les éleveurs en voulaient sept. C'est ce que nous avons souhaité", a estimé le député (UMP) des Alpes-de-Haute-Provence, Daniel Spagnou. "C'est la première fois qu'un ministre de l'Ecologie a le courage d'aller aussi loin", ajoute-t-il.

Les écologistes accusent en revanche la nouvelle ministre de vouloir à tout prix donner des gages aux éleveurs. "Il n'y a rien sur l'obligation de protection des troupeaux, or la clé est là: au lieu d'insister sur la prévention des attaques, on insiste sur les tirs de régulation", a déclaré à l'AFP Jean-David Abel, de France nature environnement (FNE), la plus importante association écologiste française. "C'est une solution en dernier recours, pas une solution pour la protection des troupeaux", ajoute-t-il, sans contester toutefois les chiffres donnés par Mme Olin sur la progression du nombre de loups. "Ca reste une population fragile, avec sept meutes reproductrices seulement, dont cinq transfrontalières", précise-t-il. " A ce stade, faciliter les tirs est une erreur", résume la fédération écologiste.

Daniel Spagnou : vers une réélection les doigts.. sur la gachette

La décision de la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, de porter de quatre à six le nombre maximal de loups qui pourront être prélevés "va dans le bon sens", a estimé samedi le député (UMP) des Alpes-de-Haute-Provence, Daniel Spagnou.

"Passer de quatre à six loups, c'est bien, même si les éleveurs en voulaient sept. Je suis très satisfait, cela va dans le bon sens, c'est ce que nous avons souhaité", a expliqué M. Spagnou à un correspondant de l'AFP.

"J'estime que c'est la première fois qu'un ministre de l'Ecologie a le courage d'aller aussi loin. J'espère qu'à présent tout le monde va s'apaiser et que la polémique va retomber", a ajouté le député, qui avait été reçu mercredi par Mme Olin pour la convaincre d'autoriser les éleveurs de moutons "à tirer sur le prédateur". M. Spagnou, qui se "félicite" du pouvoir donné au préfet "d'autoriser les éléveurs à se défendre", accueille également avec "satisfaction l'aide financière multipliée par deux, un fonds qui va subventionner 500 éleveurs au lieu de 250".

"Je ne suis pas pour l'éradication du loup, a-t-il encore indiqué. Mais l'homme doit pouvoir se défendre face à ce prédateur qui, à part l'homme, n'a pas d'ennemi".

Ex-rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur la présence du loup, M. Spagnou est membre du groupe de travail sur le loup, qui rassemble notamment représentants des éleveurs, écologistes et parlementaires.

Voilà une campagne électorale rondement menée et qui devrait lui assurer un appui massif des millieux agricoles dans les Alpes de Hautes Provence et une réélection facile. Quand on voit celà, ce n'est pas trop compliqué de réussir en politique, même avec des arguments qui n'en sont pas. Une bonne girouette, et une grande gueule suffisent ! Daniel Spagnou est maintenant comme un jeune coq ...

MEDD : Nelly Olin tranche dans le gras du loup

Le communiqué de Nelly Olin

La ministre de l'Ecologie, Nelly Olin, a décidé de porter de quatre à six le nombre maximal de loups qui pourront être "prélevés", a indiqué la ministre dans une interview au Parisien/Aujourd'hui en France de samedi.

"Je vais autoriser un prélèvement maximal de six loups", a-t-elle indiqué, soulignant que cela représentait "moins de 10% de la population estimée de 70 à 90 individus sur le territoire".

La ministre a également indiqué que les éleveurs allaient pouvoir user d'un "tir de défense" qui "ne sera possible que sur autorisation individuelle délivrée par le préfet et sous réserve que l'éleveur possède le permis de chasser et ait préalablement protégé son troupeau".

"Nous voudrions, et nous allons essayer de tenir ce principe, que ce tir ne se fasse qu' après trois attaques successives en trois semaines. C'est le principe que je mets en place et qui entre en vigueur tout de suite", a-t-elle spécifié, "néanmoins, nous donnerons aux préfets une plus grande latitude que par le passé, afin qu'ils gèrent au mieux le problème".

La ministre de l'Ecologie et du Développement durable a précisé qu"un tir de défense", cela peut être "un tir d'effarouchement, par balles ou munitions en caoutchouc, ou cela peut être le tir à balles réelles, mortel à l'occasion."

"Si l'éleveur n'est pas lui-même chasseur, il pourra recourir à un garde assermenté ou à un lieutenant de louveterie", a-t-elle encore indiqué.

Mme Olin a affirmé que "cela ne met pas en danger la préservation de l'espèce. J'insiste, ces mesures n'ont rien à voir avec une régulation de la population du loup, c'est une position raisonnée qui tient compte des positions de tous".

Nelly Ollin a annoncé que les indemnisations des éleveurs victimes d'attaques allaient augmenter en moyenne de 80%.

De plus "faisant le pari de la confiance", elle a expliqué que les remboursement se feront "sur simple déclaration auprès de la préfecture, ce qui permettra à l'éleveur de toucher son indemnisation dans les six semaines".

La ministre a indiqué qu'elle se rendrait sur place en juillet "afin de faire le bilan et de rencontrer toutes les parties prenantes".

La controverse sur le loup avait fait rage l'an dernier avec l'autorisation donnée par le gouvernement d'abattre quatre loups en 2004 et l'adoption d'un Plan d'action prévoyant des quotas de tirs annuels jusqu'en 2008.

Mme Olin a fait valoir que "2.200 brebis (ont été) victimes des attaques du loup en 2003" et 2.550 en 2004.

Interrogée sur le dossier de l'ours des Pyrénées, elle a annoncé qu'elle n'excluait pas de réintroduire plusieurs individus dans le massif. "Je serai dans la continuité de mon prédécesseur et de ce qu'a dit le président de la République", a-t-elle souligné. Le plan ours présenté en janvier à la suite de la mort de l'ourse Cannelle, tuée par un chasseur dans les Hautes-Pyrénées, prévoit de doubler d'ici à trois ans la population d'ours bruns dans les Pyrénées.

La Buvette

Voilà qui devrait calmer la grogne dans le secteur du pastoralisme puisque les bergers ont obtenu satisfaction sur plusieurs points :

  • prélèvements supplémentaires
  • tir de défense
  • augmentation des compensations
  • démarches administratives simplifiées.

Il est prévisible que les organisations écologistes ne l'entendent pas de cette oreille et que des pressions en sens inverse tentent de diminuer voir de supprimer les "prélèvements", et au minimum de s'assurer que les conditions de tir soient respectées :

  • protection préalable du troupeau
  • trois attaques successives en moins de 3 semaines
  • autorisation individuelle donnée par le préfet
  • Berger possédant un permis de chasse ou recours à un lieutenant de louveterie ou à une personne agréée

La déclaration du ministre de l"Ecologie reste peu claire sur plusieurs points :

  • Il y a peu de chance que des tirs d'effarouchement ou à balles en plastique soient utilisé puisque le tir à balles réelles est permis. Quel berger va prendre des gants avec le loup ? Vont-ils prendre la peine de passer par ce stade avant d'effectuer des tirs mortels sur l'animal protégé qui hante leurs nuits ?
  • Quelle sera la réaction officielle de la ministre si une ou plusieurs des conditions de tir n'est pas respectée : troupeau non protégé, 3 attaques en plus de 3 semaines ou absence de permis de chasse ? Le loup sera prélevé et pour la suite; il est a parier que les bergers, les députés locaux et associations agricoles feront pression pour faire "sauter" les ennuis qu'encourent les bergers qui auront pris quelques libertés avec les clauses de permission de tir. Les procédures risquent d'être longues et le lobbying intense.
  • Ces dispositions sont-elles valables pour les éleveurs bovins des "plaines" et sous quelles conditions?

Celà ressemble donc assez fort à un permis de tirer pour les bergers, à une prise en compte de leurs demandes appuyées par les élus locaux aux positions extrêmes, sans véritables garanties de limites et de respect des conditions de tir qui semblent juste être là pour faire passer la pilule dans le camp des écologistes. La balle est dans leur camp, si l'on peut dire, les réactions ne vont pas tarder...

d'après AFP

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