Une vingtaine de personnes munies de clairons et de torches se sont rassemblées dans la nuit de vendredi à samedi près de Saint-Geoire-en-Valdaine (Isère) pour permettre à un loup d'échapper aux battues organisées depuis le 21 mai pour l'abattre
Le groupe, qui voulait éloigner le loup afin que les équipes de l'ONCFS mobilisées pour le tuer ne puissent l'atteindre, a perturbé le dispositif de traque jusqu'à 4h samedi matin, a indiqué le directeur départemental pour l'Isère de l'agriculture et de la forêt, Yves Tachker.
"Il n'y a pas eu de heurts mais le dispositif a dû être modifié par mesure de sécurité. Nous avons réduit le nombre de patrouilles et les agents ont passé une partie de leur temps à essayer de +décrocher+ les voitures qui les suivaient ou les personnes qui se trouvaient sur la zone".
La traque était menée, jusqu'à vendredi soir, par 18 agents de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Elle est restée infructueuse mais se poursuivra jusqu'à la nuit de dimanche à lundi, selon l'ONCFS.
C'est la période du rut pour les instruments à vent. Cette année, des cors, des trompettes et même des tambours se sont donnés rendez-vous sur une place de brâme dans la région de Saint-Geoire-en-Valdaine, proche du massif de la Chartreuse.
Le loup ne doit pas aimer le son du cor au fond des bois ! Il est revenu pour consommer son steack 100% pur boeuf (un de moins pour Mc Do) le 21 mai, juste avant le passage de l'équarisseur, et depuis il n'y a plus d'attaque sur des troupeaux", a déclaré le directeur départemental de l'agriculture et de la forêt.
Les maires des 10 communes concernées par l'abattage du loup ont émis des "Avis à la population", recommandant au public de ne pas se promener la nuit dans les bois afin de faciliter le travail des agents chargés de la traque. C'était sans compter sur la migration des cors en rut. Pouet! Pouet!
Les lieutenants de louveterie, institution moyenageuse s'il en est s'en retourneront bientôt dancer la gigue et le menuet au son du flutiau dans les donjons de Dame Cunégonde et autres Messires d'une autre époque.
D'après les spécialistes, la période du brâme du cor de chasse pourrait se poursuivre jusqu'à lundi en Izère, dans les colinnes de la Valdaine. "Ces bêtes ont des moeurs bizarres" a déclaré Jeannot La Sâle, Grand Seigneur du Haut Béarn, spécialiste reconnu de l'Institut Pourfendeur de l'Halali Bétifiant (IPHB), société de Chasse moyenageuse elle aussi qui, chaque année organise, pour les élus et les responsables institutionnels de 16 communes du haut-Béarn, un repas à base de pattes d'ours mijotées aux pots de vin. ! "Le cor de chasse possède une hormone particulière, qui déclenche une période de rut impromptue chaque fois qu'il rencontre des responsable de l'ONCFS en tenue kaki dehors ... et équipés de phares pour braconner" à rajouté le monarque béarnais. "On ne sait jamais quand et où le cor sera en rut la prochaine fois !"
Les scientifiques de l'Institut Provincial de Haute Biologie (Université de Liège) se perdent en conjectures sur les causes de ces poussées hormonales. "Ce qui est sur, c'est que les féromones du cor en rut doivent être puissantes, car il en vient de partout alors qu'il n'y avait personne la veille" a déclaré Jean Lesalcon (sic) (IPHB) qui prédit une poussée de rut dans les Pyrénées, lors des fêtes automnales.
Romuald : Oufty, c'était du fort, hier soir, c'était du belge sans doute !
Pour savoir pourquoi les agents de l'ONCFS attirent les cors en rut, lisez la suite...
Depuis l'été 2004, des bénévoles de France Nature Environnement surveillent les gardes de l’ONCFS dans leurs actions de tirs de loups afin de vérifier les conditions de déroulement de ceux-ci.
Les deux tirs effectués dans la Drôme et l’Isère sortaient déjà du cadre ministériel et nous avions tout lieu de croire que, vu la pression énorme que subit la garderie, d’autres dérapages auraient lieu.
En décembre 2004, FNE a constaté que l’ONCFS des Alpes-Maritimes s’était procuré une dizaine de brebis destinées à servir d’appât dans le but de tirer un loup, ce qui est totalement illégal. Les gardes avaient installé un affût dans une grange et parqué les brebis à proximité, à l’endroit suivant : zone périphérique du Parc national du Mercantour, vallée de la Moyenne-Tinée, sur la commune de BEUIL, au lieu-dit Granges d’Ars, à 1630 m d’altitude.
Les cors en rut ont alors prévenu France 3 et un matin au lever du jour (vers 7 h 30), les journalistes accompagnés de bénévoles ont pu constater les conditions scandaleuses dans lesquelles se déroulait cette tentative de tir d’une espèce protégée (des gardes étaient sur place en action de tir avec des brebis parquées à proximité).
Cette matière de procéder, qui relève d’une tentative de braconnage, n’a plus rien à voir avec l’arrêté ministériel. De plus, bien évidemment, à cette époque de l’année et à cette altitude, le loup ne menace plus aucune brebis (hormis celles utilisées comme appâts vivants).
Un petit rappel n'a jamais tué personne