Un soir, Guillaume Fortemps rentre chez lui à travers la forêt. Il ramène un cadeau pour l'anniversaire de sa fillette Lova, qui fête ses 3 ans. Mais un loup surgit sur la route; le conducteur cherchant à l'éviter disparait avec sa voiture dans la rivière. Son corps ne sera jamais retrouvé.
Quelques années plus tard, après le remariage de sa mère, Lova vit sous la coupe, les mauvais tours et les moqueries de son nouveau grand frère Andy. Le soir, elle se réfugie auprès du dernier cadeau de son père. Elle regarde des souvenirs : des articles écrits par son père, fervent défenseur des loups.
Echappant à la surveillance de son frère, elle se perd dans la forêt. Elle y rencontre un homme amnésique et un peu fou. Les gendarmes organisent une battue musclée pour coincer le suspect idéal qui se tue durant sa fuite. On croit Lova morte (facile, je sais) et l’enquête se termine là.
Bien des années plus tard, Andy (le frère), étudiant en biologie, ne parvient pas à oublier ce drame dont il se sent responsable. Huit ans plus tard, Lova est retrouvée vivante dans une meute, nue, couverte de plaies, sauvage.
Commence alors la délicate rééducation de l’enfant-loup. Grâce à Catherine, sa mère, les progrès se font spectaculaires : mots retrouvés, bribes de souvenirs, sourires arrachés au néant. Mais, pour ne pas céder à l’appel de ses frères loups, Lova doit lutter de toutes ses forces : un combat terrible, émouvant, et à l’issue incertaine.
Toute l’oeuvre de Jean-Claude Servais effectue un même mouvement pendulaire entre réalisme et fantastique. Dans Lova, au fantastique du thème conventionnel répond le réalisme absolu du scénario et du dessin. Avant même d’écrire la première ligne de l’aventure de Lova, l’auteur s’est abondamment documenté. Notamment sur le dernier cas connu d’enfant loup datant de 1920. Lova, elle, vit aujourd’hui. Pour Servais, c’est le pari de porter un regard neuf et actuel sur le mythe de l’enfant loup.
Servais, Jean-Claude
Scénariste Dessinateur
Né le 22/09/1956 à Liège en BELGIQUE
De 1974 à 1976, Jean-Claude Servais poursuit ses études à l'Institut St Luc de Liège dans la section arts graphiques. Dès 1975, sous le pseudonyme de Jicé, il publie ses premières planches dans la rubrique ''carte banche'' du journal Spirou.
Toujours pour cet hebdomadaire, il enchaîne en 1976 avec trois épisodes de Ronny Jackson, scénarisés par Jean-Marie Brouyère, puis prépare en 1977 deux Belles Histoires de l'Oncle Paul (signées cette fois Gil Verse et scénarisées par Octave Joly) ; ces deux récits ne seront pourtant pas publiés.
La même année, Jean-Claude Servais entreprend une collaboration avec le journal Tintin. Il y conçoit tout d'abord une série d'histoires authentiques sur des scénarios de Michel de Bom et d'Yves Duval, puis, épurant son graphisme, il s'attaque en 1980 à toute une série d'histoires sur le thème de la magie et de la sorcellerie (celles-ci seront reprises dans l'album La Tchalette aux éditions du Lombard en 1982).
Toujours dans Tintin, il dessine Isabelle en 1983 (un recueil au Lombard un an plus tard). Parallèlement, il illustre en 1978 quelques pages dans le fanzine Oufti, puis part faire son service militaire à Stockhem. Il fait alors la connaissance de Gérard Dewamme. Ensemble, ils élaborent la série Tendre Violette qui paraît dès 1979 dans le mensuel A Suivre (albums chez Casterman).
Toujours en compagnie de Gérard Dewamme, Jean-Claude Servais illustre Les Saisons de la Vie (trois ouvrages aux éditions du Lombard en 1985 et 1986) et les Voyages clos - Montagne Fleurie, un récit publié dans Circus en 1988 (un recueil chez Glénat l'année suivante). En 1989, avec le chanteur Julos Beaucarne, il entreprend une longue quête onirique intitulée l'Appel de madame la Baronne (aux éditions Casterman).
Sur ses propres textes, Jean-Claude Servais dessine l'album Iriacynthe (paru chez Jonas, puis Bédescope en 1982 ; réédition chez Casterman en 1992), ainsi que l'Almanach et la Petite Reine chez Casterman (recueil en 1988 et 1992).
Fin 1992, il réalise également Lova dans la collection Aire Libre des éditions Dupuis et reprend chez Helyode le cycle de Merlin l'Enchanteur, sous le titre Pour l'amour de Guenièvre. En 1994, il entreprend une série au titre générique de : "Mémoire des Arbres" chez Dupuis collection Repérages .Suites d'histoires en deux tomes ou la nature est trés présente.
Dessinateur réaliste et sensible, dans la tradition des grands graveurs du XIXème siècle, Jean-Claude Servais est également un merveilleux conteur. En douceur, il met en place son univers et parle de la campagne, du début de ce siècle ou bien encore de sa région (la Gaume, située en Belgique, au sud des Ardennes, près du Luxembourg).