Depuis les attaques de troupeaux, les observations visuelles et les analyses génétiques relevées en 2003, les indices de présence du loup dans le département ont été rares. Une trace en février 2004, puis une observation visuelle réalisée en tombée de nuit en octobre 2004, toutes deux classées « probables », sont relevées. Tout récemment, un nouveau constat le 16 mars 2005 est classé «responsabilité du loup non écartée » sur le commune de Torcieu près d’Ambérieu en Bugey. Des amas de poils ont été trouvés par l’éleveur dans la même période mais à plus de 500 m du lieu de l’attaque. Ils sont en cours d’analyse au laboratoire agréé de Grenoble.
Enfin, une patte de canidé en état de décomposition a été trouvée fin février sur la commune de Divonne les Bains, près de Genève, pour laquelle l’analyse génétique a révélé qu’elle appartenait à un chien.
Face à cette situation, le réseau de correspondants déjà bien rodé sur la problématique du lynx, se met progressivement à jour pour la problématique Loup (1ère session de formation en avril 2005 en Savoie) et s’est enrichi d’une dizaine de nouveaux correspondants.
Parallèlement, la DDAF a investi le champ des mesures de préventions à mettre en oeuvre en concertation étroite avec la profession agricole et les éleveurs concernés. Ainsi, dispositifs d’effarouchement et parc mobiles sont à disposition des éleveurs en cas d’urgence. La mesure d'aide à la prévention des troupeaux contre les grands prédateurs (mesure t) est déployée dans le département avec l’appui d’une technicienne spécialisée dans les mesures de prévention (C. Bornerand, DDAF 73), avec en 2004, deux contrats en cercle 1 avec gardiennage, et un contrat en cercle 2 avec chiens de protection. En 2005, un nouveau dossier en cercle 2 s’ajoute aux précédents. Ce sont 8 nouveaux chiens de protections et deux aides bergers qui seront mobilisés cette année dans l’Ain.
Un cadre de concertation départemental fonctionne depuis une quinzaine d'années pour gérer les conséquences liées à la présence du lynx. Avec l'arrivée du loup, il est apparu nécessaire de le formaliser en créant par arrêté préfectoral les instances suivantes :
- un comité départemental qui participe à la préparation d'une politique de gestion de la population de grands prédateurs et de prévention de leurs dégâts,
- un groupe restreint d'évaluation des dégâts causés aux élevages.
En conclusion, bien que relativement discret depuis son arrivée tonitruante en 2003, tout porte à croire que le loup est présent ou de passage régulier dans le département. La conjonction de cette discrétion et de la mise en oeuvre de la mesure t a permis la poursuite de relations constructives avec la profession agricole sur ce sujet difficile. Mais les conditions d’une coexistence techniquement et économiquement viable entre ce prédateur et l’élevage ovin jurassien restent à inventer.
Fabrice COQ,
réseau GC 01/DDAF 01
Source : Bulletin d'information du réseau loup n° 13













